L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Borest, dans le département de l'Oise, en France. Son histoire reste mal connue. L'intéressant portail du milieu du est la partie la plus ancienne de l'église. Le chœur au chevet plat éclairé par un triplet, ses deux chapelles latérales et le petit clocher forment un ensemble cohérent de style gothique, qui se distingue par son dépouillement raffiné, et tire son influence de l'architecture cisterciennes et de l'abbatiale de Chaalis toute proche. La nef et son unique bas-côté ont été reconstruites au second quart du dans le style gothique flamboyant, et sont également d'une construction soignée, même si les contraintes économiques ont obligé de concentrer l'effort décoratif sur l'intérieur. L'église Saint-Martin a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du ., et se trouve globalement dans un bon état de conservation. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Rieul de Senlis, et les messes dominicales y sont célébrées le premier dimanche du mois à 10 h 30, ainsi que le troisième dimanche du mois d'octobre à avril.
Localisation thumb|upright|left|Vue depuis la rue de la fontaine Saint-Martin.
L'église Saint-Martin est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, sur la commune de Borest, à l'est du centre du village, à son point le plus élevé, place de l'Église. Elle est implantée sur l'extrémité sud-est de la place, à la limite d'un plateau, qui descend ici par des coteaux abruptes vers la vallée de la Nonette. La façade occidentale et l'élévation septentrionale donnent sur la place. La mairie se situe à droite de la façade, faisant équerre avec l'église. Un appentis appartenant à la mairie est accolé au mur nord du chœur, dans l'angle avec la chapelle ; il est sans rapport avec l'église. À la fin de la place, débute une ruelle qui passe autour du chevet et de l'élévation méridionale de l'église, tout en descendant en forte pente. C'est la rue de la fontaine Saint-Martin. Un mur de soutènement sépare la ruelle du petit jardin qui borde l'église, et qui n'est pas accessible au public. L'importance de la dénivelée fait que l'on aperçoit l'église en contre-plongée. Par un vieil escalier en grosses dalles de pierre calcaire, l'on peut regagner la place.
Histoire thumb|upright|left|Vue depuis la rue de la fontaine Saint-Martin.
Borest serait l'un des lieux les plus anciens du Valois. Sa terre aurait été donnée par Clovis à l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Paris. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné et du diocèse de Senlis. La cure est à la nomination du chapitre Notre-Dame de Senlis. Le patron de l'église est saint Martin de Tours.. Ses parties les plus anciennes, à savoir le portail (sauf le linteau et le tympan) et le mur méridional de la nef remontent au milieu du . Le chœur, ses deux petites chapelles latérales et le clocher forment un ensemble homogène du début du , et affichent un style gothique sobre et raffiné influencé par l'architecture cistercienne, et plus particulièrement l'abbatiale de Chaalis. Après la guerre de Cent Ans, au dernier quart du , une petite chapelle est ajoutée dans l'angle entre nef et clocher. Elle est ultérieurement aménagée en sacristie. Au second quart du , un bas-côté de style gothique flamboyant est ajouté au nord de la nef, et celle-ci est voûtée d'ogives à la même occasion.. Après la Révolution française, le diocèse de Senlis est définitivement supprimé, et les paroisses du département de l'Oise sont rattachées au diocèse d'Amiens sous le concordat de 1801, puis le diocèse de Beauvais est rétabli en 1822, et l'ensemble des paroisses sur le territoire du département en font désormais partie. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du . Elle est aujourd'hui affiliée à la communauté Borest, Fontaine-Chaalis et Montlognon de la paroisse Saint-Rieul de Senlis. C'est une très grande paroisse qui regroupe l'ancienne ville épiscopale et seize petites communes des environs, dont deux (Chamant et Rully) possèdent deux églises, et un village (Villeneuve-sur-Verberie) en compte même trois.. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Martin le premier dimanche du mois à 10 h 30, ainsi que le troisième dimanche d'octobre à avril.. L'église est ouverte chaque premier samedi du mois de 10 h à 12 h..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
À peu près régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe de l'édifice vers le sud-est du côté du chevet, l'église Saint-Martin se compose d'une nef de trois travées accompagnée d'un unique bas-côté au nord ; d'un chœur au chevet plat de deux travées ; de deux chapelles latérales carrées au nord et au sud de la première travée du chœur ; et d'une sacristie, qui est une ancienne chapelle, dans l'angle entre la nef et la chapelle latérale sud. La chapelle latérale nord est établie en continuité avec le bas-côté. La chapelle latérale sud sert de base au clocher. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives. Le portail occidental de la nef constitue l'unique accès à l'église. La structure des toitures reflète l'organisation intérieure, et l'on trouve des pignons à la façade, au chevet, et au nord de la chapelle latérale nord, dont le toit est perpendiculaire à l'axe du vaisseau central. Le bas-côté est muni d'un toit en appentis prenant appui contre le mur nord de la nef, et le toit en appentis de la sacristie s'appuie contre le clocher. Celui-ci possède un toit en bâtière, qui est perpendiculaire à l'axe du vaisseau central.
Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est.
L'intérieur de la nef est entièrement de style flamboyant, et se remarque par son architecture soignée. Elle possède deux élévations latérales complètement différentes. Au nord, trois grandes arcades en tiers-point, qui correspondent à environ deux-tiers de la hauteur du vaisseau central sous le sommet des voûtes, ouvrent sur le bas-côté. Elles affichent un profil prismatique, qui comporte un large boudin dans l'intrados, et se fondent directement dans les piliers ondulés, comme fréquemment à la période flamboyante. Les piliers comportent seulement quatre renflements, comme à Baron, Ève, Montagny-Sainte-Félicité et Versigny. L'un de ces renflements se prolonge sur les murs au-dessus des piliers, et correspond à la retombée des nervures des hautes-voûtes, qui sont pénétrantes à l'instar des grandes arcades. Les voûtes sont munies de formerets, et ceux-ci, ainsi que les ogives et doubleaux, affectent un profil prismatique aigu. Les clés de voûte sont décorées d'oves et de feuillages traités dans le goût de la Renaissance. La troisième est pendante, et flanquée de quatre consoles. Pour revenir aux piliers, chacun des renflements possède sa propre base polygonale, qui prend la forme d'une plinthe moulurée. Le socle est octogonal au sol. La transition vers le plan complexe au niveau des bases s'opère par des plans inclinés, qui comportent en partie des angles saillants.
Au revers de la façade et dans le mur méridional, des piliers ondulés sont engagés dans les murs, de sorte que trois sur les quatre renflements demeurent visibles. Le long du mur gouttereau, la logique appliquée du côté nord voudrait en principe un seul renflement, celui correspondant aux hautes-voûtes. Dans l'angle sud-est, près de l'arc triomphal, l'ogive et formeret se fondent dans une section de pilier cylindrique engagé, qui est reçu sur un cul-de-lampe. La principale différence de l'élévation méridionale est bien sûr l'absence de grandes arcades dans les deux premières travées. À la faveur d'une haute et large fenêtre en tiers-point, le mur de la première travée est quasiment supprimé au-dessus de l'allège. La fenêtre est entourée d'une gorge, présente un remplage de type Renaissance, qui se compose de trois formes en plein cintre, surmontées de deux oculi. Dans la deuxième travée, la fenêtre comporte seulement trois formes, et est désaxée vers l'ouest. La troisième travée est dépourvue de fenêtre. Une grande arcade en tiers-point, qui n'est pas moulurée et simplement chanfreinée, s'ouvre au-dessus de la cloison de la sacristie. Il reste à signaler la rosace en haut du mur occidental, qui se compose de huit lobes arrondies rayonnant autour d'un petit oculus central. L'incohérence stylistique entre les grandes arcades, les piliers, et les nervures des voûtes, d'un côté, et les fenêtres et les clés de voûte, de l'autre côté, reste inexpliquée. Quant à la nudité des moellons du mur méridional et du mur occidental, elle devrait résulter d'une restauration, seulement la pierre de taille ou de moyen appareil étant habituellement laissé apparent. Au-dessus des grandes arcades du nord, le mur est justement enduit et blanchi à la chaux.
Bas-côté thumb|upright|Vue vers l'ouest.
Le bas-côté se compose de trois travées légèrement barlongues dans le sens longitudinal. La première travée abrite la chapelle des fonts baptismaux. Les supports sont conçus selon les mêmes dispositions que dans la nef, et leurs proportions ne sont pas adaptées à la surface nettement plus réduite des voûtes. D'épais piliers ondulés sont donc engagés dans le mur gouttereau, de sorte que trois sur les quatre ondulations demeurent visibles. Les ondulations correspondant aux arcs longitudinaux sont beaucoup plus fortes que les formerets, et ne concordent pas avec ceux-ci. Elles semblent transpercer les voûtains, et créent une distance entre la retombée des ogives et celle des formerets, ce qui donne de courtes sections voûtées en berceau près du mur septentrional. Des irrégularités existent à la jonction avec la chapelle latérale nord du chœur. Dans l'angle nord-est de la troisième travée, l'ogive et le formeret se fondent dans une section de pilier cylindrique, comme dans la nef, et le pilier bute également sur un cul-de-lampe. Ici, il est sculpté, et enveloppé de feuillages. À la fin des grandes arcades, l'on trouve un demi-pilier ondulé, qui prend appui contre un pilier du chœur. Le doubleau vers la chapelle se fond dans le pilier du chœur, ce qui donne à penser qu'il s'agit d'une arcade plus ancienne, qui a seulement été retaillée à la période flamboyante. En ce qui concerne les clés de voûte, elles se font très discrètes, et sont toutes identiques, et assez atypiques. Ce sont des disques entourés d'un boudin, où se croisent les ogives, dont la face frontale présente également un boudin. Si les clés de voûte pourraient évoquer une période de construction plus réculée, le profil émoussé des ogives indique la fin de la période flamboyante. Les réseaux des fenêtres, qui sont à peine plus hautes que larges, va dans le même sens, et se compose de deux formes en plein cintre surmontées d'un oculus entre deux écoinçons ajourés. Ici, la modénature reste toutefois aigüe, et les meneaux disposent même de bases polygonales. Le maître d'œuvre semble avoir recopié des formes et profils dans de différents édifices en chantier ou récemment achevés, sans bien se rendre compte de mélanger des influences novatrices et traditionnelles.
Chapelles latérales du chœur et sacristie thumb|upright|Chapelle de la Vierge.