Dès sa formation en 1831, la Légion étrangère se veut bâtisseuse puisque ses bataillons construisent en Afrique du nord routes, casernes et canaux d’irrigation In La Légion étrangère à 150 ans, page 27. Plus tard, apparaitront au sein des régiments de Légion des compagnies spécialisées, les CSP, ou compagnies de sapeurs pionniers. C'est avec la guerre d'Indochine que les premières unités autonomes voient le jour. Spécialisées dans l'entretien, la construction ou le transport de matériaux elles forment d'abord des compagnies puis s'étoffent jusqu'à devenir des bataillons. Elles disparaissent avec ce conflit et ne réapparaissent qu'à la fin de la guerre d'Algérie qui voit naître le premier régiment de génie Légion.

Les unités d'Indochine Au début du conflit d'Indochine, le CEFEO comprend deux bataillons de génie divisionnaire, un bataillon de corps d'armée et une compagnie d'entretien. Pour cette armée qui sort juste du second conflit mondial, le théâtre d'opération est bien différent de celui qu'il connaissait jusque-là : les opérations se déroulent à de la métropole et les conditions géo-climatiques sont très éloignées de celles rencontrées en Europe ou en Afrique du Nord. Pour compliquer la donne, les deux zones de conflit principales sont éloignées de et sont occupées au sud du par les Britanniques et au nord par les Chinois, très hostiles au retour des Français. De plus, tout était à reconstruire, les destructions opérées par le Vietminh interdisaient toute communication entre le nord et le sud.

Pour les unités du Génie on distingue deux périodes distinctes durant ce conflit : la période 1945-1950 qui correspond aux opérations de reconquête avec la réouverture des voies de communication et la période 1950-1954 consacrée à la construction des ouvrages fortifiés de la ligne de Lattre et la mise en place de trois bases aéroterrestresIn Le Génie, ses origines - son évolution - ses titres de gloire, pages 89 à 95..

Les compagnies de camions-bennes Il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale et le début de la guerre d’Indochine pour voir des unités de la Légion se spécialiser en fonction des besoins. Ainsi vont naître successivement des compagnies et des bataillons portant des appellations diverses telles que compagnie de camions-bennes, compagnie d’entretien, compagnie de bateaux blindés ou d’engins fluviaux puis finalement bataillon du génie Légion.

La première unité créée est la de camions-bennes (). Elle voit le jour à Nîmes le et débarque en Indochine en . Forte d'un peu moins de , elle s'implante à Gia Dinh en Cochinchine mais ses détachements interviennent sur tout le territoire indochinois. Le , elle absorbe la section de bateaux pliants de la d'état-major et des services du génie de Légion implantée à Tourane. Les missions de cette section, dotées de nombreux équipements, sont le passage des cours d'eau, la confection de bacs et les patrouilles en rivièreIn Le grand livre des insignes de la Légion étrangère, pages 162, 163, 172 et 173.. La , dissoute le , perd sa spécificité Légion le en incorporant des effectifs autochtones en remplacement des légionnaires.

La , constituée par un grand nombre de légionnaires de la , est issue de la d'équipage de pont qui vient d'être dissoute. Basée à Hanoï, elle est créée le et dissoute le . Ces deux compagnies, administrativement indépendantes, avaient pour mission le ravitaillement des chantiers mais également le transport de troupes et de matériels dans le cadre des missions opérationnellesIn La Légion étrangère en Indochine, pages 36 à 38..

Les compagnies et bataillon du génie Le sont créées trois compagnies de génie Légion à partir d'unités coloniales qui changent de dénomination. Il s'agit de la du du génie basée à Hanoï, de la 21/ implantée en Cochinchine et de la 21/ de centre Annam. Enfin, une 21/ compagnie devient unité de Légion à Kien An le . Traditionnellement, les compagnies portant le numéro 21 sont des compagnies de commandementÀ l'époque les bataillons du génie comprennent une compagnie de commandement portant le numéro 21 et 3 ou 4 compagnies de combat numérotées de 1 à 4. In Insignes de l'armée française en Indochine, page 53.. Ces quatre unités disparaîtront à la fin du conflit aux mois d'août et .

Deux unités d'entretien du génie, les et , voient le jour respectivement les à Saïgon (date d'arrivée de l'unité en Indochine) et le à Haïphong. La est employée initialement dans le port de Saïgon (conduite de camions et de chalands) puis dans des chantiers en Cochinchine, Annam et Cambodge. Le l'unité devient le du génie qui conserve la même implantationIn Le grand livre des insignes de la Légion étrangère, pages 164 et 165.. La quant à elle est créée à partir d'éléments de la et de la d'entrepôt du GénieIn Le grand livre des insignes de la Légion étrangère, page 166.. Sa mission est la remise en état des moyens de franchissement ainsi que la participation aux missions opérationnelles. Elle est dissoute et donne naissance au de génie Légion le .

Les insignes d'Indochine

Les régiments de Génie Légion À la fin de la guerre d'Indochine les unités autonomes de génie Légion disparaissent et il faut attendre 1963 et la fin de la guerre d’Algérie pour que les composantes du REI se spécialisent et que le régiment devienne le premier régiment de génie Légion. Il prend le nom de mixte du Pacifique ( RMP) le et s’implante à Papeete à Tahiti au sein du centre d'expérimentation du PacifiqueIn Le grand livre des insignes de la Légion étrangère, page 91.. Les compagnies spécialisées du RMP servent aussi bien sur les différents sites d'expérimentation nucléaire que sur l'ensemble des atolls de la Polynésie française, elles sont employées à la création de postes et de villes, à des chantiers divers, au soutien des véhicules et des centrales électriques ou de production d'eauIn La Légion étrangère à 150 ans, pages 98 et 99..

Le régiment perd sa spécialisation Génie le pour devenir le REI et disparait définitivement le . Entretemps, l’année 1984 voit la naissance du second régiment de Légion spécialisé dans le génie. Ainsi, le REG voit le jour le In Le grand livre des insignes de la Légion étrangère, page 100 et prend le nom de REG le lors de la création du étranger de génie ( REG).

Pour être complet, citons également le mixte du génie Légion ( BMGL) dont la création remonte au afin d'établir à Canjuers le plus grand camp d'entrainement militaire de l'époque en Europe occidentale. Sa tâche terminée l'unité s’attèle à la construction du camp du Larzac pour disparaître finalement le . Le BMGL était l'héritier du BG qui combat en 1940 et du BCG qui débarque en Indochine au sein de la DIC en In, La Légion étrangère à 150 ans, pages 78 et 79..

Les insignes des unités

Voir aussi

Articles connexes Légion étrangère Génie militaire étranger de génie étranger de génie étranger de génie étranger d'infanterie

Liens externes Site officiel du REG Le REG sur le site de la Défense Vidéo sur Youtube Le REG sur le pont! Site officiel du REG Le REG sur le site de la Défense Vidéo sur Youtube de la formation spécialisée initiale Génie au REG

Sources et bibliographie

Collectif, La Légion étrangère a 150 ans, presses de Képi blanc pour le SIHLE, 1991 - Tibor Szecsko, Le grand livre des insignes de la Légion étrangère, IILE / SIHLE, 1991 - . Raymond Guyader, La Légion étrangère en Indochine 1946 - 1956, éditions Heimdal, 2011 - Alain Bourdennec, Insignes de l'armée française en Indochine, tome 2, chapitre Génie, éditions Sogico, 1984 - Colonel Roche, Le Génie, ses origines - son évolution - ses titres de gloire, École d'application du Génie, 1983.

Notes et références

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