Léglise Saint-Siméon est une église catholique située dans la commune de Bouliac, dans le département de la Gironde, en France.

Localisation L'église se trouve au centre du bourg de Bouliac.

Historique L'égliseCe texte est basé en partie sur une affiche d'information à l'entrée de l'église, intitulée « Église Saint-Siméon Stylite », réalisée à l'initiative de J-P Favroul, maire de Bouliac en 1995. du , dédiée à Siméon le Stylite, remplace un oratoire construit sur un cimetière paléochrétien du . Elle se compose d'une nef, un chevet et une sacristie. Le chevet et les chapiteaux du portail sont les seuls restes de l'église originelle.

Au , pendant la guerre de Cent Ans, l'église a été restaurée sur ordre de Pey Berland, archevêque de Bordeaux et ancien curé de Saint-Siméon, entre 1413 et 1422. Les murs gouttereaux nord et sud de la nef sont percés chacun par trois baies. Les colonnettes ont toutes des chapiteaux à décor végétal.

Puis, pour protéger le village contre la menace des troupes françaises, l'église a été aussi fortifiée par Pey Berland : un clocher fortifié, une barbacane donnait accès à un chemin de ronde sur la nef bordée par un parapet crénelé qui a disparu, au-dessus de l'abside, une chambre forte percée d'archères en croix pattées (voir l'aquarelle de Léo Drouyn). Cette fortification au-dessus du chevet est encore visible aujourd'hui. Cependant, le village de Bouliac ne fut jamais attaqué.

En 1649, elle résiste aux assauts du duc d'Epernon, en lutte avec le Parlement de Bordeaux.

En 1793, l'église subit quelques mutilations du fait des violences révolutionnaires.

Sous le second Empire, en 1862, sous la férule du cardinal Donnet, l'ancien clocher est détruit et remplacé par le clocher actuel et la nef lambrissée. Les fresques qui ornent la nef ont été peintes en 1896Bouliac au XIXe par l’abbé Eugène PAREAU ; ed. Dupuch, Bordeaux ; 1900 ; 178 p.http://bouliac.blogs.sudouest.fr/abbe-pareau/.

Une croix de mission se trouve près de la mairie : la ferveur religieuse a été mise à mal lors de la Révolution française. Nombreux sont les fidèles à avoir déserté les offices. Au début du , l’Église a commencé une nouvelle évangélisation des campagnes françaises. Lors de la venue du missionnaire diocésain, sa mission était signalée par l'érection d'une croix dans le centre, ou à l'entrée du village. Celle de Bouliac date de 1834.

L'église a été classée au titre des monuments historiques en totalité en 1862.

L'iconographie romane Les six chapiteaux du portail, par leurs techniques sculpturales, datent du . Les sculptures du chevet ont été tirées du répertoire de l'abbaye de La Sauve-Majeure établie à partir de 1130. Il y a donc eu au moins deux campagnes distinctes, la première pour la façade et la seconde, environ 100 ans plus tard, pour la partie orientale de l'église.

L'extérieur Les sculptures romanes existantes à l'extérieur sont six chapiteaux au portail occidental, huit colonnes et chapiteaux autour du chevet, trois fenêtres et leurs colonnettes dans l'abside et les modillons qui soutiennent la corniche du chevet.

Le portail roman Le portail occidental de l'église est abrité sous le clocher construit en 1862. Il est à voussures et constitué de trois archivoltes séparées par un bandeau sculpté d'entrelacs s'appuyant sur six colonnettes ornées de motifs géométriques. Seuls les six chapiteaux sont romans, les autres éléments du portail datent de la reconstruction du .

Dans l'ébrasure nord, les scènes sont une visite des rois Mages à Marie et Jésus, un piscifère portant son fardeau, le lavement, par Jésus, des mains et de la tête de saint Pierre.

Dans l'ébrasure sud, elles sont un archange tuant un dragon, le baptême de Jésus, Jésus guidant trois fidèles.

Ébrasement nord

Chapiteau nord 1 : Les Mages

Sur la face principale de la corbeille, Marie est assise en majesté, tenant Jésus dans son giron. Sur l'autre face, en arrière-plan, se présentent les trois Mages venus offrir leurs cadeaux (de l'or, de l'encens et de la myrrhe) décrits par Mathieu II, 11. Le premier Mage, qui a perdu sa tête, est agenouillé.

Sur les deux faces du tailloir, deux anges volent. Celui qui porte un livre montre du doigt l'étoile qui a guidé les Mages depuis l'Orient et qui est un emprunt de la Nativité décrite par Luc II, 7-20 et dans laquelle Jésus est placé dans une crèche avec des bergers pour compagnie.

Quant à Marie, elle est parfaitement hiératique, encadrée par le guimpe des épouses et la houppelande qui recouvre ses épaules. Cependant, la représentation avec l'enfant, qui n'est pas un nouveau-né, semble venir de l'évangile apocryphe du pseudo-Mathieu du , où il est écrit que deux ans se sont passés après la naissance de Jésus avant que n'arrivent les mages avec leurs cadeaux, c'est-à-dire après la fuite en Égypte et le retour en Palestine. Ce chapiteau possède une particularité insolite : il n'y a aucun signe, attribut ou geste désignant la divinité de Jésus aux Mages.

Chapiteau nord 2 Les porteurs de poissons

Le tailloir de ce chapiteau est décoré d'une onde de demi-palmettes issue de la bouche d'une tête de loup sur l'angle. Les masques « cracheur de rinceaux » sont toujours des symboles négatifs et le sujet de la corbeille est donc associé à un signe maléfique.

La corbeille, quant à elle, est dominée par un énorme poisson, arqué en une boucle presque parfaite. Il écrase, de son poids énorme, l'homme qui le porte. Un deuxième homme est venu en aide et a saisi la queue glissante. Les deux hommes sont chaussés et vêtus de bliauds luxueux.

Tobie or not Tobit : Certains guides affirment que le symbole du porteur de poisson fait référence à l'évangile apocryphe de Tobit, où Tobie a guéri la cécité de son père Tobit avec le fiel d'un énorme poisson. D'autres auteurs, comme Léo Drouyn, mettent en doute cette interprétation, car il y a des centaines de chapiteaux et modillons avec cette représentation et il n'y a jamais d'évocation d'une cécité. Par contre il y a souvent des symboles maléfiques, comme ici, ou signes des péchés associés au porteur de poisson. Les « porteurs de fardeaux » (poisson, bouc, cochon, tonnelet, etc.) ne sont qu'un procédé d'imagier pour figurer le pécheur accablé par sa conscience, comme si le poids des fautes l’écrasait physiquement. Le piscifère principal est l'emblème de l'intempérance et ici son compagnon est son complice dans le péché.

Chapiteau nord 3 : Le lavement des mains et de la tête de Pierre par Jésus

Quatre personnages de l'évangile selon Jean, XIII, v 4-12, sont représentés. Jésus, reconnaissable à son nimbe crucifère et Pierre, que l'usure à complètement effacé, mais il devait occuper cette position centrale. Jésus est présenté de trois quarts. Il a saisi le poignet droit de Pierre (c'est tout ce qu'il en reste) afin de lui laver les mains et la tête.

À gauche, un disciple barbu exhibe un tissu ou un vêtement. À droite, un troisième apôtre portait un objet, peut-être un bassin ou un essuie-mains, et observe la scène devant un arbuste à feuilles crossées.

Un détail a son importance, le fait que, tout à fait à droite du troisième disciple, on voit une palmette qui pousse dans un cénacle où elle n'a pas sa place . À l'époque romane, la question du lavement des pieds des apôtres par Jésus était complexe. Dans l'Aquitaine, comme en Espagne, on pratiquait, précisément le dimanche des Palmes, ce « lavement des mains et de la tête ». C'était une pratique totalement étrangère au rituel de l'Église romaine. La palmette n'était pas destinée à décorer un espace, elle évoquait ce temps de rameaux, caractérisé dans la France gallicane, par une liturgie exubérante dont le clergé bordelais défendait jalousement l'originalité et l'ancestralité.

Ébrasement sud

Chapiteau sud 1 : Archange tuant le dragon

Ce chapiteau est fortement endommagé. D'après Léo Drouyn, le tailloir aurait hébergé deux personnages allongés, comme le chapiteau des Mages. Son état de dégradation aujourd'hui ne permet pas une vérification. La petite face de la corbeille est quasi illisible. Sur la face principale, le corps d'un petit archange, nu-pieds, est sur un gros dragon disposé en bateau. L'ange n'a plus de tête, mais ses ailes sont bien visibles. On devine qu'il achève le dragon avec une lance (on discerne une partie du fût devant sa poitrine) tenue du bras gauche.

Chapiteau sud 2 : Baptême de Jésus

Le tailloir est conservé à moitié. Sur l'angle, se voit le protomé d'un loup. Sur la corbeille, Jésus est la figure centrale. Il est plongé aux trois quarts dans un dôme aplati, constitué de trois ondes concentriques poissonneuses, qui simule la rivière Jourdain. À sa droite, Jean-Baptiste, debout sur la rive, tient Jésus par l'épaule et la nuque. Il est habillé d'une tunique côtelée, différente du « pagne de cuir » et des « poils de chameau » du récit biblique.

Sur l'autre face de la corbeille, un ange, aux ailes ouvertes, tient la tunique du Christ. L'ange n'est pas mentionné dans le récit biblique non plus, mais sa présence était devenue coutumière au fil des siècles. Plus surprenante est l'absence d'une colombe représentant le Saint-esprit et de la « main de Dieu » sortant des cieux.

Chapiteau sud 3 : Jésus guide des fidèles

Cinq personnages sont représentés sur la corbeille : Jésus, identifiable par son nimbe crucifère et le seul à être nu-pieds. À la gauche de Jésus, progressent trois personnes, deux aux mains jointes dans le geste de la prière, précédées par un autre homme auquel Jésus donne sa main. Ils ont tous perdu leur tête et Jésus a été amputé de sa mâchoire. Tous les personnages portent des tuniques longues, sans ceinture et à manchettes évasées, ornées de bourrelets dessinant des motifs géométriques. À droite, mais derrière Jésus, se tient le cinquième homme. On note que son habit est ajusté par une agrafe tréflée, fréquente dans le haut clergé, et que l'homme serre dans sa main droite une barre fuselée, dont le sommet et le bas ont été brisés. Peut-être un bourdon de pèlerin ou une crosse pastorale ? Dans ce cas, l'homme serait probablement un prélat local.

Des indications montrent que l'ordre de ces six chapiteaux a été chamboulé lors d'un remontage à une époque indéterminée et la corbeille du Baptême de Jésus et celle des porteurs de poissons ont été échangées. En effet, la commémoration du baptême de Jésus ET la visite des rois Mages, qui s'appelaient Épiphanie ou Théophanie, étaient commémoré le six janvier. Il se peut que, pour associer les deux épiphanies, la corbeille du baptême ait primitivement occupé la place actuellement prise par les porteurs de poissons. Dans ce cas, les porteurs de poissons auraient dû être associés avec l'ange tuant le dragon. À l'intérieur, sur la même corbeille du chevet, on trouve précisément un piscifère et l'ange au dragon, sculpté par un atelier venu décorer l'église dans l'esprit de l'abbaye de La Sauve-Majeure, environ un siècle après la construction du portail.

Le chevet

Les baies du chevet

Le chevet est percé par cinq baies, dont les trois premières, commençant au nord du chevet, sont romanes.

Baie 1 : Décor végétal et baie 2 : Oiseaux et calice

Les corbeilles des colonnettes de la première baie ont un décor uniquement végétal.

Pour la deuxième baie, on voit, sur la corbeille du chapiteau est, deux oiseaux paisibles, à plumage de caille qui s’apprêtent à boire dans un calice situé sous leurs becs. Le contexte est neutre, ce doit donc être une évocation de l'Eucharistie. La corbeille du chapiteau ouest a un décor végétal.

Baie 3 : Ouroboros

Sur la corbeille du chapiteau sud, deux serpents, enlacés par le cou de façon à former un nœud, se mordent la queue.

Sur la corbeille du chapiteau nord, un décor de pignes de pin.

Les chapiteaux de la corniche

Six chapiteaux romans, dont deux sont historiés, soutiennent la corniche. Du sud au nord : feuillage d'acanthes, lions et dompteurs, acanthes, les quatre dogues, pignes, acanthes.

Les chapiteaux à décor végétal :