La Grotte Chauvet 2 - Ardèche (nommée Caverne du Pont-d'Arc jusqu'en 2019) est une réplique de la grotte Chauvet. Sa construction a débuté en et elle a été ouverte au public en 2015.
Historique vignette|gauche|Le site du Razal pendant la construction de la grotte Chauvet 2 (21 septembre 2012). Deux projets de restitution de la grotte échouent successivement à la fin des années 1990 et au début des années 2000, essentiellement en raison des obstacles administratifs et financiers.
Pascal Terrasse, président du conseil général de l'Ardèche en 2006 et spéléologue passionné, relance le projet et met en place en 2007, un syndicat mixte, le SMERGC (Syndicat mixte Espace de restitution de la Grotte Chauvet). La région Rhône-Alpes et le conseil général de l'Ardèche avec l'appui de l'État et de l'Europe décident en 2010 de la création d'un espace de restitution de la grotte. Le SMERGC est chargé de sa mise en œuvre sur le site de Razal, dix hectares d'une forêt de chênes qui coiffe une colline. Le projet architectural est conçu par le cabinet Fabre/Speller et la maîtrise d'œuvre de la réplique est confiée à la société parisienne Scène. La construction de l'espace de restitution débute à partir d' sur le site du Razal à Vallon-Pont-d'Arc.
Les trois inventeurs de la grotte déposent deux marques (« grotte Chauvet » et « grotte Chauvet-Pont d’Arc ») le , mais oublient de les renouveler, ce qui entraîne une bataille judiciaire lorsque le syndicat mixte dépose ces deux noms le et le . Ce même syndicat, en , dépose le nom « espace de restitution de la grotte Chauvet » pour la réplique, mais le tribunal de grande instance de Paris juge le que le syndicat a déposé frauduleusement les marques, lui reprochant notamment de n’avoir pas averti les découvreurs de leur oubli par rapport au renouvellement du dépôt des marques.
Ayant initialement songé au nom de « grotte Chauvet II », le syndicat opte finalement pour le nom de « Caverne du Pont-d'Arc ». Selon un protocole d’accord, signé le , l’État s’engage à veiller « à ce que les inventeurs soient convenablementL’adverbe « convenablement » demeure tellement vague qu’il peut être interprété de manière très différente selon les protagonistes. associés à la valorisation du site et en particulier au futur espace de restitution ». Aussi, une somme forfaitaire d'1 M€ leur est proposée, mais les inventeurs négocient 3 % sur chaque ticket d'entrée, et ce, pendant vingt-cinq ans, ce qui équivaut à une somme de 2,25 M€.
Baptisé en « Caverne du Pont-d'Arc », ce site culturel et touristique est inauguré le en présence du président de la République François Hollande ; il ouvre ses portes au public le Sylvestre Huet, Hollande inaugure la Caverne du Pont d'Arc, Libération, 10 avril 2015.
Un comité scientifique international de 15 personnalités présidé par Jean Clottes délègue trois membres de l'équipe scientifique qui étudie la grotte depuis 1998 (le paléontologue Jean-Michel Geneste, le géomorphologue Jean-Jacques Delannoy et l'archéozoologue Philippe Fosse) afin de valider toutes les étapes de créationComment et qui réalise la Caverne du Pont d’Arc ?, site lacavernedupontdarc.org.
En 2015, la Caverne du pont d'Arc a accueilli 485 000 visiteurs. Elle reçoit le prix spécial du jury Historia 2015.
En 2016, ce sont plus de 500 000 visiteurs qui sont venus admirer le site.
D' à , la caverne a enregistré « Chauvet : depuis le début de l'année », Sud Ouest édition Dordogne, 3 septembre 2016, ..
Un peu plus d'un an après son ouverture, la Caverne accueille une arrivée du Tour de France le , un contre-la-montre de 37,5 km partant de Bourg-Saint-Andéol.
En , la Caverne accueille son millionième visiteur.
En , la Caverne du Pont-d'Arc change de nom pour devenir la Grotte Chauvet 2 - Ardèche, à la suite de la résolution du litige entre les découvreurs de la grotte et le SMERGC.
Conception et réalisation vignette|Panneau en cours de réalisation. En 2012, en réponse à un appel d'offres de marché public, un groupement d'entreprises (représentée par SOCRA-Campenon Bernard Régions du groupe Vinci Construction France) est choisi pour coordonner l'ensemble des travaux de réplique des des sols, et des de voûtes et de parois dans toute leur diversité géomorphologique. À partir de cages métalliques suspendues à la charpenteRestitution en cours de la grotte : la salle des Bauges ( d'armatures de tiges en métal façonnées à la main soudées pour former des grilles imitant les formes de la roche La création de la plus grande réplique du monde en images, sur lacavernedupontdarc.org) sont couvertes de projection de béton précontraint Freyssinet. Sur cette couche d'accroche, des sculpteurs modèlent avec des mortiers spéciaux les surfaces et les textures qui sont ensuite patinées. Puis est intégré l'ensemble des spéléothèmes (massifs de concrétions) et les panneaux pariétaux en résineLa caverne du Pont d'Arc : une grotte unique, un projet d'exception, site du CREAP (Centre de Recherche et d'Études pour l'Art Préhistorique).
Les fac-similés des peintures rupestres sont effectués en partie ( sur 240) par l'entreprise « Arc et Os » de Montignac, en Dordogne, dont le patron, Alain Dalis, se dit Hervé Chassain, La grotte Chauvet made in Montignac, Sud Ouest édition Dordogne du 9 septembre 2014, .Hervé Chassain, Grotte Chauvet, le savoir-faire du Périgord en pleine lumière, Le Mag , supplément à Sud Ouest du 20 septembre 2014, .. Les autres panneaux peints sont réalisés par « Déco Diffusion » à Toulouse et Gilles Tosello, artiste plasticien et préhistorien qui reproduit la fresque des lions de la grotte Chauvet. Les artistes travaillent comme leurs lointains ancêtres avec des pigments et des fusains de charbons de bois. vignette|Échantillon de sol. Les pouvoirs publics ont réalisé une enquête pour estimer les retombées économiques : le site culturel devrait générer 60 à 70 emplois directs en saison, 300 à 500 emplois indirects sont attendus notamment dans les filières agro-alimentaire et hôtelière, la région y voyant un enjeu social de désaisonnalisation. selon le patron du SMERGC.
Description
La création de la Grotte Chauvet 2 est un projet à la fois culturel, scientifique et technologique, unique dans sa conception comme dans sa dimension ( au sol et de faciès géologique – sols + parois + plafonds) qui en fait la plus grande réplique de grotte ornée au monde.
Six mille photos numériques prises selon la technique de l’anamorphose ont servi à réaliser le fac-similé qui présente une forme compactée de la grotte Chauvet dans laquelle l'ensemble des peintures et gravures, mais également les éléments géologiques (sols, concrétions, voûtes jusque dans ses détails : vermiculations, pendants de voûte) et les vestiges archéologiques (ossements, foyers, empreintes...) majeurs de la cavité originale sont restitués à l'échelle 1 par des artistes et sculpteurs. Des parties de 30 à 40 mètres où il y a peu à voir ont été supprimées, si bien que seuls des de la grotte originale sont répliqués, évitant ainsi que le budget des travaux soit doublé.
L'ambition est de réaliser une imitation de grotte aussi vraisemblable que possible où l'on retrouve les caractéristiques du milieu souterrain dont la fraîcheur, l'humidité et l'obscurité. Dès le début du projet, le choix scénographique a été que la « réplique des dessins devait avant tout traduire l'esprit des originaux, sacrifiant un peu de l'exactitude au profit de la dynamique et du souffle qui anime les figures noires de lions, de rhinocéros ou de chevaux. Tenter de faire passer au visiteur une part d'émotion ».
L'espace de restitution qui a représenté un investissement de 55 millions d'euros est géré par un délégataire, Kléber Rossillon (société spécialisée dans la gestion de sites culturels et touristiques) qui prévoit une fréquentation annuelle de 300 à . L'espace comprend le fac-similé de la grotte originale, un centre de découverte où il est possible de se familiariser avec le Paléolithique, sa faune, sa flore, son paléoclimat, ses paysages et l'humanité d'il y a grâce à un pôle pédagogique et un espace d'exposition temporaire, complétés par un restaurant et une boutique.
La disposition des cinq pôles (la Caverne, la Galerie des Aurignaciens, le pôle pédagogique, l’espace événementiel et le pôle restauration) sur une dizaine d’hectares est réalisée de manière à former vue du cielLe site vu du ciel l’empreinte de patte d'ours des cavernesSchéma du site, mammifère ayant beaucoup fréquenté la grotte Chauvet. Les bâtiments de plain-pied pour ne pas dépasser la cime des arbres s’immergent dans la nature environnante.
La caverne, fac-similé de la grotte Chauvet
La réalisation du fac-similé de la grotte Chauvet répond à la mission de diffusion de la culture dans le cadre du classement au Patrimoine mondial attribué par l'Unesco, attribué en France. La progression se fait sur une passerelle et le visiteur découvre, dans le même ordre que dans la grotte Chauvet, les principaux éléments depuis l’entrée jusqu’au fond. Sur les représentations, les artistes ont travaillé à reproduire les gestes, afin de garder la dynamique des traits, le résultat étant soumis à la validation du comité scientifique du projet. Il a fallu retrouver l’ordre exact de chaque trait dans la construction artistique des AurignaciensBeaux Arts, “La caverne du Pont d’Arc. La grotte Chauvet”, Beaux Arts Éditions, avril 2015, p.60.. Des géologues ont défini la géologie des structures à réaliser, des architectes ont défini l’assemblage des tiges métalliques, le grillage, puis la projection du voile de béton reproduisant les surfaces, que des sculpteurs ont finalement mises en formeBeaux Arts, “La caverne du Pont d’Arc. La grotte Chauvet”, op. cit., pp.48-49.. Des paléontologues ont reproduit les ossements et les crânes d’ours par moulage. Les structures d’écoulement de l’eau sur les sols sont reproduites par moulage silicone. Une équipe de cinq cents spécialistes s'est mobilisée sur le projet, avec passion. Même la température et l’acoustique de la grotte sont respectées. L’humidité est absente, mais l’aspect mouillé, imité de façon fidèle, donne l’impression que de l’eau va se mettre à coulerBeaux Arts, “La caverne du Pont d’Arc. La grotte Chauvet”, op. cit., p.61.. Enfin, le travail d'éclairage met en valeur chaque détail de la réalisation.
Géologie dans la caverne
La grande structure de stalagmites vers l’entrée, mesure 5 m de haut. Des fistuleuses ont été restituées, ainsi qu’une grande draperie. Les effondrements ont été respectés. L’écoulement sur le sol (gours) produit des structures de calcite très caractéristiques, qui ont été reproduites par des moulages en silicone. Dans la grotte, en temps de pluie, de l’eau coulait du renfoncement à la base du panneau des chevaux : on en voit la trace dans la caverne (photo 19). Tel avant-train d’animal manque, car il a été recouvert par la calcite. Le plus souvent, le dépôt de calcite sur les œuvres a été très fin et il a favorablement protégé peintures et gravures. On dirait que telle gravure au doigt (un cheval) vient juste d’être faite, alors que le matériau, très tendre, est d’une extrême fragilité (vrai sur l'original autant que sur la copie).
Paléontologie dans la caverne
On note de nombreux ossements de toutes sortes et principalement, un peu partout sur le sol, ceux des ours. Les ours ont longtemps occupé les lieux, d'après la présence de nombreux crânes d’ours, de bauges et de traces de pattesDossiers d'Archéologie, “La Grotte Chauvet et la Caverne du Pont d’Arc”, Éditions Faton, hors-série n°28, avril 2015, pp.54-59..
Les animaux peints nous renseignent, souvent de façon précise, sur la morphologie des espèces aurignaciennes (lion des cavernes, rhinocéros laineux, mammouth, renne, cerf, sans oublier le cheval sauvage de l’époque).
Anthropologie dans la caverne