, né le à Forlì et mort le à Rome, est un historien, germaniste, essayiste et journaliste italien.
Biographie Il est le fils de Pino Romualdi (1913-1988).
Il se forme à l'université de Rome « La Sapienza », où il suit les cours d'Augusto del Noce et de l'historien Renzo de Felice. Sous la direction de celui-ci, il soutient sa thèse de doctorat en histoire contemporaine, consacrée à la Révolution conservatrice allemande..
En 1970, il devient maître-assistant en histoire contemporaine à l'université de Palerme.
Ses travaux académiques portent principalement sur l'histoire et l'origine des Indo-européens, sur Platon, Nietzsche, la Révolution conservatrice allemande, sur « l'essence du fascisme » et sur le « fascisme comme phénomène européen »..
Dès le début de ses études, il entre au FUAN (Fronte universitario di azione nazionale), où il est rapidement chargé de l'orientation culturelle de l'organisation. Il va devenir l'un des principaux leaders intellectuels de la tendance radicale, nationale-révolutionnaire, mais résolument légaliste de la Droite radicale, dont, notamment, les anciens militants du Centro Studi Ordine Nuovo rentrés au MSI en 1969En 1957, le courant « spiritualiste » Centro Studi Ordine Nuovo, inspiré de Julius Evola, avait quitté le MSI à la suite de l'arrivée à la direction du parti d'Arturo Michelini, partisan d'un ligne « anticommuniste avant tout » et prêt à s'allier avec toutes les forces politiques, à condition qu'elles soient anticommunistes. En 1969, Almirante, leader de la tendance de « gauche révolutionnaire » du MSI, redevient président du parti. Pino Rauti, dirigeant du Centro Studi Ordine Nuovo, décide alors du retour du mouvement au sein du MSI. N. B. : le Centro Studi Ordine Nuovo ne doit pas être confondu avec le Movimento Politico Ordine Nuovo, avec lequel il n'a aucune filiation directe.. C'est la raison pour laquelle il restera membre du MSI jusqu'à son décès. La base de sa ligne politique reposait sur le livre Les Hommes au milieu des ruines de Julius Evola.
Il épouse une Allemande, Else Romualdi, employée à la bibliothèque de l’Institut italien d'études germaniques de Rome, avec qui il a deux enfants. Il décède en 1973 dans un accident de voiture.
Juste avant son décès, il publie La « nouvelle culture » de Droite, un essai très critique envers le nouveau responsable culturel du MSI, l'ex-marxiste Armando Plebe. Romualdi reproche au philosophe d'être un anticommuniste bourgeois, qui n'a pas renié ses racines matérialistes et athéesMassimo Magliaro, « Le Mouvement Social Italien », Cahiers d'histoire du nationalisme, Paris, Synthèse nationale, , 2017, , qui resterait un libéral et ne pourrait en aucun cas être qualifié d'homme de droite.
Pour Romualdi, il importe de concevoir l’avenir selon une perspective européenne, et non plus strictement nationale. Bien qu’empreint d’un anticommunisme virulent, il préconise une dissociation du continent européen vis‑à‑vis des deux blocs issus de la guerre froide, en faveur d’une politique autonome orientée simultanément contre les États‑Unis et contre l’Union soviétique. Il élabore la notion d’Europe‑Nation en formationChristophe Boutin, Politique et tradition : Julius Evola dans le siècle, Paris, Éd. Kimé, 1992, 513 p. , : Adriano Romualdi, La Droite et la Crise du nationalisme, Cercle Culture et Liberté [1987, Philippe Baillet trad.], p. 29..
Un élément indispensable à la construction d'une société organique est, pour Romualdi la création d'une nouvelle élite. C'est dans cet esprit qu'il a créé et animé des groupes restreints de réflexion et de formation de cadres, tel le groupe « Révolution conservatrice », qui sera rebaptisé « Le Solstice ».
Adriano Romualdi était proche de Julius Evola et le connaissait personnellement. Il publia une bibliographie autorisée du philosophe en 1966. Après son décès, Evola, malgré certaines critiques à son endroit (comme sur la notion de transcendance, trop négligée par Romualdi selon lui) lui rendit hommage, écrivant que la Droite intellectuelle perdait l'un de ses jeunes esprits les plus brillants.
Œuvres
En italien
Platone [« Platon »], 1965 ; 1992 Perché non esiste una cultura di destra [« Pourquoi il n'existe pas une culture de droite »], 1965 Julius Evola: l'uomo e l'opera [« Julius Evola : l'homme et l'œuvre »], 1966 ; 1979 Su Evola [« Sur Evola »], 1998 Nietzsche e la mitologia egualitaria [« Nietzsche et la Mythologie égalitaire »], 1971 ; 1981 Oltre il nichilismo [« Au-delà du nihilisme »], 1971 Sul problema d'una Tradizione europea [« Sur le problème d'une Tradition européenne »], 1973 Idee per una cultura di destra [« Idées pour une culture de droite »], 1973 La destra e la crisi del nazionalismo [« La Droite et la Crise du nationalisme »], 1987 Le ultime ore dell'Europa [« Les Dernières Heures de l'Europe »], 1976 ; 2004 Gli Indoeuropei: origini e migrazioni [« Les Indo-Européens : origines et migrations »], 1978 Avec et Mario Prisco, Drieu La Rochelle: il mito dell'Europa [« Drieu La Rochelle : le mythe de l'Europe »], 1965 Correnti politiche e ideologiche della destra tedesca dal 1918 al 1932 [« Courants politiques et idéologiques de la droite germanique de 1918 à 1932 »], 1981 ; 2013 Il fascismo come fenomeno europeo [« Le Fascisme comme phénomène européen »], 1984 ; 2013 Una cultura per l'Europa [« Une culture pour l'Europe »], 1986 Primo schema costituzionale per uno stato dell'Ordine Nuovo [« Ébauche d'une constitution pour un État d'Ordre nouveau »], 1998 Lettere ad un amico [« Lettres à un ami »], 2013
Œuvres traduites en français
; rééd. Sentiers Perdus, 2022. . . . . La « Migration nordique » en Italie — Premiers Latins et Vénètes du Val Camonica aux monts albains, [trad. Philippe Baillet], préface de Jean Haudry, Aidôs, Saint-Genis-Laval, 2020, 77 p.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Adriano Romualdi, Lettere ad un amico, Arya, 2013, [avec une bibliographie établie par Alberto Lombardo, p. 161-173]. . [Collect.] Adriano Romualdi. Conservatore rivoluzionario. Gli atti del Convegno di Forlì, 1983, dieci anni dopo la sua scomparsa, préf. de Gennaro Malgieri, Eclettica, 2016.
Rodolfo Sideri, Adriano Romualdi. L'uomo, l'opera e il suo tempo, Settimo Sigillo, 2012, 158 p.
Liens externes
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