L'église Notre-Dame est une église catholique paroissiale située à Théméricourt, dans le Val-d'Oise, en France. Ses parties les plus anciennes sont la croisée du transept et le clocher jusqu'à l'étage de beffroi, et peuvent être datées de la période comprise entre 1150 et 1180. Le style reflète la transition du roman vers le gothique, comme en témoignent les chapiteaux des quatre arcades autour du carré du transept et à l'ouest du chœur. Les chapelles latérales du chœur et la nef n'ont été bâties que plus tard, après que l'église fut donnée au prieuré Saint-Lô de Rouen en 1205. Ici l'architecture est caractéristique de la période gothique, mais les remaniements sont nombreux. Dans les chapelles, ils s'expliquent par des réparations à la suite de la guerre de Cent Ans et l'installation de retables devant le chevet. Dans la nef, le principal changement intervient avec son voûtement d'ogives dans le style de la Renaissance, sous le seigneur Achim d'Abos, entre 1568 et 1609. Les voûtes, aux clés richement décorées, retombent sur des consoles engagées dans les piliers au-dessus des chapiteaux du début du , ce qui est une disposition assez rare. Les fenêtres hautes de la nef sont obturées depuis, et les peintures murales du au-dessus de l'arc triomphal également cachées au public. Dans son ensemble, l'église constitue un intéressant témoignage de l'architecture rurale dans le Vexin français. Elle a été classée monument historique par arrêté du ., mais seulement bénéficié de quelques travaux de restauration mineurs. Aujourd'hui, l'état de l'édifice est préoccupant. L'église Notre-Dame est affiliée à la paroisse d'Avernes et Marines, et les messes dominicales n'y sont célébrées que deux fois par an.
Localisation thumb|left|Ancienne croix de cimetière et ancien prieuré ; à gauche, l'église.
L'église Notre-Dame se situe en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Théméricourt, place Saint-Lô. Il s'agit d'une partie de l'ancien cimetière, où subsiste l'ancienne croix de cimetière. L'élévation septentrionale de l'église donne sur la place, qui est aujourd'hui engazonnée. La maison à l'ouest de la place est l'ancien presbytère vendu comme bien national sous la Révolution française, en même temps prieuré. À l'est de la place, se situe le château, qui abrite le siège administratif du Parc naturel régional. Les anciens communs accueillent les collections du musée du Vexin français. En passant entre le château et le chevet de l'église, l'on peut gagner l'autre partie de l'ancien cimetière, qui a été transféré à son emplacement actuel, en dehors du village sur la route d'Avernes, en 1872. Le terrain est resté clos de murs de tous les côtés. On y trouve une statue de la Vierge à l'Enfant et une croix pattée dite croix de l'Ormeteau-Marie. Elle est datée du et tient son nom du lieu-dit en plein champ où elle était autrefois implantée, au-delà de la RD 14, à l'est du territoire communal près du Bord'Haut de Vigny. Dès le , la croix est ramenée au village et placée contre le mur sud de la nef de l'église.. Elle a été classée monument historique par arrêté du .. De la façade occidentale, l'on peut seulement apercevoir le mur du bas-côté sud, dont le portail est généralement ouvert, mais fermée par une grille permettant l'aération de l'église.
Histoire thumb|upright|Croix de l'Ormeteau-Marie. thumb|upright|Le bénitier est une base de colonne du . thumb|upright|Retable - L'Assomption.
La fondation de la paroisse remonte à 832 d'après l'abbé Vital Jean Gautier. L'église est placée sous le vocable de l'Assomption de la Sainte Vierge. Sous l'Ancien Régime, Théméricourt relève du doyenné de Meulan, de l'archidiaconé du Vexin français et de l'archidiocèse de Rouen.. En 1205, l'archevêque de Rouen, Gautier de Coutances, donne l'église au prieuré Saint-Lô de Rouen. Son prieur devient ainsi le collateur de la cure. Deux religieux sont envoyés à Théméricourt, qui y établissent un petit prieuré et assurent le service paroissial. Théméricourt est donc l'un des nombreux cas d'un prieuré cure, et est mieux loti que la plupart des autres villages dans le même cas, où il n'y a qu'un seul religieux.. Aucun document ne renseigne sur l'histoire de l'église avant la Révolution française, et l'analyse archéologique doit suffire pour identifier les différentes campagnes de construction. La partie la plus ancienne est la base du clocher, qui témoigne de la transition du style roman vers l'architecture gothique, et peut être datée de la période comprise entre 1150 et 1180. Comme l'attestent les quatre arcades et ses chapiteaux, l'église devait suivre un plan cruciforme, et la base du clocher devait en même temps tenir lieu de croisée du transept. Les contreforts relativement plats au chevet du chœur et sa voûte d'ogives assez archaïque donnent à penser que cette travée est mise en œuvre sous la même campagne du clocher. En revanche, il n'est pas certain si les croisillons du transept sont déjà achevés. Certains éléments conservés en élévation donnent à penser que le chantier s'interrompt pendant une cinquantaine d'années. En effet, les culs-de-lampe sur lesquels retombent les ogives dans les croisillons ne sont pas antérieurs au début , et les contreforts fortement saillants correspondent à la même époque. Il est certain que les chapelles latérales du sanctuaire sont seulement ajoutées au moment du voûtement d'ogives des croisillons, car elles ne comportent aucun élément du , et l'arcade méridionale du chœur retombe à l'ouest sur un chapiteau de crochets du premier quart du , du même style que les culs-de-lampe des croisillons. La nef et ses deux bas-côtés sont reconstruites à la même époque, sans voûtement d'ogives. L'église se présente désormais dans son plan actuel, sauf peut-être la chapelle au nord du chœur, qui ne garde aucun vestige du ..
C'est peut-être entre la fin du et le que les fenêtres latérales des chapelles sont pourvues d'un nouveau remplage de type rayonnant tardif, qui se caractérise par la sécheresse de la modénature. Pierre Coquelle en a conclu que ces fenêtres sont modernes, mais n'a trouvé aucun document qui l'atteste. Après la guerre de Cent Ans, à la fin du ou au début du , l'église subit quelques réparations, et la chapelle latérale nord du chœur est largement remaniée. Elle sert de chapelle seigneuriale aux seigneurs de Théméricourt. Des travaux à cette époque, témoignent encore la vaste baie au réseau gothique flamboyant au chevet de la chapelle, et l'arcade à l'intersection entre le chœur et la chapelle. Sur l'initiative du seigneur Achim d'Abos (1519-1607)., entre 1569 et sa mort en 1607, la nef est voûtée d'ogives dans le style de la Renaissance, moyennant des consoles engagées dans les piliers au-dessus des chapiteaux du . L'arcade faisant communiquer le bas-côté sud avec le croisillon sud est refaite à la même occasion. Le clocher est exhaussé d'un second étage de beffroi, sans style réel. Plus tard, peut-être seulement au , les voûtes du croisillon nord et de la chapelle latérale nord sont refaits avec des ogives de section carrée. Ces travaux se rattachent peut-être à la grande campagne de construction que l'église subit en 1836. Sous cette campagne, le clocher reçoit en tout cas une nouvelle flèche de charpente recouverte d'ardoise ; la charpente de la nef est rénovée ; une nouvelle fenêtre est percée dans le mur occidental de la nef ; et les murs des bas-côtés sont entièrement rebâtis, avec des baies simples en plein plein cintre. Selon la tradition orale, les bas-côtés auraient été voûtés d'ogives avant cette reconstruction, ce qui ne saurait être confirmé par les éléments conservés en élévation. Peut-être les bas-côtés et chapelles avaient-ils conservés leurs toits en bâtière jusqu'à la leur reconstruction, dont témoignent encore les anciens pignons du vaisseau latéral nord, dont l'un est incorporé dans le grand pignon du chevet. Vers 1868 / 1870, un nouveau portail est créé dans la première travée du bas-côté nord, qui évite aux habitants le contournement de l'église pour y accéder..
L'église est classée monument historique par arrêté du . Par la suite, les baies de l'étage de beffroi sont débouchées. En 1954, un habitant, Fernand Tourret, dégage les clés de voûte de la nef des couches de plâtre qui dissimulaient leurs emblèmes héraldiques depuis 1793.. En 1964, l'église subit un incendie. Trois années passent avant que la municipalité ne demande des devis pour la réparation. Celle-ci se limite à des travaux de type cosmétique, si bien que les eaux pluviales s'infiltrent dans l'édifice et le fragilisent. En 2014, l'angle nord-ouest du clocher doit être cintré d'urgence, et la dernière grande arcade de la nef, ainsi que l'arcade faisant communiquer le bas-côté avec le croisillon nord doivent être étayés. L'église Notre-Dame est aujourd'hui affiliée à la paroisse d'Avernes et Marines, qui dépend du diocèse de Pontoise érigé en 1966 pour regrouper les paroisses du nouveau département du Val-d'Oise. Il n'y a, depuis longtemps, plus de prêtre résident, et les messes dominicales sont devenues très rares, soit deux ou trois par an..
Description Aperçu général thumb|upright|Plan de l'église.
À peu près régulièrement orientée, avec une déviation de l'axe de 13° vers le sud, l'église se compose d'une nef de quatre travées accompagnée de deux bas-côtés simplement plafonnés ; d'une base du clocher ou croisée du transept ; d'un chœur d'une seule travée se terminant par un chevet plat ; de deux collatéraux ou chapelles latérales du chœur qui englobent les anciens croisillons du transept, et comptent chacun deux travées. Ils se terminent également par un chevet plat. La longueur dans l'œuvre est de , et la largeur est de environ. Une sacristie existe au sud de la seconde travée de la chapelle latérale sud. Sauf les bas-côtés de la nef, toute l'église est voûtée d'ogives. L'on accède à l'église par le portail latéral dans la première travée du bas-côté nord, place Saint-Lô. Le portail occidental de la nef donne aujourd'hui sur une propriété privée, en l'occurrence le presbytère utilisé jusqu'à la Révolution, et n'est plus utilisable. Le bas-côté sud dispose également d'un portail occidental, mais cette partie de l'église est fermée au public en raison du mauvais état du faux plafond. Nef et bas-côtés sont recouverts ensemble par une toiture unique à deux rampants, avec pignon à l'ouest. Le chœur et ses deux collatéraux sont également munis d'une toiture commune à deux rampants, avec pignon à l'est et deux demi pignons au-dessus des toits des bas-côtés de la nef.
Intérieur Nef et bas-côtés thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers l'ouest. thumb|Élévation sud. thumb|Bas-côté sud. thumb|Litre de la famille Leprêtre.
La nef comporte des grandes arcades du début du , et des voûtes d'ogives de la seconde moitié du . Elles ont complètement changé son aspect. Initialement, la nef ne devait pas être voûtée, puisque l'assiette des tailloirs n'est pas suffisante pour accueillir les nervures des voûtes en plus des grandes arcades. Des fenêtres hautes laissaient entrer le jour latéralement. Elles sont encore visibles depuis les combles, sauf leurs arcs, qui sont tombés : il est donc impossible de savoir si les baies étaient en plein cintre ou en arc brisé. Les ébrasements conservent des traces d'une polychromie architecturale ancienne : . Des peintures murales anciennes existent également au-dessus de l'arc triomphal.. Elles représentent un Christ en gloire et les symboles du Tétramorphe disposés tout autour. Ces peintures ont été réalisées à la détrempe, et peuvent être datées du . Le Christ dans deux mandorles superposés a été restauré en 1999.. Une photo est exposée au début de la nef.