Les Républicains (LR) est un parti politique français, classé à droite sur l'échiquier politique, issu de la transformation en 2015 de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), fondée en 2002, sous l'impulsion de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy. Il s'inscrit dans la continuité des grands partis conservateurs et gaullistes français : l'UNR, l'UDR, le RPR et l'UMP.

Entre 2015 et 2017, Les Républicains est le principal parti d'opposition parlementaire durant la seconde partie de la présidence de François Hollande (PS). À l'élection présidentielle de 2017, il connaît un échec électoral majeur avec l'élimination de son candidat, François Fillon, dès le premier tour, un fait inédit pour un parti de droite sous la République. Entre 2017 et 2022, le parti demeure la première force d'opposition au Parlement durant la première présidence d'Emmanuel Macron (LREM). À l'élection présidentielle de 2022, le parti subit une nouvelle défaite dès le premier tour, avec l'élimination de sa candidate, Valérie Pécresse, qui recueille 4,78 % des suffrages, un score historiquement faible pour la droite de gouvernement. Après la réélection d'Emmanuel Macron, le parti sort affaibli des élections législatives, et est devancé par le Rassemblement national (RN) en nombre de sièges, dans un parlement minoritaire.

En , au moment de la dissolution de l’Assemblée nationale, Éric Ciotti, alors le président du parti, décide, sans concertation avec les instances dirigeantes, de faire alliance avec le RN pour les élections législatives anticipées, ce qui déclenche une crise interne. À l’issue du scrutin, la tripartition de l'Assemblée entraîne une crise politique. Le groupe Les Républicains compte cinquante députés et se renomme « groupe Droite républicaine ». LR intègre un socle commun avec les partis du (Renaissance, MoDem, Horizons, UDI…) et obtient 14 postes ministériels dans le nouveau gouvernement, dont celui de Premier ministre, avec Michel Barnier. Ce gouvernement est toutefois éphémère, n'exerçant le pouvoir que de septembre à , avant d'être censuré. Le parti conserve 8 postes ministériels dans le gouvernement Bayrou, qui démissionne en . LR se retire du socle commun à l'annonce du premier gouvernement Lecornu, bien que certains de ses membres, suspendus du parti, continuent d'exercer leurs fonctions dans le second gouvernement.

Aux élections européennes de 2019 et de 2024, le parti, avec François-Xavier Bellamy comme tête de liste, voit son nombre de députés européens diminuer. Malgré les résultats électoraux en baisse qu'il réalise au niveau national depuis 2015, LR dispose d'un fort ancrage local, un héritage des mouvements qui l'ont précédés. En effet, le parti détient la majorité relative au Sénat et compte le plus grand nombre de départements présidés et de mairies dirigées pour un parti politique.

Ses présidents de plein exercice sont : Nicolas Sarkozy de 2015 à 2016, Laurent Wauquiez de 2017 à 2019, Christian Jacob de 2019 à 2022, Éric Ciotti de 2022 à 2024, et Bruno Retailleau depuis 2025.

Histoire Partis gaullistes avant l'UMP

Les Républicains, à la suite de l'UMP, est un parti politique héritier d'une longue lignée de différents partis gaullistes ou proches des majorités gaullistes. 1947-1955 : Rassemblement du peuple français (RPF) ; 1955-1958 : Républicains sociaux (RS) ; 1958-1962 : Union pour la nouvelle République (UNR) ; 1962-1967 : Union pour la nouvelle République - Union démocratique du travail (UNR-UDT) ; 1967-1968 : Union des démocrates pour la cinquième République (UD-) ; 1968-1976 : Union des démocrates pour la République (UDR) ; 1976-2002 : Rassemblement pour la République (RPR).

En 2000, le RPR lance un chantier de création d'un parti unique de la droite parlementaire : l'Union en mouvement (UEM) se donne pour tâche de préparer l'élection présidentielle de 2002, en rassemblant les tendances gaullistes, libérales et démocrates chrétiennes pour la réélection de Jacques Chirac. Cependant, le président de Démocratie libérale (DL), Alain Madelin, est candidat contre Jacques Chirac en 2002.

Le , le RPR approuve la création d'une Union pour la majorité présidentielle (UMP), destinée à soutenir Jacques Chirac pour le second tour de la présidentielle.. La quasi-totalité des députés de Démocratie libérale rejoignent l'UMP, dont Jean-Pierre Raffarin qui est nommé Premier ministre le . Cette coalition remporte les élections législatives en , avant de devenir un parti en novembre de la même année.

L'UMP

Le de la même année, les assises extraordinaires de Villepinte adoptent à 86,5 % la dissolution du RPR au sein de l'UMP, nouveau parti dont les assises fondatrices ont lieu le . DL ainsi qu'Écologie bleue se dissolvent également à la même date pour être fusionnées dans l'UMP.

Plusieurs partis ayant conservé leur autonomie sont associés à l'UMP dont FRS, CNIP, Parti radical, tandis que des parlementaires dissidents de l'UDF tels que Philippe Douste-Blazy la rejoignent. Le Parti radical, dirigé par Jean-Louis Borloo quitte finalement l'UMP en 2011, avant de créer l'UDI en 2012. Ce parti reste néanmoins allié à l'UMP lors de nombreuses élections.

L'UMP soutient les gouvernements nommés par Jacques Chirac entre 2002 et 2007, puis par Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012. Celui-ci prend le contrôle du parti à partir de la fin 2004. Dans l'opposition à partir de 2012, le parti connaît une succession de crises internes. En 2014, alors que Jean-François Copé est président du parti à la suite de son élection contestée en 2012, la révélation de l'affaire Bygmalion conduit à une démission de la direction du parti. Sortant de sa retraite politique, Nicolas Sarkozy fait campagne en vue du congrès de 2014 pour la présidence du parti, et promet, en cas de victoire, de changer le nom de l’UMP et de réformer ses statuts. Il est élu au premier tour de scrutin.

Transformation de l'UMP en LR C'est le nom « Les Républicains » qui est retenu par la direction du parti..., avec un nom choisi par Nicolas Sarkozy qui souhaite faire oublier les divisions internes et les affaires notamment l'affaire Bygmalion"Les Républicains" : le (probable) nouveau nom de l’UMP est déjà critiqué, France 24, 15/4/2015«Les Républicains», un hold-up sémantique, Libération, 14/4/2015Les militants UMP approuvent le nouveau nom du parti, « Les Républicains », Le Monde, 29/5/2015. À l'issue d'un vote des adhérents des et sur internet, la nouvelle appellation est approuvée par 83,3 %, les nouveaux statuts à hauteur de 96,3 % et la composition du , nouveau bureau politique par 94,8 %, avec un taux de participation de 45,7 %... Le changement de nom est officialisé lors du « congrès fondateur » du au Paris Event Center, devant près de .. Cependant, juridiquement, il s'agit d'un changement de nom et non pas de la création d'un nouveau parti..

Ce nouveau nom, relativement large et consensuel au sein du parti, provoque néanmoins une polémique au sein d'une partie de l'opinion publique... Le , le tribunal de grande instance de Paris rejette le recours en référé, constitué par quatre partis ou associations de gauche et et intenté contre l'utilisation du nom, estimant que ..

L'historien des idées François Huguenin rappelle que si, à l'origine, à la fin du , ce sont plutôt les partis politiques de gauche qui ont adopté ce mot (la Gauche républicaine de Jules Ferry et Jules Grévy et l'Union républicaine de Léon Gambetta), la droite l'a également rapidement utilisé au début du (notamment avec la Fédération républicaine) alors que la gauche commençait à préférer dans les noms des partis le mot « socialiste » ; le mot « République » s'ancre dans la droite à partir de 1958 : Union pour la nouvelle République (UNR) puis Union pour la défense de la République (UDR) puis Rassemblement pour la République (RPR) pour incarner la défense de la créée par Charles de Gaulle..

À l'Assemblée nationale, le président du groupe parlementaire, Christian Jacob, souhaite que le groupe ne soit pas désigné sous l'abréviation « LR » mais par le nom complet « Les Républicains »... Malgré cette volonté du parti, celui-ci est généralement abrégé « LR » dans les médias...

Élections présidentielle et législatives de 2017

vignette|redresse|François Fillon, candidat LR à l'élection présidentielle de 2017.

Afin de désigner le candidat à l'élection présidentielle de 2017, Les Républicains organisent en une primaire ouverte à tous les électeurs, sous la supervision de Thierry Solère. Sept candidats se présentent : Jean-François Copé, François Fillon, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-Frédéric Poisson et Nicolas Sarkozy. À l'issue du premier tour, auquel participent plus de quatre millions d'électeurs, François Fillon et Alain Juppé se qualifient pour le second tour, devant Nicolas Sarkozy. Le premier l'emporte finalement avec 66,5 % des suffrages.

Donné grand favori de l'élection présidentielle, François Fillon doit faire face à des critiques sur son projet libéral-conservateur assumé, puis à l'affaire Penelope Fillon de plusieurs mois, qui remet en cause la légitimité de sa candidature au sein de son camp. Il se maintient cependant et termine à la troisième position du premier tour, avec 20 % des suffrages exprimés. En vue du second tour, il appelle à soutenir Emmanuel Macron contre Marine Le Pen, tout comme la grande majorité des personnalités du parti, même si certaines refusent le .., voire appellent à voter Marine Le Pen. Laurent Wauquiez ne tranche pas entre vote pour Emmanuel Macron et vote blanc.. Emmanuel Macron est finalement élu et nomme Premier ministre Édouard Philippe, député et maire LR. Plusieurs élus LR signent alors une tribune dans laquelle ils indiquent souhaiter travailler avec le nouveau président., suscitant des tensions au sein du parti, où plusieurs s'y refusent. Bruno Le Maire et Gérald Darmanin sont nommés ministres..

François Baroin est désigné chef de file du parti pour les élections législatives de . Le projet de François Fillon pour l'élection présidentielle est alors amendé concernant des sujets polémiques, notamment sur la hausse de la TVA, la suppression du nombre de fonctionnaires ou encore des sujets de santé.. À l'issue du second tour de ces législatives, LR ne compte plus que à l'Assemblée nationale, un nombre néanmoins supérieur à ce que laissait présager le premier tour et les sondages.

Premier quinquennat d'Emmanuel Macron Mais les dissensions ne disparaissent pas pour autant entre les députés souhaitant œuvrer dans une démarche à l'égard du deuxième gouvernement Philippe et ceux qui y sont beaucoup plus réticents.. Douze d'entre eux, emmenés par Thierry Solère et Franck Riester, s'associent avec les seize élus UDI et quelques divers droite pour constituer un groupe autonome à l'Assemblée.. Le groupe Les Républicains, réduit à cent députés, reste néanmoins le plus important groupe d'opposition à l'Assemblée nationale. Le , le bureau politique de Les Républicains exclut les membres du gouvernement Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu, Franck Riester et Thierry Solère, tandis qu'il d'Édouard Philippe, que celui-ci n'a lui-même pas annoncé, mais sans toutefois l'exclure formellement du parti... Bruno Le Maire n'était déjà plus membre de Les Républicains depuis sa nomination dans le gouvernement Philippe selon Bernard Accoyer. Le , plusieurs élus LR lancent un nouveau parti de droite, Agir..

L'élection interne pour la présidence du parti de voit Laurent Wauquiez, tenant d'une « droite décomplexée », l'emporter avec 74,6 % des suffrages, face à la Florence Portelli et au Maël de Calan.. Plusieurs personnalités, notamment Xavier Bertrand et Nora Berra, annoncent dans la foulée leur départ du parti... Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde indique de son côté qu'il exclut toute alliance avec LR, qu'il accuse de .. En suivant, Alain Juppé annonce ne pas renouveler sa cotisation au parti..