Maud de Belleroche est le nom d'usage de l'actrice, femme de lettres et journaliste française Madeleine Sacquard, née le à Paris État civil 1860-1902 - tables décennales et morte le à VillervilleVoir sur villerville.info, janvier 2018. (Calvados).

Encore étudiante, elle devient la maîtresse de Jean Luchaire en même temps qu'une personnalité mondaine de la Collaboration. Acquise aux thèses fascistes, elle suit son second époux en exil en Allemagne et en Italie, puis en Espagne et en Argentine. Elle mène ensuite une carrière littéraire, dans le journalisme et à la radio. Mariée trois fois, selon ses dires, elle est connue pour ses nombreuses conquêtes amoureuses, tant féminines que masculines, qu'elle dénombre dans son best-seller érotique L'Ordinatrice ?.

Biographie Jeunesse Madeleine Sacquard a une sœur cadette, Églantine.

Leur père, Charles Denis Sacquard, héros de la bataille du Chemin des Dames où il perdit un bras, titulaire de la croix de guerre 1914-1918 et de la médaille militaire, catholique, entrera dans la Résistance et deviendra administrateur des Galeries Lafayette.

Très jeune, Madeleine est championne de France junior de patinage sur glace ou encore championne de France de plongée sous-marine.. Elle pratique la natation dès l'âge de sept ans.

Élève chez les maristes, elle obtient son baccalauréat à seize ans. Elle entre ensuite en classe de philosophie au lycée Jules-Ferry, puis étudie deux ans la pharmacologie avant d'obtenir une licence en droit.

Elle épouse en premières noces le à Saint-Leu-d'Esserent un pharmacien, Gaston Dacquin, dit Tony ; ils ont un fils, Serge, né le , devenu colonel de l'armée de l'airRéférence non sourcée..

Seconde Guerre mondiale Sous l'Occupation Maud Sacquard devient une des maîtresses de Jean Luchaire, le selon elle, et fréquente les milieux de la collaboration. Introduite dans le Tout-Paris, elle sympathise avec Drieu la Rochelle et Brasillach et s'adonne au libertinage, d'après Grégoire KauffmannGrégoire Kauffmann, « La débâcle du Maréchal Pétain », lexpress.fr, 2 septembre 2014.. Elle devient une véritable Pauline Lecomte, , La Nouvelle Revue d'histoire , novembre-décembre 2002.. En 1942 elle évite la déportation au cousin de Micheline Robert-Weil, une amie juive, en le cachant. En , elle suit Luchaire en exil à Baden-Baden. Elle s'installe avec Georges Guilbaud, alias Georges DegayDu nom de sa mère.Photographie de Georges Guilbaud., un collaborateur ayant participé à la création de la Phalange africaineVoir sur passion-histoire.net. et dirigé le quotidien L'Écho de la France, au Brenners Park-Hotel, puis à Sigmaringen. Là elle rencontre Louis-Ferdinand Céline et son épouse Lucette. Elle est embauchée comme préparatrice dans une pharmacieDavid Alliot, D'un Céline l'autre, éditions Robert Laffont, 2011.Maud de Belleroche, l'ambassadrice, Lire hors-série , 2008.Interview par Matthieu Aron pour France Info, 26 mai 2008.Dans Nord, paru en 1960, elle inspire à Céline le personnage de mademoiselle de Chamarande ; cf. .. vignette|Guido Buffarini, témoin à son mariage. vignette|left|L'hôtel Danieli. Guilbaud ayant été nommé ministre plénipotentiaire de la Commission gouvernementale de Sigmaringen auprès de la République sociale italienne, elle le rejoint à Fasano par Constance, Innsbruck, Merano et Bolzano. Un mois plus tard, avec comme témoins le ministre de l'Intérieur italien Guido Buffarini et l'ambassadeur allemand Rudolf Rahn, et alors que son précédent mariage n'a pas pris fin, il l'épouse. Ils s'installent à la villa Bianca ; devenue la , elle s'occupe alors de l'aide aux réfugiés de nationalité française et de l'accueil de personnalités, comme Joseph Darnand et son épouse, et surtout le Duce Mussolini, avec qui elle converse longuement un soir de . Elle visite aussi avec Guilbaud le Vittoriale degli italiani, résidence de D'Annunzio, et Venise, où ils dorment à l'hôtel DanieliDans la même chambre que George Sand et Alfred de Musset..

La mort de Jacques Doriot, en , signe la fin des espoirs des réfugiés collaborationnistes français en Italie. Le , Guilbaud s'envole seul pour Barcelone ; Charles Moschetti, nouveau ministre plénipotentiaire, leur fait attribuer des faux-papiers suisses. Le , elle quitte l'ambassade en compagnie de ce dernier. Arrêtés par des partigiani, ils s'échappent à pied, puis à la nage, avant de se faire guider par une jeune bergère jusqu'à la frontière, où il se livrent aux autorités suisses. Elle est hébergée dans des camps de réfugiés, puis on lui offre de rentrer en France.

Après la guerre À sa descente du train qui la ramène en France, elle est arrêtée par des agents de la surveillance du territoire. Incarcérée quelques jours à la prison Saint-Paul de Lyon, elle couche avec sa compagne de cellule, une ancienne maîtresse de Doriot prénommée Ségolène. Logée chez le banquier Raymond Morin-Pons, ami de ses parents, elle évite finalement des poursuites devant la Cour de justice ; malgré de nombreuses démarches, elle échoue à faire sortir de prison Ségolène.

Peu après, elle et sa famille, sous prétexte de l'« ingratitude » de certains juifs à leur égard, versent dans l'antisémitisme ; elle déclarera d'ailleurs dans ses mémoires qu'elle

Elle fait lyonnais. Définitivement blanchie, , elle rentre à Paris. Elle renoue avec son père, retrouve son fils Serge, puis se rend à l'hôtel Matignon pour rencontrer Gaston Palewski, directeur de cabinet du président du Gouvernement provisoire, et lui demander un visa pour l'Espagne. Avant de quitter la capitale, elle entretient une courte idylle avec un comédien communiste. vignette|La Casa de las Conchas. Milieu 1945, elle passe clandestinement la frontière espagnole près de Canet, et retrouve Guilbaud à Barcelone, en compagnie de Pierre Héricourt et d'Alain Laubreaux. Elle obtient un passeport au nom de Maud Degay. Un soir, après l'amour, elle écrit son premier poème. Elle et ses compagnons apprennent avec indignation la condamnation à mort du maréchal Pétain. En novembre, ils se transfèrent à Madrid. Elle séjourne à l'Hotel Palace, et fait la connaissance d'un aristocrate espagnol José Ignacio Escobar y Kirkpatrick, marquis de Las Marismas, ami de Guilbaud, « cicérone des plus enviables » qui lui ouvre les portes de l'« inteligencia » et lui fait rencontrer, au , Abel Bonnard. Elle emménage dans un appartement du quartier Goya avec le chien que lui a offert la femme d'Émile Dewoitine.

Elle remporte le championnat de tennis féminin de Castille ; Bonnard lui fait visiter le musée du Prado, où il lui offre sa vision d'un Francisco de Goya . Durant les trois derniers mois qu'elle passe en Espagne, elle devient également sa documentaliste pour la monumentale étude de Napoléon qu'il prépare. Enfin, lors d'une excursion salmantine, entre la vieille cathédrale et la Casa de las Conchas, il lui fait découvrir l'art plateresque ; il lui dit alors :

En 1946, elle suit son mari en Argentine, où il devient conseiller administratif du président Juan Perón« Georges Guilbaud », data.bnf.fr.. Elle évoque cette période dans son livre Eva Perón paru en 1972« Eva Peron », Inter actualités de 13h00, ina.fr, 2 janvier 1973.« Un étonnant destion de femme : Eva Peron », Aujourd'hui Madame, émission présentée par Jacques Garat et Valérie Manuel, ina.fr, 13 janvier 1973..

Elle se remarie ensuite, le à Paris, avec Jacques Chastelain, baron de BellerocheArchives municipales de Lyon, Lyon , acte de naissance 2E284, vue 62/164, acte 267, mentions marginales du mariage et du divorce avec Madeleine Sacquard, Archives de Paris, Paris 17, acte de mariage 2305, mention du divorce en 1956., d'une vieille famille originaire du Beaujolais. Le couple se sépare en .

Elle publie de nombreux livres sous le nom de Sacquard de Belleroche. Un inédit a également paru dans le numéro 32 de la revue Adam. Traductrice de dialogues de film, elle collabore aussi à plusieurs émissions de radio, est sociétaire des Grosses Têtes, et écrit des poèmes. Son œuvre L'Ordinatrice ?, notamment, qui paraît en 1968, connaît un grand succès« Willy Brandt, Eugen Gerstenmaier, Arthur Rathke, Maud Sacquard de Belleroche, Leo Wagner », spiegel.de, 22 juillet 1968.« Waldemar Besson, Gustav Heinemann, Wolfgang Brezinka, Fritz Neumark, Lester Garfield Maddox, Maud Sacquard de Belleroche, Stokely Carmichael, », spiegel.de, 30 mars 1970.« Porno-Markt: Frau Saubermann an der Spitze », spiegel.de, novembre 1971.. En 1969, elle joue dans le film Top Sensation, sous la direction d'Ottavio Alessi, A. H. Weiler, « Seducers (1968) », nytimes.com..

En 1979, elle participe au numéro 1 de La Revue célinienne, avec un texte intitulé « À Baden-Baden »« Publications », bulletincelinien.com..

À l'instigation du duc de Brissac, elle devient conférencière sous le nom de « baronne de Belleroche »Baronne de Belleroche sur Gallica., pour la Société des amis de Versailles, les Amis des châteaux de la Loire, l'Alliance française ou Connaissance du Monde« Saison 1950-1960 », explorationdumonde.be..

Après avoir entretenu une relation avec Marc de Hohenzollern (né Marc Favrat dit , 1924–2000), chef de la maison civile et fils adoptif de la reine Élisabeth de Grèce, elle se retire dans une thébaïde normande à Villerville, où elle finit ses jours.

Voir aussi

Commission gouvernementale de Sigmaringen (liste d'exilés)

Filmographie 1969 : Top Sensation : Mudy 1976 : Chantons sous l'Occupation, documentaire 1982 : participation à un entretien dans le cadre préparatoire d'un documentaire sur Sigmaringen par l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP)« Répertoire des archives de l'IHTP », ihtp.cnrs.fr.

Publications Cinq personnages en quête d'empereur (préf. Francis Didelot), Paris, Del Duca, 1962 Du dandy au play-boy, étude, Paris, Del Duca, 1965 L'Ordinatrice ? : mémoires d'une femme de quarante ans, Paris, La Jeune Parque, 1968 ; réimp. 1978 ; adaptation en bande dessinée, dessins de Max Lenvers, Dominique Leroy, 1985 L'Ordinatrice seconde, Paris, La Jeune Parque, 1969 (réimp. 1978) Des femmes, Paris, La Jeune Parque, 1970 Noisette, Paris, La Jeune Parque, 1971 Eva Perón : la reine des sans-chemises, Paris, La Jeune Parque, 1972 Le Ballet des crabes, Paris, Filipacchi, 1975 (réimp. 2002) L'Ordinatrice a 50 ans, Paris, La Jeune Parque, 1978 La Murène apprivoisée, Paris, Garnier Frères, 1980 Oscar Wilde ou L'Amour qui n'ose dire son nom (préf. Roger Peyrefitte), Paris, Favre, 1987 (réimp. 2004) Sacha Guitry ou L'Esprit français, Coulommiers, Dualpha, 2007

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie David Alliot, Le Festin des loups : collabos, profiteurs et opportunistes sous l'Occupation, Vuibert, 2014

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