En football, le match FC Metz - AS Nancy-Lorraine ou AS Nancy-Lorraine - FC Metz, selon l'équipe qui reçoit, est un derby marquant la confrontation entre deux clubs voisins. Cette confrontation est considérée comme l'une des plus grandes rivalités de France entre le FC Metz et l'AS Nancy-Lorraine. Il est appelé le « derby lorrain » par les journalistes, il est aussi bien souvent désigné tout simplement par le terme « Derby ». Il est empreint de symboles car il est souvent vu comme la concrétisation de la rivalité historique des villes de Nancy et de Metz, qui est à l’origine totalement extérieure au sport. Ce match est une véritable confrontation historique que ce soit en tribune ou sur le terrain pour le titre de "capitale de la Lorraine".
À ce jour, soixante-trois matchs ont mis aux prises les deux équipes (quarante-huit en Ligue 1, huit en Ligue 2, quatre en Coupe de France et trois en Coupe de la Ligue). Ils ont donné lieu à vingt-sept victoires messines, dix-sept nuls et dix-neuf victoires nancéiennes.
Le dernier derby en date a été joué le , à l'occasion de la journée de Ligue 2 2018-2019, au Stade Marcel-Picot à Nancy (ASNL 1-0 FCM).
Origine de la rivalité Sous l'empire Romain, les Médiomatrices, peuple gallo-romain de Metz, trouvaient toujours un prétexte pour aller faire un petit raid dévastateur chez leur rivale marchande Scarpone, ville aujourd'hui disparue et qui était située sur le territoire de l'actuelle Dieulouard, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nancy. De grande cité de l'empire Romain, Metz est devenue, au cours des siècles, capitale du royaume d'Austrasie puis une importante ville libre du Saint Empire Germanique, avant de revenir à la France, au sein des Trois Evêchés, à la suite des traités de Westphalie en 1648.
Nancy fut fondée au par la volonté du tout récent duc de Lorraine, Gérard d'Alsace. La ville grandit petit à petit autour du château ducal et tomba en 1766 dans l'escarcelle de Louis XV, à la mort de son beau-père Stanislas Lecszcynski, roi de Pologne déchu qui avait reçu le duché de Lorraine en viager. Jusque là, l'histoire de chacune des deux villes, si différente, au sein de deux pays étrangers, s'était déroulée dans une presque indifférence mutuelle, si l'on excepte les quelques tentatives des ducs de Lorraine pour s'approprier leur riche voisine du nord lors de divers sièges au cours des siècles.
Metz et Nancy avaient mené leur destin chacun de leur côté. Mais c'est avec le que tout va changer. Les réformes administratives entamées par Napoléon 1er et poursuivies tout au long du siècle vont donner une place dominante à Nancy. En effet, les différents découpages administratifs plaçaient Nancy en plein centre d'un territoire entre Champagne et Alsace. De plus, le pouvoir central, méfiant envers la bourgeoisie des vieilles cités marchandes, préférait installer son pouvoir déconcentré dans des villes plus "sûres" et favorisait ainsi des villes comme Rennes plutôt que Nantes ou Aix plutôt que Marseille et donc Nancy plutôt que Metz. On vit donc la cour d'appel de justice s'installer dans l'ancienne capitale ducale, de même que le Rectorat (même si Metz fut siège d'académie sous Napoléon 1er, avec le rattachement des départements des Ardennes et des Forêts- Le Luxembourg.), bien que Nancy fût à l'époque une ville beaucoup moins peuplée et renommée que Metz.
Mais l'évènement qui devait exacerber la rivalité entre les deux villes fut la guerre de 1870-71 contre la Prusse. Metz annexée, une grande partie de l'élite politique, intellectuelle et économique de la ville partit s'exiler dans la ville d'à côté. Les deux villes étant situées dorénavant de chaque côté de la frontière, elles devinrent les symboles d'une lutte d'influence entre les deux pouvoirs en place, chacun cherchant à embellir et à éblouir son voisin et ennemi et affirmer sa supériorité économique et intellectuelle.
Tandis que le Kaiser entreprenait de grands travaux à Metz, avec une gare monumentale comme centre d'une nouvelle ville, Nancy, promue capitale de l'Est de facto voyait sa population passer de 50.000 à 110.000 habitants en quelques décennies et devenait un centre économique et artistique de renom, de même que le fief des idées ultra nationalistes portées notamment par Maurice Barrès. Entre les lorrains restés à Metz se présentant comme des résistants et ceux partis à Nancy s'affichant comme patriotes, la haine s'installa.
La rivalité en dehors du sport A l'armistice de 1918, Metz redevenue française ne reconnaît plus sa voisine du sud. Les équilibres ont changé. Si Metz reproche à Nancy d'avoir profité de son malheur pour se développer, à Nancy on ne tient pas à lâcher quoi que ce soit à une ville de "boches", où l'on va même jusqu'à avoir deux jours fériés de plus et où l'on suit des cours de religion dans l'école de la République. Dès lors, la politique locale de part et d'autre se limitera souvent à empêcher la ville rivale d'obtenir un quelconque avantage. Il faudra ainsi attendre les années 1970 pour que Metz obtienne son université malgré le lobbying actif de Nancy contre cette décision. De même, les élus mosellans feront peser de tout leur poids pour que l'autoroute A4 passe au nord de Metz.
Après de longues luttes avec sa rivale, c'est bien Nancy le qui se voit accorder les infrastructures hospitalières régionales.
Néanmoins, le plus gros coup de semonce pour les nancéiens a sans doute été le choix d'attribuer le siège du conseil régional à Metz. Cela conduira à une véritable crise dans la ville, conduisant même à une dissolution du conseil municipal de Nancy en 1969, car une partie de l'assemblée avait démissionné en réponse de ce choix, estimant que Nancy était la capitale historique de la région et devait le rester. Certains élus comme le Dr Pierre Weber critiqueront cette action, dénonçant « une querelle médiévale », témoignant une nouvelle fois la profondeur historique de cette rivalité. En 1970, Marcel Martin mènera une liste victorieuse du nom de « Nancy-capitale » lors de l'élection municipale.
Plus récemment encore, la bataille a fait rage pour l'emplacement de l'aéroport régional et de la gare TGV. Faute d'entente, ces infrastructures ont finalement été construites sur les champs de betteraves d'un village situé entre les deux villes, sans que cela ne bénéficie réellement à l'une ou l'autre. En 2003, Metz sera choisi pour accueillir la prestigieuse antenne du Centre Pompidou dans la région, bien que ce fût d'abord Nancy qui était envisagé.
Aujourd'hui, les luttes d'influence se situent sur un plan qui va bien au-delà des limites de la région. Metz s'est résolument tournée vers l'espace économique Sar-Lor-Lux, situé en plein cœur de la "Banane Bleue", tandis que Nancy tente de promouvoir un espace économique et financier Grand Est dont elle serait le centre. Les deux villes se tournent le dos à nouveau, elles n'auront finalement convergé que dans les rancœurs, à un moment douloureux de l'histoire. Cette rivalité si profonde et historique entre les deux villes se reflète parfaitement dans le football avec la bataille entre supporters pour la "capitale historique de la Lorraine".
Historique
Les prémices du derby lorrain (1946 - 1962) Le FC Metz est fondé en 1919 et possède pour rival le FC Nancy, unique club de la ville de Nancy à l'époque qui disparaît en 1968. Les derbys entre les deux clubs sont légèrement en la faveur du club nancéien avec onze victoires pour le FC Nancy et neuf pour le FC Metz. À l'époque, il s'agissait déjà de revendiquer la mentalité bien distante entre les deux villes et les deux régions (Moselle et Meurthe-et-Moselle).
Les premiers derbys (1967-1980) C'est en 1967 que l'AS Nancy-Lorraine voit le jour qui devient le principal club de la ville de Nancy. Le premier derby a lieu le au stade Saint-Symphorien pour un match de Coupe de France où le FC Metz s'impose sur le score de deux buts à un. Avec la montée de l'AS Nancy-Lorraine en Division 1, le derby lorrain se joue régulièrement sans interruption dans les années 1970 et devient rapidement en la faveur du FC Metz avec huit victoires contre trois pour l'AS Nancy-Lorraine (et sept matchs nul).
Domination de l'ASNL (1980 - 1985) À partir de 1980 et jusque 1985, le FC Metz ne s'impose qu'une seule fois en onze matchs face à son grand rival, une véritable domination de l'AS Nancy-Lorraine durant ces cinq années.
L'âge d'or du FC Metz (1981-2000) Entre 1984 et 1998, le football lorrain est dominé par le FC Metz, qui réalise de bonnes saisons en Division 1, en coupe d'Europe (Coupe UEFA, coupe Intertoto, Coupe des vainqueurs de Coupes de l'UEFA et même deux matchs de la Ligue des Champions de l'UEFA) et dans les deux coupes nationales du pays (vainqueur de la Coupe de France deux fois et de deux Coupe de la Ligue) alors que l'AS Nancy-Lorraine enchaine les saisons difficiles en Division 2. Le derby lorrain tourne une nouvelle fois en la faveur du club grenat avec dix victoires et trois matchs nul contre "seulement" cinq victoires pour l'AS Nancy-Lorraine.
De nos jours (depuis 2002) Fraichement relégué en Ligue 2, le FC Metz reste invaincu face au rival jusqu'au où l'AS Nancy-Lorraine, alors dans le haut de tableau de Ligue 1 et récemment vainqueur de sa première Coupe de la Ligue en 2006, remporte son derby sur le score de deux buts à un face à un FC Metz qui fait régulièrement "l'ascenseur" entre la Ligue 1 et la Ligue 2.
Cette forte rivalité, classée parfois comme étant d'un autre âge, continue de déplacer des foules et est qualifiée de par la presseNuméro 12 de Moselle Sport sur mosellesport.fr. Chacune des deux équipes possède sa propre histoire, son palmarès, ses joueurs emblématiques, ses matches d’anthologies, mais également une fierté régionale à défendre, ce qui contribue à renforcer la rivalité entre Nancy et Metz. centré|vignette|600x600px|Évolution par saison de l'AS Nancy-Lorraine et du FC Metz de 1967 à 2017.
La tendance actuelle continue dans ce sens avec un retour sur le devant de la scène du FC Metz qui, lors de la saison 2012/2013, est promu en Ligue 2 après une seconde place de National, tandis qu'au même moment Nancy dégringole dans la même division. C'est alors un retour du derby lorrain pour la première fois depuis 6 ans. Au cours de cette saison, le FC Metz aura remporté les deux derbys avant d'accéder à la Ligue 1 pour la saison 2014/2015. Les deux clubs se retrouvent en Ligue 2 pour la saison 2015/2016 avec pour tous deux l'ambition de remonter en Ligue 1 ce qu'ils feront tous les deux pour la saison 2016/2017. Cette saison de Ligue 2 marquera l'histoire des derbys lorrain avec le but égalisateur de Romain Métanire au stade Marcel-Picot lors de l'ultime minute. Lors de la saison 2016/2017 en Ligue 1, l'AS Nancy-Lorraine remporte quatre buts à zéro son match aller tandis que le FC Metz s'impose devant son public au match retour sur le score de deux buts à zéro. l'AS Nancy-Lorraine est relégué et se retrouve donc seul en Ligue 2 en 2017/2018. Les deux équipes se retrouvent en Ligue 2 pour la saison 2018/2019, ce qui est synonyme de deux derbys en plus. Mais le FC Metz finit champion de Ligue 2 avec 81 points significatifs de promotion en Ligue 1, tandis que l'AS Nancy-Lorraine se stabilise avec 42 points. Lors des derbys, le FC Metz remporte trois buts à zéro son derby chez lui tandis que l'AS Nancy-Lorraine s'impose un but à zéro à Marcel-Picot face à son rival déjà champion de Ligue 2.
Le derby lorrain signe son grand retour lors de la saison 2026-2027 de Ligue 2, après la remontée de l'AS Nancy-Lorraine, qui était descendue en National 1, et la relégation du FC Metz, descendu de Ligue 1. Programmé les 2 janvier et 22 mai 2027, le derby lorrain fera son retour après huit ans d’absence.
Les derbys entre le FC Metz et le FC Nancy