thumb|Un culturiste, vu de dos, met en valeur ses biceps et les muscles de son dos.
La bigorexie, dépendance à l'exercice physique ou encore addiction à l'exercice est la dépendance à l'activité physique.
Elle résulte le plus souvent d'une pratique excessive d'un sport, en particulier des sports d'endurance ou le culturisme. Elle est identifiée dès le milieu des années 1970 par le docteur William Glasser..
Définition La dépendance à l'exercice physique se définit par un ensemble de symptômes cognitifs, comportementaux et physiologiques similaires à ceux observés dans les dépendances aux substances. Selon Hausenblas et Downs, elle implique une pratique compulsive, excessive et incontrôlable d'un exercice physique de modéré à vigoureux.. Cette dépendance se manifeste à travers des symptômes physiologiques (comme des blessures récurrentes) et psychologiques (avec des sentiments négatifs en cas d'incapacité à s'exercer). La fréquence et la durée de pratique ne suffisent pas à caractériser la dépendance.. Une personne dépendante à l'exercice continuera à faire de l'exercice indépendamment des blessures physiques, des inconvénients personnels ou des perturbations dans d'autres domaines de la vie, notamment les tensions conjugales, les interférences avec le travail et le manque de temps pour d'autres activités. Les personnes « dépendantes » sont plus susceptibles de faire de l'exercice pour des récompenses intrinsèques et d'éprouver des sensations de privation dérangeantes pour elles lorsqu'elles ne peuvent pas faire d'exercice.
Symptômes Les personnes souffrant de bigorexie organisent leurs journées autour de l'activité sportive et sont souvent obsédées par leurs performances ou par leur poids. : la notion du modelage du corps et de la perte de graisse est souvent un élément clef de cette dépendance.
Des signes de manque peuvent apparaître en cas de sevrage du sport, en particulier l'anxiété et l'irritabilité. Une personne touchée par la bigorexie insiste pour pratiquer son sport malgré une blessure et accepte pour ce faire de s'éloigner de ses proches.... La bigorexie peut causer des problèmes psychologiques, mais également avoir un effet sur la santé en conduisant à un épuisement général, à des déchirures musculaires, à des atteintes tendineuses, à des fractures ou même à un infarctus.
Causes Les mécanismes qui conduisent à développer une dépendance à l'exercice sont aussi inconnus que ceux qui mènent d'une pratique saine à une pratique compulsive.. même si une cause supposée de la bigorexie est la production d'endorphines, apportant une sensation de bien-être, qui est stimulée lors de la pratique sportive.
La dépendance à l'exercice commence généralement par le désir de . Les troubles alimentaires tels que l'anorexie mentale ou la boulimie . peut également contribuer à une dépendance à l'exercice.
La dopamine que charrie la circulation sanguine lors de tout effort physique altère l'humeur des pratiquants et, chez certains, cause une dépendance. Une étude de cas approfondie de Griffiths identifie .
Des sont parfois invoqués , mais admettent avoir une compréhension imparfaite des mécanismes en jeu. D'autres raisons seraient purement psychologiques : manque d'estime de soi, vide affectif ou encore besoin de changer d'apparence physique. précise Aude Sophie Cagnet psychologue des Hôpitaux de Paris. Enfin, la volonté d'explorer sa propre douleur, volontaire, dans une forme de masochisme, peut pousser le sportif à des excès.
Diagnostic L'évaluation du risque et de la réalité de dépendance peut passer par les réponses du patient à un questionnaire relatif à sa pratique sportive.. , prend en compte le degré d'adhésion du patient aux affirmations suivantes : Je ressens de l'anxiété lorsque je suis incapable de faire de l'exercice. J'ai tendance à planifier ma journée autour de mes séances d'entraînement. Je me sens mal à l'aise si je manque une séance d'exercice. Je continue à faire de l'exercice même en cas de blessure ou de fatigue. Mes relations sociales sont parfois compromises à cause de mon engagement dans l'exercice physique. J'éprouve quelque culpabilité si je saute une séance d'entraînement prévue. Je ressens le besoin de prolonger mes séances d'exercice pour obtenir le même niveau de satisfaction et permet de ranger les risques de dépendance individuelle en trois niveaux : aucun symptôme, certains symptômes, risque certain.
Mais la perte de contrôle entraine un manque de discernement de la part du sportif, ce qui rend le diagnostic parfois difficile.
Traitement Cette addiction « sans substance » peut être traitée avec une thérapie en psychologie du sport, même si cela peut être parfois compliqué parce que .. Le risque principal du traitement est de remplacer cette addiction par une autre.
Reconnaissance En 2008, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale estime qu'environ 4 % des Français sont atteints de bigorexie ; cette addiction touche principalement des hommes..
En 2011, l'OMS reconnaît la dépendance au sport comme une maladie .
Les taux de prévalence relevés en 2019 aux États-Unis sont les suivants. : 14,2 % chez les athlètes d'endurance 10,4 % chez les adeptes de sports de balle 8,2 % chez les personnes fréquentant les centres de fitness 6,4 % chez les pratiquant de disciplines de force.
Globalement les personnes les plus touchées sont principalement celles qui font du culturisme ou un sport d'endurance mais aussi des activités liées au fitness, au cyclisme ou à l'aviron.
Personnalités atteintes de bigorexie En 2012, Yves Beauchamp dit, après son premier Ironman, être depuis des décennies ; il continue à courir malgré de multiples blessures ...
En 2015, le vidéaste Tibo InShape dit sur YouTube avoir souffert de bigorexie .. En 2018, Bixente Lizarazu dit lui aussi souffrir de bigorexie..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Articles connexes Dysmorphophobie musculaire Surentraînement
Lien externe
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