Elaine Thompson-Herah, née le , est une athlète jamaïcaine, spécialiste des épreuves de sprint.
Elle est la première à réaliser un « double doublé », en remportant le 100 mètres et le 200 mètres à deux reprises lors de deux Jeux olympiques, ceux de Rio en août 2016 et ceux de Tokyo 2020 en juillet et . Lors de ces derniers, elle signe les meilleures performances de tous les temps, à ce moment-là, sur 100 m (10 s 61) et sur 200 m (21 s 53). En remportant le relais 4 × 100 m avec la Jamaïque, elle réalise un triplé en or à Tokyo.
Le , elle améliore nettement son record sur 100 m et se rapproche du record du monde, avec 10 s 54, lors du meeting de Eugene de la Diamond League.
Biographie
Enfance et débuts en athlétisme Elaine Thompson est originaire du petit village de Banana Ground dans la paroisse de Manchester, une région défavorisée de Jamaïque. Elle est fille unique, elle grandit dans une famille très pauvre, élevée par sa grand-mère.
Elle commence l'athlétisme au début de l'adolescence, avec Veronica Campbell-Brown et Shelly-Ann Fraser-Pryce comme modèles. En 2006, à 13 ans, elle court déjà en 11 s 80, mais ses résultats ne suivent pas les années suivantes. En 2009, à 17 ans, la meilleure performance qu’elle ait réalisée lors des championnats inter lycées est une modeste quatrième place en 12 s 01.
Deux ans plus tard, en terminale, elle est même renvoyée de son club, pour raisons disciplinaires. Mais elle a été repérée par le prestigieux MVP Track Club de l’UTech, l’université de technologie de Kingston. Elle a désormais pour entraineur Stephen Francis, qui prépare entre autres Asafa Powell et Shelly-Ann Fraser-Pryce.
En 2013, elle progresse et porte notamment son record à 11 s 42 (- 0,2 m/s). Bien qu'éliminée dès les séries de championnats nationaux (11 s 72), elle est sélectionnée au sein du relais 4 × 100 m pour les championnats d'Amérique centrale et des Caraïbes au Mexique. Elaine Thompson et ses coéquipières y remportent la médaille d'or en 43 s 58, devant Trinidad-et-Tobago (43 s 67) et les Bahamas (44 s 08). L’année suivante, elle améliore successivement sa meilleure marque personnelle à 11 s 32 (+ 0,1 m/s), 11 s 23 (NWI) puis 11 s 17 (+ 1,1 m/s). des championnats de Jamaïque en 11 s 26, elle est retenue pour les Jeux du Commonwealth 2014 à Glasgow au relais 4 × : elle participe aux séries auxquelles l'équipe de Jamaïque s'impose en 42 s 44. Néanmoins, Thompson n'est pas retenue pour la finale mais se voit décerner la médaille d'or, pour sa participation au tour précédent. Cette même année, elle réalise 23 s 23 sur 200 m.
Saison 2015 En 2015, Elaine Thompson se révèle au monde. Le , elle porte son record personnel du 100 m à 11 s 09 avant de descendre pour la première fois de sa carrière sous les 11 secondes, à Kingston, en 10 s 92 (+ 1,0 m/s) . Le , elle signe son second chrono sous les 11 secondes, en 10 s 97 puis améliore deux semaines plus tard sa meilleure marque sur 200 m en 22 s 37 (+ 0,4 m/s), retranchant ainsi 87 centièmes à son ancien record. Le , lors du Prefontaine Classic de Eugene, étape de la ligue de diamant, elle porte ce record à 10 s 84 (+ 1,5 m/s). En juin, elle remporte son premier titre national, sur 200 m, en 22 s 51, et ce malgré un très fort vent de face (- 2,4 m/s). Le , elle remporte le Meeting de Madrid sur 100 m en 10 s 90. Le , pour sa dernière sortie avant les mondiaux, elle améliore lors du London Grand Prix son record, courant en 22 s 10 (- 0,3 m/s).
Vice-championne du monde sur 200 m et titre sur 4 × 100 m vignette|Elaine Thompson, Dafne Schippers et Veronica Campbell-Brown sur le podium du 200 m des championnats du monde de Pékin.|alt= Elle est sélectionnée pour courir sous les couleurs jamaïcaines aux championnats du monde 2015 de Pékin en août.
Faisant l'impasse sur le 100 m, sur décision de son entraîneur, Stephen Francis, Elaine Thompson est uniquement alignée sur le 200 m. Sur cette épreuve, l'athlète de 23 ans passe le cap des séries en 22 s 78, puis celui des demi-finales en 22 s 13. En finale, la Jamaïcaine prend un excellent départ pour dominer la course, mais est finalement coiffée dans les derniers mètres par la Néerlandaise Dafne Schippers. Vainqueure en 21 s 63, Schippers bat le record des championnats et le record d'Europe de la discipline, pour devenir la coureuse la plus rapide de l'histoire, tandis que Thompson termine en 21 s 66, devenant la femme la plus rapide de tous les temps. Première médaille internationale individuelle pour elle, Thompson s'approche du record de Jamaïque de Merlene Ottey (21 s 64 en 1991), mais abaisse surtout en quelques mois son record de 1 s 57.
Également alignée au relais 4 × 100 m, l'équipe de Jamaïque composée de Veronica Campbell-Brown, Natasha Morrison et Shelly-Ann Fraser-Pryce remporte la médaille d'or et établit à cette occasion un nouveau record des championnats en 41 s 07 , la seconde meilleure performance mondiale de l'histoire derrière les États-Unis, 40 s 82 en 2012.
Après ces championnats réussis, Elaine Thompson court au Weltklasse Zurich sur 100 m et s'adjuge la victoire en 11 s 06 (+ 0,1 m/s) avant de terminer sur 200 m au Mémorial Van Damme de Bruxelles en 22 s 26, derrière Dafne Schippers (22 s 12) et Allyson Felix (22 s 22). Elle termine sa saison par une victoire au Meeting de Rieti sur le demi-tour de piste en 22 s 59. Saison 2016
Médaille sur 60 m aux Championnats du monde en salle vignette|230x230px|Dafne Schippers, Barbara Pierre et Elaine Thompson sur le podium du 60 m des championnats du monde en salle 2016.|alt=|gauche Durant l'hiver 2016, Elaine Thompson prend part à sa toute première saison en salle. Le , pour la première compétition indoor de sa vie, elle réalise par deux fois le temps de 7 s 14 au Glasgow Grand Prix. Cette performance lui permet de se rendre à ses premiers championnats du monde en salle, cette édition à Portland : lors des mondiaux, la Jamaïcaine remporte sa série en 7 s 09, record personnel, avant de remporter sa demi-finale avec un nouveau record en 7 s 04. En finale, elle décroche la médaille de bronze en 7 s 07, derrière l'Américaine Barbara Pierre (7 s 00) et Dafne Schippers (7 s 04). Elle succède sur le palmarès jamaïcain à sa compatriote Shelly-Ann Fraser-Pryce, championne du monde en titre et absente à Portland Le , elle court son premier 100 m de la saison, en 11 s 07. Le , alors que la saison vient seulement de réellement commencer, Elaine Thompson claque un temps extraordinaire de 10 s 71, toutefois trop venté pour une homologation (+ 2,4 m/s) à l'occasion du Jamaica International Invitational. Elle confirme ses bonnes dispositions en s’imposant sur lors de deux rencontres de la ligue de diamant : le au Meeting international de Rabat en 11 s 02 puis le au Golden Gala de Rome en 10 s 87. Entre-temps, elle termine du Prefontaine Classic sur 200 m en 22 s 16 (+ 1,9 m/s). Le , elle termine en 22 s 64 (+ 0,7 m/s) aux Bislett Games d'Oslo, battue très largement par Dafne Schippers (21 s 93). Le , en finale du 100 m des sélections jamaïcaines pour les Jeux olympiques, Elaine Thompson entre un peu plus dans l'histoire du sprint féminin en s'imposant très nettement en 10 s 70 (+ 0,3 m/s), pour égaler le record de Jamaïque de Shelly-Ann Fraser-Pryce et devenir, ex aequo avec elle, la athlète la plus rapide de tous les temps sur cette distance, derrière les Américaines Florence Griffith-Joyner (10 s 49), Carmelita Jeter (10 s 64) et Marion Jones (10 s 65) . Le lendemain, elle remporte sa série du 200 m en 23 s 34, mais doit ensuite déclarer forfait à la suite d'une petite blessure.
Doublé historique 100 m / 200 m aux Jeux olympiques de Rio vignette|250x250px|Marie-Josée Ta Lou, Justine Palframan, Elaine Thompson et Gina Lückenkemper lors de la série des Jeux olympiques de Rio.|alt=Elaine Thompson participe aux Jeux olympiques de Rio sur trois épreuves : le 100 m, 200 m et le relais 4 × 100 m. Elle commence la compétition par la distance reine, où elle remporte sa série (11 s 21) et sa demi-finale (10 s 88), pour se qualifier pour sa première finale olympique. Le , dans le stade olympique, Elaine Thompson se détache très rapidement de ses adversaires lors de la finale pour remporter le titre olympique en 10 s 71 (+ 0,5 m/s) devant l'Américaine Tori Bowie (10 s 83) et la tenante du titre, sa compatriote Shelly-Ann Fraser-Pryce (10 s 86). Elle conserve ainsi le titre olympique pour la Jamaïque, qui l'obtient depuis 2008, et réalise par ailleurs le second meilleur chrono de sa carrière.
Sur , elle n'est pas la favorite, même si elle est considérée comme une candidate pour le podium. de sa série en 22 s 63 et de sa demi-finale en 22 s 13, Elaine Thompson déjoue les pronostics en s'imposant lors de la finale, dans le temps de 21 s 78 (- 0,1 m/s). Signant son meilleur temps de l'année, la Jamaïcaine entre dans l'histoire en devenant, après Florence Griffith-Joyner en 1988, la athlète de l'histoire à réaliser le doublé 100 m / 200 m aux Jeux olympiques. Elle devance sur le podium sa rivale Dafne Schippers (21 s 86) et Tori Bowie (22 s 15).
Sur le relais 4 × 100 m, Thompson manque de peu l'exploit d'obtenir les trois titres olympiques du sprint court. L'équipe de Jamaïque, composée de Christania Williams, Veronica Campbell-Brown, Shelly-Ann Fraser-Pryce et Thompson, remporte une médaille d'argent en 41 s 36, meilleur temps de la saison, derrière l'équipe controversée des États-Unis, vainqueure en 41 s 01, le second meilleur chrono de l'histoire.
Après les Jeux olympiques, Elaine remporte les meetings de ligue de diamant, à la fois sur 100 m et 200 m : à Lausanne le en 10 s 78, à Zurich le en 21 s 85 et à Bruxelles le en 10 s 72, le troisième temps de sa carrière. Elle finit ainsi la saison invaincue sur le 100 m.
Saison 2017 En 2017, Elaine Thompson ne s'aligne qu'une seule fois lors de la saison en salle. À Birmingham, elle confirme sa domination mondiale en remportant le 60 m dans le temps de 6 s 98, pour devenir la meilleure auteure de performance mondiale de tous les temps (ex-aecquo avec Shelly-Ann Fraser-Pryce) derrière Irina Privalova, Gail Devers, Marion Jones, Merlene Ottey, Ekateríni Thánou et LaVerne Jones-Ferrette.
Elle entame sa saison estivale brillamment en remportant, le , le de l'UTech Classic de Kingston en 10 s 75, avec toutefois un vent trop fort (+ ) pour que la performance soit homologuée. Pendant les semaines qui suivent, elle s’impose dans tous les 100 m sur lesquels elle s’aligne. Le à Shanghai, elle s'impose en 10 s 78 (- 0,3 m/s), meilleure performance mondiale de l'année. Le , aux championnats de Jamaïque, elle l’emporte largement malgré un départ moyen, et signe son meilleur temps de la saison en 10 s 71, une nouvelle fois à 1/ de seconde de son record personnel. Avec encore deux succès, les deux week-ends suivants, au Meeting de Paris et à celui de Londres, elle totalise 21 victoires consécutives sur 100 m. Sur 200 m, elle remporte le à Doha la première étape de la ligue de diamant en 22 s 19, et ce malgré un très fort vent de face (- 2,3 m/s). Le , à Kingston, elle porte son meilleur temps de la saison à 22 s 09 (+ 0,5 m/s) et devance la spécialiste du 400 m, Shericka Jackson (22 s 61). Le , au Prefontaine Classic de Eugene, elle doit se contenter de la de la course en 21 s 98 (+ 1,5 m/s), battue par Tori Bowie (21 s 77) et Shaunae Miller-Uibo (21 s 91).vignette|Elaine Thompson et ses concurrentes lors du Birmingham Grand Prix 2017.|alt= Échec aux championnats du monde de Londres Pour les championnats du monde de Londres, où Thompson est favorite sur le 100 m et outsider sur le 200 m, bien que championne olympique en titre, la Jamaïcaine ne courra que sur la distance inférieure. Cette décision surprenante sera également valable pour les mondiaux de 2019.