Faye-la-Vineuse est une commune française du département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par le ruisseau de la Fontaine d'auzon et divers autres petits cours d'eau. La commune est incluse dans le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine.

Faye-la-Vineuse est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1851.

Le patrimoine architectural de la commune comprend trois immeubles protégés au titre des monuments historiques. L'église Saint-Pierre de Marnay, édifiée au et vendue par décret en 1813, est inscrite en 1951. L'église Saint-Georges, édifiée au et présentant une nef de trois travées remaniée au , un transept, un choeur et une abside circulaire avec déambulatoire, flanquée de trois chapelles, est classée en 1931. Le château de la Grillière, logis de la fin du avec tours d’escalier, avant-corps du et ailes en retour du , est inscrit en 1953 (les façades et les toitures).

Géographie Localisation Faye-la-Vineuse est située à de Richelieu. Elle est construite sur une colline de d'altitude dominant les alentours. Faye est traversée par le ruisseau d'Auzon.

Hydrographie vignette|gauche|redresse=1.2|Réseau hydrographique de Faye-la-Vineuse. Le réseau hydrographique communal, d'une longueur totale de , comprend sept petits cours d'eau dont la Fontaine d'Auzon ()...

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Moyenne vallée de la Loire » et « Poitou-Charentes ».. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ligré à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Faye-la-Vineuse est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (96,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (96,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (79,5 %), zones agricoles hétérogènes (11,5 %), prairies (5,1 %), forêts (2,4 %), zones urbanisées (1,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Faye-la-Vineuse est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), feux de forêts et séisme (sismicité modérée).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Pour anticiper une remontée des risques de feux de forêt et de végétation vers le nord de la France en lien avec le dérèglement climatique, les services de l’État en région Centre-Val de Loire (DREAL, DRAAF, DDT) avec les SDIS ont réalisé en 2021 un atlas régional du risque de feux de forêt, permettant d’améliorer la connaissance sur les massifs les plus exposés. La commune, étant pour partie dans le massif de Richelieu, est classée au niveau de risque 1, sur une échelle qui en comporte quatre (1 étant le niveau maximal)..

vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Faye-la-Vineuse. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 84,5 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (90,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 129 sont en aléa moyen ou fort, soit 58 %, à comparer aux 91 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2003 et par des mouvements de terrain en 1999.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Faia en 925., dans une charte de l'archevêque Robert.

Son nom viendrait du latin « Fagus » (hêtre) qui donna « Fagia », puis « Faye »..

Histoire Avant la ville de Faye-la-Vineuse, existait un domaine rural (la Faia de 925), une villa carolingienne située au bord de l'Auzon (la Fontaine d'Auzon), possession de St-Martin de Tours avec le statut paroissial, possiblement sur le site actuel de Marnay (un hameau de Faye : cf. Saint-Pierre de Marnay). Puis le site de Faia s'est déplacé en hauteur au .

Faye-la-Vineuse compte de nos jours moins de 300 habitants (voir plus loin les données chiffrées). Pourtant, au Moyen Age, cette cité fortifiée comptait bien plus d'habitants (mais 10 000 personnes environ, intra et extra muros, comme le prétend la tradition, semble un chiffre exagéré : Loches et Chinon ne comptent alors que de 2 000 à 5 000 âmes, et la Tours médiévale tout au plus 30 000).. C'était en effet la cité la plus importante de sa petite région tourangelle, le Richelais, au sud et à l'ouest de la rive gauche de la Vienne, avant que Richelieu ne fût construite.

À l'origine agglomération castrale, la ville était le centre d'un fief qui correspondait à peu près au canton actuel, construite donc autour d'un château. Le fait que la commune soit construite sur une colline a été déterminant dans sa fonction défensive. La commune de Braye-sous-Faye en porte encore la trace dans son nom.

Dans le premier tiers du , selon Louis Halphen, c'est probablement le comte Foulques Nerra, ou l'un de ses fidèles, qui fit construire un château fort. et fortifia le bourg. (Foulque III Nerra, comte d'Anjou de 987 à 1040, agrandit considérablement ses domaines en annexant la Touraine après une lutte acharnée contre la Maison de Blois, notamment Eudes II). Les remparts étaient percés de quatre portes monumentales, chacune disposant d'un pont-levis.. L'église collégiale St-Georges, fondée vers 1039 par la dame de Faye, Nives, est dès l'origine associée au château et à la seigneurie.

La seigneurie... est documentée depuis 1031 — date contemporaine du château et de la collégiale — et le premier seigneur connu de manière certaine est Nives de Faye († v. 1057), dame de Faye, fondatrice de l'église collégiale St-Georges et aussi, selon la tradition, de la chapelle Ste-Catherine (liée à un hôtel-Dieu et à l'origine d'un lieu-dit au sud de Faye). Des historiens érudits du , tels l'abbé Jean-Jacques Bourassé ou Jacques-Xavier Carré de Busserolle, citaient comme premier seigneur Landry/Landri de Faye, dès 980, donc à la fin de l'ère carolingienne. Ce serait l'arrière-grand-père de la dame Nives selon le schéma :

Ebles de Faye, fils de Landri et père d'Ayrard de Faye, ce dernier étant le père de Nives de Faye : mais cela n'est pas tout à fait avéré. On considère souvent que Nives († v. 1057) épouse Aimery () de Loudun, sire de Trèves ; alors, la Maison dite de Loudun assume la seigneurie de Faye : - Aimery (II) († vers 1061 et inhumé à Noyers ; fils des précédents), x Arsendis ou Alsende. - Père d'Aimery (III) le Riche († ap. 1100), x Eustach(i)e. - Père d'Aimery (IV) (fl. 1102, 1107), x Mathilde (qu'on dit de Montsoreau, fille de Gautier). - Père d'Aimery V le Jeune († après 1140 et inhumé dans la collégiale St-Georges). - Père d'Elisabeth de Loudun, dame de Faye, mariée à Raoul de Châtellerault : Raoul de Châtellerault († entre 1184 et 1194, inhumé à Fontevraud), lord de Bramley par la grâce d'Henri II Plantagenêt, oncle maternel d'Aliénor d'Aquitaine, sénéchal de Saintonge et d'Aquitaine (cf . Aliénor d'Aquitaine, par Ralph V. Turner), fils cadet d'Aymeric (v. 1077-1151), vicomte de Châtellerault (Pour Carré de Busserolle, - Raoul est le fils et non le gendre d'Aimery V ; nous suivons ici la version modernisée des historiens et généalogistes du , par exemple Sidney Painter qui est indexé à l'article « Aymeric de Châtellerault » qu'on vient de citer). La Maison de Châtellerault n'assume pas longtemps la seigneurie de Faye, car Elisabeth de Faye et son mari Raoul eurent pour héritières deux de leurs filles, et un fils sans postérité (leur autre fils Raoul (II) vit en Angleterre dans le Surrey ; leur autre fille Eustache est nonne fontevriste à La Puye) : Grécie (Grescie) (1150-1201), dame de Faye, épouse vers 1160 Ursion/Ours II de Meslay de Fréteval († 1187), d'où Nivelon IV de Meslay-Fréteval, seigneur de Faye († 1214 ; Postérité : Ursion III, et Geoffroy (1195-1245), vidame de Chartres par son mariage avec Hélisende de La Ferté) Sibille, mariée vers 1170 à Ebles IV Archambaud de Ventadour : Postérité Guillaume, sans descendance, a des biens en Châtelleraudais : l'Orme d'Oyré (Oyré ?) et le fief d'Aure (château de la Tour d'Oyré) en Avallia/Availles ; de plus, il est dit en 1228 seigneur de Faye. Son neveu maternel Ebles V de Ventadour est son héritier, mais il cède en 1260 à Guillaume du Rivau, chevalier, tout ce qu’il possédait en Poitou du chef de son oncle Guillaume de Faye ; dès 1262, Guillaume du Rivau vendit à Hugues, évêque de Poitiers.

Dans la moitié du , Raoul de Châtellerault s'affaira à l'essor de la ville, en construisant trois églises ainsi qu'une crypte. La population du bourg ainsi que des fiefs environnants est estimée selon les sources traditionnelles à environ habitants.

Avant le milieu du , les personnages rencontrés plus haut s'effacent, et une nouvelle famille féodale possède désormais la seigneurie de Faye-la-Vineuse : la maison de La Haye (Descartes), en la personne de Philippe/Geoffroy de La Haye († v. 1250/1255), chevalier banneret, marié à Isabelle de Passavant et suivi par deux de leurs fils (le est l'archevêque Geoffroy) :