Anne ou Anna Perenna est une déesse romaine généralement représentée sous les traits d'une vieille femme. C'est aussi un personnage de l'Énéide de Virgile et des Fastes d'Ovide.
Étymologie Le nom d'Anna Perenna est visiblement une création latine basée sur un jeu de mots entre le nom de l'année annus, et celui de la nourrice anna, le qualificatif perenna signifiant « qui dure toute l'année », « durable »Jean Haudry, Sur les pas des Indos-Européens : Religion - Mythologie - Linguistique, Yoran Embanner, 2022, p.129.
Sources littéraire antiques Elle est chez Virgile la fille de Bélos, roi de Tyr, et sœur de Pygmalion et Didon. Elle quitte sa patrie, la Phénicie, et embarque avec sa sœur pour l'Afrique, où elles fonderont Carthage. Selon le livre 4 de Enéide de Virgile, elle aurait conseillé à Didon de s'abandonner à son amour pour le prince troyen Enée. Selon Ovide (Fastes livre 3), après la mort de Didon (qui refuse d'épouser Hiarbas en se donnant la mort), elle se retire en Italie pour se soustraire aux poursuites d'Hiarbas, roi gétule, et y reçoit l'hospitalité d'Énée. Cependant, persécutée par Lavinie, la femme d'Énée, jalouse de sa beauté, Anna Perenna se jette dans les eaux du Numicus, dont elle devient la nymphe.
La déesse romaine Selon une autre légende, elle vécut plus longtemps. Elle était déjà très âgée quand la plèbe de Rome fit sécession et se retira sur le mont Sacré en 494 av. J.-C. Compatissant aux malheurs des plébéiens, elle venait chaque jour leur apporter de la nourriture, les sauvant de la famine. Par reconnaissance, ils lui bâtirent un temple. La fête d'Anna Perenna était célébrée chaque année le 15 mars dans un bois sacré près de Rome. « La fête d'Anna Pérenna, c'est aussi la liesse populaire, la joie débridée ; on chante, on danse, on s'allonge sous des abris de fortune à côté de sa petite amie. »...
Postérité : « Anne, ma sœur Anne » C'est par la fameuse apostrophe à Anne par Didon que s'ouvre le chant IV de l'Énéide : Signifiant littéralement « Anne, ma sœur, quels songes terrifiants me laissent perplexe ! », cette phrase connaît plusieurs autres traductions, par exemple cet alexandrin de Parseval-Grandmaison :
Jacques Delille en fait une traduction moins serrée :
Cette expression sera reprise sous la forme d'une répétition (Anna soror, soror Anna) dans la Héroïde d'Ovide, avant de passer à la postérité française dans la transposition célèbre de La Barbe BleueG. Devallet, « Jules Lemaitre en marge de l'Enéide », in Énée et Didon : naissance, fonctionnement et survie d’un mythe, dir. R. Martin, Paris, Centre national de la recherche scientifique, 1990, .
Anna soror est aussi un court roman de 1925 de Marguerite Youcenaragora.qc.ca .
Notes et références
Sources Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, de Joël Schmidt, éditions Larousse, Paris, 1993 Ovide, Fastes: III, 517-710 Dictionnaire de Bayle (, note B) Dictionnaire de la fable ou mythologie grecque, latine, égyptienne, 1823
Voir aussi Fontaine d'Anna Perenna
Catégorie:Culte héroïque romain Catégorie:Personnage de l'Énéide Catégorie:Geste d'Énée Catégorie:Déesse romaine Catégorie:Divinité du temps et du destin