alt=schéma de blason|vignette|upright=0.9|Armes actuelles de la ville de Kinshasa.

L’histoire urbaine de Kinshasa (république démocratique du Congo), retrace la formation des divers quartiers dans la plaine et sur les collines périphériques du Pool Malebo, qui est actuellement la ville de Kinshasa.

Le , les chefs de Lemba, Kinshasa et Kintambo, accordèrent une audience à l'explorateur Henry Morton Stanley, sous un baobab au bord du fleuve Congo, au niveau de l'actuelle baie de Ngaliema et signèrent avec lui un pacte de fraternité, Kinshasa était un archipel de villages déjà respectables et un centre de commerce florissantLELO NZUZI Francis, Kinshasa : ville et environnement, l'Harmattan, Paris, 2008, 284 p.. Léon de Saint Moulin (1971 et 2004) estime la population de Kinshasa en 1880 d'environ habitants. Les premiers Européens dénombrent à Kintambo, à peu près autant à Kinshasa (village), à Mikunga, à Kibangu (Masina), à Kimwenza et un nombre important à Lemba (Mbaza Lemba) et Kimpoko, outre les villages extrêmement nombreux des collines périphériques.

Henry Morton Stanley, après avoir obtenu le droit d'établissement, donna le le nom de Léopoldville à la station qu'il avait commencée, en hommage au roi des Belges.

sans_cadre|droite|Vue de Kinshasa.

Pour urbaniser les beaux sites situés le long du fleuve, l'administration coloniale repoussa vers le sud, à l'intérieur des terres, les villages de Kintambo, Kinshasa, Kingabwa, Ndolo, etcMauerl, Auguste, Congo : de la colonisation belge à l'indépendance, Harmattan, Paris, 1992. Plus tard, l'extension urbaine réunira d'autres villages dans ses limites pour ne faire qu'une seule entité administrative.

Site de la ville vignette|gauche|Ville de Kinshasa en 1885, dans le livre de Stanley.

L'actuelle ville de Kinshasa a été construite à partir de deux sites topographiques qui ont des forces attractives différentes étant donné que l'urbanisation de la plaine est plus aisée que celle des collines. les deux villes, (Basse) et (Haute), se sont développées en des périodes différentes. Le site bas a été en grande partie urbanisé avant l'Indépendance en 1960, et le site Haut (ville haute) est né globalement après l'Indépendance. C'est le Site Bas (ville basse), bâtie dans la plaine, qui bénéficie de beaucoup d'équipements urbains, plus que la ville haute, perchée sur des collines.

Les cités des plaines : ville basse vignette|gauche|Baie de Ngaliema à Kinshasa.

Le plan local d'urbanisme de 1950, le plan régional de 1967, le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de 1975 et le projet] de développement urbain de 1985 se sont basés sur cette plaine pour proposer l’expansion de la ville. Cette partie de la ville concentre la plus grosse partie de la population, de l'habitat, des infrastructures, etc., grâce à son accessibilité et facilité d'être urbanisée. Elle est donc le site de la genèse de la ville de Kinshasa.

Les cités construites dans la ville basse (plaine) sont généralement accessibles entre elles. Parmi les cités bâties dans la plaine, on compte les communes de : Gombe, Limete, Lingwala, Kinshasa, Barumbu, Kasa-Vubu, Ngiri-Ngiri, Lemba, Ndjili, Matete, Kalamu, Bandalungwa, Ngaba, Masina, Makala et Kinkole (Nsele). Treize ont été érigées en communes en 1957-1959, avant l'Indépendance. Lemba est devenue une commune en 1966, et les autres en 1968MAXIMY, R., "Site général de Kinshasa", in Atlas de Kinshasa, planche , Institut géographique national, 1978. Les cités créées avant l'Indépendance sont les mieux loties car bénéficiant d'un urbanisme bien planifié par la puissance coloniale belge, ce sont les cités européennes. Par contre, les cités créées après 1960 se sont développées par morceaux, sans planification préalable, sauf dans quelques quartiers.

Cités européennes vignette|gauche|Le marché central de Kinshasa en 1974, avant son extension.

Elles comprend les communes de la Gombe et de Limete, ainsi que plusieurs quartiers de la commune de Ngaliema.

La commune de la Gombe Gombe a été créée sous le nom de Kalina selon les normes urbanistiques vers les années 1920 pour accueillir les infrastructures de Kinshasa, la nouvelle capitale du Congo. Le quartier administratif, les ambassades, les résidences de haut standing, le centre principal des affaires, le port, la gare centrale, les sièges des institutions politico-administratives et économique s'y trouvent tous concentrés dans cette commune. C'est la commune où la spéculation foncière et immobilière est la plus forte. Gombe a été à sa naissance, au début du , reliée aux cités indigènes de Kinshasa, Lingwala et Barumbu par quelques artères : l'avenue des Palmiers (actuellement avenue Kasa-Vubu) et l'avenue des Huileries. L'avenue de la Justice, jadis avenue Valcke, est la première à avoir été bétonnée dans la ville, en 1931.

vignette|gauche|Le jardin zoologique de Kinshasa en 1972 dans la commune de la Gombe. vignette|droite|L'avenue de la gare à Gombe en 1899.

La commune de Limete Limete se situe quant à elle, à une dizaine de kilomètres à l'est de la Gombe. Ancienne cité européenne, elle a été créée à cause de cette volonté clairement exprimée par le plan d'urbanisme de 1950 qui prévoyait d'orienter le développement de la ville vers l'Est. Elle jouait un rôle très indispensable de pôle économique afin désengorger la Gombe. Elle a abrité un centre commercial et des affaires, un quartier industriel et un quartier résidentiel qui sont géographiquement séparés par le boulevard Lumumba. Le quartier résidentiel a été à l'origine conçu pour accueillir les cadres européens des sociétés.

Mais le statut de Limete comme pourvoyeur d'une importante main-d’œuvre industrielle kinoise décroît avec la crise socio-économique et politique qui a suivi les pillages de triste mémoire de 1991 et 1993. Avec ces pillages, Limete a perdu énormément des infrastructures industrielles. Avant les pillages, Kinshasa comptait officiellement 503 établissements dont 122 (24,25 %) à Limete dans lesquels, il y avait 55 petites et moyennes entreprises, 31 grandes et 5 très grandes entreprises. Après les pillages, Kinshasa en 2002, ne comptait dans son ensemble que 190 établissements dont 166 petites et moyennes entreprises tournant à 70 % de leurs capacitésRapport de l'Institut national des statistiques de la RDC..

Limete n'est donc plus cet important centre commercial et industriel d'autres fois. Elle abrite à côté de son luxueux quartier résidentiel, des habitats spontanés, et même, trois misérables bidonvilles construits avec des matériaux de récupération, à proximité des industries, sur d'anciennes décharges publiques au bord du fleuve. ces bidonvilles se nomment : Grand-Monde, Paka-Djuma et Bribano, et ne sont pas connus de beaucoup des Kinois.

Les cités européennes de Limete et de la Gombe restent jusqu'aujourd'hui très prisées par la population pour y résider malgré l'âge. À Limete, la valeur immobilière varie en fonction de la proximité avec le boulevard Lumumba. Plus on se rapproche du boulevard, plus la valeur immobilière s'augmente. À la Gombe cependant, la valeur immobilière est élevée quand on se rapproche soit du boulevard du 30 juin, soit du fleuve Congo. Dans tous les cas, ce sont des villas réservées aux mieux nanties, la population à faibles revenus habitants les autres cités comme les anciennes cités indigènes.

Anciennes cités indigènes Les cités de Barumbu, Kinshasa, Lingwala et Kintambo ont été loties à partir d'une décision de mars 1907 du commissaire de district, Georges Moulaert. Il fit tracer à au sud de la gare une avenue de trois kilomètres. C'est l'actuelle avenue du commerce qui est aujourd'hui coupée par l'hôpital général de Kinshasa (Mama Yemo). Un quartier analogue fut ensuite organisé à KintamboMOULAERT, G., Souvenirs d'Afrique 1902-1919, Bruxelles, 1948. vignette|gauche|upright|Une fille indigène à Kinshasa. L'habitat et l'environnement de ces anciennes cités indigènes diffèrent des autres cités de Kinshasa. Lingwala et le sud-est de Kintambo sont un peu moins anciens et n'ont été occupés que vers les années 1930. Pour la plupart des cas, ce sont des migrants ruraux qui peuplaient ces cités depuis leur naissance. Le premier afflux de ces ruraux se situe après l'arrivée du rail de , en juillet 1898, en provenance de la ville portuaire de Matadi. Cette gare transforme la ville particulièrement dans le domaine économique. il y a eu non seulement le développement du gros commerce et naissance des industries, mais aussi une main-d’œuvre abondante venue de l'intérieur du pays tout comme de l'étranger, des personnes qui cherchent à tenter une nouvelle vie à Kinshasa.

Ces migrants étrangers comme nationaux habitent des logements construits en briques adobes avec une architecture précaire. La première distribution d'eau sous forme de bornes fontaines ne fut pas installé avant 1933, et aucun raccordement individuel à l'eau ou à l’électricité n'a existé dans ces cités avant 1948.

La commune de Kintambo Située à l'Ouest, elle a été implantée à l'arrière du site initial de Léopoldville. Son vieux port est le siège du premier chantier naval. La zone industrielle de Kintambo comprenant une usine textile inaugurée en 1928 a permis la construction de camps pour les travailleurs de la dite usine à moins de de l'usine selon la loi en vigueur de cette époque, qui exigeait de loger les ouvriers à moins de de l'entrepriseFlouriot, 1973.

La commune de Kinshasa Située au centre nord, elle a donné son nom à la ville. Elle est l'une des plus petites commune de Kinshasa actuellement, mesurant seulement avec près de , et fortement densifiée avec plus de DIAMBU Y., Organisation, fonctionnement et problèmes de gestion du marché "Somba -Zikida", IBTP, 2004. La commune se caractérise par la vétusté de son habitat ainsi que par un désordre sur le plan urbanistique, avec absence de réseau d'assainissement, ce qui laisse à désirer l'hygiène du milieu.

La commune de Barumbu vignette|gauche|Une Locomotive à Ndolo en 1898 vignette|droite|La Citas au bord du fleuve. Située au centre nord-est, elle a le privilège d'abriter le vieil aéroport de Ndolo protégé par le camp militaire Lieutenant Mbaki. C'est dans cette commune qu'a été créé le tout premier quartier artisanal (Citas) à proximité de nouvelles implantations portuaires et industrielles le long du fleuve.

La commune de Lingwala vignette|gauche|Un Village Bateke vers 1912.

Située au centre nord-ouest, elle s'étend sur et est accessible principalement à partir des avenues du et des huileries. Elle compte plusieurs établissements scolaires établis dans sa frontière, le long de l'avenue du .

Ces quatre communes sont donc des vieilles communes, jadis occupées majoritairement par la population venue du village, de l'intérieur du pays. Toutes les routes dans cette partie de la capitale étaient en terre jusqu'en 1948, lorsque l'avenue Prince Baudoin, actuellement Kasa-Vubu, fut asphaltée à partir de la commune de la Gombe jusqu'à Kalamu, au niveau du Pont Kasa-VubuKILU N., Gestion des déchets liquides et problèmes de santé publique, travail de fin d'étude à l'Université Catholique du Congo, 1998.

Malgré le sous développement sur le plan urbanistique, ces quatre communes ont le privilège et l'avantage de se trouver dans le premier chapeau urbain à proximité du centre-ville, de la commune de la Gombe qui est le centre des affaires à Kinshasa. Grâce à cela, plusieurs parcelles sont en train d'être rachetées et rénovées par des entrepreneurs et autres, surtout pour des fins commerciales. C'est ainsi que l'on compte aujourd'hui dans cette partie de la ville, le foisonnement d'immeubles à plusieurs étages, qui sont soit des hôtels, soit des appartements à louer.

Cette proximité du centre ville n'a pas non plus laissé de côté la spéculation foncière et immobilière qui s'est ensuivie tout naturellement dans ces communes.