La (en occitan : carrièra de la Dalbada) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Elle est, au Moyen Âge, une des principales artères de la ville, entre la porte Narbonnaise au sud et la Porterie au nord, bordée par les ateliers et les commerces de nombreux artisans et marchands. À partir du , les membres de l'élite toulousaine, particulièrement les riches marchands, les capitouls et les parlementaires, sont plus nombreux et font construire de belles demeures : l'hôtel de Felzins et l'hôtel de Bagis témoignent ainsi de leur richesse. En 1944, la rue est protégée comme site inscrit avec l'ensemble du quartier parlementaire de la Dalbade et, en 1986, elle est incluse dans le site patrimonial remarquable de Toulouse.

Situation et accès Description La rue de la Dalbade est une voie publique. Elle traverse le quartier des Carmes, dans le secteur 1 - Centre. Longue de et large d'environ 8 mètres, pratiquement rectiligne, elle est d'orientation nord-sud. Elle naît au carrefour de la rue Pierre-Brunière, dans le prolongement de la rue de la Fonderie, venue de la place du Parlement. Elle reçoit sur son côté droit, après 171 mètres, la rue Saint-Jean, face à l'hôtel de Bagis. Elle se termine après 89 mètres au carrefour de la rue du Pont-de-Tounis qu'elle reçoit sur sa gauche et la rue Henri-de-Gorsse sur sa droite, au pied de l'église Notre-Dame de la Dalbade, qui donne son nom à la rue. Elle est prolongée au nord par la rue des Couteliers jusqu'à la place du Pont-Neuf et la rue de Metz, puis par la rue Peyrolières et la rue Léon-Gambetta jusqu'à la place du Capitole.

La chaussée ne compte qu'une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue des Couteliers vers la rue de la Fonderie. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue de la Dalbade rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Rue de la Fonderie (g) Rue Pierre-Brunière (d) Rue Saint-Jean (d) Rue du Pont-de-Tounis (g) Rue Henri-de-Gorsse (d)

Transports La rue de la Fonderie est parcourue et desservie directement par la navette . Elle se trouve également à proximité de la place des Carmes et de la rue du Languedoc, où débouche la station Carmes, sur la ligne de métro , près de laquelle marquent l'arrêt la ligne du Linéo et la navette .

Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont les stations (9 rue Henry-de-Gorsse) et (18 place du Salin).

Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. La rue tient son nom de l'église Notre-Dame de la Dalbade, qui s'élève à l'angle de la rue de la Dalbade et de la rue Henry-de-Gorsse. Les premières mentions en latin médiéval la nomment rue Sainte-Marie-de-la-Dalbade (carraria Beate Marie dealbate, 1280) ou simplement de la Dalbade (carraria Dealbate, 1300)Chalande 1914, ..

Au Moyen Âge, seule la partie de la rue actuelle entre le carrefour des rues du Pont-de-Tounis et Henri-de-Gorsse et la rue Saint-Jean porte le nom de la Dalbade. À partir de cette rue et jusqu'à la rue Pierre-Brunière, c'est la rue du Temple. En effet, les chevaliers de l'ordre du Temple y ont, entre le et le , leur maison (emplacement des actuels et 15). Cependant, on trouve également le nom de rue Saint-Jean pour cette rue du Temple, car les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem ont eux aussi établi une commanderie dans la rue à la fin du . En 1794, pendant la Révolution française, les actuelles rues de la Dalbade et de la Fonderie sont renommées ensemble rue de la Fonderie. L'année suivante, les anciennes rues de la Dalbade et du Temple prennent ensemble le nom de la Dalbade.

Histoire Antiquité Au milieu du , la première église Notre-Dame de la Dalbade est construite à l'emplacement d'un oratoire plus ancien. Elle dépend du prieuré de la DauradeChalande 1915, .. Vers la même époque, c'est à l'évêque Germier que l'on devrait la construction d'une église proche, placée sous le vocable de Saint-Rémi, à l'angle des rues Saint-Rémésy et Saint-JeanChalande 1914, .Nelly Pousthomis-Dalle, 2001, et 184..

Moyen Âge Au Moyen Âge, la rue de la Dalbade appartient au capitoulat du même nom. Jusqu'au , la rue est étroite, elle abrite des maisons en corondage en encorbellement au-dessus de la rue. C'est une des principales artères commerçantes de la ville, parallèle à l'axe principal de la ville, la Grand-rue qui va de la place du Salin à la Porterie (actuelle place du Capitole). On trouve de nombreux artisans, principalement des couteliers, fabricants de couteaux ou de ciseauxChalande 1914, .. On trouve également plusieurs auberges et hôtelleries, comme le Logis du Coq (emplacement de l'actuel )Salies 1989, vol. 1, . et le Logis de la Croix-BlancheSalies 1989, vol. 1, ..

Le quartier est dominé par l'église de la Dalbade, placée sous l'invocation de Marie. Entre 1164 et 1172, des travaux de reconstruction sont entrepris afin de l'agrandir : les travaux sont terminés en 1220, mais l'édifice reste modesteChalande 1915, .. L'église est longée au nord (actuelles rues de la Dalbade et Henri-de-Gorsse) par un cimetière. En 1395, une petite chapelle est construite sur le terrain du cimetière, sous le nom de Saint-Blaise, qui servait aux assemblées générales de la paroisseChalande 1915, ..

Au début du , de nouveaux ordres religieux s'installent à Toulouse. Les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem arrivent à cette période, peut-être avec le soutien de l'évêque de la ville, Amelius Raymond du Puy. Ce dernier, dont un frère, Raymond du Puy, est un futur supérieur de l'Ordre, leur concède l'église Saint-Rémi entre 1116 et 1121Chalande 1914, ., après qu'ils ont échoué à s'emparer de l'église de la Dalbade, qui dépendait du prieur de la DauradeChalande 1915, .. C'est dans le canton des Hospitaliers, entre les rues de la Dalbade, Saint-Jean et Saint-Rémésy qu'ils établissent leur commanderie. L'église Saint-Rémi, qui leur tient lieu de chapelle se trouve à l'angle des rues de la Dalbade et Saint-Jean et à son entrée dans la première. Il leur donne aussi l'autorisation d'acquérir des biens dans tout le diocèse de Toulouse. Les hospitaliers obtiennent plusieurs avantages, tels que la liberté donnée en 1160 par l'évêque Raimond de Lautrec d'avoir un cimetière pour les membres de leur ordre ou la possibilité accordée en 1175 par le comte de Toulouse Raimond V d'avoir un four. Ils reçoivent également le droit de faire construire une tour, connue comme la tour des Archives. Ils s'enrichissent considérablement et possèdent, au , de vastes emprises foncières entre la rue de la Dalbade et la GaronnetteChalande 1915, .. Afin d'assurer leurs revenus, ils inféodent des maisons (comme l'actuel ).

En 1135, les chevaliers de l'ordre du Temple installent également dans la rue de la Dalbade leur commanderie (actuels et 15), connue comme la Maison du TempleChalande 1914, .. Ils donnent leur nom à la rue du Temple, portion de l'actuelle rue de la Dalbade entre la rue Pierre-Brunière et la rue Saint-Jean. Mais en 1307, le roi de France Philippe IV le Bel les fait arrêter dans tout le royaume de France et mettre leurs biens sous séquestre. Après la suppression de leur ordre par le concile de Vienne en 1311, leurs possessions sont dévolues aux Hospitaliers l'année suivante. La grande richesse de la maison hospitalière toulousaine lui permet de recevoir en 1315 le rang de grand prieuréChalande 1915, . : elle est placée à la tête de la langue de Provence. Les Hospitaliers, devenus propriétaires de la Maison du Temple, y installent en 1408 un hôpital, appelé hôpital du Temple. Le prieur hospitalier y fait aussi construire son logis dans la maison voisine (actuel ). Ils agrandissent également l'église (actuel ), connue sous les vocables de Notre-Dame de la Conception et de Sainte-Barbe. Derrière les bâtiments qui donnent sur la rue se trouvent également un cimetière, du côté de la GaronnetteChalande 1914, ..

Le quartier subit des vicissitudes, en particulier pendant la croisade des albigeois. En 1216, durant l'occupation de la ville par les troupes de Simon de Montfort, un incendie est allumé par les soldats croisés près du quartier juif, dans la rue Joutx-Aigues, qui provoque des destructions jusque dans les rues de la Dalbade et du TempleChalande 1914, ..

Période moderne L'incendie du est extrêmement destructeur dans le quartier de la Dalbade. Parti de l'hôtellerie de la Couronne, le feu brûle toutes les maisons entre la rue des Toulousains (actuelle rue de la Fonderie) et la rue de la Daurade. L'ampleur des dégâts pousse les capitouls à demander l'aide du roi Charles VII, qui est alors à Marmande. L'église de la Dalbade, endommagée, doit être réparée et, pour certaines parties, reconstruite : elle n'est à nouveau consacrée qu'en 1455, par l'archevêque de Toulouse Bernard du Rosier. Les élites locales en profitent cependant pour réunir de vastes emprises foncières, afin de faire bâtir leurs hôtels particuliers, Ce mouvement de concentration foncière permis par l'ampleur des terrains libérés par l'incendie, est précoce, en comparaison avec les autres quartiers de la ville. Il explique qu'au , la population d'artisans a totalement disparu de la rue, l'incendie du ne venant qu'aggraver la situationBastide 1968, ..

Au cours du , du et du , les constructions prestigieuses font de la rue une des plus belles de la ville. Au début du , le capitoul Pierre Bruni fait construire un hôtel (actuel )Chalande 1914, .. À la même époque, le conseiller au parlement Jacques de Rivière élève son hôtel (emplacement des actuels rue de la Dalbade et rue Pierre-Brunière)Chalande 1914, -200.. Vers 1535, Jean de Bagis, conseiller au parlement de Bordeaux, achète les immeubles afin de faire construire son hôtel, dont seule reste la cour intérieure de Nicolas Bachelier. En 1606, le nouveau propriétaire, François de Clary, conseiller du roi, maître des requêtes et juge-mage de Toulouse, décide la construction d'une nouvelle façade sur la rue de la Dalbade, qui impressionne par sa construction de pierreChalande 1914, .. Vers 1550, Charles de Montbel, docteur en droit, réunit plusieurs maisons (actuel ), sur lesquelles le capitoul Jean de Massas élève un hôtel à la fin du Chalande 1914, .. À la même époque, le conseiller au parlement Gaspard Molinier fait bâtir à l'emplacement de deux maisons un hôtel particulier, dont le portail est réalisé par Nicolas Bachelier en 1556Chalande 1914, -231.. En 1603, le capitoul Jean d'Aldéguier se fait construire un hôtel à l'emplacement de l'hôtel de Massas. En 1623, Pierre de La Mamye donne asile aux religieuses hospitalières de Saint-Jean-de-Jérusalem chassées de Cahors par les protestantsChalande 1914, ..

À la même époque, en 1525, l'hôpital du Temple, réuni à l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques, dans le quartier Saint-Cyprien, est supprimé. Les bâtiments sont réutilisés vers 1550 pour y ouvrir un collège, connu comme le collège du Temple. Il accueillait sept prêtres, desservant de l'église Saint-Rémi, et quatre étudiants.