Piccadilly Circus est un carrefour routier et une place piétonne du quartier de Westminster à Londres, au Royaume-Uni.

La place, autrefois considérée comme le centre de l'Empire britannique, constitue encore de nos jours un des centres névralgiques de Londres et est réputée pour la pléthore d'enseignes lumineuses qui l'entourent. Elle compte également plusieurs curiosités touristiques, dont une fontaine érigée en 1893 en mémoire de Lord Shaftesbury et surplombée par un Ange de la Charité chrétienne (communément appelé Éros), ou encore le théâtre Criterion, le London Pavilion et plusieurs magasins célèbres.

Non loin se trouvent le London Trocadero, centre commercial et de loisirs, et la statue Horses of Helios.

Son emplacement en plein cœur du West End, ainsi que sa proximité avec des lieux commerçants ou de divertissement font qu'elle est encore aujourd'hui un lieu apprécié des Londoniens comme des touristes du monde entier.

Situation et accès droite|200px|vignette|Plan de Piccadilly Circus et de ses environs. Piccadilly Circus est au croisement de cinq grandes artères du West End : Piccadilly, Regent Street, Glasshouse Street, Shaftesbury Avenue et Coventry StreetOu plus précisément les rues The Quadrant au nord de Piccadilly Circus et Lower Regent Street au sud, toutes deux étant des prolongements de Regent Street.. La place est également à la croisée du quartier aristocratique de Mayfair, de celui des théâtres de West End et de ceux consacrés à la vie nocturne, Soho et Leicester Square.. La station de métro éponyme, où circulent les trains des lignes , se trouve directement sous le carrefour.

Origine du nom Piccadilly Circus est directement dérivé du nom de la rue Piccadilly, une des cinq rues convergeant sur le carrefour, auquel a été adjoint le nom « circus », du latin cercle, mais ici il faut simplement l'entendre dans le sens figuratif d'un espace ouvert (de forme plus ou moins circulaire) où se rejoignent plusieurs routes (il s'agit à l'origine d'une place circulaire, « déformée » après le percement de Shaftesbury Avenue à la fin du ). Rien qu'à Londres, on retrouve ce nom en plusieurs endroits tels que Holborn Circus, Oxford Circus, Finsbury Circus ou Ludgate Circus. Il faut toutefois garder à l'esprit qu'une place de plus grande importance et de forme plus ou moins ovale se verra plus souvent nommée « Square », ainsi de Grosvenor Square, St James's Square, Berkeley Square, Bedford Square, etc.

Historique

Jusqu'au , le quartier était la propriété du Eton College et de la Mercer's Company, avant qu'un tailleur appelé Robert Baker vint indirectement lui donner son nom actuel. Cet homme s'était enrichi dans le commerce des « piccadils », hauts cols empesés très en faveur au temps des Stuarts auprès des dandys. Avec cet argent, il fit l'acquisition de terrains à l'ouest de Londres, une partie de la ville peu habitée à l'époque, et y fera construire une luxueuse maison en 1612, à l'extrémité sud de Great Windmill Street. Sa demeure sera vite surnommée « the Piccadilly Hall ». Même si l'actuelle rue Piccadilly, en 1692, reçut officiellement le nom de Portugal Street en l'honneur de Catherine de Bragance, épouse du roi Charles II d'Angleterre, il est attesté dès 1743 que le nom utilisé pour la rue était déjà devenu le nom actuel, c’est-à-dire celui de Piccadilly.

Piccadilly Circus a été créé en 1819, dans le prolongement de Regent Street. À cette époque, le carrefour Piccadilly Circus était en fait désigné sous le nom de Regent Circus, car compris dans l'aire d'urbanisme de John Nash (l'architecte attitré du roi George IV) dont Regent Street était l'élément majeur. La place fut construite sur le site de la maison et du jardin de Lady Hutton et elle perdit son aspect circulaire en 1886, lors de la construction de Shaftesbury Avenue et de la jonction avec cette dernière. Dès cette époque, Piccadilly Circus connaissait un trafic intense.

Le (le nom complet, en anglais, de la station de métro souterraine de Piccadilly Circus) fut ouverte le en ce qui concerne Bakerloo Line et le en ce qui concerne Piccadilly Line.

Du fait de sa grande proximité avec Soho, Piccadilly Circus fut rapidement un point de rendez-vous pour les homosexuels, et un haut lieu de la prostitution. Quand Alfred Kinsey visita Londres pour y étudier le comportement sexuel des Britanniques, il demanda immédiatement à découvrir Soho. L'univers autour de Piccadilly Circus et de Leicester Square l'a étonné au point qu'en comparant les mœurs sexuels d'Amérique du Sud avec ceux de Londres, il déclara n'avoir jamais vu autant de prostitution, à l'exception de La Havane.

Le carrefour a connu ses premières publicités lumineuses en 1910, et en 1923 la façade du London Pavilion voit naître son premier panneau d'affichage. Les premiers feux tricolores furent installés le . En 1932 les vieilles lampes à gaz furent retirées et remplacées par les lampes électriques et Piccadilly Circus a subi ses derniers grands travaux de rénovation dans le courant des années 1980.

Dans les années 1960, il fut envisagé de créer un réseau de passerelles aériennes où auraient circulé les piétons, laissant uniquement la place aux voitures.

La fontaine « Shaftesbury Memorial », construite en 1893 pour rendre hommage à Anthony Ashley-Cooper, comte de Shaftesbury, est installée au centre de la place, une statue la couronnant, l'ange de la charité chrétienne. Au cours de son histoire, elle a été retirée deux fois. La première fois en 1922, quand la station de métro située directement en dessous fut complètement réaménagée. La fontaine est réinstallée en 1931. La deuxième fois, pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fut enlevée pour des raisons de sécurité et temporairement remplacée par des panneaux publicitaires. En 1948, trois ans après le conflit, elle revient mais est déplacée du centre de la place vers son coin sud-ouest.

Lieux et centres d'intérêt Les enseignes lumineuses

Histoire

Depuis 1908, Piccadilly Circus est un endroit où ont été installés des panneaux publicitaires lumineux. De nos jours, ils sont tous regroupés sur un seul bâtiment, sur le côté nord-ouest de la place, entre Shaftesbury Avenue et Glasshouse Street. L'édifice, propriété de Land Securities Group depuis les années 1970, bien que n'ayant pas réellement de nom, est parfois appelé Monico en référence au Café Monico qui se trouvait autrefois à cet endroit. La construction sur laquelle sont placées les pancartes publicitaires correspond aux adresses suivantes : 44/48 Regent Street, 1/6 Sherwood Street, 17/22 Denman Street et 1/17 Shaftesbury Avenue.

Les premières illuminations publicitaires utilisaient des lampes à incandescence qui furent ensuite remplacées par des tubes fluorescents. Puis dans les années 2000, la technologie des diodes électroluminescentes s'est progressivement imposée. Dans le même temps, le coût de location des emplacements augmentant, le nombre d'annonceurs représentés a, lui, diminué.

Les trois premières compagnies d'annonceurs avec des illuminations furent Bovril, Schweppes et Guinness. Plus tard, s'y ajoutèrent BP, Cinzano, Fujifilm, Kodak, Volkswagen, Wrigley (pour son « Spearmint »), Max Factor et Skol.

Panneaux actuels

En 2005, le site possèdait cinq enseignes lumineuses géantes surplombant un bâtiment du côté nord de la place, occupé par des grandes marques telles que , Burger King ou GAP, mais aussi par de petits commerçants, des restaurants et des bureaux.

Les cinq enseignes actuelles représentent les marques Samsung, Coca-Cola, McDonald's, Sanyo et TDK. Elles sont disposées comme suit : à gauche, Samsung forme un carré ; en hauteur et sur tout le reste de la longueur figure Coca-Cola ; sous Coca-Cola et à l'extrême-droite figurent deux marques avec en haut TDK et tout en bas à droite Sanyo. McDonald's, enfin, est représenté au milieu, en bas, à droite de Samsung, sous Coca-Cola et à gauche de TDK et Sanyo.

Jusqu'en 2001, Nescafé possédait une enseigne de la même taille que TDK et Sanyo, placée juste au-dessus de ces deux marques, mais elle a été remplacée par Coca-Cola qui a pu étendre son enseigne en longueur. En septembre 2003, Coca-Cola a d'ailleurs fait installer un écran DEL ultra-moderne suivant les courbes de l'immeuble dans lequel sont diffusées diverses publicités, notamment pour le championnat de football anglais.

À l'Ouest de la place, la marque Vodafone a fait installer sur un toit une enseigne lumineuse, accompagnée en dessous d'un texte déroulant dont le contenu provient du site internet de la marque, où tout le monde peut écrire un message personnel qui défilera sur Piccadilly Circus à la date et l'heure voulue.

Depuis 2020, le Cultural Institute of Radical Contemporary Arts diffuse des œuvres d'art de deux minutes spécialement commandées pour les écrans, diffusées à la même heure chaque soir. En 2023, les segments sont diffusés à 20h23.

Shaftesbury Memorial et Éros

Au sud-ouest de Piccadilly Circus se tient la Shaftesbury Monument Memorial Fountain, plus simplement appelée Shaftesbury memorial. Cette fontaine a été érigée en 1893, en l'honneur du philanthrope et parlementaire britannique Anthony Ashley-Cooper, de Shaftesbury, plus communément appelé Lord Shaftesbury. Par son travail législatif et ses prises de position politiques, il a lutté contre le travail des enfants dans les mines, et ce sont précisément ces bienfaits que vise à commémorer cette fontaine. Elle est surmontée d'une statue nue ailée en bronze doré, œuvre d'Alfred Gilbert, qui est devenue la mascotte de Londres comme le Manneken-Pis peut être celle de Bruxelles. Il s'agit de lAnge de la charité chrétienne même si, au fil des années, l'ange a été associé à Éros (Eros en anglais), divinité de l'amour chez les Grecs, et que ce nom lui est resté. L'ange a aussi été repris comme logotype du quotidien généraliste britannique Evening Standard et apparaît tous les jours en haut de la une du journal.

L'utilisation d'un ange nu ne s'est pas imposée sans mal et a été décriée en son temps. Pourtant, selon une revue artistique de l’époque (le Magazine of Art), l’ensemble offrait : « … un contraste frappant avec la laideur terne et monotone de nos sculptures urbaines habituelles. (…) L’œuvre, tout en embellissant un espace jusque-là désolé, devrait beaucoup contribuer à l’élévation des goûts du public en matière de sculptures décoratives, et garantir dorénavant la ville contre toute nouvelle monstruosité monumentale dont l’ancienne mode nous abreuvait. ».

Cette statue est l'une des toutes premières au monde à avoir été réalisée en aluminium. Au début, la pointe d'Éros était dirigée au nord, vers Shaftesbury Avenue. Mais pendant la Seconde Guerre mondiale, elle fut déplacée du centre vers son emplacement actuel, c’est-à-dire en face du théâtre Criterion et à l'écart de la circulation automobile. Ce faisant, la pointe d'Éros est désormais dirigée vers le sud, vers Lower Regent Street. À cette même époque, au début des Swinging Sixties, la racine circus de la place allait donner naissance au Circlorama, un cinéma circulaire à onze écrans mais qui ne pouvait pas présenter de vrais films aux spectateurs obligatoirement debout. Il s'agissait plutôt d'extraits de concerts yéyé et de documentaires saisissants… pour l'époque car bien en deçà des géodes actuelles.

La fontaine Horses of Helios

La fontaine érigée en l'honneur de Lord Shaftesbury est certainement celle qui est la plus connue des touristes, mais souvent les Londoniens eux, préfèrent une autre fontaine située non loin de là, à l'angle des rues Piccadilly et Haymarket : Horses of Helios (en français « Chevaux d'Hélios »). Sculptée par Rudy Weller, cette statue en bronze représente les quatre chevaux d'Hélios, le dieu grec du Soleil et de la lumière : Pyroïs, Eoos, Aethon et Phlégon Photographie de la statue « Horses of Helios ».

Le théâtre Criterion