thumb|Jacques André, vainqueur du 110 mètres haies de France-Belgique-Suisse, en 1947. Jacques André, né le à Paris et mort le à Antibes, est un as de l'aviation, ancien pilote du régiment de chasse Normandie-Niémen. Il a ensuite continué sa carrière dans l'Armée de l'air, jusqu'en 1968, avant de s'éteindre en 1988. Il est l'un des cinq français à avoir reçu la haute distinction de héros de l'Union soviétique pour ses victoires aériennes durant la dernière guerre mondiale sur le Front de l'Est, le dernier en date étant le spationaute français Jean-Loup Chrétien.
Fils du grand athlète Géo André, il fut aussi un athlète de classe internationale sur 110 m haies et 400 m haies, ainsi que sur 200 m haies et 4×400 m. Il participa aux Jeux olympiques d'été de Londres en 1948 pour atteindre les demi-finales.
Carrière militaire Jacques André s'engage, le dans l'Armée de l'air. Le , il suit les cours de l'école de pilotage d'Étampes. Sorti major de promotion, le , il devient moniteur à l'École de l'air de Salon-de-Provence. Lors de l'invasion de la France, les Italiens bombardant Marseille, l'état-major décide de diriger les élèves vers Pau.
Nommé pilote-convoyeur, il est chargé de trouver les avions basés dans la région pour les conduire en Afrique du Nord. Il traverse de nombreuses fois la Méditerranée. Lorsque Géo André, son père, lui fait part de son désir de gagner l'Algérie, la présence, dans un hangar, d'un Caudron Simoun leur en offre le moyen. Partis en pleine nuit, sous les tirs des sentinelles, ils atteignent Alger après quatre heures trente de vol. Arrivé le à Alger-Maison Blanche, il n'est pas directement affecté au groupe de chasse II/3. Impatient de prendre les commandes d'un des Dewoitine D.520 dont la base est dotée, il convainc le capitaine commandant de compagnie de l'intégrer à une escadrille le . Sept mois plus tard éclate l'affaire de SyrieLe , un coup d'état militaire renverse le régent du royaume d'Irak et place Rachid Ali à la tête du pays. Le 27 mai, par les accords de Paris, la France autorise le transit par la Syrie des avions allemands qui portent secours à l'Irak soulevé contre les Anglais. L'Angleterre est directement menacée de voir son approvisionnement en pétrole condamné. Aussi décide-t-elle, avec l'approbation de De Gaulle, d'envahir les États du Levant.. En , Jacques André combat les troupes britanniques dans l'armée de l'Air vichyste.
Du au , il réalise des missions de couverture, de protection, de mitraillage au sol et de destruction. Revenu en Algérie, il quitte Maison-Blanche et débarque à Marseille en . En , il rejoint l'Algérie avant que la zone libre ne soit occupée. À Blida, il retrouve le Groupe de chasse II/3. Lorsque le , les Alliés débarquent, il est à nouveau placé dans une situation délicate. Censé s'opposer au débarquement américano-britannique, un épais brouillard empêche son escadrille de décoller. Son unité est alors soumise aux entraînements de la Royal Air Force.
Il accepte la proposition du général Valin, à la recherche de pilotes pour le « Normandie ». Il explique son choix, contesté par les officiers restés fidèles au maréchal Pétain :
L'autre raison est la mort de son père. Engagé dans les Corps francs d'Afrique, il périt dans une embuscade au moment de la prise de Tunis « et moi j'étais comme un imbécile à ne rien faire »ANDRE (Jacques), Cette fois je n'étais plus spectateur, Icare (64), ..
Comme ses camarades d'escadrille, Cuffaut, Sauvage, Casaneuve, Pierrot, il entreprend le long périple qui, du Caire en passant par Téhéran, doit le conduire à Moscou pour combattre sur le front germano-soviétique dans le régiment d'aviateurs français "Normandie" intégré à l'Armée RougeInterview du colonel Jacques André, S.H.A.A., H.O... Ce régiment ayant été mis à la disposition des Soviétiques par le Général de Gaulle. Parti en d'Alger, il atteint Toula où est stationné le "Normandie", le . C'est à Alytus, sur les rives du Niémen, que l'aspirant André livre, le , son premier combat et remporte sa première victoire :
Son équipier était Roger Penverne qui a laissé journal de guerre.
Après cette offensive, « Normandie » est cité dans un ordre du jour du maréchal Staline et prend le nom de Normandie-Niemen. Quinze autres victoires viennent s'ajouter, entre le et le , au palmarès de Jacques André. Jacques André comptera sur ce Front de l'Est seul à son actif (plus 4 en collaboration), et 4 probables, plus une en Afrique du Nord, soit 20 victoires au total en comptant les probables. Selon les méthodes anglo-saxonnes (un avion abattu par deux pilotes = 1/2 victoire par pilote), Jacques André et Marcel Albert sont les plus titrés de la célèbre escadrille Normandie-Niemen .. Après la capitulation du IIIe Reich, le Normandie-Niémen, conformément au souhait de Staline, regagne le territoire français, chaque pilote doté d'un avion offert par les Russes.
Après la guerre Au lendemain de la guerre, Jacques André, malgré les possibilités d'entrer à Air France, reste pilote militaire. Il avoue d'ailleurs volontiers que sa présence dans l'Armée de l'air « compte tenu de mon plaisir évident à voler, n'a pas été un travail mais une joie permanente ». L'armée lui offre la possibilité de s’entraîner en vue des Jeux olympiques d'été de 1948. Il participe et atteint le stade des demi-finales du haies.
Commandant du centre de tir et de bombardement de Cazaux de 1957 à 1960, affecté au secteur 3 radar de Drachenbronn de 1960 à 1962, commandant de la base aérienne 720 à Caen de 1963 à 1965, il passe ensuite deux années comme commandant de la base aérienne 181 Ivato à Madagascar. Il termine sa carrière à l'état-major de la région aérienne à Aix-en-Provence. En 1968, il est placé en congé du personnel navigant. Le colonel Jacques André est mort le .
Carrière sportive Il fut quatre fois champion de France (110 m haies en 1937, en junior), 110 m haies et 4 fois 400 m en 1938, 400 m haies militaire en 1938. Il fut aussi trois fois vice-champion de France : (400 m haies en 1938 et 1939, 400 m militaire en 1948) et dix fois en sélection nationale. En 400 m haies, il participa au championnat d'Europe en 1938 et aux J.O. de Londres en 1948 pour atteindre les demi-finales. En 1939, il fut meilleure performance européenne sur 400 m haies, en 53''6 (après avoir fait presque jeu égal avec le champion américain Roy Cochran, futur double médaillé d'or aux J.O. sur cette distance), puis sur 4 fois 400 m en 3'17''. En 1948, encore sur 400 m haies en 53''8.
Ses records :
110 m haies en 15''6
200 m haies en 25''
300 m en 36''2
400 m haies en 53''6
4 fois 400 m en 3'17''
Distinctions 50px Chevalier de la Légion d'honneur 50px Croix de guerre 1939-1945 50px Ordre de la Guerre pour le Salut de la Patrie (URSS) 50px Médaille pour la victoire sur l'Allemagne dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 (URSS) Héros de l'Union soviétique (URSS) 50px Ordre de Lénine (URSS) 50px Ordre du Drapeau rouge (URSS)
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie René et Maryvonne Gaudart, Dieux des stades As du ciel, Géo et Jacques André des J.O. de 1908 à 1948 aux guerres 14-18 et 39-45, Editions JPO, 2021, 388 p. Maryvonne et René Gaudart, Pilotes du Normandie-Niémen, d'après le journal de Roger Penverne dans l'Armée rouge, Editions JPO, 2016, 500 p.
; rééd. Perrin, coll. « Tempus », 2011, 288 p.
Articles connexes Liste d'as de l'aviation
Liens externes
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