vignette|Gains territoriaux des Soviétiques de la mi-1943 à fin 1944. L'offensive Léningrad-Novgorod est une opération stratégique soviétique lancée par l’Armée rouge le . Cette opération doit refouler le Groupe d'armées Nord allemand par une attaque menées par les fronts de Volkhov et de Léningrad, ainsi que par une partie du balteD'après , afin de mettre un terme au siège de Léningrad. En l'espace de deux semaines, l’Armée Rouge reprend le contrôle de la ligne Moscou–Léningrad, et le Joseph Staline proclame la fin du siège de Léningrad, et l'expulsion des armées allemandes de tout l’oblast de LéningradGrigori Krivocheev et al., p. 315. La fin du blocus de est célébrée à Léningrad le jour même par une salve tirée par . Au terme d'un mois de combat, les unités soviétiques atteignent leurs objectifs, le . L’état-major soviétique ordonne ensuite à l'armée de Léningrad de poursuivre l'ennemi en traversant la Narva. Le deuxième front balte est chargé de tenir les territoires reconquis sur le d'armée allemandKrivosheev, Grigori et al., p. 317.

Les Allemands déplorent la perte de , abandonnent d’artillerie d'un calibre variant de . La Wehrmacht, repoussée à plus de de Léningrad, doit décrocher sur la Louga.

Ordre de bataille L’opération s'est menée sur trois fronts : celui de Léningrad, le second front balte et le Front du Volkhov. Les forces soviétiques comptaient , , et , auxquels s'ajoutait la Flotte de la Baltique.

Contexte Au terme de l’opération Barbarossa, les armées allemandes étaient parvenues à encercler Léningrad. Depuis, l’État-major soviétique (la Stavka) avait imaginé plusieurs opérations pour libérer les faubourgs de l’ancienne capitale des tsars. À l'automne 1943, compte tenu des succès partiels de l'année précédente, l’opération Iskra en janvier et l’offensive Siniavino à la fin de l'année 1942, les premiers préparatifs pour reprendre les faubourgs de Léningrad sont accélérés. Le premier conseil de guerre se tint le , exactement deux ans après le début du siègeSalisbury, p. 560. On avait retenu deux plans : Neva I et Neva II ; Neva I était prévue pour le cas où les Allemands, pressés sur différents fronts, abandonneraient délibérément Léningrad pour renforcer les points les plus menacés de leur tenaille. La Stavka et les commandants soviétiques de Léningrad optaient pour cette hypothèse. Neva II était prévue dans le cas où les Allemands parviendraient sous quelques mois à occuper Léningrad. Ce devait être une offensive en trident, menée depuis : la poche d'Oranienbaum (reprise plus tôt dans l’année), les Hauteurs de Poulkovo et les fortins autour de Novgorod. L’offensive devait être lancée cet hiver-là, dès qu’on aurait massé suffisamment d’hommes et d’artillerie pour traverser la banquise sans risque.

Préparatifs Côté soviétique La Flotte de la Baltique était chargée de transporter la 2e armée de choc commandée par Ivan Fediouninski de l'autre côté du lac Ladoga, à Oranienbaum.

À partir du , cette flotte achemina , , d’artillerie, et s de munitions et de ravitaillement vers les quais des usines de Léningrad, de Kanat et de la base navale de Lissi Nos vers Oranienbaum.

Une fois que le lac Ladoga fut pris par les glaces, , , et supplémentaires gagnèrent ce point de ralliementSalisbury, p. 561. Lorsque l'acheminement fut terminé, on déploya l'artillerie tout autour de Léningrad, du second front balte et du front de Volkhov à raison de par kilomètre ; cela représentait d'artillerie classique, Katioucha et antiaériens.

La Flotte de la Baltique et les aérodromes autour de Léningrad permirent de concentrer supplémentaires. Les forces soviétiques se montaient à présent à , contre les allemandsSalisbury, p. 561–562.

Le dernier conseil avant l'assaut eut lieu le à Smolny. Le général Govorov, généralissime du Front de Léningrad, y fixa la liste des objectifs prioritaires. Afin de dégager les liaisons ferroviaires vers le sud-est et l'est, l'armée soviétique devait s’emparer de Gatchina, d'où l'on pourrait ensuite reprendre le contrôle de Mga, la petite gare dont la perte avait, en 1941, permis aux Allemands de couper les ravitaillements vers Léningrad. Govorov posta ses troupes conformément à ce plan.

Côté allemand Vers la fin de l'année 1943, la situation du Groupe d'Armées Nord devint critique. La Division bleue et trois divisions allemandes avaient été évacuées en octobre, et simultanément le Groupe d'Armées Nord était chargé de reprendre en charge de front supplémentaires pour soulager le Groupe d'armées Centre. Pour ce qui est de la relève, le maréchal Georg von Küchler recevait la Légion bleue des volontaires croates avec trois divisions SS. Du fait de cet affaiblissement, l'Etat-major proposa une manœuvre de repli propre à réduire la ligne de front de 25 %, et à écarter la menace des concentrations ennemies autour des nombreux saillants. L’opération bleue supposait un repli coordonné de plus de en janvier, pour décrocher sur la ligne formée par la barrière naturelle que constituent la Narva, la Velikaïa et les lacs Peïpous et de Pskov. Cette position, dite « ligne Panther-Wotan », s'appuyait contre des fortifications construites depuis le mois de Septembre. La retraite devait s'effectuer en plusieurs étapes, en prenant appui sur des positions défensives intermédiaires, dont la principale était la ligne Rollbahn, le long de voie ferrée October, desservant Tosno, Liouban et Tchoudovo. Là, les deux corps d'armée les plus exposés, le et le corps d'armée, devaient faire leur jonction et bivouaquer avant de reprendre leur marche vers la ligne Panther.

Mais au commencement de l'année, Hitler avait rejeté toutes les propositions de repli anticipé vers la « ligne Panther », et le destin du Groupe d'Armées Nord était scellé. Hitler intima l'ordre de tenir les forces soviétiques le plus loin possible de l'Allemagne, chaque mètre perdu devant être chèrement payé par les Soviétiques. Finalement, Hitler fit détacher trois divisions d’infanterie d'élite supplémentaires du groupe d'armées nord pour renforcer le Groupe d'armées Sud d’Erich von Manstein, qui abandonnait le Dniepr sous d'incessants assauts. Le maréchal von Küchler se trouvait à présent dans une position extrêmement précaire, et il pouvait s'attendre au pire sur les fronts Léningrad et VolkhovD'après .

Les combats Offensive Krasnoïe Selo–Ropcha

À la fin du , des bombardiers à longue portée de l'escadrille Balte attaquèrent les principaux postes de commandement allemands. Le , une armée formée de fantassins d'Oranienbaum et du Front Volkhov partirent à l'assaut, suivis le lendemain de la armée sous les ordres d'Ivan Maslennikov depuis les hauteurs de Poulkovo. Un tir de barrage exécuté le long de la ligne de front largua contre les lignes allemandes. Les premiers jours, une brume épaisse limita à la progression de la 2 armée de choc et de la , aux prises sur un front de avec les 9 et de campagne de la LuftwaffeSalisbury, p. 562, tandis que le Front du Volkhov repoussait les Allemands de Salisbury, p. 564. Mais le , le dégel s'amorça et la de choc enfonça les lignes allemandes sur Salisbury, p. 565 ; puis le , elle reprit Ropcha et la de fusiliers de la Garde, une unité d'élite de la , chassa les Allemands de Krasnoïe Selo. Le , l'armée allemande avait reculé de , et la ligne Moscou–Leningrad était remise en service. Le lendemain, Staline proclama la fin du siège, et Léningrad fêta cet événement par une salve tricolore de et autres pièces d'artillerie à Salisbury, p. 566 ce qui, compte tenu du black-out, aurait été impossible durant le siège.

Offensive Kingisepp–Gdov

Conséquences La rupture du front de Léningrad est effective le . Écrasés par l'artillerie lourde et les qui se jettent sur eux, les Allemands battent en retraite vers la frontière estonienne dans le désordre. Devant le risque d’effondrement complet du front, Hitler accepte ce repli mais relève von Küchler de son commandement : le maréchal est remplacé par Walter Model. Celui-ci donne l'ordre de se replier sur la ligne Panther située le long du lac Peïpous : le front Nord a reculé de ce qui est un véritable triomphe pour la Stavka.

Le nouvel objectif des Soviétiques est de poursuivre le groupe d'armées Nord et d'envahir au passage les Pays baltes, qui se sont soulevés trois ans plus tôt...

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Opérations militaires soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale

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