L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Mouleyrès, fondée au à Arles, détruite et reconstruite au , faisait partie initialement du cimetière des Alyscamps avec la chapelle de la Genouillade et l'église Saint-Honorat. Elle en fut séparée d'abord par le percement du canal de Craponne puis, plus tard et plus radicalement, par la trouée des ateliers SNCF.

Histoire Époque paléochrétienne Si la légende rattache la construction de cette chapelle à saint Denis l'Aréopagite, le successeur de saint Trophime au siège d'Arles, avant d'être le premier évêque de Paris, à l'emplacement d'un temple souterrain de Mars Fernand Benoit - La basilique St-Pierre et St-Paul à Arles - ici, les documents archéologiques nous indiquent que cette église est fondée au dans la partie haute des Alyscamps, en l'honneur des apôtres Pierre et Paul, par un certain Petrus selon une inscription funéraire à ce nom qui y a été retrouvéeSite patrimoine.ville-arles.

De manière plus précise, l'historien Fernand Benoit indique que la fondation de cette église doit remonter au dernier quart du Fernand Benoit - La basilique St-Pierre et St-Paul à Arles - ici. D'après lui, la double invocation de saint Pierre et de saint Paul serait liée aux traditions de l'église romaine, mais aussi de l'église d'Arles ; cette « basilique » arlésienne devrait notamment sa titulature au patronage de l'église de San Pietro in Vincolis que venait de reconstruire Sixte III, pape de 432 à 440, sous le double vocable des apôtres Pierre et Paul. En tout cas, cette appellation de la basilique des Alyscamps est antérieure à l'an 500 Fernand Benoit - La basilique St-Pierre et St-Paul à Arles - ici.

La présence de ce nouveau lieu de culte consacré à des saints vénérés attire dès cette époque de nombreuses inhumations.

Moyen Âge

Autour de cette église sont regroupés au Moyen Âge, l'Hôpital des Pèlerins de Saint-Jacques et la chapelle de la Trinité mentionnée par une bulle de Pascal II en 1113 ; cette dernière étant entourée d'un cimetière. Ces trois édifices, situés à peu de distance au nord de la voie romaine qui traverse alors les Alyscamps, sont désignés au du nom de « Fabregoule», c'est-à-dire des micocouliers qui ombragent le plateau rocheux des Mouleyrès Fernand Benoit - La basilique St-Pierre et St-Paul à Arles - ici. Entre-temps, l'église Saint-Pierre-et Saint-Paul a été concédée au chapitre de Saint-Trophime en 1166.

Au l’édifice ruiné En raison notamment des nombreuses guerres qui se déroulent autour d'Arles dans la seconde moitié du (voir ici). est confié, semble-t-il, au soin d’un ermite ; excentré et en dehors des remparts de la ville, il est rattaché à la paroisse de Saint-Michel-de-l'Escale Cette paroisse avait alors pour église principale l'église de Saint-Michel-de-l'Escale située dans les arènes alors loties. en 1390 Site patrimoine.ville-arles.

Temps modernes

Dès le , le site est endommagé lors du percement du canal de Craponne. L'église, quant-à-elle, est détruite en 1536 par les Arlésiens eux-mêmes pour protéger la ville lors de l'avance des troupes de Charles Quint (ils étaient soucieux de ne laisser hors les murs aucun point d'appui ou cache aux assaillants éventuels). À la fin des troubles de cette époque (fin du ou début du ), elle est toutefois restaurée, l'église primitive de plan tréflé d'origine paléochrétienne étant dès lors utilisée comme sacristie. L’église existe ensuite jusqu’à la Révolution française, avant d’être vendue.

Au sud, s'étendent les bâtiments d'un prieuré agrandi au . Dans les années 1840, le percement de la ligne de chemin de fer, Lyon - Marseille, isole totalement le bâtiment en le laissant perché sur une falaise artificielle dominant les voies. Cette situation est d’autant plus saisissante, qu’affleurent des tombeaux brisés, encore visibles suspendus au bord du vide.

Cette église est la dernière avec l'église Saint-Honorat et la chapelle de la Genouillade de la douzaine d’oratoires qui s’élevaient sur les pentes rocheuses de la colline, à proximité de la voie romaine qui traversait les Alyscamps. Elle est désormais inscrite au titre des monuments historiques, depuis le .

Description

Cette chapelle surplombe aujourd'hui la voie ferrée dans le quartier des Mouleyrès, colline où autrefois se situaient un grand nombre de moulins à vent. Inaccessible car désormais propriété privée, elle se situe au 12 bis de la rue Mansard, à proximité du boulevard Victor-Hugo, en direction de Marseille.

Compte tenu de son histoire, cette église présente des éléments architecturaux hétérogènes, car de nombreuses modifications sont intervenues au cours des temps. On peut toutefois signaler la façade du , avec une porte très remaniée qui conserve un fronton et des éléments de pilastre, et une l’abside trilobée Site patrimoine.ville-arles.

À proximité, on a trouvé en 1867 une épitaphe, l'« épitaphe dit de Petrus », datée de 530, qui attribue la fondation de cette église à ce personnage. Il s'agit d'un marbre d'une hauteur d'environ qui se trouve aujourd'hui (2015) au Musée de l'Arles et de la Provence antiques Site patrimoine.ville-arles. Lors de ces travaux de terrassement de la seconde moitié du , on a mis en évidence de nombreux autres vestiges malheureusement dispersés entre les musées d'Arles, ceux d'Avignon et de Marseille, ainsi que celui de Genève à la suite du séjour du conservateur de ce musée à Arles en 1876 Fernand Benoit - La basilique St-Pierre et St-Paul à Arles - ici.

Parmi ces restes, il y a deux plaques de cancel (ou chancel) Clôture de pierre ou de bois séparant le chœur liturgique de la nef. de la basilique retrouvées à proximité de celle-ci présentant un intérêt considérable. En pierre demi-dure, elles sont remarquables par leur grande dimension (respectivement L = ; H = et L = ; H = ) et leur état de conservation. De la même époque, elles sont décorées d’une ornementation non ajourée, l’une de carrés coupés de diagonales en croix de Saint-André, l’autre de cercles tangents juxtaposés ornés d’étoiles à six branches Fernand Benoit - La basilique St-Pierre et St-Paul à Arles - , 15 ici. Avec celui de Saint-Victor de Marseille, ces cancels sont les seuls témoins en France de cette décoration paléochrétienne Fernand Benoit - La basilique St-Pierre et St-Paul à Arles - ici. « Ainsi, la décoration architecturale de la basilique des Mouleyrès apporte-t-elle un document capital pour l'histoire de l'évolution du cancel en Occident ».

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Jean-Pierre Cassely, Provence insolite et secrète, éditions Jonglez, 2011 Fernand Benoit, La basilique Saint-Pierre et Saint-Paul à Arles. Études sur les cancels paléochrétiens, , dans Provence historique, tome 7, fascicule 27, 1957 (lire en ligne)

Articles connexes Arles Liste des monuments historiques d'Arles Liste des monuments historiques des Bouches-du-Rhône

Liens externes

Article de Fernand Benoit Site du patrimoine Base Mérimée

Pierre-et-Paul_de_Mouleyrès Catégorie:Chapelle monument historique (France) Catégorie:Monument historique inscrit en 1998 Catégorie:Architecture paléochrétienne Mouleyres Catégorie:Église fondée au Ve siècle