Le siège de Phalsbourg se déroule pendant la guerre franco-allemande de 1870 entre le et le .
Contexte historique
Après la défaite de Frœschwiller-Wœrth (), le corps d'armée sous les ordres du lieutenant général Julius von Bose de la Armée du prince héritier Frédéric III d'Allemagne se tourne vers Sarrebourg. Sur sa route se trouve la place de Phalsbourg dont le commandant est Pierre Taillant.
La garnison
La garnison se compose de. : 450 hommes du du de ligne (4 compagnies). 750 moblots de la Meurthe, la plupart sans habillement. Le personnel de la batterie principale du d'artillerie arrivé de Besançon à Lutzelbourg, par voie ferrée, le au soir, à l’effectif de 2 officiers et 52 hommes auxquels il faut ajouter un capitaine commandant l'artillerie, un garde et deux gardiens de batterie, déjà dans la place. Ces artilleurs étaient aidés par des habitants de la ville volontaires. 330 isolés après la défaite de Frœschwiller dont le sergent Boeltz et 25 hommes du de ligne venant de la Petite-Pierre.. Environ 100 hommes de la garnison de la garde nationale sédentaire. Le génie est représenté par un capitaine et par un casernier. Deux médecins militaires. Un officier d'administration comptable des subsistances.
Les fortifications datent de 1815 : une enceinte avec une escarpe de et une contrescarpe de , renforcées par 6 bastions renfermant 40 canons, dont quinze datent de Louis XIV.. À la fin du siège, soixante-cinq pièces seront en batterie sur les remparts, toutes issues du stock de l'arsenal et mises en action pendant le siège.
Le , la place dispose d'environ et une population civile de .
Le siège thumb|upright=1.5|Porte fortifiée. — Les portes des villes fortifiées sont munies de ponts-levis jetés sur les fossés qui entourent les remparts ; quand on lève les ponts et qu’on ferme les portes, nul ennemi ne peut entrer dans la ville. — Phalsbourg a été fortifiée par Vauban et démantelée par les Allemands après 1871. Traversée par la route de Paris à Strasbourg, elle n’a que deux portes : la porte de France à l’ouest et la porte d’Allemagne au sud-est, qui sont des modèles d’architecture militaire.G. Bruno : Le Tour de France par deux enfants, première illustration de l'édition de 1904.
Le , le général Hermann von Gersdorff, commandant le corps à la place de Julius von Bose, blessé, somme Taillant de se rendre sous la menace de bombardements. Celui-ci répond :
Après un bombardement infructueux, le corps s'en va et laisse la place à la du corps d'armée. Entre le 10 et le 14 aout le général Wilhelm von Tümpling alterne bombardements et demandes de reddition sans succès.
Parmi les 5 bombardements du siège, celui du est le plus intense ; il commence vers sept heures pour s'achever à 18h entrainant l'incendie de la ville entière.
Le au soir, von Tümpling prend la route de Sarrebourg, ne laissant derrière lui que 2 bataillons et un escadron. Le , des pièces de gros calibre remplacent les canons de campagne et les bombardements reprennent..
Vers le deux bataillons de mousquetaires du d'infanterie de Haute-Silésie puis divers corps de fantassins et d'artilleurs viennent prendre position autour de Phalsbourg.
Le siège dure 4 mois avec bombardements, demandes de reddition, sorties continuelles, organisation de la ville (cordonniers et tailleurs), réapprovisionnement en nourriture.
Le , la dernière ration est consommée, la population est décimée et la moitié de la garnison restante est à l'hôpital. Taillant fait enclouer les canons, détruire les dernières munitions et écrit au major von Giese, commandant des troupes d'investissement :
52 officiers, et 65 canons sont capturés par les troupes allemandes. Taillant sortit le dernier de Phalsbourg. Le , il est dirigé sur l'Allemagne et interné à Coblentz car il refuse de s'engager à ne pas servir contre l'Allemagne ; il ne revint qu'après le traité de Versailles.
Un an plus tard, le Conseil d’enquête sur les capitulations des places fortes, présidé par le Maréchal Baraguey-d'Hilliers le nomme lieutenant-colonel et lui confère le grade de Commandeur de la Légion d'honneur avec l'aval de Thiers.
Le , le président de la République Raymond Poincaré vient décerner à Phalsbourg la croix de chevalier de la Légion d'honneur pour son comportement héroïque lors du siège de 1870.
Poincaré déclare : « Gardienne de communications importantes pour la défense du territoire, a toujours été éprouvée par les attaques dirigées contre la France. Du au , a subi un siège de quatre mois au cours duquel les habitants ont fait preuve d'un courage héroïque, bravant cinq bombardements qui ont détruit et incendié les deux tiers de la ville, pour que Phalsbourg, la pépinière des braves, demeure rivée au sol français. »
Comme Belfort, Phalsbourg a été assiégée en 1813, 1815 et 1870 et possède aussi son "monument des trois sièges", en fait le monument aux morts inauguré le .
Le est inauguré le monuments aux morts de Phalsbourg appelé, Monument des Trois Sièges. David David-Weill, fils d'Alexandre Weill, remet à cette occasion les dons collectés en Amérique à l'initiative de son père et de la communuaté juive de Phalsbourg expatriée en Amérique. ces dons contribueront, entre autres à la création du Musée de Phalsbourg, inauguré en 1938.
Le siège de Phalsbourg dans la littérature
Dans Le Tour de la France par deux enfants manuel scolaire de lecture de G. Bruno (1877), les deux héros, les enfants, André et Julien Volden quittent Phalsbourg annexé après le conflit de 1870-1871. Leur père, veuf, est mort à la suite du siège de Phalsbourg :
Notes et références
Voir aussi Bibliographie « Taillant (Pierre) », dans Larousse, Grand dictionnaire universel du , 6 vol. .
Articles connexes Chronologie de la guerre franco-allemande de 1870-1871 Liste des villes décorées de la Légion d'honneur
Catégorie:Phalsbourg Phalsbourg Catégorie:Bataille de 1870 Catégorie:Histoire de la Moselle