Le Boullay-Thierry est une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire.

Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par le fossé 01 de la Vallée des Caves.

Le Boullay-Thierry est une commune rurale qui compte en , après avoir connu une forte hausse de la population depuis 1968. Elle fait partie de l'aire d'attraction de Paris.

Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques. L'église Saint-Lubin du Boullay-Thierry, construite, ou reconstruite, à la fin du , est inscrite en 2007. Le château du Boullay-Thierry, un château de brique et pierre du avec parc et communs, est inscrit en 2007 (château, communs, parc, dépendances).

Géographie Situation

Communes limitrophes

Lieux-dits et écarts Minières.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Marville-Moutiers-Brûlé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Le Boullay-Thierry est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (85,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (85,5 %), forêts (11,7 %), zones urbanisées (2,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune duBoullay-Thierry est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1999, partie 1 - chapitre Risque inondation..

vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux duBoullay-Thierry. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines, chapitre Mouvements de terrain.. L'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..

Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 62,6 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (52,8 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 116 sont en aléa moyen ou fort, soit 50 %, à comparer aux 70 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999.

Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Booletum Terrici en 1196 (charte de la lépr. du Grand-Beaulieu), Boletum Terrici 1223 (charte de l’abb. de Coulombs), Bolleium Terrici en 1272, le Bouloy Tierri en 1282 (cartulaire des Vaux-de-Cernay), Bouletum Terrici en 1300 (polypt. de Chartres), Booletum Tyerrium en 1336, le Boullay Tyerry en 1410 (charte du chap. de Chartres), Boullay la Société en 1793Dictionnaire topographique du département d'Eure-et-Loir : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Bibliothèque nationale de France..

Boullay de l'ancien français boul « bouleau » suivi du suffixe d'ancien français -ay servant à désigner un ensemble d'arbre appartenant à la même espèce, d'où le sens global de « lieu planté de bouleaux »Marianne Mulon, Noms de lieux d’Île-de-France, Bonneton, Paris, 1997 ..

Le Boullay-Thierry tire son nom d'un seigneur du nom de Thierry. Au commencement du , on trouve déjà le nom de Boullay-Thierry, ce seigneur, possesseur de ladite terre du Boullay, a donc vécu avant cette époque.

Histoire Les seigneurs La plus ancienne famille connue ayant possédé le Boullay-Thierry est la famille du Boulay ou du Boullay-Thierry qui tire son nom de la terre même dont elle jouissait. La plupart des nobles n'étaient connus que par le nom de leurs terres et ce nom est devenu leur patronyme.

Vers 1220, le roi Philippe-Auguste fait dresser le ban et l'arrière ban des nobles qui dépendaient de la châtellenie de Nogent-le-Roi, le seigneur du Boullay-Thierry est alors Hugues du Boulay (en latin Hugo de Booleio). À sa suite, à la fin du , on trouve Hue du Boulay, époux de Marguerite de Pacy, fille de Robert de Pacy, dit d'Étampes, panetier de Louis IX (Saint-Louis) ; puis, en 1320, son fils Jehan du Boulay-Thierry, à la suite duquel on trouve Hue du Boulay, Chambellan de Charles VI, époux de Marguerite de Trie, mort le . Celui-ci n'avait pas eu d'enfant légitime, c'est sa femme qui hérite de ses biens. Il eut toutefois un fils adultérin avec Alix de Mareuil : Jean du Boulay, dit Sanglier.

Marguerite de Trie, veuve d'Hue du Boulay, se remarie en 1396 avec Hervé de Coich, chevalier, chambellan du roi et du dauphin Charles et seigneur de la Grange. À sa mort, probablement en 1418, son frère Jacques de Trie, un des plus riches seigneurs de son temps, hérite de ses biens. À la mort de celui-ci, le , c'est son fils Philippe de Trie, époux de Jeanne de Havart, qui lui succède. N'ayant pas eu d'enfants, Philippe de Trie, décédé le , lègue la seigneurie du Boullay-Thierry à sa sœur Jeanne de Trie, alors veuve de Martin Pillavoine, seigneur de Jeufosse. Son fils Guillaume I de Pillavoine hérite de la seigneurie en 1489, il meurt en 1508 et c'est son fils Guillaume II de Pillavoine qui lui succède. Celui-ci étant mort sans enfants, c'est son neveu Quentin de Pillavoine, époux en 1555 d'Antoinette de Marolles, qui hérite de la seigneurie du Boullay-Thierry. Celui-ci meurt en 1569 lors de la Bataille de Jarnac laissant une fille unique, Anne de Pillavoine, mariée en 1584 avec Richard de Morteaux, sieur de Vigny, Boisgerome, Serazereux, Fadainville et Marville-Moutiers-Brûlé, avec lequel elle eut quatre enfants.

La seigneurie du Boullay-Thierry est vendue à Jacques Favier, un chapelier ayant fait fortune comme marchand à Calais, s'occupant de la fourniture des armées, il achète la charge de commissaire des guerres, puis devient Gentilhomme de la chambre du Roi et conseiller d'État. Peu de temps après avoir acheté la terre du Boullay-Thierry, il en fait hommage le à la châtellenie de Nogent-le-Roy. Il a acquis les terres et seigneuries du Boullay-Thierry, du Boullay-Mivoie, Fouville, le Mesnil-Ponceaux et le fief de la vicomté de Nogent-le-Roi. Marié le avec Madeleine Lambert et remarié en avec Anne de Baynast, Jacques I Favier meurt avant 1622.

C'est son fils, issu de son second mariage, Jacques II Favier qui hérite de la seigneurie du Boullay-Thierry. Conseiller au Parlement de Paris, maître des requêtes de l'hôtel, intendant de la généralité d'Alençon, Jacques II Favier fait construire le château du Boullay-Thierry. Marié en 1637 avec Anne Vallée, il meurt le et est enterré dans l'église du Boullay-Thierry où sa tombe, une grande dalle dans le chœur, est toujours présente.

C'est sa fille Marie Louise Angélique Elisabeth Favier (décédée en au château du Boullay-Thierry) qui hérite de la seigneurie du Boullay-Thierry, elle se marie en 1671 avec Denis Talon (1626-1698) fils d'Omer Talon (1595-1652) avec lequel elle a un seul fils : Omer Talon, né à Paris le , qui prend le titre de marquis du Boullay et du Tremblay-le-Vicomte. Celui-ci est capitaine de cavalerie, puis colonel du régiment d'Orléanais en 1700 ; marié le avec Marie-Louise Molé, fille de Louis Molé, Président à mortier au Parlement de Paris, il meurt de la petite vérole à Paris le .