Charles Stieglitz dit Ernest Vineracq (), est un officier de l'Armée de terre française, sorti du rang, qui s’est illustré durant la Seconde Guerre mondiale et particulièrement dans la de la Légion étrangère ( DBLE). Il fait partie des premiers militaires à répondre à l'appel du 18 Juin 1940 et à intégrer les Forces françaises libres.
Biographie
Engagement dans la Légion étrangère Karl Ernst Stieglitz de son nom de naissance, il quitte le grand-duché de HesseD'origine allemande, il cache dans un premier temps à sa famille sa décision de rejoindre la Légion étrangère. En effet, son grand-père Johann Stieglitz s'est illustré pendant la guerre franco-allemande de 1870, recevant plusieurs médailles dont la Croix de fer, et son père Johann Andreas Stieglitz a servi dans la Deutsches Heer durant la Première Guerre mondiale. à l'âge de 20 ans pour s'engager comme volontaire, le , au étranger ( REI), à la sous-intendance de Metz.
Campagne du Maroc Incorporé le comme légionnaire de , il participe aux opérations de pacification de l'Algérie où il est promu caporal le et intègre le 131e régiment d'infanterie. Il rejoint en renforts le étranger ( RE) le et est nommé sergent le . En raison de ses qualités de gestionnaire et d'encadrement, il est régulièrement affecté à Marrakech à la compagnie hors rang (CHR) chargé du fonctionnement administratif, de la logistique et du commandement du régiment à partir du . Il prend part à la Campagne du Maroc jusqu'au , notamment les Opérations de l'Anti-Atlas et la Bataille du Djebel Sagho. Il est décoré de l'Ordre du Ouissam Alaouite (Maroc) le . Le , il est promu sergent-chef comptable. Il est alors sous le commandement du général Antoine Jules Joseph Huré, qui lui décerne le diplôme de la Pacification du Maroc (1932-1934)Citation à l'ordre du général commune aux récipiendaires : « À Bou Izakarene, dernier rempart de la dernière dissidence, le 18 mars, des troupes venues de toutes les régions du Maroc ont rendu les honneurs au Représentant de la France et défilé devant lui. Cet évènement historique symbolise d'une façon éclatante l'achèvement de l'œuvre de pacification marocaine. Depuis 3 ans, sans trêve ni repos, vous vous étiez consacrés à cette tâche que vous avait confiée le gouvernement. Je sais au prix de quels efforts et de quelles fatigues, que ce soit dans les hautes montagnes de l'Atlas, dans les escarpements réputés infranchissables du Sagho, dans les sables, les rochers et les khenegs du Sahara vous l'avez remplie. Je sais aussi au prix de quels sacrifices dont, comme chef j'ai senti toute l'amertume, mais qui jamais, si douloureux soient-ils, n'ont pu, chez aucun d'entre vous, altérer la ferme résolution de mener à bien l'œuvre entreprise. Je salue la mémoire des camarades qui sont tombés au champ d'honneur et dont la mort glorieuse assurera aux populations du Maroc les bienfaits de la Paix Française désormais définitive en ce pays. Comme l'a marqué l'Illustre Chef de l'Armée, le Maréchal Pétain, dans le télégramme que je vous ai transmis, les opérations que vous venez de terminer, couronnent l'œuvre du Maréchal Lyautey. Ce sera votre honneur à tous, Chefs et Soldats d'avoir été les continuateurs du Grand Maréchal. Vous pouvez être fiers d'avoir écrit l'une des pages les plus glorieuses de l'histoire de l'Armée d'Afrique ». Remis par le général Antoine Jules Joseph Huré en 1934. Matricule .. C'est à cette même époque qu'il rencontre le général Paul-Frédéric Rollet, surnommé « Père de la Légion », lors d'une de ses tournées d'inspection. Il obtient son brevet de chef de section le et quitte ses fonctions de sergent-chef comptable le . Il est nommé adjudant le et naturalisé françaisJournal officiel du , . le grâce aux recommandations de ses supérieursLe capitaine Marie-Pierre Kœnig écrit le , au sujet de la demande de naturalisation de Charles Stieglitz : « La demande est transmise avec avis très favorable. Le Sergent-chef Stieglitz sert à la Légion depuis 1926. Il n'a encouru aucune punition ou condamnation. Sa manière de servir, parfaite en tous points, n'a pas tardé à se faire distinguer par ses chefs. Il est actuellement sous-officier depuis 1929 et Sergent-chef depuis le . Tant par ses qualités morales et intellectuelles, que par ses aptitudes physiques et ses très réelles qualités militaires, Stieglitz représente un type complet et parfait de sous-officier. Sobre, d'une tenue irréprochable ; esprit très discipliné, il a donné depuis 9 années, sans un instant de défaillance, la mesure de sa valeur, très au-dessus de la moyenne. Stieglitz a quitté l'Allemagne alors qu'il était jeune. Il a fait de la Légion sa famille en Afrique du Nord. Ses idées ont évolué ; il ne compte plus retourner en Allemagne. Il désire terminer ses quinze années de service, puis rester au Maroc ou en France. Rien ne permet de supposer que ses sentiments envers la France ne soient pas marqués du loyalisme le plus sincère. Parmi les naturalisations demandées par les légionnaires, celle du Sergent-chef Stieglitz doit prendre un rang de choix ». Rapport du capitaine Kœnig commandant la CET du étranger d'infanterie sur la manière de servir du Sergent-chef Stieglitz, Charles du dit régiment.Le capitaine Marcellin de la CET du étranger ( RE) écrit, en 1934, dans le Relevé de notes du sergent-chef Charles Stieglitz : « Excellent Sous-officier à tous points de vue. Très bon comptable, travaille avec goût, ordre et méthode. Bonne instruction militaire, tenue impeccable, caractère droit, conduite et moralité excellentes. Sujet très intéressant. Est à suivre avec intérêt ».Le capitaine Marcellin de la CET du étranger ( RE) écrit, en 1935, dans le Relevé de notes du sergent-chef Charles Stieglitz : « Sous-officier remarquable qui se détache nettement du lot. Très bon comptable, a été pendant 4 mois instructeur au peloton des sous-officiers à l'entière satisfaction du Commandant du peloton. Vient de subir avec succès et d'une manière brillante les épreuves du Brevet de Chef de bataillon. Est à pousser au choix, très jeune, s'il continue à servir comme par le passé. Sous-officier complet ».Le capitaine Marie-Pierre Kœnig de la CET du étranger ( RE) écrit, en 1935, dans le Relevé de notes du sergent-chef Charles Stieglitz : « Sous-officier de choix par son intelligence, son esprit de discipline, sa tenue brillante, ses qualités militaires. Caractère droit, très honnête. Chef comptable de confiance, apparaît comme un des meilleurs sous-officiers parmi les meilleurs. Mérite, par son passé sans taches et ses services actuels, d'être inscrit au tableau pour Adjudant ».Le capitaine Verve de la CET du étranger ( RE) écrit, en 1937, dans le Relevé de notes de l'adjudant Charles Stieglitz : « Est un Adjudant de compagnie parfait et mérite toujours les excellentes notes qu'il a obtenues par le passé. S'impose plus encore et semble capable de faire par la suite un candidat sérieux pour les propositions au grade de Sous-lieutenant. Don parfait du commandement, très intelligent, éducation et tenue parfaites, bonne instruction générale et excellente instruction militaire. Fera dans le plus bref délai un Adjudant-chef de grand choix ».Le capitaine Guinot de la CET du étranger ( RE) écrit, en 1937, dans le Relevé de notes de l'adjudant Charles Stieglitz : « Sous-officier de choix de par son intelligence, son esprit, sa tenue brillante et ses qualités militaires. Caractère droit, très honnête. Un des meilleurs sous-officiers parmi les meilleurs. Mérite par son passé sans taches et ses services actuels d'être toujours poussé. ».Le capitaine Guinot de la CET du étranger ( RE) écrit, en 1938, dans le Relevé de notes de l'adjudant Charles Stieglitz : « Sous-officier remarquable à tous les points de vue. Remplit les fonctions d'Adjudant de compagnie d'une façon parfaite mais est apte à tous les emplois. Bonne instruction générale et très bonne instruction militaire. Excellente éducation, tenue impeccable et allure très « chic ». Telles sont ses qualités auxquelles s'allie celle d'une intelligence vive et ouverte ainsi qu'un zèle et un dévouement qui ne se sont jamais démentis. Dans l'ensemble, me paraît être un candidat des plus sérieux au grade d'Adjudant-chef et, par la suite, à celui de sous-lieutenant car sa carrière doit logiquement se terminer dans le Corps des Officiers où il sera parmi les meilleurs »., avant d'être désigné pour participer au concours de tir national, du au , à Reims.
Début de la Seconde Guerre mondiale De retour à Marrakech à la veille de l'entrée en guerre de la France contre l'Allemagne, il est promu, le , adjudant-chef. Le , il est désigné renforts de l'armée dirigée sur Fès, rayé du étranger ( RE) et affecté à la de montagne du étranger d'infanterie ( REI). Le , le groupement de bataillons de marche type montagne de la Légion étrangère devient la de Légion étrangère ( DBLE), rattachée à la Légion du Larzac puis de Sathonay. L'unité, sous le commandement du lieutenant-colonel Raoul Magrin-Vernerey, dit « Ralph Monclar », se prépare alors à une campagne dont la destination n’est pas fixée.
Campagne de Norvège Charles Stieglitz est alors envoyé par la mer dans le cadre de la Campagne de Norvège et débute ses premiers combats contre l'Allemagne dès le , participant notamment aux batailles de Bjervik et Narvik, surnommées « les seules victoires françaises de 1939-1940 ». Il est grièvement blessé à son poste de combatCitation à l'ordre de l'armée : « Adjudant-Chef de Bataillon de Ordre, auxiliaire précieux du Chef de Bataillon ; toujours sur la brèche, plein d'allant et de sang-froid, a été grièvement blessé à son poste de combat dans le bombardement par avion du P.C. du Bataillon ». Remise par le lieutenant-colonel Raoul Magrin-Vernerey, certifiée par le lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari. Enregistrée sous le n°0/298 D; arrêté ministériel du . le , lors d'un bombardement ennemi. En effet, en plus d'être touché par des éclats d'explosions, il reçoit sur le casque une bombe ayant traversé l'abri. Cette bombe, qui n'a miraculeusement pas explosé, fracture néanmoins totalement la moitié de son crâne. Il est évacué vers Straumnessès le , puis vers l'Angleterre grâce à un navire-hôpital britannique sur lequel il est opéré par trépanation : une partie de sa boîte crânienne est remplacée par une plaque métallique.
La France libre