est un créateur de mode, scénographe et directeur créatif français, né en 1961.
Il est cofondateur avec Olivier Védrine de l’agence de design, de scénographie et d’architecture [o,o]. Il est également président du Comité français de la couleur et secrétaire général d’Intercolor.
Débuts
Olivier Guillemin est né à Paris en 1961.
Après avoir obtenu un DEUG en histoire de l’art à la Sorbonne, Olivier Guillemin intègre le Studio Berçot en 1979 où il s’initie au stylisme de modehttp://www.studio-bercot.com/sb-pdf/docu-fr.pdf page 7. Sous la houlette de Marie Rucki, directrice de l’école, Olivier Guillemin y développe un style personnel futuriste et un univers inspiré par le cinéma fantastique et de science-fiction. C’est une période de liberté où la mode se réinvente et sort de ses carcans. Cette atmosphère est propice à une certaine forme de création qui a nourri toute une générationJean Rouzaud, Guy Marineau, « Le palace, remember », Editions Hoëbeke, Paris, 2005. En effet, cette génération puise son inspiration aussi bien à la Cinémathèque, que dans les fêtes costumées de la discothèque Le Palace, qui vient d’ouvrir ses portes et avec laquelle Olivier Guillemin collaborera plusieurs foisJean Rouzaud, Guy Marineau, « Le palace, remember », Editions Hoëbeke, Paris, 2005, 76-77, Illustration « Soirée déguisée. Deux culturistes lors de la soirée Naïades et Tritons » habillées par Olivier Guillemin ».
En sortant du Studio Berçot, Olivier Guillemin devient assistant pour Thierry Mugler, puis pour Azzedine AlaïaMichèle Leloup, « Modes de vie: tendance - Fibres élégantes » dans L'Express https://www.lexpress.fr/informations/modes-de-vie-tendance-fibres-elegantes_618675.html. Il travaille ensuite comme styliste pour la collection Homme de Claude MontanaLaurence Benaïm, « Seize talents cousus main », dans Gap, mai 1987, 171 ainsi que pour le bureau de style de la Woolmark et différents industriels du prêt-à-porter féminin, avant de se lancer dans la création de sa propre griffe et d’en assurer la diffusion internationaleKDK, « Génération Helmut Lang » dans Le Nouvel Observateur, novembre 1990 « A étudié la mode au Studio Berçot et dans les ateliers Mugler, Alaïa, de Lucca, Montana, cite volontiers « Pierre cardin »"..
Pendant ces premières années comme styliste free-lance, Olivier Guillemin continue à participer aux défilés du Studio Berçot avec lequel il entretient d’étroites relations. Deux collections successives attirent particulièrement l’intérêt des professionnels et de la presse internationale. En 1984 la collection « Les Dents de la Mer », présentée au musée d'Art moderne de ParisAuteur inconnu, « Olivier Guillemin » dans Photo Revue, 1984 spécial Signe particulier : n'a de dents contre personne mais a fait un tabac au salon avec son défilé intitulé "les Dents de la mer". En 1985, la collection « Les Globule » qui a défilé au Palace, et est inspirée du film Le Voyage fantastique (film, 1966) de Richard FleischerBill Cunningham (photographe), dans Details, mars 1985, "One day Guillemin could be a major force in fashion." . Ces robes ont été choisies par le Fashion Institute of Technology de New York (FIT) pour l’exposition « La mode et le surréalisme »Richard, Martin, « Fashion and surrealism », Rizzoli, New York, 1987, 26Laurence Benaïm, « L’année de la mode 87-88 », La manufacture 1988, 235. C’est entre autres cette collection qui a participé à encourager les premiers développements de la marque qui porte son nom.
Les années « Créateur »
La première collection commercialisée sous le nom d’Olivier Guillemin a pour thème « Les 24 heures du Mans » et s’inspirait du design et des couleurs des voitures de courses (printemps-été 1986)Auteur inconnu, « Exercice de Style », dans Le Nouvel Observateur, mai 1988, « il présente dès 1983 une collection 24 Heures du Mans qui emballe tout le monde (robes conçues comme des carrosseries de voitures) ». Elle est suivie par la collection « Les Dames à la Licorne »Michel Cressole, « Vent d’est, manteaux cube et robes ballon », dans Libération, mars 1986 (automne-hiver 1986/1987), puis par la collection « Istanbul 2000 » qui fera l’objet de son premier défilé pendant la semaine des Créateurs de Mode à Paris, lui offrant ainsi une visibilité médiatique internationaleMarie Colmant et Pascaline Cuvelier, « Tous les détours « Off » plutôt que le Louvre », dans Libération, octobre 1986, 1688Auteur inconnu, « Olivier Guillemin », dans Gap, octobre 1986, Supplément 165.
Soutenu par le ministère de la Culture et de la Communication, et celui de l’Éducation Nationale, Olivier Guillemin développe ensuite pour l’automne-hiver 1988-1989 une collection dans le cadre du programme « Entrez les Artistes à l’École », auquel participe également le plasticien Claude Lévêque. Cette collection intitulée « Les Belles et les Bêtes », véritable hommage au cinéma fantastique classique, est présentée lors d’un défilé au cinéma d’art et essai , et en partenariat avec la Cinémathèque française. Lors du défilé, le passage des mannequins était accompagné d’extraits de films illustrant les différents thèmesGérard Lefort et Marie Colmant, « La fin du film, en couleurs », dans Libération, mars 1987.
À la suite de cette présentation, Olivier Guillemin signe respectivement deux contrats de licence, l’un en France et l’autre au Japon. La première collection réalisée avec le soutien de ses deux licenciés respectifs, sera présentée à l'Institut du monde arabe, qui vient d’ouvrir ses portes en 1987 (Collection « Les Sélénites » - automne-hiver 1989/1990Marie Colmant et Pascaline Cuvelier, « Fragments d’un désordre vestimentaire », dans Le Quotidien de Paris, mars 1988, 2596S.K, « L’avant garde du corps », dans 7 à Paris )
En 1989, Olivier Guillemin reçoit le prix de la Création Européenne Woolmark. La même année le prix de l’Association nationale pour le développement des arts de la mode, qui vient d’être créé sous l’égide du ministère de la Culture (France), lui est attribué ainsi qu’à Martin Margiela.. Ce sont les deux premiers lauréats de ce concours. Ces deux récompenses, accompagnées de subventions, lui permettront de défiler respectivement à la Cour Carrée du Palais du Louvre avec la Woolmark, et à l’Hôtel de la Monnaie de Paris avec l’ANDAM. (Collection « Minérobes » - printemps-été 1990).
La marque « Olivier Guillemin » rencontre ensuite un succès grandissant de 1989 à 1997 auprès des professionnels du milieuMarie Colmant, Gérard Lefort, « Ouverture des défilés en fantaisie sérieuse », dans Libération, 1989Auteur inconnu, « les oscars du textile 1997 », dans Boutiques International, janvier 1997, particulièrement à l’international. Elle bénéficie en 1995 d’un soutien financier conséquent de la part du ministère de l’Industrie, dans le cadre d’un programme proposé aux jeunes créateurs leaders de sa génération.
Olivier Guillemin se distingue par des shows ludiques et futuristes dans des cadres inattendus ou prestigieuxLaurence Benaïm, « Le futur généreux d’Olivier Guillemin », dans Le Monde, mars 1988, 13416 : cirque du Puits aux Images, Palais de la découverte, musée de l'Homme, chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, Carrousel du Louvre, Pavillon de l'Arsenal, hôtel LutetiaJanie Samet, « Les jeunes stylistes comme des grands », dans Le Figaro, mars 1993 …
La marque connait alors un succès particulièrement retentissant aux États-Unis Woody Hochwender, « Young French Designers, Stretch Fashion’s Rules », dans The New York Times, octobre 1990 Anne-Marie Schiro, « In Paris, Escapism In Fashion for the 90’s », dans The New York Times « Olivier Guillemin looked ahead to the 21st century. », 15 octobre 1992 Frederic Hood, « Meteor », dans Elle (magazine), février 1992, en AsieGene Krell, « Fashion creators in Paris » dans Vogue Korea, novembre 1996 mais surtout au JaponAuteur inconnu, "Olivier Guillemin", in Ryuko Tsushin. Olivier Guillemin commence alors à collaborer avec le groupe Shiseido. Dès 1990, ses collections sont vendues dans les boutiques The Ginza et Shiseido est le partenaire maquillage des défilés d’Olivier Guillemin organisés au Japon, notamment pour la collection « Supernature » à la Galerie Idée (Tokyo - 1997)Chiyoko Higuchi, « Supernature by Guillemin et Védrine », dans Ryuoko Tsushin, en février 1997, N°403.
Dans le cadre de ses collections, Guillemin travaille régulièrement en partenariat avec des industriels sur la recherche de nouveaux textilesMarie Colmant, Gérard Lefort, « L’image défile et cache la robe », dans Libération, mars 1994, Nouvelle série 3984, notamment en collaboration avec l'Institut français de la mode. Celui qui se décrit lui-même comme un « fou de matières »Auteur inconnu, « La magie des nouvelles matières », dans L’Express week-end, 1995, Spécial mode été 95, utilise et expérimente de nouvelles fibres et nouveaux fils tels le TENCEL (de Courtaulds et Lenzing) ou encore le Tactel Diabolo (de DuPont de Nemours). Il fait partie des créateurs de mode qui ont donné au Lycra ses lettres de noblesse et est l’un des premiers à avoir détourné les laines polaires pour en faire des vêtements haut de gammeStéphanie Chayet, "Les tissus font peau neuven dans Le Point, septembre 1994, N°1149, "Tous les vêtements d'Olivier Guillemin, 33 ans, un jeune créateur aux allures de rocker sage, "fou de matières" comme il se définit lui-même, sont ainsi taillés dans des tissus expérimentaux issus de mélange de polyester, polyuréthane, Tencel, maille Polaire, Lycra et autres microfibres.". Selon lui, le luxe se doit d’être confortable et pratique, c’est-à-dire lavable. Sa collection « Voyage dans la matière » lancée en 1994 lors d’une exposition interactive au Palais de la découverte, expérimente de nouveaux procédés de teinture et des matières innovantes.
En 1996, le créateur se penche sur l’utilisation des pigments naturels au service de l’innovationMarion Tours, « Les plantes ont du pigment », dans L'Express magazine, juin 2002. Une collaboration avec Bleu de Lectoure qui fera l’objet de la collection « Pastel » pour le printemps-été 1997, qui défilera à Paris, Londres et Buenos Aires.
Olivier Guillemin propose ses conseils créatifs et prospectifs à des acteurs clefs des secteurs du luxe comme Louis Vuitton, des grands groupes textiles comme la Woolmark, Courtaulds, Dupont de Nemours, Chargeurs ou Dollfus-Mieg et Compagnie (DMC), et à l’industrie cosmétique comme L'Oréal, ou encore Kao Corporation et Shiseido au Japon.
En parallèle du développement de sa marque, .
C’est son style futuriste et le caractère innovant de son travail qui l’ont amené à collaborer avec la Maison Paco Rabanne, en tant que directeur artistique du Prêt-à-porter féminin et des licencesFrancis Dorléan « La couture à quatre main » dans Vogue Paris, en août 1992, « Paco Rabanne passe le chalumeau à Olivier Guillemin […] des similitudes entre son style et celui de Paco Rabanne désignait Olivier Guillemin pour occuper cette place.», et chargé de l’organisation des défilés, ceci de 1992 à 1994.
Ouverture et diversification
Ayant acquis au fil des années une bonne connaissance du secteur de la beauté, Olivier Guillemin devient en 1999, conseiller artistique et expert couleur pour Shiseido. Il collabore tout d’abord pour la marque de maquillage , et depuis 2005 pour la nouvelle ligne du groupe, Maquillage.
Olivier Guillemin est élu président du Comité français de la couleur en 1993. Grâce à son réseau et sous son influence, le CFC a étendu son action sur la mode et à de nouveaux secteurs comme la gastronomie, le design intérieur, l’architecture et la cosmétiqueInterview d’Olivier Guillemin, « Donner de la couleur à la mode », dans Mode et modes de vie, Le magazine d’Intersélection, avril 1999, 65.