Courville-sur-Eure est une commune française, située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire.

Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par l'Eure et divers autres petits cours d'eau.

Courville-sur-Eure est une commune rurale qui compte en . Elle est dans l'unité urbaine de Courville-sur-Eure et fait partie de l'aire d'attraction de Chartres.

Le patrimoine architectural de la commune comprend trois immeubles protégés au titre des monuments historiques. L'ancienne porte de l'hôpital de Courville-sur-Eure, construite au , est classée en 1920. L’église Saint-Pierre, un édifice des – avec une belle charpente lambrissée, est classée en 1907. L’éolienne, une éolienne hydraulique de type pylône de 1902, est inscrite en 1993 (éolienne).

Géographie Situation

Communes limitrophes

Lieux-dits et écarts Lancey, Vaujoly, Le Tronchet.

Hydrographie Provenant de l'ouest par Chuisnes, la rivière l'Eure, affluent en rive gauche du fleuve la Seine, traverse le sud de la commune pour se diriger ensuite vers l'est et Saint-Luperce.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Thimert-Gâtelles à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Courville-sur-Eure est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Courville-sur-Eure, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Chartres, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (86,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (72,7 %), zones urbanisées (15,2 %), zones agricoles hétérogènes (8 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (2,4 %), prairies (1,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Risques majeurs Le territoire de la commune de Courville-sur-Eure est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondationset séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment l'Eure. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1995, 1997 et 1999, partie 1 - chapitre Risque inondation..

vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Courville-sur-Eure. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 65,6 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (52,8 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 525 sont en aléa moyen ou fort, soit 48 %, à comparer aux 70 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999.

Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..

Voies de communication et transports alt=La gare.|vignette|La gare. Desserte ferroviaire

La gare de Courville-sur-Eure se situe sur la ligne de Paris-Montparnasse à Brest.

Réseau routier La ville est l'extrémité de l'ancienne route nationale 820, aujourd'hui D 920, reliant Bellême à Courville-sur-Eure. Elle est aussi traversée par l'ancienne route nationale 23 (D 923), reliant Chartres à Nantes.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes suivantes : Curvavilla vers 1030 ; Curba-villa en 1031 ; Corbevilla en 1168 ; Curbevilla en 1258 ; Courbeville en 1289 ; Courbville 1463 ; Corvilla en 1351 ; Saint-Nicolas de Courville en 1736...

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville (ancien français vile) au sens ancien de « domaine rural, village ». Il est précédé de l'adjectif courbe dont l'association avec -ville donne un sens global obscur : que signifie exactement « domaine, village courbe » ?

L'Eure est une rivière qui prend sa source dans la région naturelle du Perche et qui coule dans les départements de l'Orne, d'Eure-et-Loir, de l'Eure et de la Seine-Maritime.

Histoire Ancien Régime Lorsqu'en 877 l'hérédité des fiefs fut proclamée par le capitulaire de Quierzy, un ordre social nouveau remplace la société gallo-romaine : la féodalité se constitue. Partout se construisent des châteaux fortifiés, symboles de la domination féodale : Courville devint une châtellenie, sous la domination d'un petit seigneur féodal, appelé sire d'abord sous la famille Vieux-pont, puis baron avec les Billy et les Ligneris ; en 1656, la baronnie de Courville est érigée en marquisat lorsque cette seigneurie passe entre les mains des descendants de Sully.

Le premier seigneur de Courville est un homme servant le comte de Blois Thibault le Tricheur aux alentours des années 1030-1040. Son fils, Yves, fonde le Prieuré, situé aujourd'hui place Saint-Nicolas, qui est donné par Giroie, fils de Yves, à l'abbaye de Marmoutier, près de Tours. Pendant la guerre de Cent-Ans, le château est démoli après son siège par les Anglais en 1417.

Aux et XVI siècles, la seigneurie change de mains à plusieurs reprises suite à des mariages, elle passe d'abord à la famille de Billy puis ensuite aux mains de la famille de Ligneris, avec le mariage de Théodore de Ligneris, fils de Jacques de Ligneris, et de Françoise Billy en 1577. Leur fils, Louis, chambellan de Henri II de Condé, vend la seigneurie à François de Béthune, fils de Maximilien, duc de Sully, propriétaire du château de Villebon et conseiller d'Henri IV, en 1629.

Courville fut autrefois entouré de murailles et de fossés ; on y accède alors par plusieurs portes. Mais ces fortifications ne tardent pas à devenir inutiles. Au , resserré dans les limites trop étroites de son enceinte, Courville s’agrandit, sa population augmente, sa bourgeoisie commerçante et aisée obtient des privilèges et peut prendre part à l'administration locale. Un syndic, nommé pour trois ans, est chargé de faire exécuter les « ordres du Roy et les ordonnances de Monseigneur l'Intendant et de veiller pareillement à tout ce qui pouvait être des intérêts de la communauté des habitants ».

Pendant les guerres de Religions, Courville est pillée à plusieurs reprises par les troupes d'Henri IV, le baron de Courville, Théodore de Ligneris, ayant pris le parti de la Ligue. La ville est occupée par une garnison de l'armée du roi à partir de 1589 et jusqu'à la fin du siège de Chartres en avril 1591.

En 1643, un couvent de bernardines, consacré à Saint-Bernard, ouvre à Courville. Face à la faible importance de la communauté, le monastère est supprimé en 1748, ses biens répartis entre les autres communautés des environs et l'Hôtel-Dieu, par lettre patentes de Louis XVM.-Anselme Dimier, 'COURVILLE', in Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques, Paris, Letouzey et Ané, 1956, , col. 960, in Brepolis Encyclopaedias.

Civilement, Courville faisait partie de la généralité d'Orléans et de l'élection de Chartres, religieusement, c'était le chef-lieu d'un doyenné relevant de l'archidiaconé de Chartres.

Révolution française et Empire La terre de Courville est achetée par Nicolas-Olivier Perrée de la Villestreux, fils de l'armateur nantais Nicolas Perrée de la Villestreux, en 1785. Le château est relativement protégé des vicissitudes de la Révolution, il est vendu par les descendants de la famille de la Villestreux en 1806 et sera démantelé à partir de 1815.