L'église Saint-Caprais-et-Saint-Vincent est une église catholique paroissiale située à Auger-Saint-Vincent, dans l'Oise, en France. Ses origines remontent au moins aux années 930 / 940, quand Raoul II de Vexin donne le patronage de la cure au prieuré Saint-Arnoul de Crépy-en-Valois. Une petite église romane est construite au premier quart du , et des éléments de sa nef et de son chœur sont englobées dans la construction actuelle. À partir du milieu du et jusqu'au début du , puis à la fin du et au milieu du , l'église est agrandie à six reprises, et le plus souvent, les adjonctions ne portent que sur une seule travée, de sorte que l'édifice actuel est d'une complexité déconcertante. À l'extérieur, il offre toutefois une image assez harmonieuse, car les différentes campagnes de construction sont pour la plupart très rapprochées, si bien que les ruptures stylistiques trop évidentes sont évitées. Le clocher du milieu du est imposant, et coiffé d'une élégante flèche de pierre. À l'intérieur, l'église présente aussi un réel intérêt, et surprend par son unicité spatiale, qui a été obtenue au détriment de son unicité architecturale. Les deux voûtes d'ogives du chœur des années 1150 / 1160, très bombées et encore archaïques, sont sans doute les éléments les plus remarquables, ainsi que les peintures murales. L'église n'a pas encore été classée aux monuments historiques. En 2012, la municipalité s'est engagée dans un plan de restauration pluriannuel, qui porte sur cinq tranches, dont la première est terminée. Auger-Saint-Vincent n'est plus une paroisse indépendante depuis le milieu des années 1990, et l'église est affiliée à la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois. Les messes dominicales y sont célébrées à titre irrégulier, le dimanche à 9 h 30.

Localisation thumb|upright|left|Vue depuis le sud (rue Sainte-Marie).

L'église Saint-Caprais est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Valois, près de Crépy-en-Valois et de la vallée de l'Automne, sur la commune d'Auger-Saint-Vincent, au milieu du village, place Saint-Vincent / rue Sainte-Marie. La place Saint-Vincent est une courte rue perpendiculaire à la rue principale du village, la RD 98, appelée rue Rambure au nord et rue du Raguet au sud du carrefour où débouche la place. La façade occidentale donne sur la place, ainsi que l'élévation septentrionale de la nef. L'élévation septentrionale du clocher et de la chapelle latérale nord du chœur vient d'être dégagée d'un bâtiment mitoyen, et est désormais accessible. L'on peut également passer derrière le chevet, mais la proximité des murs de clôture des propriétés voisines ne permet pas de bénéficier d'une vue d'ensemble de cette élévation. En revanche, un terrain municipal dédié à la détente et aux loisirs à l'ouest de la façade occidentale permet de contempler celle-ci en prenant du recul. La rue Sainte-Marie commence à l'angle sud-ouest de la façade, puis longe l'élévation méridionale de l'église avant de changer de direction et de continuer vers le sud.

Histoire thumb|upright|left|Châsse de saint Caprais.

L'église est consacrée à saint Caprais d'Agen, et conserve des reliques de son saint patron. Son second patron est saint Vincent de Saragosse. Les origines de la paroisse ne sont pas connues. Raoul II de Vexin, comte de Vexin, d'Amiens et de Valois de 926 jusqu'à sa mort en 943, donna la seigneurie, la haute, moyenne et basse justice et le patronage de la cure au chapitre du prieuré Saint-Arnoul de Crépy-en-Valois. Il demeure le collateur de la cure sous tout l'Ancien régime. Sur le plan de la hiérarchie ecclésiastique, la paroisse relève du doyenné de Crépy-en-Valois du diocèse de Senlis. Eugène Müller mentionne une confrérie de Saint-Caprais. . Sous le Concordat de 1801, le diocèse de Senlis est définitivement supprimé, et l'ensemble des paroisses sur le territoire du département de l'Oise sont rattachées au diocèse de Beauvais, en attendant le rétablissement du diocèse de Beauvais en 1822. Auger-Saint-Vincent en fait désormais partie... Jusqu'au début des années 1990, le village est resté le siège d'un secteur paroissial, avec un curé résidant sur place. Avec la création de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, l'ancienne paroisse d'Auger, dont dépend notamment Trumilly, devient une communauté au sein de la paroisse Saint-Sébastien de Crépy-en-Valois.. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Caprais certains dimanches à 9 h 30, en alternance avec les autres églises villageoises à l'ouest de Crépy-en-Valois. thumb|upright|Chapiteau du du , dans le chœur. thumb|upright|Collatéral sud, , vue vers le nord.

L'on ignore tout sur les premiers édifices de culte du village. Une petite église romane est bâtie au cours du premier quart du . Elle se compose d'une nef-grange non voûtée et d'un chœur, dont le type de voûtement ne peut être précisé avec certitude. La façade occidentale (sauf le portail, qui est postérieur), le mur nord de la nef avec un portail bouché, et le mur nord du chœur avec trois chapiteaux de facture grossière en subsistent à ce jour. Vers le milieu du , à la période de transition du roman vers le gothique, un clocher est ajouté au nord du chœur. Quelques années plus tard, au cours des années 1150 / 1160, l'église est agrandie pour une seconde fois : le chœur est prolongé d'une travée. La voûte de la première travée du chœur est refaite à la même occasion. Avant la fin du , l'église est agrandie pour une troisième fois par une adjonction d'une chapelle carrée au sud de la seconde travée du chœur. Elle est empreinte du style gothique primitif. Un nouveau portail du même style est plaqué devant la façade romane. Au début du , la nef est dotée d'un bas-côté unique au sud. Toujours au cours du , le chevet est lui aussi remanié, cette fois-ci dans le style gothique rayonnant : Il est percé d'une vaste baie, qui est équipé d'un élégant remplage. Remplacé ultérieurement par un réseau gothique flamboyant, seulement l'encadrement de fines colonnettes et de minces tores en subsistent à ce jour, et la baie flamboyante est elle-même en plus grande partie bouchée. La guerre de Cent Ans occasionne certainement des dégâts, et devrait expliquer la réfection du remplage de la baie centrale du chevet dans le style flamboyant. Les autres travaux effectués à la fin du et vers le milieu du portent toutefois sur des agrandissements. Il s'agit de l'adjonction d'une chapelle dans l'angle entre clocher et seconde travée du chœur, à la fin du , et de la construction d'une chapelle au sud de la première travée du chœur, entre le bas-côté de la nef et la chapelle existante. Cette chapelle est de style Renaissance, et afin de mieux se raccorder avec le bas-côté, sa seconde travée est exhaussée, et la pile sud-ouest de la première travée du chœur est reprise en sous-œuvre pour être remplacée par une grosse colonne isolée..

Depuis le milieu du , l'église Saint-Caprais se présente ainsi sous sa forme actuelle, hormis le bouchage du portail latéral de la nef et des baies du chevet, et l'obturation des arcades au nord du chœur, qui remontent peut-être à une date plus récente. Dans son ensemble, l'église Saint-Caprais est un édifice de caractère, dont les différentes parties sont relativement bien conservées à l'extérieur, et reflètent bien les styles de leurs différentes époques de construction. Les dates très rapprochées de la plupart des travées évitent des ruptures de style trop abruptes, avec toutefois quelques exceptions. À l'intérieur notamment, l'église offre un aspect particulièrement hétérogène, et s'avère être d'une complexité déconcertante. Cette impression est en grande partie imputable à la maladresse du raccordement entre la seconde travée du chœur et sa chapelle latérale au sud, et à des remaniements et restaurations paupérisantes, qui ont apporté la destruction de l'arc triomphal gothique et fait disparaître des colonnettes à chapiteaux. Procédant à grand renfort de plâtre, les restaurateurs des et s ont dénaturé de nombreux détails de la modénature et de la sculpture. L'église n'a pas été inscrite ou classée aux monuments historiques à cette date. Elle a bénéficié de quelques travaux de restauration en 1973 (réparation de la toiture) et 1989 (plafond près de l'entrée).. Plus récemment, en 2012, la commune s'est engagée dans un plan de restauration pluriannuel, qui comporte cinq phases. La première, terminée en 2013, concerne l'intérieur de la nef ; le ravalement et la restauration de la façade occidentale ; la dépose et le remplacement du chéneau entre les deux chapelles du sud ; et le nettoyage des noues. Les frais de ont été partagés par la commune, le conseil général de l'Oise, la Fondation du patrimoine et l'Association de sauvegarde de l'église d'Auger-Saint-VincentVoir le panneau de chantier sur le bâtiment des services techniques de la mairie, à côté de l'église..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Un peu irrégulièrement orientée, avec une déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église se compose d'une nef de deux travées ; d'un unique bas-côté au sud, dont la deuxième travée est plus élevée que la première ; d'un chœur de deux travées au chevet plat ; et d'un collatéral sud du chœur qui compte également deux travées ou chapelles et se termine aussi par un chevet plat. Il est établi dans la suite du bas-côté de la nef. Les autres parties de l'église ne communiquent pas avec le reste de l'espace intérieur. Il s'agit de la base du clocher au nord de la première travée du chœur, et de la chapelle servant de sacristie sud de la première travée du chœur. Aucune travée ne ressemble à une autre. La nef est recouverte d'une fausse voûte en berceau. La première travée du bas-côté est munie d'un plafond plat en bois, tandis que le plafond de la seconde travée est le revers de son toit en appentis. Les quatre travées orientales sont voûtées d'ogives. On accède à l'église par le portail occidental de la nef. La base du clocher et la sacristie disposent également de petites portes. La nef possède un toit à deux rampants, avec pignon à l'ouest. Le bas-côté est recouvert de deux toits en appentis dont la déclivité n'est pas la même. Les deux chapelles du collatéral bénéficient de toits en bâtière avec deux pignons indépendants du côté sud. Le chœur présente un toit de type très composite. Il se termine par une section à deux rampants avec pignon au chevet, mais plus à l'ouest, il comporte une croupe regardant vers l'est, et au sud du clocher, il prend la forme d'un toit en appentis prenant appui contre le clocher. Près du clocher, la sacristie montre un toit à deux rampants parallèle au vaisseau central, tandis que la majeure partie de la sacristie présente un toit en bâtière avec pignon au nord, à l'instar des chapelles au sud du chœur.

Intérieur Nef et bas-côté thumb|upright|Nef, vue vers l'est.