Une série de séismes frappe le Népal à partir du . Le premier de ces séismes est d'une magnitude de 7,9.. et son foyer est profond de quinze kilomètres selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis. L'épicentre de ce séisme est situé à au nord-ouest de Katmandou au Népal et à de Pokhara. La secousse aurait été ressentie jusqu'à New Delhi ainsi que dans tout le nord de l'Inde. Le séisme a provoqué des avalanches sur le mont Everest qui ont recouvert deux camps d'alpinistes.

C'est le tremblement de terre le plus puissant au Népal depuis celui du 15 janvier 1934, dont la magnitude a été estimée à 8,0 et qui a fait (au Népal même et dans le Bihar voisin).. Il s'agit en outre du plus important séisme au monde depuis celui de magnitude 8,2 survenu au Chili en .

Le nombre de victimes est élevé en raison de la magnitude, de la fragilité des habitations de la capitale népalaise qui compte aussi de nombreux temples hindous en bois, et des effets de site dus à la lithologie du bassin de Katmandou.

Plusieurs répliques importantes, de magnitude supérieure à 5, sont ressenties dans les jours qui suivent. Trois nouvelles répliques majeures, dépassant une magnitude de 7, sont recensées le . Cependant, les experts estiment qu'un deuxième séisme est survenu le d'une magnitude de 7,3, et non d'une réplique, provoquant à son tour la mort de nombreuses autres victimes. Elles sont ressenties à quinze kilomètres de la Chine ainsi qu'à trente kilomètres du mont Everest, voire jusqu'au sud de l'Inde. Après les causés par le séisme du et ses répliques immédiates, des centaines de victimes supplémentaires seraient à déplorer à cause de ces nouveaux tremblements de terre.

Sismicité du Népal

Contexte géodynamique vignette|gauche|upright=1.1|Passage de la subduction océanique à la collision continentale.

Ce séisme est un épisode d'une histoire géologique vieille de plus de 120 millions d’années lorsque l’Inde n’était encore qu’un continent à la latitude de Madagascar, séparé de l’Eurasie par l'océan Téthys. Les mesures paléomagnétiques. indiquent que l’Inde a migré vers le nord à une vitesse pouvant atteindre plus de . La fermeture de l’océan téthysien s’effectue dès lors par subduction de la plaque indienne sous l’Eurasie. Les témoins de cette subduction se retrouvent aujourd’hui dans la zone de suture. Il y a environ , la bordure nord-ouest du continent indien arrive au contact de la marge asiatique, et commence alors une gigantesque collision. Au cours des suivants, la vitesse de migration de l’Inde se réduit progressivement pour atteindre sa valeur actuelle qui est d’environ . Ce ralentissement est lié au choc entre les deux continents, la subduction océanique de la Téthys cédant alors la place à la collision entre l’Inde et l’Eurasie. De cette collision est issu l’Himalaya.

vignette|droite|upright=1.1|Cycle sismique Himalaya.

L’analyse de la morphologie actuelle. et les mesures géodésiques. (par satellite) suggèrent qu’actuellement la moitié de la convergence entre l’Inde et l’Eurasie est accommodée par quelques grandes failles au niveau du front de la chaîne himalayenne. En d’autres termes, le glissement le long du grand chevauchement frontal himalayen absorbe environ . Cependant, le glissement sur les failles sismiques n’est pas accommodé de façon uniforme. À des profondeurs supérieures à , la température est telle (> ) que le glissement est réparti de façon plus diffuse dans un plus grand volume de roches, qui se déforment de façon ductile (plastique). On parle alors de fluage. Au contraire dans la partie supérieure de la croûte terrestre, près de la surface, c’est une déformation cassante qui permet le glissement sur la faille lorsqu’un seuil de rupture est atteint.

Il en résulte un cycle sismique complexe. : entre deux séismes, la partie la plus superficielle du chevauchement est bloquée, alors que la partie la plus profonde glisse à de façon asismique. Au cours des années la contrainte s’accumule à la base de la partie bloquée, jusqu’à ce que la friction sur le plan de faille ne puisse plus s’opposer au glissement. La faille glisse alors brutalement relâchant la déformation élastique accumulée dans la croûte supérieure, comme lors du séisme du . La magnitude (énergie dégagée) du séisme produit est directement corrélée à la taille de la zone qui a rompu.

Les séismes historiques en Himalaya Durant le dernier millénaire, une quinzaine de grands séismes ont affecté l'arc himalayen. Même si la connaissance de ces événements passés a nettement progressé depuis une dizaine d'années......, leur chronologie ainsi que leur surface de rupture restent pour certains encore actuellement mal connues.

En 1934, un séisme de magnitude 8,3 avait fait plus de dans la ville de Katmandou. En 1255, un puissant séisme aurait fait environ dans la ville, soit le tiers de sa population à l'époque.

Contexte local du séisme de 2015 Bien que l'épicentre du séisme de 2015 soit situé à près de de Katmandou, les secousses y ont été particulièrement violentes. La raison en est une amplification par effet de site, comme pour le séisme de 1985 à Mexico. La vallée de Katmandou se trouve en effet à l'emplacement d'un ancien lac : l'amplitude des ondes sismiques augmente à la traversée de l'interface roche dure-sol argileux, et de plus ce sol mou se liquéfie facilement lors du passage des ondes.

Choc principal et répliques D'après les médias locaux, les secousses ont duré entre trente secondes et deux minutes. Cette durée a été confirmée par les résultats préliminaires fournis par l'Institut d'études géologiques des États-Unis. Toujours selon cet institut, le glissement maximal sur le plan de faille aurait atteint plus de trois mètres. Les premières analyses des sismogrammes et des images satellitaires indiquent que la zone qui a rompu le est restée localisée en profondeur. Le et les jours suivants, près de cinquante répliques ont eu lieu, notamment une de magnitude 6,7...

Le mécanisme au foyer du choc principal du montre, pour le plan nodal favorisé par les scientifiques dans ce cas, la représentation stéréographique d'un mouvement de faille inverse, avec composante décrochante dextre. Selon les calculs de la méthode SCARDEC., le mouvement se déroule sur une faille orientée Nord-Ouest/Sud-Est (azimut ou strike 323°) et penchant légèrement vers le Nord-Est (pendage ou dip 7°), correspondant donc au mouvement de la plaque indienne qui plonge avec un angle très faible sous la plaque eurasienne. L'angle de glissement ou est de 133°.

Le mécanisme focal de la réplique du (Mw= 7.3) a la même structure que celui du choc principal. Son azimut est de 320°, le pendage très faible, vers le Nord, de la faille en chevauchement, est de 12° et l'angle de glissement de 126° selon l'IPGP (SCARDEC).. La faille où cette réplique a eu lieu n'est pas encore déterminée avec certitude : même faille que le choc principal, vers l'extrémité est de celle-ci, ou faille différente.

Risques naturels au Népal D'autres séismes encore plus puissants (peut-être jusqu'à une magnitude 9) pourraient se déclencher le long de l'arc himalayen, dans un avenir plus ou moins proche ..

Un autre risque naturel est celui des glissements de terrain. En effet, le séisme a sans doute déstabilisé un grand nombre de versants de montagne. Le séisme pourrait donc être à l'origine entre mai et octobre d'un nombre important de glissements de terrain dans la zone épicentrale, favorisés par les pluies intenses de la mousson.

Moyens scientifiques mis en œuvre pour étudier l'arc himalayen L’étude de cette zone nécessite une bonne connaissance des séismes passés ainsi que de la géométrie des structures en profondeur, des vitesses de convergences de plaques et des zones de localisations des contraintes. Pour ce faire, depuis plusieurs décennies la communauté scientifique a mis en œuvre différentes approches, sur le terrain et en laboratoire, pour tenter de mieux comprendre les mécanismes générant ces séismes destructeurs : Géologie structurale. Imagerie géophysique. Imagerie spatiale. Géodésie. Morphotectonique. Sismologie. Paléosismologie. Modélisation numérique et modélisation expérimentale. La tâche est colossale car l’arc himalayen mesure plus de de long et présente de fortes variations latérales en termes de structure, de morphologie et de convergence.

Liste des séismes majeurs

Dans le tableau suivant sont listés les séismes de magnitude supérieure à 6 survenus dans la région depuis le :

Date et heure Magnitude Coordonnées de l'épicentre Localisation Profondeur Référence à 7,9 ... 77 km NO de Katmandou, au Népal, et 68 km de Pokhara ... ... à 6,6 ... 49km E de Lamjung, au Népal ... à 6,4 ... 19km SSE de Kodari, au Népal ... à 7,3 ... 18 km SE de Kodari, au Népal ... à 6,3 ... 33 km NNE de Ramechhap, au Népal ...

Conséquences Bilan humain vignette|Secouristes fouillant les décombres. Il y a au moins et au Népal dont plus de 300 à Katmandou, en Inde, en majorité dans l'État oriental du Bihar, au Tibet (Chine) et au Bangladesh. Le premier ministre népalais, Sushil Koirala, a affirmé que le bilan total du séisme pourrait atteindre les .

Le 26 et le , deux avalanches se sont produites dans une région du Népal proche de l'épicentre du séisme. Au moins 500 personnes sont portées disparues.

De plus, dans le secteur de l'Everest, on dénombre . et 61 blessés dont plusieurs étrangers, quinze ont été évacués et parmi eux se trouvent douze sherpas népalais, un Coréen, un Chinois et un Japonais..

Dix Français sont morts dans la catastrophe., dont la fille du député de l'Indre Nicolas Forissier, la journaliste et réalisatrice Mathilde Forissier, et son compagnon Pierre-Vladimir Lobadowsky, ancien collaborateur de Fleur Pellerin.

Le , le premier ministre népalais a décrété trois jours de deuil national pour rendre hommage aux victimes du séisme.

Selon le Centre national des opérations d'urgence, au , corps ont été retrouvés..

Pays Morts confirmés.BlessésDisparus 78 560 (Tibet) 25 383 10 20 7. 1. 2 7 - 5 4 200 4. - - 2 - - 2 2 / 1 1 1 - 349 1 - 150. 1 - 4 1 - - - 1 - 3 - - 2 - - - 54 - - 5 Total 900323473574

Conséquences sanitaires et sociales

Huit millions de personnes sont affectées par les conséquences du séisme. Plus de 1,4 million de personnes ont besoin de nourriture, d'eau et d'abri. Le centre national des opérations d'urgence annonce qu'il y a à cause du séisme.

Le , des échauffourées ont éclaté à Katmandou parmi les rescapés qui attendaient les autobus envoyés par le gouvernement. La police antiémeutes a dû intervenir pour maintenir le calme..

Un an après le séisme, la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge (FICR) dénombre environ 4 millions de personnes vivant toujours dans des abris temporaires.

Dommages

vignette|Vue après le séisme au Népal.

La tour Bhimsen, reconstruite en 1936, s'est effondrée, de même que les monuments de la Place du Darbâr, inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO. Une dizaine de corps ont été extraits de ces décombres. Selon les médias locaux, une cinquantaine de personnes se trouvaient à l'intérieur au moment du drame. Le ministre de l'Information népalais annonce que les villes de Bhaktapur et de Gorkha ainsi que le district de Lamjung sont également touchés.

L'aéroport international de Katmandou a été fermé pour des raisons de sécurité. L'électricité est coupée dans la capitale népalaise de même que de nombreuses voies rapides et routes à cause, pour certaines, de coulées de boue..

Selon le Centre national des opérations d'urgence, immeubles et biens publics sont détruits et endommagés. De plus, maisons sont détruites et endommagées.