La faculté de pharmacie de Strasbourg est située sur le campus d'Illkirch à Strasbourg, campus qui est situé sur la commune d'Illkirch-Graffenstaden faisant partie de la communauté urbaine de Strasbourg. Le campus fait partie intégrante du technopôle, Le Parc d'Innovation, construit à partir des années 80 et spécialisé dans les secteurs des biotechnologies, des NTIC et ceux de la santé en généralLe Parc d'Innovation : Historique sur le site www.parc-innovation-strasbourg.eu. Consulté le 5 mars 2013..
Historique Les prémices
Jusqu’au début du , la formation du pharmacien, ou plutôt d'apothicaire, est soumise à des réglementations locales. En 1660 est rédigé un règlement des apothicaires de Strasbourg.
En 1675 le Stettmeister, le Sénat et le Conseil des XXI promulguent une ordonnance de 35 pages réglementant le corps médical et pharmaceutique : tous les médecins de la ville sont regroupés dans le Collegium medicum ainsi créé, et les pharmaciens sont soumis à 41 règles. Parmi celles-ci, pour qu'un pharmacien puisse être propriétaire d'une pharmacie ou d'en gérer une, il doit passer un examen devant une commission composée des délégués du Magistrat préposés aux affaires de santé publique (Oberapothekerherren), du doyen (le « Médecin de la ville », Medicus orbi ou Stadtphysicus) et du vice-doyen du Collegium Medicum, et de l'apothicaire le plus ancien de la ville.
Le nouveau règlement strasbourgeois du réorganise la profession pharmaceutique : la commission d'examen des candidats apothicaires est augmentée d'un professeur de chimie, botanique et matière médicale de la Faculté de médecine ; et le candidat doit soit avoir fait 5 ans de compagnonnage après son apprentissage, soit avoir suivi un cours complet — y compris des travaux pratiques — chez un professeur de chimie. Ce règlement est révisé en 1765 par une ordonnance de l'intendant d'Alsace, puis le par une ordonnance de Louis-Guillaume de Blair de Boisemont (maître des requêtes), puis le par une ordonnance de Antoine de Chaumont de la Galaiziére (intendant de justice, de police et des finances d'Alsace). Préciser qu'à l'époque le nombre de pharmacies à Strasbourg est limité : en 1643 il y en a cinq pour habitants et, la population de la ville ayant fort augmenté à partir de 1681, la création d'une sixième pharmacie est acceptée en 1746. Dans les faits l'exercice de la pharmacie est alors un monopole exercé par quelques familles. Tous les citoyens strasbourgeois doivent être inscrits à l'une des 20 corporations de la ville ; celle des apothicaires est la « Corporation du Miroir » siégeant au « Café du miroir » (29 rue des Serruriers). Tous les apothicaires sont riches : une pharmacie vaut un million de livres en 1777 (quand un maçon gagne une livre par jour). Et tous doivent être bourgeois de Strasbourg.
Avec la Révolution vient la loi du qui abolit les privilèges des professions : aucune autorité ne peut autoriser ou interdire l'exercice de la pharmacie. Mais à peine 6 semaines plus tard, le , l'Assemblée nationale suit le conseil de son comité de salubrité et rétablit la réception des postulants suivant les statuts anciens.
École de pharmacie
Arrive l'époque de la Révolution française. L'état sanitaire des populations est déplorable, surtout à cause de la malnutrition due à la pauvreté mais aussi des maladies sévissant à grande échelle (variole, maladies vénériennes, rougeole, rubéole et typhoïde fréquentes, épidémie de typhus à Nantes en 1793-94,…).. Le tout est considérablement aggravé par les guerres de la Révolution française (suivies des guerres napoléoniennes, elles aussi grandes pourvoyeuses d'épidémies diverses dont typhus, paludisme (campagnes d'Italie) et peste pour la campagne d'Égypte) : comme toutes les guerres de l’époque moderne jusque dans le , elles voient le nombre des morts par maladies diverses considérablement plus élevé que les activités guerrières n'en tuent. Couronnant le tout, les visées coloniales, en forte hausse au , mettent les soldats d'abord, et les civils à leur suite, en contact avec des pathogènes contre lesquels ils ne sont pas immunisés.. Pour fournir des médecins et chirurgiens (formés et non auto-proclamés) militaires aux armées, la Convention nationale décide le 14 frimaire de l'an III () de l'ouverture de trois écoles de santé dans les Facultés de médecine de Paris, de Montpellier et de Strasbourg.
La loi du 21 germinal an XI () décrète que les étudiants en pharmacie doivent passer par huit années de stage en officine, dont 5 peuvent être facultativement remplacées par 3 années de cours dans une École de pharmacie (avec délivrance d'un diplôme) ; après quoi ils peuvent exercer sur tout le territoire français. Par contre Les candidats reçus par les jurys médicaux prévus pour les officiers de santé, mais complétés par quatre pharmaciens, ne peuvent exercer que dans le département où ils ont été reçus.
Le , lorsque le Premier Consul Napoléon Bonaparte crée trois écoles de pharmacie à Paris, Montpellier et Strasbourg, mais il y a manque de locaux, de crédits, et aussi d'élèves à la suite de l'incorporation des jeunes gens à l'armée. Surtout, les cours et l'examen coûtent cher : pour chaque cours, pour l'examen (1 kg d'or coûte à l'époque et environ en 2023, soit une équivalence d'environ pour de l'époque). Et enfin, les pharmaciens installés ne laissent pas leurs stagiaires suivre les cours ; et comme ces stagiaires sont liés par contrat, ils ne peuvent guère se libérer. En 1805 il y a une demi-douzaine d'élèves. De plus l'assiduité est optionnelle et l'enseignement mal organisé. Peu après ( ?), les cours de l'école de pharmacie s'arrêtent.
Sous Louis-Philippe, pendant la monarchie de Juillet, une ordonnance du relance les cours.
Avec la guerre de 1870, Strasbourg devient allemande. L'école de pharmacie ferme définitivement le . et la quasi-totalité des professeurs part, sauf Ignace-Léon Oberlin, Eugène-Théodore Jacquemin et Frédéric Schlagdenhauffen.
La Kaiser-Wilhelms-Universität et le transfert à Nancy
l'Assemblée nationale (plus exactement la Chambre des députés de la Troisième République) vote le le transfert de la faculté de médecine de Strasbourg à Nancy. Le décret de transfèrement, signé par le président Thiers le , signale (titre II, article 10) que Léon Oberlin, Eugène Jacquemin et Frédéric Schlagdenhauffen sont maintenus dans leurs chaires et font partie de droit de l'assemblée de Faculté ; et que l'école de pharmacie dépend temporairement de la faculté de médecine (de Nancy), qui l'héberge dans ses locaux — ce qui veut dire que l'école de pharmacie n'a provisoirement plus de directeur attitré. De 1872 à 1876, le doyen de la Faculté de médecine de Nancy confie la responsabilité de l'enseignement de l'École de pharmacie à Ignace-Léon Oberlin - directeur sans le titre. Le décret du redonne enfin son indépendance à l'école, ainsi que son propre directeur. Le , Oberlin est élu directeur de l'École de Pharmacie. Le , Jacquemin succède dans ce poste à Oberlin. Il conserve cette charge jusqu'au , et F. Schlagdenhauffen lui succède alors.
Le premier directeur de l'institut de pharmacie fut un professeur suisse, le professeur Friedrich August Flückiger.
L'université de Strasbourg durant l'entre-deux-guerres
Après la fin de hostilités de la Première Guerre mondiale, les cours reprennent en 1919 et en 1922 l'institut devient une faculté de pharmacie dont le professeur Jadin de la faculté de Montpellier devint le doyen. Un décret de 1919 prévoit que les professeurs alsaciens et lorrains sont intégrés dans les cadres et avec les mêmes statuts que ceux des autres universités. Le nombre de chaires est aussi augmenté pendant cette période avec l'ajout, en 1919, des chaires de bactériologie, de cryptogamie, de pharmacologie, de botanique, de chimie médicale, d'analyse et toxicologie et, en 1921, de pharmacie galénique. En 1925-1926, la faculté compte 152 étudiants, dont 34 français et 37 étrangers en première année. Parmi les étudiants étrangers se trouvent aussi bien des Suisses, des Bulgares, des Yougoslaves, des Roumains, des Polonais, des Norvégiens, que des Turcs et même des Chinois.
Le , l'Université de Strasbourg est officiellement transférée à Clermont-Ferrand avec le corps enseignant au grand complet et tout le matériel. La faculté de pharmacie de Strasbourg absorbe l'école de plein exercice de pharmacie de Clermont beaucoup moins importante et qui ne comportait pas de .
La Reichsuniversität Strassburg et l'université française de Strasbourg
Après l'Armistice de juin 1940, les Nazis annexèrent l'Alsace-Moselle, rouvrent les facultés à Strasbourg et enjoignent aux professeurs et étudiants alsaciens-mosellans de rentrer immédiatement. Un certain nombre d'entre eux regroupés autour du vice-recteur Danjon, qui met alors toute son autorité et son énergie à convaincre Vichy de maintenir ouverte l’Université française de Strasbourg à Clermont-Ferrand, refusent toute idée de retour. Fait remarquable, tout le personnel de la faculté de pharmacie reste à Clermont avec la plupart des étudiants alsaciens.
Les transactions pour la nomination des différents professeurs de la nouvelle "Reichsuniversität Strassburg" débutent dès . Mais le choix du collège entier d'une université est difficile et cela d'autant plus qu'il y chevauchement de prérogatives entre Robert Wagner, chef de l'administration civile, et Bernhard Rust, ministre des sciences, de l'éducation, et de la formation populaire (conflit qui nécessitera même l'intervention d’Adolf Hitler en personne). Les Allemands rouvrent l'université à l'hiver 1941, mais comme tout le corps enseignant de la faculté de pharmacie de Strasbourg est resté à Clermont, un institut de pharmacie, analogue à celui qui avait fonctionné pendant l'annexion après 1870, est ouvert avec des professeurs allemands sous la direction du professeur Ferdinand Schlemmer qui assure avec trois assistants les cours de pharmacie chimique et de pharmacognosie, tandis que la chimie, la physique et la botanique sont enseignées à la faculté des sciences à laquelle était rattaché l'institut. Dès 1942, des négociations ont lieu entre les autorités françaises et l'administration allemande de l'Alsace pour le retour à Strasbourg des bibliothèques, archives, collections et matériel de l'Université de Strasbourg évacués à l'intérieur en 1939. Après l'occupation de la zone libre, la pression allemande sur l'Université française de Strasbourg se fait plus intenses avec plusieurs rafles.
L'université après-guerre
thumb|La faculté de pharmacie située sur le campus d'Illkirch
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Les formations et la recherche
Les formations
Master Master Sciences du médicament - Analyse des médicaments Master Sciences du médicament - Assurance qualité microbiologique des produits de santé Master Sciences du médicament - Conception et production de molécules d'intérêt thérapeutique (Drug design and production) Master Sciences du médicament - Ingénierie pharmaceutique Master Sciences du médicament - Pharmacologie Master Sciences du médicament - Recherche et développement pharmaceutique FC Master Sciences du médicament - Réglementations et droit pharmaceutiques Licence professionnelle Industries chimiques et pharmaceutiques : Procédés et technologies pharmaceutiques (alternance) Doctorat en pharmacie Diplôme d'études spécialisées du secteur santé
La recherche
Unités mixtes Université-CNRS Laboratoire de biophotonique et pharmacologie - UMR 7213 Laboratoire d'innovation thérapeutique - UMR 7200 Laboratoire de conception et application de molécules bioactives - UMR 7199 Département sciences analytiques de l'institut pluridisciplinaire Hubert Curien - UMR 7178
EA Université de Strasbourg EA 3452 - Équipe pharmacie galénique et pharmacotechnie EA Droit et économie pharmaceutique
Unités de recherche associées Laboratoire de conception et application de molécules bioactives (CAMB) Laboratoire d'innovation thérapeutique (LIT)