Casimir Ferrer, né le à Trébas, est un artiste peintre et sculpteur français. Il est connu comme le précurseur du concrétisme, mariage de la peinture et de la sculpture.
Après des débuts en Europe, il est découvert aux États-Unis et au Canada à la fin des années 1980. Depuis, son succès ne s'est pas démenti et il a travaillé pour de nombreuses commandes publiques. Dans les années 1990, il marie la peinture et la sculpture dans des œuvres mixtes que le critique d'art André-Charles Rousseau baptise Ce terme a déjà été utilisé pour d'autres artistes pour désigner des mouvements de la sculpture (Art concret), de la poésie (Poésie concrète) et en musique (Musique concrète).
Biographie
Enfance et études Casimir Ferrer naît à Trébas, dans le département du Tarn, le . Né d'un père fermier, Louis Ferrer (1919-?), enfant de l'assistance publique et presque illettré, et d'une mère d'origine italienne Louise Di Fazio (1925-1978). Il est l'aîné de cinq enfants. Ses parents ne parvenant pas à l'élever, ils le confient à ses grands parents maternels à Saint-Jean-de-la-Blaquière, où le grand-père Casimir Di Fazio exerce le métier de garde-champêtre après avoir été brigadier dans la police. Le grand-père paternel est lui mort durant la Guerre d'Espagne. Un an plus tard, la famille déménage à Albi car Louis Ferrer obtient un poste de mineur à Cagnac. Casimir vit de 1951 à 1956 dans la cité minière des Homps et montre des talents pour le dessin dès le CM1. Après 1957 et une année dans le quartier Ranteil d'Albi, la famille s'installe dans le centre-ville de la préfecture.
vignette|gauche|Ancien collège professionnel de Beaumont-de-Lomagne où étudia Casimir Ferrer. En 1958, Casimir obtient son certificat d'études et part au collège professionnel de Beaumont-de-Lomagne pour suivre la filière formant des mécaniciens, forgerons et serruriers. Il y passe trois années jusqu'en 1962, retrouvant les gestes de son grand-père maternel Casimir Di Fazio qui après quelques années de garde-champêtre s'était reconverti dans la ferronnerie. Il poursuit sa formation au lycée technique de Carmaux mais en 1965 à l'âge de 17 ans, ses parents l'obligent à chercher du travail, d'abord de petites boulots, pour soutenir la famille. Il est embauché en 1964 chez Limouzy, une entreprise de construction mécanique. En parallèle et en cachette de ses parents, il suit des cours par correspondance avant de faire son service militaire en 1965 dans la Marine à Toulon et principalement sur le cuirassé Jean Bart exerçant des tâches de pompier. Après son service, il réintègre Limouzy jusqu'en 1969.
En 1968, il rencontre sa future femme, Jeanine Passepont dans un bal. En 1969, il travaille le soir chez M Daussat, responsable local albigeois de la SACEM qui lui conseille de passer l'examen de pompier. Le , il épouse Jeanine à Lavaur d'où la jeune femme était originaire. En , il obtient un poste de sapeurs-pompiers à Albi où le couple emménage. Casimir Ferrer essaye à plusieurs reprises de monter en grade dans la décennie suivante, d'abord caporal mais le grade est supprimé en 1974, puis sous-officier mais sans succès. Son premier fils, Christophe naît en 1972, suivi pas un second fils, Ludovic en 1978. L'année 1978 marque le décès de deux membres de la famille Ferrer ; son grand-père et sa mère âgée de 50 ans. André, le plus jeune frère de Casimir est alors placé à Sorèze dans une école d'ébénisterie. Tout cela affecte Casimir dont la santé décline et on lui diagnostique la maladie de Basedow. Il se met à la peinture, alors un exutoire, une thérapie.
1979-1988 : Premières œuvres exposées vignette|Musée Toulouse-Lautrec à Albi. Il débute dans l'exposition de sa peinture et sa sculpture à la fin des années 1970. En 1981, il expose au Musée Toulouse-Lautrec à Albi. En 1982, durant l'exécution de l'œuvre Scène familiale, le peintre a un déclic en réalisant la ruelle en haut au milieu de la toile, entre l'enfant du second plan et la tête d'une femme au premier plan. En 1983, Ferrer est invité par FR3 à une exposition aux côtés d'un forgeron d'art de Cordes-sur-Ciel et du peintre toulousain Christian Schmidt où il obtient le premier prix, la coupe d'or et une amitié avec Schmidt. Schmidt qui est professeur aux Beaux-Arts et directeur du centre culturel de Toulouse donnera des conseils à Casimir dont celui de se calmer pour réduire les trop nombreux mouvements dans ses toiles. Le peintre commence à avoir une reconnaissance régionale et rencontre des artistes qui l'influencent comme René Fraysse qu'il considère comme un père spirituel et lui . En 1983, il obtient un grade de sergent-chef des pompiers. Peut-être grâce à ce changement, un tournant dans la carrière de Casimir Ferrer s'opère, il se lance dans la sculpture, la première étant datée de la fin d'année 1983. En 1984, Casimir cherche un atelier dans lequel peindre et la mairie lui propose une maison inhabitée dans le quartier la Madeleine. Depuis ses débuts en 1978, il peignait dans la salle à manger de son appartement de fonction à la caserne de pompiers avec l'accord de son épouse.
vignette|Le musée d'art et de mécanique de Neckarsulm. En 1984, il obtient la médaille d'or de l'Académie internationale de Lutèce dans la catégorie Peinture aquarelle, et dans la catégorie Sculpture en 1985. L'année 1984 est aussi marquée par les premières expositions à l'étranger, en l'occurrence à Neckarsulm en Allemagne. En 1986 et 1987, à la suite de l'obtention du Prix Signatures, décerné par le Syndicat national des artistes professionnels. En 1985, il signe un accord avec la Fédération des Œuvres Laïques (FOL) du Tarn pour occuper un local plus grand que celui de la mairie, situé rue des Carmélites, en échange de cours de peinture. Fin 1986, la famille Ferrer achète une maison dans le centre d'Albi rue Marcel-Ricard ayant appartenu à l'une des premières acheteuses d'une peinture de Casimir, Mlle Jantou, directrice de la CAF du Tarn.
Les expositions en France et en Europe s'enchaînent et ses œuvres sont exposées en 1987 aux États-Unis dans la galerie Stony Brook de New York sans que l'artiste ne soit invité (depuis rebaptisée Paul W. Zuccaire Gallery au sein du Staller Center for the Arts.) En 1987, le premier prix d'une exposition organisée à Rignac dans l'Aveyron est d'être invité le mois suivant dans la galerie parisienne Guigné alors située au 89 rue du Faubourg-Saint-Honoré. Cette galerie possède alors un important réseau de courtiers qui sera à l'origine du rayonnement international de l'artiste. Ferrer remporte le prix et une dizaine d'œuvres y sont exposées au côté d'autres artistes de renom. Avec l'obtention d'un second prix Signatures en peinture à l'huile fin 1987, deux autres galeries accueillent les œuvres de Ferrer, la Galerie des Francs Bourgeois à Paris et la Galerie San Jordi à Barcelone.
1989-1998 : Professionnalisme artistique et « Concrétisme » vignette|Usine du Saut du Tarn à Saint-Juéry. En 1989, Casimir Ferrer se déclare auprès des impôts de l'URSSAF comme à la fois pompier et artiste professionnel. Il réalise une sculpture monumentale en bronze de pour la Résistance et la Déportation à Albi. En 1990, l'artiste se sent à l'étroit dans le local prêté par la FOL du Tarn et dans son atelier construit dans son jardin principalement à cause des sculptures. Il s'intéresse à la friche industrielle du Saut du Tarn à Saint-Juéry et propose de payer une partie en argent et de produire une sculpture offerte à la mairie. Inspirée par Saint-Georges, le nom Juéry en occitan, la statue est monumentale au point que le maire propose d'en payer une partie mais Casimir refuse.
De 1990 à 1993, le réseau Guigné permet à Ferrer d'être exposé partout dans le monde au point que l'artiste s'interroge sur sa carrière. En 1990, l'artiste se lance dans des expérimentations, et dans ce que Max Assié compare à la quête d'Alice de Lewis Carroll, Casimir Ferrer cherche à mélanger peinture et sculpture. Une nuit de fin 1990, il imagine plusieurs œuvres mixtes dont la première intitulée Symphonie se présente sous la forme d'un tableau de auquel s'ajoutent des morceaux de violons. D'autres œuvres mêlant les deux arts suivent. André-Charles Rousseau nomme ce mariage inédit le . Par la suite, l'artiste utilise différents matériaux comme la résine, le verre, la pierre ou le bronze tout en diversifiant les techniques picturales, aquarelle, dessin, gravure.
Jusqu'en 1993, Casimir Ferrer cherche à mener sa carrière de sapeur-pompier à Albi en parallèle de celle de peintre-sculpteur. La peinture-sculpture Symphonie est vendue cette année dans une galerie new-yorkaise. La décision est prise en 1993, il met un terme à sa carrière de pompier mais en douceur, prenant trois années sabbatiques jusqu'en 1996. Cette même année 1993, il expose une œuvre multiple, un chemin de croix composé de 14 tableaux de concrétisme dans l'aéroport de Toulouse-Blagnac.
En 1995, Casimir Ferrer se rend en Bosnie-Herzégovine pour exposer des œuvres à Sarajevo dans le contexte de guerre de Bosnie-Herzégovine et d'une mission de la FORPRONU. Cette même année 1995, la ville d'Albi organise une exposition des sculptures monumentales de l'artiste et en acquiert deux. En 1996, il propose au maître chocolatier Michel Thomaso-Defos de travailler avec lui le chocolat et à la suite de cette expérience le chocolatier ouvre en 2001 le Musée Art du Chocolat à Lisle-sur-Tarn. C'est aussi en 1996 à la suite d'une collaboration avec le xylographe Pierre Peyré et le poète Michel Beau que l'artiste s'engage dans la philanthropie par exemple avec l'opération Des saltimbanques pour guérir.
Depuis 1999 : L'international et les municipalités françaises En 1999, sa collaboration avec Michel Thomaso-Defos l'emmène en Autriche pour un congrès de chocolatiers à Seefeld in Tirol où Casimir Ferrer improvise des sculptures en chocolat sous les yeux médusés des professionnels locaux. En parallèle les œuvres de l'artiste sont exposées en Amériques en en Asie. Le , Bernadette Chirac inaugure un chemin de croix en 14 tableaux réalisé par Ferrer dans l'Église Saint-Étienne de Belcastel dans le Tarn.
Les années 2000 sont marquées par de nombreuses expositions parfois répétées sur plusieurs années partout dans le monde avec comme point de départ Boston en . Max Assié mentionne ainsi : Artexpo New York à New York en 2000, 2001 et 2001, dans le Jacob K. Javits Convention Center Galeries Balder et Biblion à Toulouse en 2000, 2002 et 2004 Galerie Cap d'Art à Genval en Belgique en 2003 Galerie Page à Biarritz en 2004, 2005 et 2006 Casimir Ferrer explique qu'en dehors de la galerie parisienne Guigné ou du voyage à Sarajevo, il ne se rendait que très rarement sur place mais à partir des années 2000, il participe aux vernissages
En 2003, Casimir Ferrer se lance dans la rénovation l'église Sainte-Cécile du Carla à Castelnau-de-Lévis soutenu par son association Mille Étoiles pour l'Enfance.
En 2006, son fils Christophe est nommé directeur général de la salle de spectacle l'Olympia de Montréal.. Christophe a lancé un programme de rénovation de l'édifice avec la création d'une salle de 500 places pour des conférences. Cette rénovation est l'occasion d'impliquer son père Casimir qui réalise la peinture du niveau rideau de la salle principale de ainsi que six alcôves chacune haute de et de large. Les alcôves de droite sont sur le thème de l'hiver tandis que celles de gauche sur l'été. L'année suivante en 2007, Casimir Ferrer est invité pour une exposition à Montréal dans le cadre du Festival international Montréal en arts, passe six mois dans la ville et présente entre 25 et 29 œuvres.. C'est la première exposition montréalaise pour l'artiste considéré comme le père du Concrétisme et ses œuvres sont exposées à l'Olympia de Montréal. En 2007, il se rend à la demande le l'inspecteur de l'académie de Mayotte, Jacques Villerot, ancien albigeois, à Mamoudzou pour sensibiliser les enfants à la protection de l'environnement et la réalisation d'une sculpture.