Fraise du Périgord est une indication géographique attachée à une production agricole française de fraises dévolue au commerce alimentaire. Celle-ci est préservée via une IGP.

C'est grâce à une exposition ensoleillée, de l'eau disponible, des sols légers et riches en humus et une main d’œuvre disponible abondante que les agriculteurs du Périgord peuvent cultiver des fraisiers et assurer les volumes de production de cette fraise. La température régulée par une exposition à l'océan, permet une croissance et un mûrissement homogènes des fraises. Pour la fraise, c'est la première filière de production à vocation commerciale de l'Union européenne à avoir été préservée via le système IGP. Deux cents agriculteurs produisent de la fraise du Périgord.

Historique de la culture du fraisier dans le Périgord et émergence de la filière Fraise du Périgord Apparu en 1895 en Dordogne, le fraisier poussait tout d'abord du côté de Saint-Estèphe et d'Église-Neuve-de-Vergt. Les paysans le cultivaient d'abord entre les rangs de vigne. Il s'agissait d'une variété à gros fruit essentiellement proposée au marché. La monoculture du fraisier en Périgord s'est surtout développée après la Seconde Guerre mondiale et est passée d'une production locale et familiale à une production à gros volume. Au début des années 1950, un négociant allait chercher la récolte dans les fermes avec une camionnette quelques fois dans la semaine, voir s'il y en avait suffisamment. Dès lors, les paysans ont connu le passage de la culture traditionnelle à un début de production de masse. De nombreux négociants apparaissent alors pour commercialiser les fraises de ce département aux marchés de Bordeaux ou Paris, et en exportant vers l'Allemagne et l'Angleterre, malgré la fragilité du produit.

Les agriculteurs ont installé leurs nouvelles monocultures fruitières, les « fraiseraies », sur des terres particulièrement adaptées à cette culture intensive mais aussi à proximité d'une grande ville, Périgueux, pour son marché, et proche des voies d'un petit train, pour en faciliter la commercialisation. En 1959, ceux-ci créent la première coopérative « fraisicole » du Périgord (Bitarelle) qui regroupe une vingtaine d'adhérents dont elle commercialise la production.

En 1969, le marché de la fraise de Vergt est créé pour réunir les acheteurs et les agriculteurs en un même point et fixer les cours. Il connait un franc succès de par la renommée des fraises qui y sont proposées. Avec l'importance économique de cette production agricole dans la région, le congrès international de la Fraise se tient à Périgueux en 1976.

Reconnu pour une certaine qualité, la valorisation de ce produit est très vite optimisée et connue dans toute la France.. Le premier coup promotionnel a lieu en 1971 quand des agriculteurs distribuent gratuitement des barquettes dans la ville de Paris. À cette époque-là, la fraise connait un essor important dans la région : et produites en 1990. Aujourd'hui il n'existe plus que pour environ produites..

En 1994, les agriculteurs de la filière se sont réunis via l'Union Interprofessionnelle de la Fraise du Périgord (UIFP), qui est une association à but non lucratif loi de 1901 pour gérer la filière « Fraise du Périgord ». Elle vise à garantir et contrôler le respect du cahier des charges attaché à l'IGP, ainsi que d'en assurer sa promotion. Il existe également une Confrérie de la Fraise du Périgord, outil promotionnel de la filière, qui se distingue dans les différentes manifestations de la Dordogne, notamment lors de la fête de la fraise à Vergt et pendant l'opération « Le Périgord à Montmartre ». Elle a pour objectif de mieux faire connaitre le produit en introduisant des personnalités et célébrités dans la confrérie.

Depuis 2007, un plan départemental « Fraise du Périgord » est mis en place par le conseil général. C'est le premier plan à inclure les normes respectueuses de l'environnement..

Pour les années à venir, il est possible que les fraises produites en hors-sol et respectant le cahier des charges (qualité gustative, cueillette à maturité, respect des variétés sélectionnées, etc.) soient admises dans l'IGP. Cela permettrait de gérer l'offre sur une plus longue durée et de faciliter le travail des exploitants. Cela reste cependant un sujet controversé.

Produit Variétés

La filière de la fraise en France a dû s'adapter à la concurrence espagnole massive et maintenant allemande, avec le développement de la culture sous serre et hors-sol. De plus, portant la gariguette comme drapeau à cause de son goût légèrement acidulé et très aimée des consommateurs, les producteurs étaient aux prises avec des soucis de rendement car elle est peu productive : quinze tonnes à l'hectare contre vingt-cinq tonnes pour une variété classique.

Longtemps berceau de la fraise, la Dordogne a dû se démarquer par une recherche variétale spécifique. Des variétés, particulièrement gustatives mais aussi assez résistantes ont donc été choisies ou créées.

À Douville, en Dordogne, se trouve un centre de création variétal, le CirefCiref, qui a développé plusieurs variétés telles que la cirafine, la ciflorette, la cigaline, et la charlotte en 2004, dont certaines variétés labellisées sous l'IGP.

Seules sept variétés de fraises sont admises à l'IGPLes variétés de fraises sur le site Fraise du Périgord :

cigaline ; forme allongée, très brillante, aromatique, sucrée et acidulée ; cirafine : rouge vif, très brillante, forme allongée, légèrement aromatique, sucrée et acidulée ; darselect : rouge brique à pourpre, brillance moyenne à forte, forme conique, longue ou courte, ferme et juteuse ; elsanta : rouge orangé à rouge brique, brillance moyenne à forte, forme conique, moyennement acide, ferme ; gariguette : rouge vif, très brillante, forme allongée, aromatique, sucrée et acidulée ; mara des bois : rouge vif, brillance moyenne à forte, forme irrégulière, moyennement acide, très parfumée, très aromatique ; seascape ; assez grosse, bonne brillance, arrondie, légèrement aromatique, sucrée.

Les différentes variétés permettent d'avoir une saison de six mois, avec des variétés de printemps : fin avril à mi-juin comme la gariguette, et des variétés remontantes : mi-juin-fin octobre comme la mara des bois ou la charlotte.

Critères spécifiques attendus

Dans un premier temps, la fraise du Périgord cultivée doit être issue de variétés prédéfinies par une commission interprofessionnelle d'agrément. Ces variétés, cultivables sous le nom de « fraise du Périgord », sont sélectionnées pour leurs qualités gustatives (gariguette, elsanta, darselect, seascape, mara des bois, selva).

Dans un second temps, pour qu'elle puisse bénéficier de l'appellation de qualité IGP, des caractéristiques physicochimiques spécifiques sont attendues, notamment un aspect brillant, une coloration rouge vif, un calibre, une maturité (ni précoce, ni tardive), une forme homogène et le taux de sucre du produit final doit répondre à un seuil établi pour chaque variété et mesuré par réfractométrie. Ces critères objectifs peuvent cependant varier d'une variété à l'autre car chacune possède ses spécificités. Mais d'autres critères de qualité restent standards pour toutes les variétés, les traces dues à des maladies ou à de la pourriture sont notamment prises en compte. Les fraises doivent être récoltées pour pouvoir être offertes encore fermes.

Territoire concerné

La fraise du Périgord est liée à son territoire de par ses spécificités : des sols calcaire avec la présence quasi automatique de forêt, notamment de châtaigniers, propres à la région. Ainsi les sols sont naturellement riches en humus. Le relief vallonné des exploitations est lui aussi caractéristique de la région.

Géographie

vignette|Carte du Périgord. Pour que les fraises produites puissent bénéficier de l'appellation « fraise du Périgord », elles doivent être produites sur une zone bien spécifique. Cette dernière englobe une grande partie du territoire de la Dordogne ainsi que les communes limitrophes du Lot (32 anciens cantons pour la Dordogne, et neuf communes pour le Lot).

Le département de la Dordogne se trouve sur les derniers contreforts du Massif central et les premières plaines du bassin aquitain. Il est aussi lié aux causses de la Corrèze et du Lot, ainsi qu'aux champagnes charentaises.

Pour produire la fraise du Périgord, il est nécessaire d'avoir les caractéristiques géologiques et forestières de la région. Les forêts sont omniprésentes dans les fraiseraies, ce qui permet un apport riche et naturel en humus. La région bénéficie aussi d'un climat tempéré régulier.

Géologie

La zone de production de la fraise du Périgord est caractérisée par un sol argilo-silicieux qui recouvre un sol majoritairement de type calcaire secondaire. L'IGP délimite les parcelles cultivables qui doivent posséder un sol facilement réchauffable et non inondable. Les sols cultivés ont une composition qui oscille entre 10 et 15 % d'argile et de 35 à 60 % de sable fin et de graviers, présentant souvent un pH légèrement acide compris entre 5,5 et 6,8. Cependant, ce dernier ne doit pas présenter de calcaire actif. Les sous-sols de la zone délimitée par l'IGP sont principalement composés d'une roche mère, la serpentine ou de sable du Périgord. Sur une partie plus réduite, on peut trouver de l'oolithe, elle aussi une roche mère.

Cette propriété agronomique du sol confère aux cultures leur originalité. Les productions se situent sur les coteaux (aux alentours de 100 à d'altitude). Les parcelles concernées sont implantées sur un sol dit « neuf », c'est-à-dire récemment déboisé. Une exposition ensoleillée est préférable pour favoriser la maturation des fruits, de plus les agriculteurs sont encouragés à pratiquer la rotation des cultures par l'interprofession.

Climatologie

La région bénéficie d'un climat régulier qui est aussi influencé par l'ouverture sur le climat océanique. Sur cette zone, le climat est tempéré et régulier. Pour des températures douces de l'ordre de en moyenne, la pluviométrie relativement importante est d'environ 800 à .

Il est important que les fraiseraies soient soumises à ces conditions climatiques sans amplitude pour permettre une croissance et une maturation homogènes des fraises.

Production Technique agraire vignette|Tunnels de fraisiculture à Fouleix, quelques kilomètres au sud-ouest de Vergt.

Au-delà de la zone délimitée, des sols nécessaires et des variétés à utiliser pour bénéficier de l'appellation « fraise du Périgord », l'IGP impose d'autres consignes au niveau des techniques utilisées pour la culture, l'entretien et la récolte. Notamment la préparation au préalable du sol à l'aide d'amendements à base de fumures de manière ponctuée (tous les quatre ans), ainsi qu'une rotation culturale. Une désinfection douce des sols par vapeur est généralement employée sur ces mêmes parcelles en repos. À l'issue de ces préparations du sol, l'analyse globale de son état est effectuée.

Les plants utilisés doivent être certifiés et répondre à la liste établie (voir tableau ci-dessous). De plus, lors de la plantation, il doit y avoir au plus six pieds par mètre carré abrité. L'irrigation des plants doit être réfléchie et adaptée au stade de croissance du végétal et aux conditions climatiques observées au préalable : on parle d'« irrigation raisonnée ». La même approche se retrouve pour l'entretien des cultures, avec une application diversifiée des familles chimiques, pour les traitements phytosanitaires. De plus, l'utilisation d'auxiliaires de culture est favorisée, pour limiter l'utilisation d'agents chimiques.

L'UIFP dresse chaque année une liste exhaustive des produits et des auxiliaires potentiellement utilisables pour les cultures de « fraise du Périgord ».