Le massacre des puits de Guerry est la mise à mort de commise par la Milice française en et au lieu-dit Guerry à Savigny-en-Septaine, près de Bourges (Cher). C'est l'un des plus importants massacres ayant eu lieu en France sous l'Occupation, après ceux d'Argenton-sur-Creuse, de Maillé ou d'Oradour-sur-Glane.
Historique Des exactions sont commises par la Milice française sur tout le territoire, en représailles de l'exécution du collaborateur Philippe Henriot le par un commando de la Résistance. Un groupe de miliciens dirigés par Joseph Lécussan et la Gestapo, soutenus par la , au sein de laquelle Pierre de Varga semble être infiltré par la Résistance., arrêtent dans la nuit du au et transportent à Bourges, dans la prison du Bordiot, . Ces dernières représentent la quasi-totalité de la communauté juive de Saint-Amand-Montrond. Il s'agit pour la plupart d'Alsaciens-Lorrains, réfugiés depuis l'automne à Saint-Amand, sous-préfecture du département du Cher, et dans ses environs, cette partie du département du Cher étant en zone non occupée, jusqu'en . À partir de cette date, l'armée allemande envahit toute la France métropolitaine en réaction au débarquement des Alliés en Afrique du Nord.
Sur trois jours, 36 de ces personnes, hommes et femmes de 16 à , sont tués sur le site des puits de Guerry.. :
Le , sont entassés dans une camionnette qui les conduit à une ferme au lieu-dit Guerry, dans la commune de Savigny-en-Septaine. Les hommes sont appelés à sortir de la camionnette par groupes de 6. Ils sont jetés, vivants pour la plupart, dans l'un des puits très profonds de la ferme. Un des prisonniers, Charles Krameisen, réussit à s'enfuir ; il court jusqu'à la ferme de la famille Guillaumin où il reste caché dans la grange trois jours, avant de repartir vers Saint-Just, à , aidé par Monsieur Guillaumin et Monsieur Mathurin, le boucher du village qui dans sa camionnette, le fera passer en zone libre.. Le , sont assassinés, de manière semblable, dans un second puits de la ferme. Le , subissent le même sort, certaines portant des traces de violence sadique.
Dans les trois cas, les assassins jettent des sacs de ciment et des grosses pierres sur les corps pour les écraser et masquer leur présence.
Après la Libération, le témoignage du seul survivant, Charles Krameisen, permet de retrouver le lieu du drame et les corps des victimes, identifiées le .
Liste des victimes vignette|400px
Les victimes par ordre alphabétique et chronologique :
Bernheim-Dennery, Fernand ou Bernheim, Fernand, né le à Rouen (Seine-Inférieure) () Brunschwig, Armand, né le à Lorrach (Bade, Allemagne) () Davidovici, Maier, né le à Bucarest (Roumanie) () Davidovici, Sylvain, né le à Paris () Dreyfuss, Isaac, né le à Soultz (Haut-Rhin) () Grumbach, Élie, Raymond, né le à Porrentruy (Suisse) () Halkain, Salomon, né le ou le à Schobin (Russie) (52 ans) Halkain, Charles, né le à Paris ()Il est écrit par erreur dans , pour la date de sa mort : au lieu de . Jeankelowitsch Pierre ou Jankelowitsch, Pierre, né le à Nancy (Meurthe-et-Moselle) () Kahn, Lucien, né le à Dettwiller (Bas-Rhin) () Klein, Adolphe, né le ou le à Ingwiller (Bas-Rhin) () Lévy, Gaston, né le à Nancy (Meurthe-et-Moselle)Il s'agit du militant socialiste Gaston Lévy, voir . Il y a dans , un Lévy, Gaston, né le à Lambach et mort le à Seillon (Ain), mais sans relation avec la localité de Guerry dans le Cher. Lévy, Salomon, né le à Ingwiller (Bas-Rhin) () Méchel, Marck. ou Mechel, Marc, né le à Livan (Pologne) () Metzger, Michel, né le à Buswiller (Bas-Rhin) ou Ingwiller (Bas-Rhin) () Nathan, Léon, né le à Paris () Rosenfeld, Alexandre, né le à Coarodera (Roumanie) () Salomon, Salomon, né le à Strasbourg (Bas-Rhin) () Smoliack, Charles, né le à Paris () Strauss, Simon, né le à Mommenheim (Bas-Rhin) () Walewyk, Marcel ou Walewik, Marcel, né le à Aix-les-Bains (Savoie) () Weill, Edmond, né le à Strasbourg (Bas-Rhin) () Weill, Fernand, né le à Paris () Weill, Gédéon, né le à Ingwiller (Bas-Rhin) () Wolf, Félix, né le à Hoenheim (Bas-Rhin) ()
Juda, André, né le à Bliesbruck (Moselle) () Seïden, Mojzesz Maurice ou Seiden, Mojzesz, né le à Rzeszow (Pologne) ()Il est un médecin et un résistant. Son épouse, Sulamite Seiden () et sa fille Irène () sont arrêtées le à leur domicile de Blancafort par la d'Aubigny-sur-Nère. Elles sont déportées par le convoi du , de Drancy vers Auschwitz, où elles sont assassinées à leur arrivée. Voir . Juda, Georges, né le à Bliesbruck (Moselle) ()Nom listé par .
Billou, Germaine (née Guetesmann), née le dans le () Jeankelowitsch, Fanny ou Jankelowitsch, Fanny (née Blum), le à Vierzon (Cher) () Krameisen, Marthe (née Kupferman), née le à Sieniawa (Pologne)La date de sa mort n'est pas précisée dans . : ici, la date mentionnée est le . () Lang, Jeanne (née Weill), née le à Reims (Marne) () Lévy, Mina (née Maïs), née le ou le à Ingwiller (Bas-Rhin) () Smoliack, Blanche, née le dans le () Strauss, Colette, née le à Paris () Wolf, Alphonsine, (née Weill), née le à Strasbourg (Bas-Rhin) ()
Jugement des crimes vignette|Cérémonie commémorative aux puits de Guerry
La tragédie des puits de Guerry peut être considérée comme un épisode de la Shoah en France. et un exemple parmi des centaines qui témoignent de l'atrocité du génocide des Juifs entrepris par les nazis en France avec l'aide de milices françaises.
Un des responsables du massacre est Pierre Paoli, agent français naturalisé allemand du SIPO-SD de Bourges (sous les ordres de Erich Hassé). Il est condamné à mort. et exécuté le à Bourges..
Le massacre est ordonné par dit Fritz, ( : KdS) de la SIPO-SD d'Orléans. qui est installé au , rue Alsace-Lorraine. Pour cacher ses crimes contre l'humanité, cet ordre est secretJean-Claude Bonnin, « La découverte d'un crime monstrueux », dans le CD-ROM La Résistance dans le Cher, Association pour des études sur la résistance intérieure (AERI), , repris dans .. Considéré comme responsable de la déportation de près de mille deux cents personnes, il est condamné deux fois à mort par contumace en France. Les tentatives pour obtenir qu'il soit rejugé en Allemagne n'ont jamais abouti. Il est décédé en à son domicile en Allemagne..
Joseph Lécussan, chef local de la Milice, est aussi un des responsable du massacre. Il est jugé et condamné à mort à Lyon le et passé par les armes le suivant.
Lécussan a été assisté de Roger Thevenot, chef départemental de la Milice pour la zone nord du Cher, qui sera abattu de de revolver par un homme à bicyclette à l'angle de la rue Calvin et du boulevard de la République, à Bourges, le .
Hommage aux victimes du nazisme et des collaborationnistes français Encore aujourd'hui, un hommage est rendu aux victimes de cette tragédie par des commémorations...
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Ouvrages .. . . ; (), , 169 . .
Conférences . .
Articles connexes Shoah Liste de massacres perpétrés par les forces allemandes en France durant la Seconde Guerre mondiale Crimes de guerre de la Wehrmacht Bourges pendant la Seconde Guerre mondiale
Liens externes
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