La (en occitan : carrièra del Lòctenent Coronel Pelissier) est une rue de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France. Elle se situe au cœur du quartier Saint-Georges, dans le secteur 1 - Centre.

Situation et accès Description La rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier est une voie publique située dans le centre-ville de Toulouse. Elle naît au carrefour de la rue d'Alsace-Lorraine. Elle est rectiligne et orientée est-ouest. Elle est longue de et large d'environ 11 mètres, ce qui en fait une des rues les plus larges du centre ancien. Elle se termine au croisement de la rue Saint-Antoine-du-T., mais est prolongée à l'est par la rue Saint-Jérôme, qui aboutit à la place Occitane et au nouveau quartier Saint-Georges.

La chaussée compte une voie de circulation automobile en sens unique, de la rue d'Alsace-Lorraine vers la rue Saint-Jérôme. Elle est définie comme une zone de rencontre et la vitesse est limitée à 20 km/h. Il n'existe ni bande, ni piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :

Rue d'Alsace-Lorraine Rue Saint-Antoine-du-T.

Transports La rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier n'est pas directement desservie par les transports en commun Tisséo. Elle se trouve cependant à proximité de la rue Saint-Antoine-du-T., parcourue par la navette . Les stations de métro les plus proches sont la station Capitole, sur la ligne , et la station Jean-Jaurès, sur les lignes du métro. À proximité se trouvent les arrêts des lignes de Linéo et de bus .

La station de vélos en libre-service VélôToulouse la plus proche se trouve dans la rue Paul-Vidal : la station .

Odonymie vignette|gauche|La plaque de rue originale de 1948 et celle plus récente en occitan. Depuis 1944, la rue rend hommage à Louis Pélissier (1901-1944), héros de la Libération. Né le à Toulouse, il habitait une maison de la rue Camille-Pelletan, dans le quartier de la Côte-Pavée. Il avait le grade de capitaine dans l'armée en 1940, lors de l'armistice. En 1942, il entra dans le mouvement Combat, puis à l'AS. Il devint chef des groupes francs des MUR (Mouvements unis de la Résistance) et agit sous les noms de Carton, Martin ou Benoît. Il avait ses bureaux dans la rue (actuel ). Il fut fusillé le à Saint-Céré, au bas de la route de Saint-Laurent-les-Tours. Le , des funérailles solennelles lui furent rendues à ToulouseSalies 1989, vol. 2, ..

Au Moyen Âge, la rue n'était qu'un chemin sans nom qui traversait le Pré-Montardi. En 1508, les capitouls décidèrent de l'aménager en rue, qui prit naturellement le nom de ce pré. Au , après la construction de la chapelle des Pénitents bleus (actuelle église Saint-Jérôme), on lui donna le nom de rue des Pénitents-Bleus. En 1794, pendant la Révolution française, il fut décidé de la renommer rue Populaire, mais elle redevint rue des Pénitents-Bleus ou de Saint-Jérôme sous l'Empire. En 1855, une décision municipale lui donna le nom de rue Duranti, en l'honneur de Jean-Étienne Duranti (vers 1534-1589), président au Parlement de Toulouse, victime de la Ligue lors des guerres de ReligionChalande 1928, .Salies 1989, vol. 1, .. C'est en effet lui qui fit construire l'hôtel agrandi au par Jean Georges de CauletÉclache 2006, .. Elle prit finalement le nom de Louis Pélissier en 1944.

Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, le quartier, qui dépend du capitoulat de Saint-Étienne, n'est qu'un pré, connu comme le Pré Montardi (Pla Montardi en occitan), traversé par un simple chemin. C'est là que vers 1270 viennent s'établir, en limite de la rue des Clottes (actuelle rue Saint-Antoine-du-T.), des religieux de l'ordre hospitalier de Saint-Antoine. Ils y fondent leur commanderie toulousaine, en accord avec le chapitre de la cathédrale Saint-ÉtienneSalies 1989, vol. 2, ..

En 1508, les capitouls décident d'aménager le quartier et font tracer une rue nouvelle, une des plus larges voies de la ville. La rue attire certains personnages importants, qui y font construire des immeubles. Le plus célèbre d'entre eux est le premier président au Parlement de Toulouse, Jean-Étienne Duranti, qui fait construire à partir de 1582-1583 un hôtel particulier (actuel ). On trouve également des salles pour le jeu de paume, en particulier celle du capitoul Pierre de Gargas (emplacement de l'actuel ) et celle de Jean Ducros (emplacement de l'actuel )Salies 1989, vol. 2, .. Parmi les habitants les plus notables se trouve également Mathelin Tailhasson, dit Mathaly, surnommé « le roi des violons de France » par le roi Louis XIII, qui habitait une maison de cette rue (emplacement de l'actuel ), acquise vers 1580 par son père Jacques, maître hautbois de la ville« La rue Mathaly », La Dépêche du Midi, 26 mai 2003..

À la même époque, la commanderie de Saint-Antoine connait des difficultés. En 1504, les religieux avaient été condamnés par le parlement de Toulouse, parce qu'ils ne s'acquittaient pas de la redevance qu'ils devaient verser au chapitre de la cathédrale. À la fin du siècle, l'autorisation est donnée à la confrérie des Pénitents bleus de s'établir dans leur chapelleSalies 1989, vol. 2, .. C'est l'une des quatre confréries de pénitents de la ville, fondée en 1575 par l'archevêque de Toulouse, Georges d'Armagnac, et Jean-Étienne Duranti, et placée sous l'invocation de saint JérômeSalies 1989, vol. 2, .. Elle rassemble alors certaines des figures les plus en vue de la ville et de la province : le cardinal François de Joyeuse, le cardinal Thomas de Bonsi, évêque de Béziers, Pierre de Villars, évêque de Mirepoix, Nicolas de Villars, archidiacre d'Auch, Michel de Sabateri, abbé de Saint-Sever, Antoine de Tholosani, commandeur de l'ordre hospitalier de Saint-Antoine, Jean de La Barrière, fondateur de l'ordre des Feuillants, Antoine de Saint-Paul, fondateur de la chartreuse de Toulouse, Antoine Scipion de Joyeuse, lieutenant du roi, et son frère, Henri de Joyeuse, et les parlementaires Pierre Du Faur de Saint-Jory et François de Clary. Entre 1614 et 1617, ils font reconstruire par l'architecte Pierre Levesville la chapelle de la commanderie Saint-Antoine, qui abrite désormais leur confrérie (actuel ) : un vaste bâtiment, orienté nord-sud, flanqué à l'ouest de la sacristie et d'un confessionnal, et ouvert sur deux cours bordées de salles de réunionÉclache 2012, .. En 1621, à la suite d'un long procès, puis d'un accord avec les religieux de Saint-Antoine, la chapelle est rendue à ces derniers, qui achètent à leurs frais un immeuble voisin, occupé par un relais de poste, le Logis de la PommeLe Logis de la Pomme se déplaça non loin, dans la rue du Puits-de-la-Cadène, à laquelle il donna son nom (emplacement de l'actuel rue de la Pomme).. C'est là que les pénitents bleus font construire une nouvelle chapelle, toujours par Pierre Levesville, et placée sous l'invocation de saint Jérôme (actuel ).. La première pierre est posée, au nom du roi Louis XIII, par l'évêque de Pamiers, Joseph d'Esparbès de Lussan. Par la suite, la chapelle est décorée par le peintre Hector Estienne en 1639, et par le sculpteur Gervais Drouet, qui construit le maître-autel en 1657, puis en 1668. Enfin, à la fin du siècle, les bâtiments de la commanderie de Saint-Antoine sont reconstruits entre 1692 et 1694 (actuels ).

Au , la plupart des immeubles du côté nord de la rue sont reconstruits, dans le goût classique ou néo-classique (actuels , 7, 11 et 13). À la même époque, l'ancienne salle du jeu de paume de Jean Ducros, entre la rue des Pénitents-Bleus (actuel ) et la rue du Pré-Montardy (actuel ) devient la salle de l'Opéra, la première de la ville. Elle est alors vouée aux concerts de musique, mais aussi à différents types de spectacle. Le , c'est lors d'une représentation de marionnettes que la salle est détruite par un violent incendie – elle est cependant reconstruite peu après. C'est probablement de cette époque que date le bas-relief que sculpte Marc Arcis, Apollon et les MusesSalies 1989, vol. 2, .. Indice du caractère aristocratique qu'a gagné la rue au cours du siècle, la salle du Jeu de paume de Pierre de Gargas, devient, entre 1787 et 1788, le Club de la noblesse.

Époque contemporaine Pendant la Révolution française, la rue connait des transformations. En 1790, les ordres religieux sont supprimés. Les derniers moines de Saint-Antoine sont expulsés de leur commanderie (actuels ), dont les bâtiments sont affectés à l'armée qui y installe la Manutention des vivres militaires, c'est-à-dire l'intendance militaireÉclache 2012, .. La confrérie des Pénitents bleus est quant à elle expulsée de la chapelle Saint-Jérôme qui devient une salle de réunion, puis, en 1792, un temple de la Liberté, tandis que le mobilier est emporté et le clocher abattuSalies 1989, vol. 2, .. De l'autre côté de la rue, la salle de l'Opéra devient la salle de l'Athénée, où sont donnés des spectacles civiques.

Dans la première moitié du , la rue semble cependant rester à l'écart des bouleversements du siècle. En 1802, l'église Saint-Jérôme est devenue le centre d'une petite paroisse, qui s'étend de la place du Capitole à la place Saint-Georges. En 1807, un clocher est construit et en 1847, l'église est agrandie sur les plans de l'architecte Auguste Virebent. Elle reçoit également un décor peint par Justin Pibou et Antoine Robert. À côté, l'ancienne commanderie Saint-Antoine devient le quartier général de la division militaire de Toulouse.

En 1873, l'extrémité ouest de la rue est emportée par les démolitions lors du percement de la rue d'Alsace-Lorraine. La rue Duranti profite du développement de l'activité commerciale le long de cette nouvelle artère. En 1893, le Comptoir national d'escompte de Paris (CNEP), qui a absorbé la Banque Ozenne, s'installe à l'angle de la rue d'Alsace-Lorraine dans un bâtiment de l'architecte Germain Dutour (emplacement de l'actuel ). Dans l'Entre-deux-guerres, la rue est ainsi animée par plusieurs boutiques de vêtements et de tissus, tels Boréa (actuel )Salies 1989, vol. 2, . et la lingerie Vogue (actuel )Salies 1989, vol. 2, .. On trouve aussi des restaurants, comme la brasserie Moka (actuel )Salies 1989, vol. 2, .. Il y a même une clinique, tenue par le docteur Émile Mounié (actuel )Salies 1989, vol. 2, .. La rue connaît aussi l'animation du Cercle Duranti, qui abrite certains services de l'armée, ainsi que des associations militaires, et une bibliothèque de cercle, réservée aux officiersAgnès Boishult, Contribution à l'histoire des bibliothèques de cercle d'officiers, mémoire d'études de l'ENSSIB, janvier 2011 (lire en ligne)..

Dans la deuxième moitié du , les municipalités toulousaines encouragent le renouvellement urbain de la ville et sa modernisation. Ainsi, à l'est de la rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier s'élève progressivement, entre 1964 et 1978, dans l'ancien quartier des Clottes, le nouveau quartier Saint-Georges autour de la place Occitane. La rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier est également touchée par les travaux. En 1959, le siège du CNEP est totalement transformé et un nouvel immeuble, de style moderne, est élevé sur les plans de l'architecte Georges Alet à l'angle de la rue d'Alsace-Lorraine (actuel )En 1966, le CNEP fusionne, sur décision du ministre des Finances Michel Debré, avec la Banque nationale pour le commerce et l'industrie (BNCI) pour donner naissance à la Banque nationale de Paris (BNP), devenue BNP Paribas en 2000.Salies 1989, vol. 1, .. L'année suivante, les Nouvelles Galeries font construire un grand magasin entre la rue Lapeyrouse (actuel ) et la rue du Lieutenant-Colonel-Pélissier, à l'emplacement de l'hôtel Caulet-Rességuier : à la suite d'une forte mobilisation, la façade sur la rue est conservée, mais les appartements intérieurs et la façade sur jardin sont démolis.