Le secteur de l'énergie en Afrique du Sud est largement dominé par le charbon qui constitue 93,8 % de la production et 69,2 % de la consommation d'énergie primaire du pays en 2023 (73 % en 2024).
La production d'énergie primaire en Afrique du Sud se répartissait en 2023 en 93,8 % d'énergies fossiles (charbon), 1,6 % de nucléaire et 4,6 % d'énergies renouvelables (biomasse : 3,1 %, éolien et solaire : 1,4 %).
L'Afrique du Sud se classe en 2024 au mondial des producteurs de charbon avec 3,1 % de la production mondiale, et au des exportateurs de charbon avec 4,5 % des exportations mondiales ; elle exporte 37 % de sa production de charbon. Les réserves récupérables de charbon de l'Afrique du Sud se classent au mondial avec 1,3 % des réserves mondiales.
L'industrie sophistiquée des carburants synthétiques produit de l'essence et du diesel à partir de charbon et de gaz naturel.
La consommation d'énergie primaire se répartissait en 2023 en 92,8 % d'énergies fossiles (charbon : 69,2 %, pétrole : 21,0 %, gaz naturel : 2,5 %), 1,8 % de nucléaire et 5,4 % d'énergies renouvelables, et était, par habitant, supérieure de 4 % à la moyenne mondiale et plus élevée que la moyenne africaine.
L'électricité représentait 26,3 % de la consommation finale d'énergie en 2023 ; sa production se répartissait en 2023 entre les combustibles fossiles pour 85,1 % (dont charbon : 81,6 %), le nucléaire pour 3,7 % et les énergies renouvelables pour 11,1 % (éolien 5,1 %, solaire 3,0 %, hydraulique 2,9 %, biomasse 0,2 %).
Les émissions de liées à l'énergie de l'Afrique du Sud s'élevaient en 2022 à par habitant, supérieures de 53 % à la moyenne mondiale et supérieures à la moyenne africaine, du fait de la prépondérance du charbon dans le bilan énergétique sud-africain ainsi que de la consommation d'énergie par habitant élevée du pays, surtout due à l'industrie (37,8 %).
Vue d'ensemble Principaux indicateurs de l'énergie en Afrique du Sud Population Consom.énergieprimaire Production Import.nette Energy Statistics Data Browser - Net energy imports, South Africa, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. Consom.électricité Energy Statistics Data Browser - Electricity consumption, South Africa, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025. Émissionsde GES*tab.GHG Energy Année Million PJ PJ PJ TWh Mt eq 1990 40,75 South Africa : Total population by sex, United Nations Data Portal, Department of Economic and Social Affairs, Population Division, 2025. 946 156,0 288 2000 47,2 206,0 329 2010 52,3 752 232,7 474 2011 53,0 650 237,5 457 2012 53,8 974 230,7 478 2013 54,7 230,1 490 2014 55,6 725 229,0 502 2015 56,7 947 228,2 476 2016 57,3 793 225,3 474 2017 57,6 850 227,1 484 2018 58,6 916 229,0 488 2019 59,6 739 224,6 494 2020 60,6 987 210,6 470 2021 61,5 541 216,4 460 2022 62,4 716 212,4 443 2023 63,2 642 205,3 nd variation19902023 +55 % +34 % +21 % -32 % +32 % +54 %* émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie.
Énergie primaire + Production d'énergie primaire en Afrique du Sud par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2023 % 2023 var.2023/1990 Charbon 86,3 89,8 92,6 93,7 93,8 % +31 % Pétrole 0 40 0,7 21 0,3 3 0,04 1 0,02 % ns Gaz naturel 63 1,3 59 1,0 53 0,8 39 0,6 0,1 ε -99,8 % Total fossiles 87,6 91,5 93,7 94,3 93,8 % +29 % Nucléaire 92 1,9 142 2,4 132 2,0 108 1,7 93 1,6 % +1 % Hydraulique 4 0,1 4 0,1 8 0,1 5 0,1 8 0,1 % +0 % Biomasse-déchets 506 10,4 359 6,1 268 4,1 183 2,9 182 3,1 % -64 % Solaire, éolien 0 0 3 0,04 61 1,0 83 1,4 % ns Total EnR 509 10,5 363 6,1 279 4,3 250 4,0 272 4,6 % -47 % Total 100 100 100 100 100 % +21 %Source des données : Agence internationale de l'énergie
Charbon
Les réserves prouvées récupérables de charbon de l'Afrique du Sud étaient estimées par l'Agence fédérale allemande pour les sciences de la terre et les matières premières (BGR) à (millions de tonnes) fin 2022, soit 1,3 % des réserves mondiales, au mondial, loin derrière les États-Unis (28,0 %), la Chine (18,8 %), l'Inde (15,7 %), l'Australie (9,7 %) et la Russie (9,2 %)100. Elles représentent de production au rythme de 2022 : ( mondial)101. BGR estime les ressources supplémentaires identifiées, mais dont l'exploitation n'est pas techniquement ou économiquement justifiée, à de charbon99. BGR ne mentionne pas de ressources sud-africaines en lignite.
L'Energy Institute estime la production de charbon sud-africaine en 2024 à 47, soit , représentant 3,1 % de la production mondiale, au mondial, en hausse de 0,3 % en 2024, mais en baisse de 10 % depuis 201448. Sa consommation est estimée à , soit 2,1 % de la consommation mondiale, au mondial, en hausse de 1,9 % en 2024, mais en baisse de 6,4 % depuis 201451. Les exportations de charbon sud-africaines sont estimées à en 2024, soit 4,5 % des exportations mondiales, au mondial derrière l'Indonésie (29,8 %), l'Australie (25,2 %), la Russie (13,4 %), les États-Unis (7,3 %), la Mongolie (6,3 %) et la Colombie (4,8 %)50. Elles sont allées surtout en Asie (74 %, en particulier en Inde : 35 % et en Corée du sud : 10 %), en Europe (12 %) et en Afrique (9 %)49.
L'Afrique du Sud a exporté en 2023 Energy Statistics Data Browser - Coal imports vs. exports, South Africa, 1990-2023, Agence internationale de l'énergie, 10 juin 2025., soit 37,4 % de sa production.
Les principaux gisements étaient en 2006 ceux de Highveld (31 % des réserves), Witbank (30 %), Ermelo (14 %) et Waterberg (11 %), tous situés dans les provinces du nord Stephan Schmidt, Coal deposits of South Africa - the future of coal mining in South Africa, Institut de géologie de Freiberg..
La compagnie sud-africaine Sasol site officiel de Sasol, créée en 1950, débuta en 1955, dans son complexe de Sasolburg, la production de carburants de synthèse par le procédé Fischer-Tropsch à partir de charbon, afin d'approvisionner le pays en produits pétroliers dont il était privé par les sanctions internationales contre sa politique d'apartheid ; l'usine Sasol II fut construite de 1976 à 1980 à Secunda, puis Sasol III démarra en 1982 ; en 2004, l'arrivée du gaz naturel du Mozambique apporta une deuxième source pour la synthèse de carburants liquides Historical Milestones, site de Sasol..
L'Afrique du Sud exporte environ 25 % de sa production de charbon. Le terminal charbonnier de Richards Bay, son principal terminal d'exportation, est l'un des plus grands du monde ; en 2013, il a dépassé pour la première fois le seuil de d'exportation de charbon ; les principales destinations sont l'Inde et la Chine.
La production de charbon est fortement affectée par la crise sanitaire liée au Covid-19 en 2020.
Pétrole Les réserves prouvées de pétrole de l'Afrique du Sud étaient estimées par BGR à (millions de tonnes) fin 2022, soit seulement 0,001 % du total mondial. Elles représentaient 20 années de production au rythme de 2022 : . Les ressources supplémentaires, non encore prouvées, sont estimées à 75.
La production de pétrole en Afrique du Sud est minime : en 2023, soit 0,02 % de la production d'énergie primaire du pays. La consommation de pétrole du pays atteint , soit 21 % de la consommation d'énergie primaire du pays.
La consommation de pétrole de l'Afrique du Sud en 2024 est estimée par l'Energy Institute à , soit 0,5 % du total mondial et 11 % du total de l'Afrique27.
La faiblesse des ressources pétrolières a poussé l'Afrique du Sud à produire des carburants de synthèse par le procédé Fischer-Tropsch à partir de charbon depuis les années 1950. En 2004, l'arrivée du gaz naturel du Mozambique apporta une deuxième source pour la synthèse de carburants liquides. L'industrie sophistiquée des carburants synthétiques produit de l'essence et du diesel à partir de charbon dans l'usine de Secunda et de gaz naturel dans l'usine de Mossel Bay. Les carburants synthétiques (synfuels) représentent près de 90 % de la production nationale de pétrole U.S.Energy Information Administration (EIA) South Africa Country Analysis Brief Overview, 28 février 2015..
Selon l'EIA, en 2013 la production de pétrole totale de l'Afrique du Sud atteignait (milliers de barils/jour), dont de pétrole brut, le reste étant surtout des carburants synthétiques ; la consommation était de et les importations nettes de .
PetroSA, entreprise d'État, exploite les installations de production de pétrole et de gaz naturel ainsi que l'usine de carburants synthétiques de Mossel Bay à partir du gaz. Sasol, compagnie privée, exploite l'usine de conversion charbon-carburant de Secunda et possède une part majoritaire dans la raffinerie de pétrole Natref, une participation dans le gazoduc de transport du gaz depuis le Mozambique ainsi que des parts de mines de charbon.
L'Afrique du Sud est le second consommateur de pétrole d'Afrique, derrière l'Égypte ; les produits pétroliers consommés proviennent pour l'essentiel des raffineries sud-africaines et des usines de carburants synthétiques. Les raffineries importent leur pétrole brut surtout du Moyen-Orient et d'Afrique occidentale ; en 2013, près de la moitié de ces importations provenait de l'Arabie saoudite.
Gaz naturel Les réserves prouvées de gaz naturel de l'Afrique du Sud étaient estimées par BGR à (milliards de m³) fin 2022, soit 0,005 % du total mondial. Aucune production n'est signalée en 202286. Les ressources supplémentaires, non encore prouvées, sont estimées à , au mondial, dont de réserves conventionnelles, de gaz de schiste et de gaz de couche89.
La production de gaz naturel en Afrique du Sud est minime : en 2023, soit 0,002 % seulement de la production d'énergie primaire du pays ; elle décline progressivement : en 1990, en 2010, en 2019, -99,8 % de 1990 à 2023. La consommation de gaz naturel est de en 2023, soit 2,5 % de la consommation totale d'énergie primaire.
L'Energy Institute estime la consommation sud-africaine de gaz naturel en 2024 à 39, soit , représentant 0,1 % du total mondial40.
Les importations de gaz naturel depuis le Mozambique atteignaient en 202445 ; elles alimentent l'usine de carburant synthétique de Secunda et quelques centrales électriques à gaz.
PetroSA exploite les installations de production de gaz naturel ainsi que l'usine de carburants synthétiques de Mossel Bay, au bord de l'océan Indien dans la province du Cap-Occidental, à partir du gaz produit par le gisement offshore situé au large de ce port. Sasol possède une participation dans le gazoduc de transport du gaz depuis le Mozambique.
Selon l'EIA, l'Afrique du Sud détiendrait 390 trillions de pieds cubes (Tcf), soit de gaz de schiste techniquement récupérable. Mais des préoccupations environnementales ont conduit le gouvernement à imposer un moratoire sur l'exploration du gaz de schiste à partir d'avril 2011 jusqu'à septembre 2012. En octobre 2013, le gouvernement a publié des propositions de nouvelles réglementations pour encadrer cette exploration ; les compagnies internationales attendent que leur soient accordées des licences d'exploration.
Uranium La production d'uranium en Afrique du Sud est en général un sous-produit des mines d'or et de cuivre ; une compagnie a été créée en 1951 pour exploiter les boues riches en uranium issues de l'extraction d'or ; elle a été reprise en 1967 par la Nuclear Fuels Corporation of South Africa (Nufcor), qui en 1998 devint une filiale d'AngloGold Ltd, rebaptisée depuis AngloGold Ashanti. Elle produit plus de d' par an. En mai 2009 AngloGold a annoncé son projet de construire une nouvelle usine de récupération d'uranium à Kopanang pour porter sa production à par an en 2012. La plupart des gisements sont dans le bassin du Witwatersrand.
Consommation d'énergie primaire