La samba rock ou samba-rock (également connue comme samba soul ou confondue avec la samba funk voire la sambalanço) est une culture de danse et un sous-genre musical brésilien qui fusionnent la samba avec le rock, la soul et le funk. Elle est née des soirées dansantes des communautés noires des classes inférieures de São Paulo après leur exposition au rock 'n' roll et à la musique afro-américaine à la fin des années 1950.

En tant que développement de la musique populaire brésilienne des années 1960, le genre est lancé par des artistes tels que Jorge Ben, Tim Maia et le Trio Mocotó. Il atteint son apogée lors des années 1970, après avoir fait son entrée dans les discothèques.

Dans les années 2000, la samba rock devient un mouvement culturel plus large impliquant des danseurs, des disc-jockeys, des universitaires et des musiciens, qui ont réinventé le genre sous une forme modernisée.

Jorge Ben Jor, Erasmo Carlos, Bedeu, Bebeto, Trio Mocotó et Clube do Balanço sont quelques-uns des principaux représentants de ce style.

Définition : fusion des rythmes Au tournant des années 1960 et 1970, le Brésil voit se définir un nouveau genre musical, basé sur la fusion des bases rythmiques et thématiques de la samba avec un discours et une musicalité directement absorbés par la musique noire américaine. Depuis quelque temps déjà, des musiciens de différentes tendances, liés aux influences de la culture internationale, dialoguent, créant de nouveaux rythmes basés sur la fusion de la matrice commune de l'archi-genre qu'est la samba avec le jazz, le rock et la musique soulÀ l'origine, la musique soul était une version laïque du gospel américain, avant de devenir la principale forme de musique afro-américaine dans les années 1960 et 1970.. Parallèlement à ce scénario musical, de nouvelles expériences interprétatives sont développées à São Paulo par des Afro-Brésiliens de la banlieue, qui ont créé les premiers pas d'une danse mêlant des influences chorégraphiques du rockabilly américain (dérivé du lindy hop) et le battement de la mesure de la samba. Cette nouvelle danse s'appelle samba rock, ce qui finit par définir aussi une nouvelle façon de faire de la musique, un nouveau genre musical..

Techniquement, dans les compositions samba rock, on réalise un déplacement de l'accentuation rythmique, dont la mesure binaire à de la samba est adaptée à la mesure quaternaire de la musique rock ou soul, en utilisant également des cuivres importés de groupes américains de soul et de funk..

Structurellement, c'est le nom donné à la samba exécutée à la guitare électrique, dans le style popularisé par plusieurs artistes, dont l'icône était Jorge Ben Jor, même s'il n'aime pas le terme.. Dans plusieurs régions du pays, des artistes ont développé des chansons en parallèle dans le but de mélanger la samba avec le rock et la soul. À Porto Alegre, on l'appelait autrefois . ; « samba-rock » était plus utilisé à São Paulo tandis qu'à Rio de Janeiro, des expressions telles que et, plus tard, « samba-soul » étaient plus récurrentes. Malgré les différents accents musicaux, la matrice fusion a toujours été maintenue, avec la modulation rythmique classique du rock 'n' roll, composée de batterie, basse, guitare et claviers, articulée au rythme de la samba à travers le violão, la cuíca, le pandeiro et la timbal.

Histoire Origines à la fin des années 1950 Les origines du samba rock se trouvent dans les favelas à prédominance noire de São Paulo à la fin des années 1950, lorsque la radio et les salles de danse brésiliennes sont touchées par la diffusion mondiale du rock 'n' roll et du rockabilly américains et de la musique afro-américaine associée comme le blues et le jazz. Sa première incarnation est un phénomène de danse qui se manifeste lors de fêtes de quartier communautaires qui commencent à jouer ces styles aux côtés de la musique traditionnelle de la samba et du boléro. Ces soirées sont par la suite déplacées dans des salles plus grandes animées par des disc-jockeys.

Le premier DJ de samba-rock connu, Osvaldo Pereira, connu sous son nom de scène « Orquestra Invisível Let’s Dance », fait ses débuts en 1958 dans le centre-ville de São Paulo. , raconte Pereira. Ses premiers équipements comprennent un système audio de doté d'une version rudimentaire d'un crossover, qui permet à Pereira de contrôler les fréquences de la musique.

Culture de la danse

Ainsi, en raison de l'éclectisme de la sélection musicale, des danses émergent à São Paulo et se font connaître sous le nom de danses samba-rock.. Des artistes tels que Djalma de Andrade, mieux connu sous le nom de Bola Sete., Waldir Calmon et le groupe , fusionnent déjà la samba avec le rock et se font connaître dès les premiers bals de São Paulo.

vignette|Jackson do Pandeiro et Almira Castilho en 1956.|alt=Photographie en noir et blanc, une femme est debout à gauche et à droite un homme est légèrement accroupi. La femme est vêtue d'une robe et l'homme d'un pantalon et d'une chemise. Lors des premières soirées samba-rock, les DJ jouent de la musique de différents genres, notamment les sambas du genre partido-alto et le rock italien, tandis que les participants se réunissent par paires et se livrent au rock 'n' roll (Lindy hop, rockabilly) et aux danses de samba (samba de gafieira). En 1957, le pianiste brésilien Waldir Calmon enregistre une version samba de de Bill Haley, qui marque un tournant ; selon la journaliste brésilienne Beatriz Miranda, .

En 1959, Jackson do Pandeiro enregistre . de Gordurinha et Almira Castilho, l'épouse de Jackson. Cette composition, qui fait une allusion critique à l'invasion américaine de la musique brésilienne en 1959, est classée « samba-coco »..

Les danses de samba rock honorent un échange entre la musique originale et une variété d'autres styles, selon Mestre Ataliba, l'un des premiers professeurs de danse samba rock de São Paulo. , a-t-il déclaré. .

Développement musical dans les années 1960 Un contexte fertile vignette|gauche|Jorge Ben et le Trio Mocotó en 1971.|alt=Photographie en noir et blanc. Quatre hommes joues d'un instrument de musique différents. Le genre samba rock se développe dans les années 1960 avec des musiciens brésiliens populaires qui fusionnent la samba avec des influences américaines de rock, de soul et de funk. Ce développement se produit parallèlement au mouvement artistique Tropicália au sein de la música popular brasileira (MPB) du milieu des années 1960, qui lui-même est en train de moderniser les rythmes traditionnels de la bossa nova avec des influences d'autres sons pop rock brésiliens et internationaux.

Contrairement aux petites scènes de bossa nova de Beco das Garrafas où la musique est là pour être écoutée et où il y a à peine de la place pour pratiquer la danse de salon, de grandes boîtes de nuit émergent et servent de scène à la définition de ces nouveaux genres. Marquant une plus grande séparation avec la bossa nova, elles sont basées sur la performance de l'organiste Ed Lincoln, la guitare syncopée de Durval Ferreira, le « roi des danses », et d'Orlandivo (appelé « le sambista de la clé », car il utilise un porte-clés comme accompagnement percussif), entre autres, qui crée ce qu'on appelle la . Tous ces musiciens vivent ensemble et se produisent au Beco das Garrafas, où João Meirelles, instrumentiste considéré comme le créateur de la samba jazz avec son groupe Copa 5, pratique un style musical aux influences du bebop de Sonny Rollins et du cool jazz de Stan Getz, mêlé à des rythmes de samba..

João Meirelles arrange et joue sur les premiers disques d'un jeune chanteur de Beco das Garrafas, encore inconnu, qui fait ses premiers pas de carrière de crooner : Jorge Ben, jouant un mélange de samba-enredo, bossa nova, baião et rock.. Ce dernier, Trio Mocotó et Tim Maia sont considérés comme les pionniers de la samba rock, Ben ayant même le surnom de « père de la samba rock ».

Impact de Jorge Ben dans le développement du genre vignette|Jorge Ben Jor en 1972.|alt=Photographie en noir et blanc d'un homme assis qui joue de la guitare. Ce dernier se produit lors de fêtes entre amis, jusqu'à ce qu'il commence à chanter professionnellement. En 1963, il est engagé par le label Philips et sort son premier 78 tours qui connaît un grand succès. Cette année-là également, le premier LP, , et le second, , sont sortis et connaissent à leur tour un certain succès. Autodidacte, Ben ne peut imiter la technique raffinée des musiciens de bossa-nova et finit par développer une façon originale de jouer de la guitare, basée sur un rythme inhabituel mêlant le rock au style intime de son idole, João Gilberto. En 1966, Roberto et Erasmo Carlos composent , une sambalanço enregistré par Elza Soares..

Jorge Ben se produit à la fois sur (présenté par Elis Regina et Jair Rodrigues), un programme lié à la musique traditionnelle brésilienne, et pour la , un programme de musique pour les jeunes. Après un ultimatum de la production d', il préfère se consacrer à Jovem Guarda, bien que les deux aient été diffusés sur Rede Record. Il existe un préjugé de la part des artistes MPB envers la Jovem Guarda, au point qu'une « Marche contre la guitare électrique » est organisée. Quelque temps plus tard, Elis Regina enregistre des chansons de Jorge, Roberto et Erasmus. En 1967, Jorge Ben sort , faisant une collaboration avec Erasmo sur le titre , titre qui fait référence au quartier de São Paulo où Jorge et Erasmo partagent un appartement. Le groupe enregistre la partie instrumentale de l'album, que Jorge définit comme un style de (samba jeune).. L'année suivante, Jorge quitte Jovem Guarda (qui se terminera également la même année) et rejoint le programme sur TV Tupi, présenté par Caetano Veloso et Gilberto Gil. Tous deux ont fondé Tropicália, un mouvement qui mélange la musique brésilienne avec des guitares rock psychédéliques. Le groupe Os Mutantes, également lié au tropicalisme, enregistre de Jorge Ben sur leur premier album ; Roberto Carlos sort en 1969 , dont l'influence de la musique soul se fait sentir dans des morceaux tels que et .. ; cette dernière est composé par comme un samba-rock inspiré par Jorge Ben. Erasmo enregistre son premier samba-rock, ; bien que la paternité soit attribuée à un partenariat avec Carlos, l'album n'a été composé que par lui..

vignette|gauche|Roberto Carlos, Erasmo Carlos et Wanderléa lors de l'enregistrement du film (1970).|alt=Photographie en noir et blanc de trois hommes assis. L'homme du milieu est assis sur un canapé, une femme est assise sur le dessus de ce meuble et est penchée vers lui.

La musique ancienne de Jorge Ben contribue de manière significative à l'identité rythmique du genre. S'éloignant des influences musicales européennes de la bossa nova, le chanteur s'inspire des styles afro-américains, tels que le jazz, le rythm and blues, et finalement la soul, le funk et le rock, pour développer un rythme unique, qu'il appele « sacundim sacundem ». Stylistiquement, Ben combine la samba avec des instruments et des éléments du rock 'n' roll, notamment la guitare électrique, la batterie et la réverbération. Selon Jacob McKean du magazine , « le son lourd de big band » sur la chanson (extrait de l'album éponyme de Ben de 1969) est un élément clé du genre. Son album de 1970 , enregistré avec le Trio Mocotó, est également pionnier du samba rock dans sa fusion de l'accompagnement groove du groupe et des rythmes plus rock de la guitare de Ben. Leurs configurations instrumentales au cours des années 1970 comprennent souvent la guitare, le pandeiro et le timbal, un tambour traditionnel.