Prudemanche est une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire.

Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par l'aqueduc de l'Avre, la Meuvette, le fossé 02 des Caves et divers autres petits cours d'eau. La commune possède une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.

Prudemanche est une commune rurale qui compte en , après avoir connu une forte hausse de la population depuis 1968.

Géographie Situation Le territoire de la commune s'étend sur deux paysages très différents : au nord, limité par le cours de la Meuvette, un paysage très boisé, au sol caillouteux, au travers duquel les eaux de ruissellement ont creusé quelques vallons pour atteindre la rivière, au sud, un paysage très ouvert faisant partie du plateau de Laons dont les premières parcelles furent défrichées quelques millénaires avant notre ère, par les paysans de l'époque néolithique dont on a conservé les monuments funéraires mégalithiques au bois des Vallées et près de Badinville, hameau de la commune limitrophe Dampierre-sur-Avre. Ici et là, les haches, en silex taillé et poli, avec lesquelles ces paysans défrichèrent la région ont été retrouvées en assez grand nombre.

Communes limitrophes

Lieux-dits et écarts La commune comprend notamment les hameaux suivants : La Métairie ; Marigny ; La Bouverie. Bois Fautray

Hydrographie La commune est bordée au nord par la Meuvette, affluent en rive droite de l'Avre, sous-affluent du fleuve la Seine par l'Eure. La commune est également traversée au nord par l'Aqueduc de l'Avre.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Laons à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Prudemanche est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (82,4 %), forêts (15 %), mines, décharges et chantiers (2,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Risques majeurs Le territoire de la commune de Prudemanche est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment le Meuvette et l'Aqueduc de l'Avre. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1999, partie 1 - chapitre Risque inondation..

vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Prudemanche. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des mouvements de sols liés à la présence d'argile, des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines (hors mines) et des effondrements généralisés, partie 1 - chapitre Mouvements de terrain.. L'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..

Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 53,6 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (52,8 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 61 sont en aléa moyen ou fort, soit 56 %, à comparer aux 70 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2003 et par des mouvements de terrain en 1999.

Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Predemanche vers 1272, Pratum Dominicum en 1351..

Vers le , un noble chevalier qui faisait partie de la milice de Hugues seigneur du Thimerais, donna à l'abbaye de Coulombs une terre, proche de Marigny, dénommée pratum dominicum, du bas latin pratum « pré » et de l'adjectif dominicum « du seigneur », « la prairie du Seigneur » ; par altération, au fil des années, ce nom aurait donné Prudemanche.

Histoire Depuis l'époque préhistorique, le sol a été exploité sans relâche. Des traces d'enclos agraires, près de la ferme de La Loge, des déchets de la métallurgie du fer près de La Bouverie, des poteries gallo-romaines complètes trouvées aux Terres Rouges (sépultures ?), et des pièces de monnaie romaines au Pérou, à l'effigie de l'empereur Vespasien (69-79) attestent d'activités d'une communauté humaine locale aux époques gauloise et gallo-romaine.

En 1184, la terre de Marigny est possédée, en commun, par les moines de Coulombs et les lépreux de Beaulieu de Chartres.

Au , le domaine de Marigny est une seigneurie, et plusieurs pièces aux archives départementales d'Eure-et-Loir, font mention des seigneurs de Marigny.

En 1189, Guillaume de Marigny est cité comme témoin dans une charte au prieuré de Brezolles.

L'abbaye de Coulombs y installa sans doute un prieuré avec une chapelle. Ce centre devait devenir la paroisse de la communauté constituée par tous ceux et celles qui travaillaient dans cette campagne. Au fil des siècles, sans doute sous l'influence de Coulombs, se rattachèrent à cette communauté tous les hameaux des environs pour constituer la paroisse que nous connaissons aujourd'hui.

En 1298, Pierre de Marigny devient le neuvième abbé de l'abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois à Saint-Maixme-Hauterive, près de Châteauneuf-en-Thymerais.

En 1317, Louis de France, comte d'Évreux, fils du roi Philippe le Hardi donne à Philippe le Long, la terre de Marigny que lui avait remis Louis X le Hutin.

En 1350, Marigny appartient à la famille de Fayel, originaire du Vermandois et du Beauvaisis. Celle-ci la reçoit en compensation des dommages subis sous l'occupation anglaise pendant les règnes de Charles VI et de Charles VII, le domaine de la Perruche situé à gauche de la route de Brezolles à Saint-Rémy-sur-Avre, en face de Marigny ; (il n'en reste plus aucun bâtiment aujourd'hui) mais relevait féodalement de La Ferté-Vidame.

En 1669, Henri de Fayel, seigneur de Marigny et de la Perruche fut tué en l'église de Blévy en participant à un duel ; voici en quelle occasion :

En 1795, Charles Philippe François de Fayel mourut sous les drapeaux et son frère Louis Paul de Fayel resta célibataire. Avec la dernière représentante de la famille : Agnès, Marie, Jacqueline de Fayel s'éteignit cette branche des de Fayel de Marigny de la Perruche.

Au cours des temps modernes, la paroisse ne connut pas vraiment d'événements marquants. À la Révolution, l'abolition des privilèges et la redistribution des terres ayant appartenu aux grands ordres religieux ne changea guère les mentalités.

Le fait qu'en 1795, Louis Charles de Fayel, seigneur de La Perruche et de Marigny prit simplement le nom de Marigny et mourut, maire de Prudemanche en 1807 est significatif de la paix qui régna au village dans cette période agitée.

Trois lieux-dits évoquent un peu ce que fut autrefois la vie des paysans de Prudemanche :

"Le vieux moulin" situé au nord de la Bouverie en un endroit élevé, bien dégagé, utilisait la force du vent pour moudre les céréales cultivées aux environs.

"La chapelle du gué" près d'un gué sur la Meuvette permettant le passage du chemin reliant le Chêne-Simon au hameau des Marnières s'élevait une chapelle dédiée à la Vierge Marie que l'on venait implorer pour obtenir la pluie dans les grandes années de sécheresse. Cette chapelle fut abandonnée avant la Révolution.

"Les Marnières" un hameau de quelques maisons situé dans la vallée de la Meuvette était habité par les marnerons qui extrayaient la marne pour fabriquer la chaux et amender les terres.

Au cours des deux grands conflits mondiaux du , la population connut les souffrances et les deuils comme toutes les communes de France mais aucun fait de guerre ne vint troubler la campagne.

Dans le clocher de l'église, la cloche dont de Fayel fut le parrain, continue à sonner pour les rassemblements de la communauté lors des baptêmes, des mariages et des enterrements de ceux qui ont leur racine dans ce paisible village.

Légendes au coin du feu (rapportées par E. Lefèvre en 1853Source : Brezolles et ses environs par Edouard Lefèvre Éditions Res Universis 16 rue O Tierce, 80000 Amiens.) D'après la tradition orale que je vais reproduire, aussi fidèlement que possible, dans toute sa naïveté