L'église Saint-Rémy de Barbery est une église catholique paroissiale située à Barbery (Oise), en France. C'est un petit édifice à nef unique, d'une facture un peu rustique, qui date pour l'essentiel du milieu du , pour la nef, et du milieu du , pour les parties orientales. Les deux premières travées de la nef ont été remaniées à l'époque moderne, et ont perdu leur intérêt, mais la troisième travée conserve une voûte d'ogives d'origine, et correspond à la base de l'ancien clocher, et en même temps à la première travée de l'ancien chœur. Vers le milieu du , sa seconde travée a été remplacée par un petit transept et une abside à cinq pans, et l'église de Barbery offre ainsi l'un des rares exemples d'une église rurale avec transept de cette époque. Le style est gothique flamboyant, mais les influences de la Renaissance se manifeste à travers le retour vers l'arc en plein cintre. Le chevet se distingue par l'importance de ses surfaces vitrées. L'église Saint-Rémy a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Rieul de Senlis, et les messes dominicales y sont généralement célébrées le premier dimanche du mois à 11 h 15.
Localisation
L'église est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, près de Senlis, sur la commune de Barbery, au nord de la fourchette rue du Général-Taupin (RD 134) / rue du Général-Patton. La rue du Général-Taupin est le principal axe de communication du village. Depuis le sud, elle arrive en face de l'élévation méridionale de l'église, où l'on trouve une croix hosannière au milieu d'un petit parking, puis passe entre le chevet de l'église et le pignon de la mairie. La rue du Général-Patton passe devant la façade occidentale, qui est en partie dissimulée par un grand arbre. L'église est donc dégagé d'autres bâtiments au sud, à l'est et à l'ouest, mais la mairie à l'est et l'arbre sur le parvis ne permettent pas d'apprécier le chevet et la façade dans leur ensemble, en prenant du recul. L'élévation septentrionale n'est séparée des maisons voisines que par une étroite ruelle.
Historique thumb|upright|left|Emblème de la paroisse.
L'église est dédiée à saint Remi de Reims. Sa date de fondation est inconnue. Le village n'est pas mentionné dans les chartes avant 1060. Le collateur de la cure était l'évêque de Senlis. Sous tout l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné et du diocèse de Senlis... La plus ancienne partie de l'église actuelle est la troisième travée de la nef, qui correspond à la première travée de l'ancien chœur, et en même temps, à la base de l'ancien clocher. Dominique Vermand date cette travée des années 1160. La nef n'est guère plus récente, comme le montrent trois contreforts du milieu du au sud, et un contrefort analogue en façade. Cependant, toutes les fenêtres ont été repercées au ou au , le portail a été refait, et le plafond plat est également moderne, ce qui amène Louis Graves à penser que la nef soit moderne. Après son achèvement, l'église de style gothique primitif était certainement à nef unique, et devait ressembler à l'église voisine de Villeneuve-sur-Verberie, si la seconde travée du chœur se terminait par un chevet plat, ou à l'église de Saint-Vaast-de-Longmont, si le chevet était en hémicycle. La seconde travée du chœur roman est remplacée par un petit transept et une abside à pans coupés au deuxième ou troisième quart du , dans un style qui hésite entre gothique flamboyant et Renaissance. Cette reconstruction et agrandissement justifie une nouvelle dédicace par Guillaume IV Rose, évêque de Senlis et célèbre meneur de la ligue, le ... thumb|upright|Bannière de procession.
Sous la Révolution française, le diocèse de Senlis est supprimé. L'ensemble des paroisses du département de l'Oise est rattaché au diocèse de Beauvais. Le Concordat de 1801 apporte l'intégration de l'Oise dans le diocèse d'Amiens, situation qui perdure jusqu'au rétablissement du diocèse de Beauvais en 1822. Depuis, Barbery en fait partie. En 1841, Louis Graves qualifie l'église Saint-Rémy de chapelle de secours dépendant de Rully. Selon une inscription sous la voûte du croisillon nord, une restauration a été effectuée en 1893, et le décor en faux-appareil est susceptible de dater de cette époque. L'unique verrière polychrome ancien de l'église, une verrière ornementale au sud de l'abside, a été offerte par M. Boucher-Heurlier en la même année, selon l'inscription qui se lit en bas de la lancette de droite. L'observation d'Eugène Müller, qui écrit en 1894 que , vise sans doute ces aménagements, et un renouvellement partiel du mobilier. Le carrelage en damier du sanctuaire est déjà mentionné par Louis Graves, et doit donc être plus ancien. Au cours du , les paroisses de Barbery et Mont-l'Évêque sont définitivement réunies au secteur paroissial de Chamant. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du . Parmi le mobilier de l'église, aucun élément n'est classé monument historique au titre objet.. En 1996, la création de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en fait une communauté au sein de la nouvelle paroisse Saint-Rieul de Senlis.. C'est une très grande paroisse qui regroupe l'ancienne ville épiscopale et seize petites communes des environs, dont deux (Chamant et Rully) possèdent deux églises, et un village (Villeneuve-sur-Verberie) en compte même trois. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Rémy le premier dimanche du mois à 11 h 15, à de rares exceptions près..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
À peu près régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme simple et se compose d'un porche moderne ; d'une nef non voûtée de deux travées, suivie de la première travée de l'ancien chœur des années 1160, qui est voûtée d'ogives ; d'un transept ; et d'une abside à pans coupés. Ces dernières parties sont également voûtées d'ogives. La sacristie occupe l'angle entre la travée voûtée de la nef et le croisillon nord. Une tourelle d'escalier se situe à gauche de la façade occidentale. Celle-ci est la seule élévation à posséder un pignon. Un pignon intermédiaire se situe entre la deuxième et la troisième travée de la nef, qui supporte par ailleurs le petit clocher en charpente, recouverte d'ardoise. Les croisillons et l'abside sont munis de toits à croupe. Le portail occidental constitue l'unique accès à l'église.
Intérieur Nef thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Doubleau oriental, chapiteaux côté sud.
Les deux premières travées de la nef constituent une simple salle rectangulaire, dont la décoration est inspirée de l'architecture néo-classique. La hauteur sous plafond ne dépasse guère les cinq mètres. Le plafond plat est consolidé par deux entraits de la charpente, et formé par trois grands panneaux entourés de moulures. Cette subdivision ne correspond donc pas au nombre de travées suggéré par les fenêtres, qui sont au nombre de deux de chaque côté, en plein cintre, à faible ébrasement et assez grandes. Les murs sont enduits et traités en faux-appareil. À l'est, les deux contreforts occidentaux de l'ancienne base du clocher font saillie dans la nef, dont les deux premières travées sont donc plus larges que le reste. Le pavage du sol en damier remplage le dallage d'anciennes pierres tombales, que Louis Graves note en 1841. Une tribune en bois, de style néo-gothique, occupe l'extrémité occidentale de la nef. L'on y accède par la tourelle d'escalier visible depuis l'extérieur, qui a donc la double mission de desservir la tribune et les combles.
La troisième travée, en l'occurrence l'ancienne base du clocher voûtée d'ogives, présente un certain intérêt archéologique. Vers l'ouest et vers l'est, la voûte est délimitée par des arc-doubleaux moulurés d'un filet entre deux tores, et d'un tore supplémentaire vers le transept, qui représente le rouleau supérieur. Il n'y a pas de formerets latéralement. Tous les arcs d'inscription sont en tiers-point. Les ogives sont profilées d'un gros tore dégagé d'un bandeau placé en arrière-plan. La clé de voûte, à environ six mètres du sol, n'est pas décorée : les ogives s'y croisent simplement. Les lignes faîtières sont horizontales, et non bombées, mais le caractère de la voûte est toutefois assez archaïque en raison du diamètre important de ses nervures. Les doubleaux et les ogives retombent, de chaque côté, sur les tailloirs d'un faisceau de deux ou trois colonnettes à chapiteaux. Les tailloirs, de facture rustique, sont au profil d'une plate-bande et d'un biseau. Les chapiteaux du doubleau occidental ont été retaillés, et présentent maintenant un rang de denticules et un rang de larges cannelures alternant avec des paires d'étroites cannelures, ce qui évoque vaguement des godrons. Ce remaniement est placé sous l'influence de la Renaissance. Les chapiteaux des ogives ont été arasés en dessous du rang de denticules. Les fûts correspondant au doubleau sont plus forts que les autres. Les chapiteaux du doubleau oriental sont bien conservés, mais l'on n'a pas hésité de les cacher derrière une station du chemin de croix au nord. La sculpture fait appel à des feuilles d'eau ou feuilles plates toutes simples, avec des volutes d'angle seulement esquissés. Le chapiteau médian du côté sud présente toutefois des enroulements plus complexes. Selon Dominique Vermand, ces chapiteaux renvoient à la cathédrale de Senlis (où ces chapiteaux simples sont réservés aux emplacements moins visibles, dont notamment les tribunes du chœur). En ce qui concerne les élévations latérales, la troisième travée est éclairée par une fenêtre analogue aux précédentes du côté sud, et communique avec la sacristie par une arcade en tiers-point non moulurée, mais simplement chanfreinée, au nord. L'arcade est fermée par une clôture en bois.
Transept et abside thumb|Vue depuis la nef. thumb|Croisée, vue vers l'ouest.
Sur son tableau de synthèse des églises des cantons de Chantilly et de Senlis, Dominique Vermand qualifie les parties orientales de témoignages très intéressants de l'architecture de la Renaissance.. En effet, les églises rurales du de la région n'ont généralement plus de transept, sauf notamment Armancourt, Baron, Chevrières et Saint-Sauveur ; ou le transept n'est pas débordant, et n'atteint pas la hauteur du vaisseau central, comme à Pont-Sainte-Maxence et Vineuil-Saint-Firmin ; à moins que le parti du chœur-halle ne soit retenu, comme à Boran-sur-Oise, , Jaux et Orrouy. Barbery offre donc l'un des rares exemples d'un transept du cohabitant avec une nef unique. L'architecture est surtout remarquable pour l'importance des surfaces vitrées à l'est. Au-dessus des allèges, les murs orientaux des croisillons et les cinq pans de l'abside sont presque entièrement occupées par les fenêtres, alors que la tendance générale de l'époque va vers des trumeaux plus larges qu'à la période rayonnante. Il est vrai aussi que les murs occidentaux des croisillons sont aveugles, et sans que l'on puisse deviner la cause, le mur méridional du croisillon sud est lui aussi dépourvu de fenêtres, alors que le mur septentrional, bien que jouxtant une maison voisine, est pourvue d'une fenêtre flamboyante. L'architecture elle-même n'a rien d'exceptionnel, et ne fait qu'adopter les dispositions courantes à l'époque de construction, si ce n'est le profil émoussé des nervures des voûtes, avec une fine baguette au milieu, ce qui évoque presque un pastiche de l'architecture du .