Saint-Ange-et-Torçay est une commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire.
Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par la Blaise, la Vallée de Saint-Vincent et divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé d'un site Natura 2000 et une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Les « forêts et étangs du Perche », protégés au titre de la directive Oiseaux, , sont un vaste écocomplexe favorable aux espèces d'oiseaux à affinité forestière.
Saint-Ange-et-Torçay est une commune rurale qui compte en .
Géographie Situation La commune de Saint-Ange-et-Torçay est située au sud-ouest de Dreux, en Eure-et-Loir, dans la région naturelle du Thymerais, qui constitue autour de Châteauneuf, Maillebois, Brezolles, une zone de transition ouverte aux influences du Pays Chartrain, de la Normandie, du Perche, de la Beauce et, de plus en plus, de la région parisienne, désormais à moins d’une heure par la RN 12 ou le train.
Elle est constituée de deux villages : le plus important est Torçay où se situe la mairie, le second, Saint-Ange, accueille l’église. Au-delà de ceux-ci, la commune regroupe les hameaux de Groslu, du Coudray, d’Épineux, du Tartre, de Champagne ainsi que les lieux-dits du Mesnil, de Palisay, de Mongneau et de Sainte-Marie.
Communes limitrophes
Hydrographie alt=La Blaise, vue aval du pont de Saint-Ange.|vignette|La Blaise, vue aval du pont de Saint-Ange.
La commune est traversée d'ouest en est par la rivière la Blaise, affluent en rive gauche de l'Eure, sous-affluent du fleuve la Seine.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Thimert-Gâtelles à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Ange-et-Torçay est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (85,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (77 %), forêts (12,7 %), prairies (7,2 %), zones urbanisées (2,3 %), zones agricoles hétérogènes (0,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Saint-Ange-et-Torçay est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondationset séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau et par ruissellement et coulée de boue, notamment la Blaise et la Vallée de Saint-Vincent. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1999 et 2018, partie 1 - chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Saint-Ange-et-Torçay. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 68,4 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (52,8 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 137 sont en aléa moyen ou fort, soit 83 %, à comparer aux 70 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999.
Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..
Toponymie Saint-Ange, Sanctus Angelus, en l'honneur de saint Michel archange, et Torçay, bas latin Turciacus, gentilice Turcius et suffixe acus, le domaine de Turcius. Les deux paroisses de Saint-Ange et de Torçay fusionnèrent au , mais les 2 collectes d’imposition ou paroisses fiscales subsistèrent : Saint-Ange dépendante de Verneuil, et Torçay dépendante de Dreux, réunies en pour former la commune de Saint-Ange-et-Torçay.
Le nom de Torçay évolua ainsi : Torciacum en 1118, Torceium en 1202, puis Torcellum en 1300, Torcé ou Torcey à partir du .
Saint-Ange doit son nom à saint Michel archange, ou l’ange (il en était le principal dans la hiérarchie angélique) et donc à un prieuré aujourd’hui détruit. Sa chapelle, située sur le coteau de la Blaise est devenue, après la destruction de l’église de Torçay, le chef-lieu de la paroisse de la commune.
De très anciens titres de propriété et quelques chartes aujourd’hui conservées dans les archives départementales d'Eure-et-Loir, donnent à Torçay le titre de « ville ». Ce fut probablement une ville forte, en grande partie détruite lors de la guerre de Cent Ans. Les ruines nombreuses et très étendues, tant du côté de la vallée qu’à l’arrière de la ferme dite « du Chapitre », indiquent son ancienne importance, à laquelle paraît avoir beaucoup contribué le voisinage de la résidence des seigneurs du Thymerais.
L’Université Chartraine du Temps Libre donne les précisions suivantes sur l’origine des noms des divers hameaux : Le Tartre : son nom est consécutif à sa situation sur une élévation du terrain qui domine la Blaise. Le Coudray : il s’agit d’un site à coudriers ou noisetiers. E. Lefèvre indique qu’il y avait encore un château en 1766, dit du Coudray en 1552, déjà Coudreium en 1297. Épineux : ce sont les épines et broussailles qui ont donné le nom au lieu. Groslu : cité au début du sous le vocable de Nigri Lucus (bois noir), puis Groslu vers 1080, Grossus Lucus (Gros bois : Lucus ou Lu, bois sacré gaulois) qui lui donne probablement un rôle druidique ; au Grossus Lupus (peut être Loup ou Lépre), Enfin Grouslu en 1552. On trouve aussi un Grosleu sur un document du conservé aux Archives Départementales. Le Mesnil : encore seigneurie en 1552, le Mesnil a comme sens habituel celui d’habitation champêtre, de manoir, en vieux français. Palisay : Palisiacus en 1024, Palissay en 1297, puis Pallesy et Pallisey en 1456. On peut en déduire un lieu protégé par des pieux ou pals, formant un palis pour protéger une zone ferme d’un marécage. Le terme actuel de plessis aurait la même origine. Champagne : ferme dont le nom pourrait signifier lieu de campagne, de campania, plaine en latin, par opposition aux sites boisés voisins.
Histoire Ancien Régime On peut encore trouver sur le territoire de Saint-Ange-et-Torçay quelques ruines éparses, modestes restes de plusieurs châteaux qui attestent d’un passé riche et mouvementé, dans le village de Torçay, dans le bois de Groslu, dans les bois de Caupré… La rumeur fait état de nombreux souterrains dans le sous-sol de la commune. D’ailleurs, ce bois de Caupré, rappelle le nom d’un ancien château fort, qui aurait été construit à partir des ruines du château primitif de Torcé, en éminence au-dessus de la vallée de la Blaise. L’origine du nom peut venir de Copeure, couper des arbres pour la construction ou de Copel, cime, monticule, déformé en Coprel.
C’est probablement au , pendant les guerres de religion que ces différents édifices ainsi que l’église paroissiale qui était située dans la plaine à l’ouest, entre Torcé et le Tartre, ont été détruits.
La région a été particulièrement ravagée sous les règnes de et .
Les archives, quant à elles, sont pauvres en ce qui concerne la commune sous l’Ancien Régime. Il est cependant avéré qu’il y avait un bailliage à Saint-Ange. Le bailliage abritait le tribunal civil où était rendue la justice. De nombreux jugements ont été rendus à Saint-Ange ainsi qu’en attestent les archives départementales. Ils concernent la vie quotidienne : père attaquant l’homme qui a détourné sa fille mineure, problème de mitoyenneté, de dettes…
Les recherches effectuées ont permis aussi de retrouver trace de la famille Philemain (ou Philmain) dont les fils semblent avoir assuré la fonction de « maire ». Ce mot existait avant la Révolution française. En effet, selon le dictionnaire de l’Académie de 1778, le maire était le « premier officier d’une maison de ville qui avait la disposition de toutes les affaires d’État sous le nom du roi ». Du (1568) au (1738), les Philemain semblent être les sieurs de Copprèe (orthographe de l’époque).
Révolution française et Empire
Comme dans la plupart des communes, le fait marquant est celui de la vente des biens nationaux. Les possessions du clergé et des nobles ont été réquisitionnées, elles sont vendues à partir de l’an II. On trouve trace de la vente des moulins, de terres, de fermages, de bois, de maisons… Un nouveau pouvoir, aux mains des industriels, fondé sur l’énergie hydraulique, apparaît.