L'Orbe impérial, en allemand , en latin (globe qui porte la croix), est un orbe crucigère qui fait partie des regalia du Saint-Empire romain germanique.
L'insigne, composé d'or, de perles et de diamants, est conservé au Trésor impérial de Vienne, la du Hofburg, partie du musée d'histoire de l'art de Vienne. Sa fabrication est évaluée au début du Der Reichsapfel sur la banque d'image du Musée historique de Vienne sur http://bilddatenbank.khm.at..
Description L'objet mesure 21 cm de haut, 9,5 cm de large et pèse 522 grammes.
Le globe est composé de fines feuilles d'or martelées sur une structure en résine. Des pierres précieuses et des perles sont incrustées sur la croix et sur les quatre bandes entrecroisées et sur le pôle supérieur. Les quatre extrémités de la croix sont en forme de lys.
Le centre de l'un des côtés de la croix est orné d'une pierre taillée en camée datant de l'Antiquité tardive. Les rangées de perles originales, montées le long des bords équatoriaux du globe, ont disparu.
Symbolique Dans l'Antiquité, la forme sphérique revêtait une triple signification : elle représentait à la fois le cosmos et la terre, et symbolisait l'idée de domination mondiale. En ajoutant une croix superposée, le symbole de souveraineté prend un sens chrétien : le globe surmonté de la croix représente le règne du Christ sur les quatre continents connus à cette époque.
Ainsi, à l'instar des autres regalia que sont la couronne du Saint-Empire et la Croix impériale, le globe exprime l'idée centrale du Christ comme souverain du monde et de l'empereur comme son représentant sur terre.
Histoire L'origine des globes comme symboles de pouvoir remonte à l'Empire byzantin. Pour rattacher leur dynastie à une image impériale, les Carolingiens se font également représenter avec un tel insigne impérial. À partir du XIe siècle, des orbes en métal commun sont attestés comme objets funéraires.
L'orbe impérial n'est pas daté avec précision. La première mention qui en est faite dans les sources historiques date du XIIe siècle, et les analyses stylistiques suggèrent la même époque. D'après ces dernières, l'obre aurait été probablement confectionné à Cologne. On ignore l'identité précise de son premier propriétaire. Plusieurs hypothèses penchent pour un souverain de la lignée Hohenstaufen, Henri VI, sacré empereur en 1191, ou Philippe de Souabe, roi de Germanie. D'autres pistes avancent l'empereur Otton IV.
Les sources indiquent qu'en 1424, l'orbe est conservé, avec le reste du trésor impérial, à Nuremberg. Deux autres orbes font également partie du trésor. En 1796, les troupes armées de la France révolutionnaire sont aux portes de la ville. Le Conseil municipal décide alors du transfert des régalia vers Ratisbonne, pour leur mise en sécurité. C'est à cette occasion que les deux autres orbes sont perdus.
En 1800, les regalia sont envoyés à Vienne. Ils sont légalement cédés à l’empereur d’Autriche en 1806, après la dissolution du Saint Empire par Napoléon Bonaparte. L'obre est conservé dans la Hofburg avec le reste du trésor des Habsbourg. Après la chute de l'empire austro-hongrois en 1918, la propriété du trésor est transféré à l’État autrichien.
Après l’Anschluss, l'annexion de l’Autriche par l'Allemagne nazie en 1938, Adolf Hitler fait rapatrier les ragalia vers Nuremberg. Quand les alliés bombardent la ville, il ordonne que le trésor soit abrité dans l'Historischer Kunstbunker sous le château de Nuremberg. Les regalia sont saisis dans ce bunker le 7 août 1945 par un enquêteur spécialisé en œuvres d'art, le lieutenant Walter Horn qui en prend officiellement possession, au nom du gouvernement américain. En janvier 1946, les pièces du trésors sont restitués à l’État autrichien. Depuis, l'orbe est exposé dans la Schatzkammer, avec les principales regalia du Saint-Empire.
Notes et références
Articles connexes Orbe (insigne royal) Regalia du Saint-Empire Trésor impérial de Vienne
Catégorie:Regalia du Saint-Empire romain germanique Catégorie:Symbole chrétien