Juda al-Ḥarizi (, Yehouda ben Shelomo al-Harizi, , Yahya bin Sulaiman bin Sha'ul abu Zakaria al-Harizi al-Yahudi min ahl Tulaitila) est un poète, traducteur et rabbin du Moyen Âge d'expression hébraïque et arabe, né à Tolède vers et mort à Alep en .
Biographie Il est originaire de Tolède, à l'époque où elle était aux mains des chrétiensCompte rendu par P. Guichard de Maribel Fierro (ed.), Judíos y musulmanes en al-Andalus y el Magreb. Contactos intelectuales (Judíos en tierras de Islam I), Madrid, Casa de Velázquez (« Collection de la Casa de Velázquez », vol. ), 2002, xvi + 254 p., index. , mais avait encore préservé sa culture arabe.. Il a vécu quelques années en Provence où il a traduit en hébreu, pour un public juif non-arabophone, des ouvrages d'auteurs juifs écrits en arabe. Rentré en Espagne en 1190, il entreprend vers 1215 un long voyage en Orient : de Marseille, il fait voile pour l’Égypte ; il visite Alexandrie, puis le Caire ; il se rend ensuite en Palestine, en Syrie, en Irak, où il aurait vu les tombes d'Ezéchiel et d'Ezra. Il s'est également rendu à Damas, Homs, et Alep, sa dernière destination.
La biographie d'al-Harizi composée par Ibn al-Sha'âr al-Mawsili a découvert et publié en 1996 la biographie de Yehuda al-Harizi composée par Ibn al-Sha'âr al-Mawsili (mort en 1256). . Mais ; aussi cite-t-il exclusivement plusieurs poèmes arabes de l'auteur.
Jusqu'alors, on ignorait l'existence de ces textes arabes d'al-Harizi, destinés à un auditoire musulman aristocratique, les chercheurs lui attribuant des ouvrages en hébreu exclusivement. Les spécialistes ignoraient aussi que cet auteur était mort à Alep, et pensaient qu'après un voyage au Moyen-Orient il était revenu dans son Espagne natale. Or d'après Joseph Sadan, Yehuda al-Harizi n'avait pas projeté ce retour ; il considérait les terres arabes comme le centre de la culture dont il était le plus familier, bien qu'il fût né dans l'Espagne chrétienne. Al-Harizi a composé des poèmes en arabe de grande qualité pour les princes de Syrie, qui l'ont généreusement rémunéré ; il a aussi composé des poèmes en hébreu et de la prose rimée pour les différentes communautés juives qu'il a visitées.
Le biographe du indique sa principale source d'information : le vizir al-Mubarak ibn Ahmad ibn al-Mubarak al-Irbili, connu sous le nom de al-Mustawfi (mort en 1239).
Poésie
En hébreu Yehuda al-Harizi est l'auteur de Thahkemoni, où il raconte ses voyages et trace le tableau de la vie et des mœurs des juifs de son époqueDezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, ; il s'agit d'un poème en hébreu, calqué sur les Makâmât arabes (ou Séances) de Al-Hariri. Il se présente sous la forme d'un recueil de 50 séances. Il a été imprimé pour la première fois à Constantinople en 1578.
Le narrateur y livre ses réflexions sur le voyage :
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En arabe Y. Yahalom and Y. Blau ont réédité en 2002 une maqama d'al-Harizi, diffusée aussi bien en judéo-arabe (c'est-à-dire en arabe transcrit dans l'alphabet hébraïque) qu'en caractères arabes, Al-rawḍah al-anīqah (Le Jardin élégant) d'al-Harizi, qui évoque les communautés juives qu'Yehuda al-Harizi a visitées.
Selon Joseph Sadan, les œuvres en arabe les plus réussies de Yehuda al-Harizi sont les poèmes longuement mûris destinés à être lus en présence des divers souverains et mécènes musulmans, depuis l’Andalus jusqu'à la haute Mésopotamie (en Irak), écrits en caractères arabes, et dont plusieurs sont cités dans la biographie d'Ibn al-Sha'âr al-Mawsili ; voici un extrait de l'un d'eux :
Certains des poèmes et makâmat ("séances") en arabe d'al-Harizi figurent dans les manuscrits de la Gueniza du Caire.
Textes bilingues Le biographe du d'al-Harizi indique que cet auteur a également composé des poèmes mixtes où les premiers hémistiches étaient en hébreu et les seconds en arabe.
Traducteur En tant que traducteur de l'arabe vers l'hébreu, Yehuda al-Harizi est célèbre pour avoir traduit les Makâmât, ou Séances, ouvrage poétique de Al-Hariri, sous le titre Mahberot Iti'el, c'est-à-dire Les séances d'Iti'el. Il a également traduit l'ouvrage d'Hunayn ibn Ishaq, les Aphorismes des philosophes et savants de l'Antiquité (Adab al Falasifa), particulièrement important pour ses chapitres relatifs à la musique.
Il a traduit Le Guide des égarés de Maïmonide, en concurrence avec Juda ibn TibbonShlomon Pines. « Maiminides » in Dictionary of scientific biography lire en ligne.
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
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