L’église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Commeny, dans le Val-d'Oise (France). Sa construction commence quelques décennies après l'érection de Commeny en paroisse en 1161. Au début du , cet édifice de style gothique primitif est achevé, et comporte alors une nef de quatre travées accompagnée de deux bas-côtés, un transept avec clocher central, et un petit chœur au chevet plat. Sous la guerre de Cent Ans, l'église subit des dégâts, et les dernières travées des bas-côtés et les croisillons du transept sont rebâtis au début du , dans le style gothique flamboyant. Plus tard, en 1568, la nef et ses bas-côtés ne sont pas seulement voûtés d'ogives dans un style Renaissance un peu rustique, mais les grandes arcades du sud et les murs des bas-côtés sont entièrement refaits. Dès lors, seulement les grandes arcades du nord, la croisée du transept, le clocher et le chœur restent de la première église paroissiale. Ensuite, le renforcement des piles du clocher, puis la démolition du clocher en 1832 et une restauration assez radicale réduisent considérablement l'intérêt architectural de l'édifice. Un nouveau clocher est toutefois édifié en 1833, et le mobilier comporte des éléments remarquables, dont le retable du maître-autel en pierre polychrome. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse d'Avernes et Marines, et les messes dominicales y sont célébrées irrégulièrement, deux fois par an.

Localisation

L'église Saint-Martin est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Commeny, au centre du village, rue de l'Église. Elle prend du recul par rapport à la rue, et est entourée d'une pelouse bordée d'arbres au sud et à l'est. Toutefois, une petite maison est accolée au chevet : il s'agit de l'ancienne école communale bâtie vers 1818. L'église ne possède pas de façade occidentale à proprement parler, mais seulement d'un mur sans portail, qui donne sur une étroite impasse desservant deux anciennes fermes au nord de l'église. L'élévation septentrionale est entièrement enclavée dans des propriétés privées, et non visible depuis le domaine public.

Historique thumb|upright|left|Corniche et colonnettes du clocher du .

La fondation de la paroisse remonte à 1161 selon l'abbé Vital Jean Gautier. L'église est dédiée à saint Martin de Tours. Le collateur de la cure est l'archevêque de Rouen. Sous l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Magny, de l'archidiaconé du Vexin avec siège à Pontoise, et de l'archidiocèse de Rouen.. De l'église paroissiale primitive, ne subsistent que des vestiges du clocher de style roman tardif, en l'occurrence les arcs des baies en plein cintre bouchées de l'étage intermédiaire au nord et au sud ; la corniche de modillons sculptés en masques qui délimitait inférieurement l'étage de beffroi, à l'est ; et un faisceau de colonnettes tronqué au-dessus de la corniche. Il provient de l'encadrement des deux baies gémelées qui devaient s'y trouver, selon l'usage de l'architecture religieuse vexinoise de l'époque. Le chœur actuel est un peu plus récent, et peut être daté de la fin du . Il est de style gothique primitif, sauf les fenêtres, qui sont plus tardives. La nef a été bâtie à la fin du ou au début du , mais ici, seules les grandes arcades du nord et les murs hauts aujourd'hui aveugles subsistent de cette époque. Les anciennes fenêtres hautes sont encore visibles depuis les combles. L'église n'a pas pu être correctement entretenue pendant la guerre de Cent Ans, ou a subi des dégâts importants, ce qui motive, dans un premier temps, la reconstruction totale des croisillons du transept et des dernières travées des bas-côtés, au début du , dans le style gothique flamboyant. Après le milieu du , la nef et les bas-côtés sont entièrement reconstruits dans le style de la Renaissance, en ne conservant que les grandes arcades du nord, le mur occidental, et, bien entendu, les dernières travées des bas-côtés déjà refaites une cinquantaine d'années auparavant. La date de 1568 est inscrite sous la seconde clé de voûte du bas-côté nord, et marque sans doute la fin des travaux. Ultérieurement, le renforcement des piles du clocher s'avère nécessaire. Cette mesure se fait sans respect du style d'origine, ni dans le style néoclassique qui domine de la fin du jusqu'au début du , et les arcades vers les croisillons perdent tout caractère. ; p. 13.. thumb|Clé de voûte de la du bas-côté nord : date de 1568.

Sous la Révolution française, l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise est regroupé dans le nouveau diocèse de Versailles. Au début du , la nef est vétuste et menace de s'écrouler sous l'effet de la poussée des voûtes sur les murs latéraux : le voûtement n'ayant pas été prévu par le maître d'œuvre de la fin du , ceux-ci ne sont pas suffisamment contrebutés pour résister à ces forces. Les voûtains sont en grande partie reconstruites, et les nervures sont en partie renforcées par des lames en fer, dissimulées sous une couche de plâtre. Quatre étrésillons en fer forgé viennent maintenir les murs gouttereaux des bas-côtés, en passant sous les grandes arcades de la nef, et les piliers des grandes arcades sont corsetés de fer. Cette mesure entraîne la perte des tailloirs anciens, ce que l'on essaie de cacher maladroitement sous une couche de plâtre, tout comme pour les nervures des voûtes. Il s'agit d'une restauration qui privilégie la conservation de la substance ancienne, au lieu de refaire les voûtains en matériaux légers, comme des briques creuses ou des carreaux de plâtre, comme fréquemment au . Les différentes mesures prises pour le renforcement des structures illustrent bien qu'il ne s'agit pas d'une reconstruction quasi totale. Tous les problèmes ne sont pas résolus, et un nombre impressionnant de tirants doit être ajouté, soit trois autour de chaque arc-doubleau, et trois de chaque côté des grandes arcades. Le clocher est malheureusement démoli en 1832, et la voûte de la base du clocher, contemporaine de celle du chœur, est probablement abîmée lors de cette intervention. Il est toutefois possible qu'elle n'existe déjà plus à ce moment, et qu'il faut situer son remplacement par une voûte d'arêtes à la même époque que le renforcement des piles du clocher. Les formerets de la voûte gothique sont seuls conservés. Un nouveau clocher-porche est édifié en 1833 selon les plans de l'architecte Rousseau, de Pontoise, et financé par la commune, qui doit lourdement s'endetter.. L'église Saint-Martin est inscrite aux monuments historiques par arrêté du . En 1966, l'ensemble des paroisses du nouveau département du Val-d'Oise sont regroupés dans le nouveau diocèse de Pontoise. Aujourd'hui, Commeny est affilié à la paroisse d'Avernes et Marines, et les messes dominicales y sont célébrées irrégulièrement, deux fois par an..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée à peu près régulièrement, avec une légère déviation de l'axe de l'édifice vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme. Elle se compose d'une nef de quatre travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un transept non débordant ; et d'un chœur carrée à chevet plat. Un clocher-porche fait saillie devant la troisième travée du sud, et réduit la largeur de cette travée à l'intérieur de l'église. Une tourelle d'escalier occupe l'angle sud-est du croisillon sud, et une sacristie se situe dans l'angle de croisillon sud et chœur. La croisée du transept, qui correspond à la base de l'ancien clocher démoli en 1832, est voûtée d'arêtes. Le reste de l'église est voûté d'ogives. Le portail sous le clocher constitue l'unique accès à l'église. La nef et la croisée du transept sont recouvertes d'une toiture unique à deux rampants, avec des pignons à l'ouest et à l'est, et le chœur est muni d'un toit à deux rampants situé beaucoup plus bas, dans le même axe. Les bas-côtés et les croisillons possèdent des toits en appentis prenant appui contre les murs gouttereaux du vaisseau central. Le clocher est coiffé d'une petite pyramide en charpente, qui est couverte d'ardoise, alors que le reste des couvertures est réalisé en tuiles plates.

Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, , côté nord.

À l'instar de toutes les nefs non voûtées des de la région, la nef de Commeny disposait initialement de fenêtres hautes au-dessus des grandes arcades, qui ont dû être obturées en raison du voûtement des bas-côtés, au . L'église voisine de Théméricourt connut le même sort, à la même époque. L'architecture de l'édifice de la fin du ou du début du devait être soignée, comme l'indiquent encore les grandes arcades du nord, qui sont en tiers-point, et à double rouleau, moulurées d'un méplat entre deux tores pour le rang de claveaux inférieur, et d'un tore dégagé pour le rouleau supérieur. À Frouville, Hérouville, Théméricourt, etc., elles ne sont pas moulurées, et à Ennery, Grisy-les-Plâtres, Nesles-la-Vallée, Vallangoujard etc., elles sont à simple rouleau mouluré. Seulement les églises d'une qualité architecturale exceptionnelle, comme Chars et Santeuil, montrent généralement des grandes arcades à double rouleau mouluré. Le profil sommaire des tailloirs contraste avec la construction soignée des grandes arcades. Ce n'est qu'au revers de la façade occidentale et sur le premier pilier du nord que les tailloirs d'origine sont conservés, ce qui ressort de la comparaison avec les tailloirs du chœur, qui adoptent le même profil, soit une plate-bande et un quart-de-rond. Au revers de la façade, le rouleau inférieur est reçu sur le tailloir du chapiteau de crochets d'une colonne engagée dans un dosseret, dont le tailloir supporte directement le rang de claveaux supérieur. Les trois piliers intermédiaires sont tout au contraire monocylindriques, et appareillés en tambour ; ils portent de gros chapiteaux de crochets dont le tailloir carré reçoit à la fois le rouleau inférieur et le rouleau supérieur. L'assiette n'est pas suffisante pour accueillir les potentiels faisceaux de colonnettes des hautes-voûtes. Le premier chapiteau a été trop gratté lors d'une restauration. Le second est d'un style suspect, qui trahit une réfection maladroite. Le troisième est le seul qui paraît authentique, mais son tailloir a été sacrifié. À l'ouest de la pile nord-ouest du carré du transept, les supports gothiques ont été supprimés. Les trois piliers isolés conservent des vestiges de leurs bases à griffes.