Claudine Poulet, épouse Picardet puis Guyton-Morveau, née le à Dijon et morte le à Paris est une chimiste, minéralogiste, météorologue et traductrice d'ouvrages scientifiques française.

Biographie Elle est la fille aînée du conseiller du roi et notaire François Poulet de Champlevey.

En 1755, Claudine Poulet épouse Claude Picardet, conseiller de la Table de Marbre de Dijon qui devient membre de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon et directeur du jardin botanique. Ce mariage permet à Claudine Picardet d'accéder aux cercles de la haute société et au monde savant. Le couple Picardet a un fils. Il meurt en 1776, à l'âge de .

Elle fréquente salons scientifiques et sociétés savantes. L'Académie de Dijon dispense des cours de dessin, chimie, minéralogie, botanique et acquiert une renommée internationale. Les cours que dispensent Louis-Bernard Guyton de Morveau sont traduits en allemand et en espagnol. Ce cercle de scientifiques milite pour l'accès des sciences aux femmes.

En 1782, Claudine Picardet fait partie d'un cercle de savants issus de l'Académie de Dijon, dont Louis-Bernard Guyton de Morveau, Jacques-Pierre Champy, Jean Lemulier de Bressey, Claude Varenne de Béost, Charles André Hector Grossart de Virly, et Francisco Javier de Angulo. Avec l'aide de Jacques Magnien linguiste et chimiste, ce petit groupe s'intéresse aux travaux des scientifiques étrangers. En neuf ans, Claudine Picardet traduit huit cents pages du suédois, de l'allemand, de l'anglais et de l'italien.

En 1785, Louis-Bernard Guyton de Morveau charge Claudine Picardet de relever les données trois fois par jour sur le baromètre qu'Antoine Lavoisier a donné à l'académie de Dijon. Ses résultats sont publiés en partie par son mari et envoyés à Antoine Lavoisier. En 1787, le couple Lavoisier se rend chez Claudine Picardet pour comparer les résultats.

Veuve en 1796, Claudine Picardet déménage à Paris. En 1798, elle épouse Louis-Bernard Guyton-Morveau, ami de longue date, député de la Convention et professeur de chimie à l'École Polytechnique de Paris. Elle poursuit ses travaux scientifiques. En 1811, à la suite de la nomination de Louis-Bernard Guyton-Morveau, Baron de l'Empire par Napoléon, Claudine Picardet devient baronne Guyton-Morveau. Elle meurt à Paris en 1820.

Notoriété En 1785, Claudine Picardet publie sa première traduction Mémoires de chymie de façon anonyme. Jérôme Lalande dévoile le nom de la traductrice dans Le Journal des Savants. Par la suite, elle signe ses travaux de son nom. Elle est régulièrement citée dans les Annales de Chimie et reconnue pour son apport à la science.

En 1790, le Traité de caractères extérieurs des fossiles, porte l'inscription par le traducteur des mémoires de chymie de Scheele. C'est l'approbation de Louis-Bernard Guyton-Morveau qui indique qu'il s'agit de « P *** ".

Reconnue par ses contemporains à l'échelle nationale et internationale, son apport à la science est ensuite minimisé. En 1820, à la mort de Claudine Picardet, alors âgée de , Le Journal de Dijon et de la Côte d'Or publie une nécrologie dans laquelle l'auteur Claude-Nicolas Amanton nie l'apport de Claudine Picardet aux sciences et parle de travaux anecdotiques.

Ses travaux ont contribué à la diffusion de la chimie et des découvertes notamment sur les sels et les minéraux. Elle a publié deux fois plus que sa consœur Marie-Anne Pierrette Paulze. Seul, le médecin Jacques Gibelin a publié autant de traductions que Claudine Picardet. Grâce à son travail et celui de Louis-Bernard Guyton-Morveau, une académie de province acquiert une notoriété internationale.

Travaux alt=Traité des caractères extérieurs des fossiles , traduit de l'allemand de M. A. G. Werner,... Par le traducteur des "Mémoires de chymie" de Scheele|vignette|Traité des caractères extérieurs des fossiles , traduit de l'allemand de M. A. G. Werner,... Par le traducteur des "Mémoires de chymie" de Scheele Claudine Picardet publie plus de 1000 pages entre 1774 et 1797. Elle traduit de nombreuses œuvres scientifiques, notamment du suédois (Carl Wilhelm Scheele, Torbern Olof Bergman), de l'allemand (Johann Christian Wiegleb, , , Martin Heinrich Klaproth), de l'anglais (Richard Kirwan, William Fordyce), 2 de l'italien de Marsilio Landriani.

Elle ne se contente pas de traduire. Pour le Traité de caractères extérieurs des fossiles, de Abraham Gottlob Werner (1790), elle apporte des corrections et des annotations. Elle contacte et échange avec le minéralogiste espagnol Fausto d'Elhuyar, interroge les savants bilingues.

La version française de Claudine Picardet est ensuite rééditée en Allemagne en 1795, ce qui lui vaut consécration.

Ses travaux principaux sont Mémoires de chymie, de Carl Wilhelm Scheele (1785), le Traité de caractères extérieurs des fossiles, de Abraham Gottlob Werner (1790), et Observations de la longitude du nœud de Mars faite en , par M. Bugge, dans le Journal des savants (1787)Women in Science: Antiquity Through the Nineteenth Century : A Biographical Dictionary With Annotated Bibliography, MIT Press, 1990, ..

Elle traduit également une partie des œuvres du minéralogiste anglais Richard Kirwan, qui ne tarit pas d'éloge sur le travail de Claudine Picardet et son savoir.

La moitié de ses traductions ont été publiées sur le journal scientifique Observations sur la physique, une partie donnée au Journal des savants, aux Nouvelles de la République et des arts.

Elle a traduit une partie des mémoires de Torbern Olof Bergman intitulés Opuscules physiques et chimiques.

Portrait alt=Portrait anonyme. Claudine Picardet pourrait être le personnage tenant un livre à la main|vignette|Portrait anonyme. Claudine Picardet pourrait être le personnage tenant un livre à la main Un tableau anonyme du représente un cercle de savants identifiés comme suit : Marie-Anne Paulze à gauche, une femme tenant un ouvrage à la main, le chimiste Claude Louis Berthollet, le chimiste Antoine-François Fourcroy, le physicien Antoine Lavoisier assis et le chimiste Louis-Bernard Guyton-Morveau à droite. Pour le personnage non identifié, il pourrait s'agir de Claudine Picardet.

Références

Bibliographie Patrice Bret, Les promenades littéraires de Madame Picardet : La traduction comme pratique sociale de la science au , in Pascal Duris (dir.), Traduire la science : hier et aujourd’hui, Pessac : Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, 2008, , DOI https://doi.org/10.4000/books.msha.8775

Liens externes

Notice dans Louis-Bénigne Baudot, Dictionnaire des auteurs de Bourgogne, moitié du s., en ligne

Catégorie:Chimiste français du XVIIIe siècle Catégorie:Chimiste français du XIXe siècle Catégorie:Minéralogiste français du XVIIIe siècle Catégorie:Minéralogiste français du XIXe siècle Catégorie:Météorologue français Catégorie:Femme météorologue Catégorie:Traductrice française Catégorie:Traducteur vers le français Catégorie:Traducteur français du XVIIIe siècle Catégorie:Traducteur français du XIXe siècle Catégorie:Traducteur scientifique Catégorie:Naissance en août 1735 Catégorie:Naissance à Dijon Catégorie:Décès en octobre 1820 Catégorie:Décès dans l'ancien 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 85 ans