Juan Manuel Molina Mateo, né le à Jumilla, près de Murcie, en Espagne, et mort le à Barcelone, est un militant anarcho-syndicaliste espagnol de la Confédération nationale du travail et membre fondateur de la Fédération anarchiste ibérique.
Biographie
Militant anarchiste Encore enfant, il travaille sur les terres de ses parents, et il n'a pas quinze ans quand il découvre l'anarchisme à travers ses lectures.
Il refuse d'accomplir son service militaire et part pour Barcelone où il vit sous une fausse identité. Il y milite au sein des syndicats et des groupes anarchistes. Il est membre du Comité national de la CNT et secrétaire de la Commission des relations nationales provisoires des groupes anarchistes lors du Plénum anarchiste catalan de 1922. Il fait la connaissance de Lola Iturbe, cofondatrice de l'organisation féminine libertaireMary Nash, Femmes Libres : Espagne, 1936-1939, La pensée sauvage, 1977, lire en ligne. Mujeres Libres.
Poursuivi pour ses activités politiques, il s'exile en France en 1926. Il est le secrétaire général des Groupes anarchistes de langue espagnole et à ce titre joue un rôle déterminant, en 1927, lors de la fondation de la Fédération anarchiste ibérique (FAI). Arrêté, il est interné dans différentes prisons avant d'être expulsé de France. Il rejoint alors Bruxelles et devient membre, aux côtés de Francisco Ascaso et Buenaventura Durruti, du Comité de Défense Anarchiste International jusqu'en 1929.
Début 1930, il retourne à Barcelone pour reprendre le secrétariat du Comité péninsulaire de la FAI en remplacement de José ElizaldeJoël Delhom, Les anarchistes espagnols dans les conspirations contre la Dictature et la Monarchie (1923-1930), Cahiers de civilisation espagnole contemporaine, 1|2012, note 25, ., poste qu’il occupe jusqu’en 1936, à l’exception de 1932 où, emprisonné pour insoumission, il est remplacé par Juan Garcia Oliver. Pendant cette période, il est le directeur de l'hebdomadaire de la FAI, Tierra y libertadAbel Paz, Durruti : un anarchiste espagnol, Quai Voltaire, 1993, page 471. et de la revue Tiempos Nuevos.
La Révolution sociale espagnole de 1936, exil et prison Le , lors du coup d'État franquiste, il participe aux combats de rues. Impliqué dans la révolution sociale espagnole de 1936, il est responsable au ravitaillement puis sous-secrétaire à la défense de la Generalitat de CatalognePierre Broué et Émile Témime, La révolution et la guerre d'Espagne, Les Éditions de minuit, 1961, page 262. jusqu’aux affrontements des journées de mai 1937 à Barcelone. Pendant la guerre d'Espagne, il occupe plusieurs postes civils et militairesAbel Paz, Chronique passionnée de la Colonne de Fer, Nautilus, Paris, 2002, lire en ligne., membre du Comité péninsulaire de la FAI et il est le commissaire des Xe et XIe Corps de l'armée républicaine.
En 1939, à la fin de la guerre, lors de la Retirada, il se réfugie en France avec sa compagne Lola Iturbe. Il est alors délégué de la Commission générale du Mouvement Libertaire Espagnol (MLE) en exil dans les camps de concentration du Sud de la France. Il est lié aux groupes d'action de Francisco Ponzán Vidal, lire en ligne., il facilite la fuite en France de nombreux persécutés du franquisme. Il combat dans les rangs de la Résistance intérieure française contre les nazis Lola Iturbe, sindicalista libertaria, El País, 9 janvier 1990, notice nécrologique..
En , il passe clandestinement en Espagne, et assume le secrétariat du Comité national clandestin et de l'Alliance Nationale des Forces Démocratiques (ANFD). Le , il est arrêté, lors d’une vaste rafle où sont détenus près de 80 militants et l’ensemble du Comité national de la CNT. Traduit devant un conseil de guerre en , il est condamné à 15 ans de prison. Remis en liberté conditionnelle en 1953, il revient en France.
En 1960 après la réunification de la CNT, il est nommé au Secrétariat intercontinental (SI) comme délégué de l’Association internationale des travailleurs (anarcho-syndicaliste). En 1976, il participe à la reconstruction de la CNT de l'intérieur (en Espagne).
Œuvres Avec Diego Abad de Santillán, La insurrección anarquista del 8 de diciembre de 1934, Barcelone 1934. Noche sobre España. Siete años en las prisiones de Franco, Mexico, 1958. España libre (compilation et traduction de l'œuvre de Albert Camus, Mexico 1966Albert Camus, écrits libertaires (1948-1960) rassemblés et présentés par Lou Marin, Indigène éditions, 2013, lire en ligne.. El movimiento clandestino en España 1939-1949, Mexico 1976. El comunismo totalitario, Mexico, 1982.
Bibliographie Jeanyves Guérin, Dictionnaire Albert Camus, Éditions Robert Laffont, Collection Bouquins, 2009, lire en ligne, .
Notices L'Éphéméride anarchiste : notice biographique. René Bianco, 100 ans de presse anarchiste : notice. Dictionnaire des guérilleros et résistants antifranquistes : notice biographique. . Miguel Iñiguez, Esbozo de una Enciclopedia histórica del anarquismo español, Fundación de Estudios Libertarios Anselmo Lorenzo, Madrid, 2001, pp. 410-411.
Articles connexes Libertaire Histoire de l'anarchisme
Liens externes
Notes et références
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