Tristan de Marcillé, parfois nommé Triscan, Driscan ou encore Driscam, (mort avant 1047) est un seigneur de Marcillé du . Connu uniquement par quelques chartes, ce milles, ce chevalier au service de l'autorité comtale, gouverne un fief très étendu correspondant aux formes les plus primitives de ce qui n'est pas encore la baronnie de Vitré. À tort, il a souvent été appelé à ce titre Tristan de Vitré ou d'Acigné.

Biographie Un seigneur de Marcillé discret Tristan est le fils de Riwallon le Vicaire et de son épouse JunargondeFrédéric Morvan Les Chevaliers bretons. Entre Plantagenets et Capétiens du milieu éditions Coop Breizh, Spézet 2014 « Généalogie des Vitré » 290.. Ses origines sont autrement incertaines mais il est probablement apparenté, peut-être par sa mère, à Thébaud, évêque de Rennes, dont les fils, également évêques, Gauthier et Triscanus, portent les mêmes prénoms que Tristan et que son frère cadet, GautierDaniel Pichot, Valérie Lagier et Gwenolé Allain, Vitré, Histoire et Patrimoine d'une Ville, Somogy Éditions d'Art, Vitré, avril 2009, 296 p. , p.21-22.. Il est de fait tout à fait possible que Thébaud soit son grand-père, ce qui viendrait expliquer la présence de Tristan dans le puissant entourage des ecclésiastiques rennaisJulien Bachelier, « Le rôle du château dans les dynamiques de peuplement : une place à revoir ? L’exemple de la Haute-Bretagne (xie-xive siècle) », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, Rennes, vol. 127-1, 2020, p. 115-150..

S'il est essentiellement méconnu, son nom est généralement associé à celui de son père dans les chartes. Il est ainsi mentionné avec lui « Rivalloni vicarii, Triscanni » vers 1008/1033 dans la charte de fondation du prieuré de Livré dans le « pago Redonensi » par « Alanus Britannorum monarchi ». De même, lorsque « Rivellonius proviniciæ Redonensis miles cum Junargande coniuge mea », c'est-à-dire Riwallon et son épouse Junargonde, fondent le prieuré de Marcillé, avec l'accord d', par une charte datée de 1015/1032 Triscan signe aux côtés de ses parents avec un de ses frères nommé Geoffroi: « Rivelloni vicarii, Driscamni filii eius, Gaufredi similiter eiusdem filii…»Hubert Guillotel Actes des duc de Bretagne (944-1148), Presses universitaires de Rennes, Rennes 2014, 212-213.. Enfin une charte vers 1030/1045 relève l'acquisition par Marmoutier d'un domaine accordé par Riwallon le Vicaire à un certain Urvodius, tuteur de son fils Gautier ; elle est approuvée par « Driscan, frère de Gautier et… Robert son fils ». De fait, l'ensemble son activité semble graviter autour de Marcillé, où il est inhuméDaniel Pichot, « Les prieurés bretons de Marmoutier () », dans Bruno Judic et Christine Bousquet-Labouérie (dir.) Les abbayes martiniennes, PUR, coll. « Annales de Bretagnes et des Pays de l'Ouest », Rennes, 2012, 203 p., p.153-175..

Un seigneur longtemps associé à tort à Vitré et à Acigné Tout comme son père Riwallon, il a été considéré pendant plus de cinq siècles comme seigneur de Vitré, alors que ce n'est que qu'à partir de son fils que la famille de Vitré, alors plutôt désignée comme lignage des Robert-André par les historiensChristophe Amiot, « Lignages et châteaux de la baillie de Rennes avant la guerre de Succession (xie-xive siècles) », in Le Pouvoir et la Foi au Moyen Âge, PUR, Rennes, 2010, p. 695-734., se détourne de Marcillé. Certains auteurs anciens, comme Augustin du Paz, ont également pu voir en lui un seigneur d'AcignéAugustin du Paz Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, enrichie des armes et blasons d'icelles avec l'histoire chronologique des Evesques de tous les diocèses de Bretagne, Nicolas Buon, Paris 1619 583. mais il n'apparaît pas dans les travaux récents ayant révélé les différentes parentés acignolaisesMichel Brand'Honneur Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes () PUR Rennes (2001) 290..

Union et postérité Selon Pierre Le Baud, Tristan de Vitré épouse Innoguent, sœur du seigneur de Fougères Main, qui aurait apporté en dot Châtillon. Cependant, cette version est aujourd'hui contestée, cette seigneurie n'étant accordée par que bien plus tard en par à dans le cadre de l'opposition entre le souverain Plantagenêt et ; de fait, l'existence-même d'Innoguent est remise en causeDaniel Pichot, Valérie Lagier et Gwenolé Allain op.cit p.27..

Tristan a un fils a priori uniqueFrédéric Morvan Les Chevaliers bretons. Entre Plantagenets et Capétiens du milieu éditions Coop Breizh, Spézet 2014 « Généalogie des Vitré » 290. : qualifié de « fils d´Enoguen, époux de Berthe, père d´André et de Robert » dans une charte en faveur de Marmoutier en 1064/1076.

Notes et références

Sources Michel Brand'Honneur Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes ()''' PUR Rennes (2001) tableau 33 290. Frédéric Morvan Les Chevaliers bretons. Entre Plantagenets et Capétiens du milieu '' éditions Coop Breizh, Spézet 2014 .

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