Alain de Benoist , né le à Saint-Symphorien (Touraine), est un journaliste, philosophe et essayiste français.

Principal représentant de la mouvance intellectuelle dite de la « Nouvelle Droite » depuis la fin des années 1960, il est classé à l'extrême droite.. ou comme proche de celle-ci par la plupart des observateurs..

Biographie Origines et formation Fils d'Alain de Benoist (1902-1971), inspecteur général des ventes, et de Germaine Langouët (1908-1981), Alain Marie de BenoistChristophe Bourseiller, L'Extrémisme. Enquête sur une grande peur contemporaine, CNRS éditions, 2012, 156. naît à Saint-Symphorien, en Indre-et-Loire, une commune aujourd'hui rattachée à Tours. Sa grand-mère paternelle, Yvonne de Benoist, née Druet (1881-1965), fut la secrétaire de Gustave Le Bon.

Après des études secondaires effectuées à Paris, aux lycées Montaigne et Louis-le-Grand, il étudie le droit constitutionnel à la faculté de droit de Paris, puis à la Sorbonne.

Carrière Ayant rejeté le christianisme de son éducation, il serait devenu, à l'âge de dix-sept ans, journaliste politique en rédigeant sous le pseudonyme de « Cédric de Gentissard » quelques articles pour le mensuel d'Henry Coston, Lectures françaises, en 1960Frédéric Charpier, Génération Occident, Seuil 2005 : A. de Benoist aurait eu quinze ans et demi lorsque Coston lui a proposé en 1959 de rédiger des notices pour le numéro spécial de Lectures françaises (626 pages), Partis, Journaux et Hommes politiques d'hier et d'aujourd'hui (décembre 1960) selon cet auteur. Un « Cédric de Gentissard » signe en effet certaines notices, telle celle consacrée à l'histoire de l'Action française, ..

En 1961, il fait la connaissance d'Amaury de Chaunac-Lanzac, futur François d'Orcival. Il rédige avec lui le journal clandestin de l'OAS Métro, France Information, n. 1..

Il adhère à la Fédération des étudiants nationalistes (FEN) et, en 1962, il prend en charge le secrétariat des Cahiers universitaires, revue de la FEN, et entre en contact avec Dominique Venner et le groupe fondateur d’Europe-Action., dont il ne tarde pas à devenir l'un des principaux collaborateurs. Il participe en 1966 au Mouvement nationaliste du progrès..

Il écrit aussi un temps dans Défense de l'Occident.

Dans ses premiers livres, Salan devant l'opinion, Le Courage est leur patrie, Vérité pour l'Afrique du SudDans cette brochure parue aux éditions Saint-Just, Gilles Fournier et Fabrice Laroche écrivent : (8) et (19)., publiés respectivement en 1963 et 1965, le deuxième en collaboration avec François d'Orcival et le dernier avec Gilles Fournier, il prend la défense de l'Algérie française et de l'Organisation armée secrète ainsi que du régime d'apartheid en Afrique du Sud, avant de se tourner vers la philosophie politique (à travers la lecture de Louis Rougier, qui influencera sa critique du christianisme), laquelle lui fait découvrir un univers conceptuel dont , selon Pierre-André TaguieffSur la Nouvelle Droite. Jalons d'une analyse critique, Paris, Éditions Descartes et Cie, 1994, 136..

Parmi les fondateurs, en 1968, du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), principal mouvement du courant que de Benoist appelle « Nouvelle Droite » dans l'émission Radioscopie de Jacques Chancel, le 28 novembre 1977, sur France Inter ()., il signe la même année pour la première fois sous son nom dans la revue Nouvelle École, pour un article titré « Le LSD et les altérations du stock héréditaire ». En , il dépose les statuts du GRECE avec Jacques Bruyas et Jean-Pierre Daugreilh..

En 1973, il reçoit la visite de trois membres du Cercle Pareto, Yvan Blot, Jean-Yves Le Gallou et Bernard Mazin, qui l'invitent à s'engager dans l'action politique ; il refuse alors définitivement, se montrant même à cette orientation. Pourtant, bien que le projet n'aboutisse pas, il acceptera en 1979 de figurer sur la liste du Parti des forces nouvelles, Eurodroite, à l'occasion des élections européennes.

Il collabore aussi à Éléments (dont il est éditorialiste depuis 1973), à Krisis (revue qu'il fonde en 1988), ainsi qu'au Figaro magazine, qu'il doit quitter au début des années 1980. Il appartient au comité scientifique de la revue Neue Anthropologie, éditée par une "Société pour l'anthropologie biologique, l'eugénisme et la science du comportement". En 1976, il participe au lancement des éditions Copernic.

Son livre Vu de droite obtient en le prix de l'essai de l'Académie française, avec une dotation de .. La même année, il aurait rédigé (avec Bruno Tellenne ou Pierre Vial) l'ouvrage L'avenir n'est écrit nulle part, signé par Michel Poniatowski..

Il travaille à Spectacle du Monde de 1970 à 1982. Il y collabore de nouveau épisodiquement entre le milieu des années 2000 et la fin du mensuel en 2014. Alain de Benoist s'est aussi fait connaître en participant à l'émission Panorama sur France Culture de 1980 à 1992.

Selon Stéphane François, à partir des années 1980, Alain de Benoist ne « participe plus » au GRECE, .. Ce que le même Stéphane François dément en 2020, reconnaissant que ..

En 1986, le « chef de file » de la Nouvelle Droite publie Europe, Tiers monde, même combat — dont le bandeau donne à lire : « Décoloniser jusqu'au bout ! » —, ouvrage qui prône le soutien aux luttes pour l'autonomie des peuples du Tiers monde et l'alliance avec celui-ciUn des éléments sous-tendant cette recherche d'alliance est l'opposition radicale à l'Occident (conçu à la fois comme bloc et comme concept), dangereux tant pour l'Europe que pour le Tiers monde d'après Alain de Benoist, qui le désigne comme ennemi principal : . contre l'impérialisme. Une vision déjà en germe dans les écrits antérieurs de l'auteurEn 1974, Alain de Benoist écrivait : , , Éléments, , novembre 1974. et qui restera la sienne.

Il a par ailleurs été fortement influencé par les penseurs liés à la révolution conservatrice allemande comme Ernst Jünger et Armin Mohler Tamir Bar-On, Where Have All the Fascists Gone?, Ashgate Publishing, Ltd., 2007, ..

En 2003, un volume de mélanges en son honneur, le Liber amicorum Alain de Benoist, est publié sous la direction de Michel Marmin. Un second tome paraît sous la férule de Thibault Isabel en 2014. Selon François-Emmanuël Boucher, s'y . De son côté, Stéphane François note la forte présence d'universitaires parmi les auteurs, estimant que le dédicataire cherche par là à acquérir ..

Il anime à partir de 2014 l'émission Les Idées à l'endroit sur la web-télé TV Libertés, un site de « réinformation » à la ligne identitaire.. Il intervient régulièrement dans les pages de la revue conservatrice allemande Junge Freiheit..

Ancien directeur de collection aux éditions Copernic (« Factuelles »., « Théoriques », « Maîtres à penser » et « L'Or du Rhin », 1977-1981) et Pardès (« Révolution conservatrice »., 1989-1993), il dirige « Les Grands Classiques de l'homme de droite ». aux éditions du Labyrinthe (depuis 1982), et les « Classiques de la pensée politique » aux éditions L'Âge d'Homme (depuis 2003).

Bibliothèque Sa bibliothèque, qui contient de . à ., est considérée comme la plus grande bibliothèque privée de France.. Elle est , l'une en Normandie et l'autre près de Versailles..

Vie privée Néopaïen., il a épousé Doris Christians en 1971.. Ils ont deux enfants.

Il est membre de Mensa France, une société à QI élevé, et de la Société des amis de Bayreuth ().

Idées, engagements et positions Engagements Alain de Benoist ne cache pas avoir été dans sa jeunesse militant d'extrême droite, mais il se défendÀ plusieurs reprises, Alain de Benoist a expliqué en quoi il différait de la droite et de l'extrême droite et divergeait par rapport à elles. Citons, à titre d'exemples, l' paru en 2005 dans le numéro 118 d’Éléments, ainsi que l'émission du , au cours de laquelle Frédéric Taddeï parle avec Benoist de son parcours. depuis longtemps de tout penchant pour le racisme. et pour le totalitarisme, malgré les accusationsInterrogé par la revue américaine Telos sur les raisons de sa « démonisation », Alain de Benoist a, en préalable à l'explication de ce qu'il estime en être les raisons profondes, évoqué ce passé (traduction de l'anglais) : (Interview with Telos, winter 1993/spring 1994).Si d'aucuns, tel le romancier Didier Daeninckx, ont dénoncé en Alain de Benoist un . Jacques Julliard, commentant en termes élogieux une préface d'Alain de Benoist, s'est ému qu'on ait fait de ce dernier (). Pour Anne-Marie Duranton-Crabol, Alain de Benoist est ; Duranton Crabol 2009 . De fait, ce dernier est, davantage qu'en France, cité en Italie, où il entretient un dialogue cordial avec des intellectuels d'extrême gauche : d'après le sociologue italien Carlo Gambescia, dans un entretien accordé à Éléments (, hiver 2008) : . Sur les rapports intellectuels entre Benoist et Preve, on se reportera aux conversations publiées dans Éléments ( et 116) : ; . dont il fait régulièrement l'objet. Il fustige du même coup la « suspicion » qu'entraîne selon lui le règne de la « pensée unique », expression dont la Nouvelle Droite revendique la paternitéEn septembre 1993, dans un éditorial d’Éléments titré « Maccarthysme : le retour », « Robert de Herte » (Alain de Benoist) écrivait :

Cinq ans plus tard, il revenait, dans un nouvel éditorial, sur la signification et les manifestations de cette « pensée unique » : ..

À partir de 1975., il a été membre de la Ligue nordique, fondée par Roger Pearson.

Il n'a pour autant jamais refusé de dialoguer avec la droite radicale, avec laquelle il a toujours entretenu des relations épisodiquesLes dialogues avec ce courant donnent souvent lieu à de vives polémiques. Ainsi, Dominique Venner ayant interpellé Alain de Benoist à propos de sa lecture de l'histoire de la droite, ce dernier a répliqué par une sévère critique des droites et de l'analyse de Venner (cf. « La droite en questions », Éléments, , hiver 2005-2006). De tels échanges sont aussi parfois - ainsi qu'en témoigne cet avec Terre et Peuple -, l'occasion pour Alain de Benoist de réfuter les convictions de ses interlocuteurs. : lui a ainsi été reproché d'avoir été publié en Allemagne par Grabert-Verlag, une maison d'édition soupçonnée de néonazismePierre-André Taguieff a contesté les accusations de « nazisme déguisé » amplifiées par cette publication dans un article paru aux États-Unis (et dans son livre cité plus haut) : .( ). De son côté, Alain de Benoist a, dans les mêmes colonnes, répondu à ces accusations, évoquant plusieurs de leurs déclinaisons (traduction de l'anglais) : (Interview with Telos, art. cit.)..

Olivier Schmitt, professeur de science politique, estime qu'Alain de Benoist est « le père intellectuel de la “Nouvelle Droite”, ce mouvement d'extrême droite qui tenta de se doter d'un corpus intellectuel cohérent pour servir de base idéologique à une progressive prise de pouvoir »..

À l'occasion des élections européennes de 1984, il déclare son souhait de voter en faveur de la liste communiste. À la fin des années 1980, il prend position en faveur des Verts et soutient leur candidat Antoine Waechter.

En 1999, il signe pour s'opposer à la guerre en Serbie la pétition « Les Européens veulent la paix »., initiée par le collectif Non à la guerre.. La même année, à l'occasion du décès de Sigrid Hunke, militante pro-islam qui avait été nazie proche de Heinrich Himmler, et dont lui-même fut l'amiStéphane François, La Nouvelle Droite et le nazisme (lire en ligne [archive])., il lui rend hommage dans un article intitulé « Sigrid Hunke : Elle avait retrouvé la vraie religion de l’Europe »Robert de Herte (Alain de Benoist), Sigrid Hunke : elle avait retrouvé la vraie religion de l’Europe, revue Éléments pour la civilisation européenne, , novembre 1999..

En , il participe à une conférence du , groupe de réflexion suprémaciste blanc américain.