Jean Ebstein-Langevin, né le à Strasbourg et mort le à Paris , est un résistant, avocat, journaliste et militant politique d'extrême droite.

Biographie Le résistant royaliste Né Jean Ebstein, fils de Bernard Ebstein, négociant, et de Madeleine Langevin, née Weil, Jean Ebstein suit ses études secondaires au lycée Fustel-de-Coulanges (Strasbourg), puis gagne Paris pour étudier à la Faculté de droit.

Il adhère à l'âge de 13 ans aux Jeunesses royalistes d'Alsace où il milite. Il prend ses distances avec le groupement lorsque Charles Maurras exprime son soutien aux accords de Munich et se rallie au maréchal Pétain.

Trop jeune pour être mobilisé en 1939, il se porte volontaire et s'engage, est blessé en mais refuse d'être réformé. Il prend part aux campagnes de Belgique et des Flandres et à l’évacuation des troupes à Dunkerque. Il est démobilisé le . À son retour à Paris, il s’inscrit en à la Faculté de droit de Paris, en deuxième année de licence, ainsi qu’à l’École libre des sciences politiques.

Vice-président de l'Association corporative des étudiants en droit (la « Corpo » de droit) auprès d'André Pertuzio, il est l’un des initiateurs de la manifestation du 11 novembre 1940 à Paris à laquelle il participe. Il gagne ensuite la Zone libre en 1941, s'installe à Lyon d'où il participe à l'organisation de départs vers l'Espagne, passe lui-même en Espagne où il est interné 8 mois. Il parvient à rejoindre le Maroc via le Portugal en où il s'engage dans les Forces françaises libres (FFL) avec le grade de maréchal des logis. Il est affecté à l'antenne d'Alger du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) puis gagne Londres en où il est affecté au BCRA puis désigné chef du secrétariat du bureau de l’état-major Guerre. Il sert ensuite comme officier de renseignement dans la jusqu'à la capitulation allemande en . Il est démobilisé en 1946.

Plus tard, il fonde vers 1959 et devient le délégué général de l'Association des Résistants du . Il est aussi membre du conseil d'administration des , de l'ORA, de l'Amicale des réseauxCf. Mauthausen (bulletin intérieur de l'amicale des déportés et familles de Mauthausen), décembre 1992, , droit de réponse de Me Ebstein-Langevin en ligne sur le site de l'association : Bulletins de l'année 1992 : lire en ligne. Comme vice-président (ou délégué général ?) de l'Association des résistants du , il fait connaitre son opposition à mai 68Danielle Tartakowsky, Les manifestations de rues en France, 1918-1968, Publications de la Sorbonne, 1997, . Dans une lettre au Monde en 1980, il minimise la présence des communistes à la manifestation du 11 novembre 1940« Correspondance à propos du 11 novembre 1940 », Le Monde, 26 novembre 1980 (Lire en ligne). Citée par Alain Monchablon, « La manifestation à l'Étoile du 11 novembre 1940. Histoire et mémoires », dans Vingtième siècle. Revue d'histoire, 2011/2, .. Comme ancien résistant, il est un témoin à décharge dans le procès de Paul TouvierJacques Trémolet de Villers (avocat de Touvier), L'affaire Touvier: chronique d'un procès en idéologie, DM Morin, 1994, .

Le militant politique Après la guerre, il est chargé de la presse de la Confédération générale des combattants (dite ARC, organisme de droite) en 1946, il collabore à l'hebdomadaire Paroles françaises d'André Mutter qui milite pour l'amnistie des épurés et contre le Cf. la page RésistancialismeFrançois Broche, Une Histoire des antigaullismes des origines à nos jours, Bartillat, 2007, Jérôme Cotillon, Ce qu'il reste de Vichy, Armand Colin, 2003, , fonde en 1947 et devient secrétaire général de 1947 à 1948 du Comité français pour la défense des droits de l'homme, la réparation et l'amnistie, qui vient en aide aux épurés et tente de réhabiliter les pétainistes, aux côtés du colonel Rémy, autre maurrassien gaullo-pétainiste, de Jacques Isorni, un des avocats de Pétain, André Mutter, Robert Aron mais aussi Edmond Michelet, Maurice Schumann, Jacques Bardoux, André François-PoncetMathias Bernard, La guerre des droites, Odile Jacob, 2007, Jérôme Cotillon, op. cit., Franc-Tireur, 20 mars 1948, , Maroc-Matin, 10 avril 1948, . Son ami Alain Griotteray a pu écrire : « (…) Epstein-Langevin (sic) dont j’ai encore à l’oreille les reproches qu’il proférait à mon égard, jugeant mon gaullisme trop mou (…) devint après la guerre l’un des plus fervents défenseurs du maréchal : m’adressant tous ses écrits, ses discours, me reprochant alors mon gaullisme attardé »Alain Griotteray, De Gaulle encore et toujours, L'Âge d'homme, 2006, op. cit., . Cf. aussi Philippe Prévost, Le temps des compromis : mai-décembre 1940, CEC, 2005, la dédicace de l’auteur à Ebstein-Langevin : « Étudiant d’Action française, (il) organisa la manifestation du 11 novembre 1940, s’engagea dans la Résistance et passa sa vie à tenter de réconcilier les Français et à défendre la mémoire du maréchal Pétain » et Général Jacques Le Groignec (alors président de l'ADMP), Pétain face à l’histoire, NEL, 2000, .

Comme secrétaire général du Centre d'études franco-britanniques, il écrit deux articles dans Le Monde en 1947Jean Ebstein, « M. Laski rejoint Churchill pour préconiser les États-Unis d'Europe L'ancien leader travailliste suggère un "fédéralisme des fonctions" », Le Monde, 31 mai 1947 ; J. Ebstein, « M.L.S. Amery, en définissant le programme churchillien, exclut toute idée de bloc on de coalition », Le Monde, 2 juin 1947. Il participe en 1948 au congrès de La Haye, proeuropéen, et adhère au mouvement La FédérationRevue d'histoire diplomatique, vol. 117, 2003, . Et futur dirigeant selon cette source..

Il milite ensuite en 1954 au Rassemblement national de Jean-Louis Tixier-Vignancour qui lutte alors contre « le système pourri, incapable de remédier à la décadence intérieure comme de défendre le pays à l’extérieur »Ariane Chebel d'Appollonia, L'extrême droite en France, Complexe, 1998, , fréquente des cercles de droite comme le Centre d'études politiques et civiquesLes Cahiers du CEPEC, n° 5, Texte de l'exposé fait au dîner-débat du C.E.P.E.C. le 16 décembre 1954. auquel il adhère, dirige en 1956 l'Union nationale et sociale de salut public - il est candidat en à la tête d’une liste du même nom -, et contribue à la constitution de Défense de la France la même année« Formation d'un comité Défense de la France », Le Monde, 26 mars 1956. Il est ensuite membre de la Coordination nationale présidée par le général Lionel-Max Chassin, en 1958. Il signe en le manifeste des intellectuels français pour la résistance à l'abandon qui s'oppose au manifeste des 121, à propos de l'Algérie françaiseLe Monde, 7 octobre 1960.

C'est un ami du polémiste d'extrême droite Albert Paraz ; il fait partie du bureau de l'Association des Amis d'Albert Paraz, fondée en 1958, aux côtés notamment de Paul RassinierJacques Aboucaya, Paraz le rebelle, L'Age d'homme, 2002, .

Devenu avocat, il renoue avec le mouvement royaliste de sa jeunesses strasbourgeoise, est proche de la Nouvelle Action royaliste de Bertrand RenouvinRoyaliste, 5-18/2/1981, : conférence-débat pour la N.A.R, Royaliste, 2-16/6/1982: liste des souscripteurs. Une polémique l'oppose cependant en 1992 à B. Renouvin à propos de l'affaire Touvier: cf. Mauthausen (bulletin intérieur de l'amicale des déportés et familles de Mauthausen), bulletins de juin et décembre 1992 : Bulletins de l'année 1992; il écrit dans une nouvelle mouture de l'Action française dans les années 1990.

L'avocat Un temps directeur commercial de la Compagnie française de téléphonie (1949-1957), il reprend ses études de droit à près de soixante ans pour devenir avocat au barreau de ParisNotice du site museedelaresistanceenligne.org.. Il défend ainsi un ingénieur français, Robert Juge, inculpé d'intelligence avec une puissance étrangère (en l'occurrence l'URSS) en 1983.

Il plaide au nom de François Lehideux et de Jacques Isorni devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) à partir de 1994, à propos d’un encadré publicitaire de Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) publié dans Le Monde en 1984 et intitulé « Français, vous avez la mémoire courte ». L’encadré récapitulait sous la forme d’un plaidoyer les grandes étapes de la vie de Pétain, ce qui entraina le dépôt d’une plainte de l’Association nationale des anciens combattants de la résistance et le début d’une longue affaire judiciaire, jugée en 1998 au bénéfice des plaignants.

Distinctions

Publication Le principe de légitimité et le conflit entre deux légitimités prétendues : Vichy et de Gaulle , mémoire de DEA d'études politiques, Université de droit de Paris, 1980, 74 p. et annexes

Lien externe Notice biographique sur le site museedelaresistanceenligne.org de la Fondation de la Résistance : Lire en ligne

Bibliographie Who's who, 1998,

Notes et références

Catégorie:Résistant français Catégorie:Militaire des Forces françaises libres Catégorie:Avocat français du XXe siècle Catégorie:Journaliste français du XXe siècle Catégorie:Personnalité de l'UNEF Catégorie:Personnalité de l'Action française Catégorie:Nationaliste français Catégorie:Naissance en avril 1921 Catégorie:Naissance à Strasbourg Catégorie:Décès en août 1998 Catégorie:Décès dans le 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 77 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière parisien de Bagneux