Bordeaux Aéronautique (BA) est un bureau d'études pour la construction d'avions de reconnaissance et de bombardiers français, fondé le Devant l'accélération des commandes, Marcel Bloch envoie Henri Deplante, en novembre 1939 à Bordeaux, pour mettre au point la série des MB 170, produits par l'usine de Mérignac dirigée, depuis 1937, par Bention Grebelsky. Il le charge ainsi que son frère Paul, et André Curvale, d'installer une nouvelle usine privée qu'il dénomme Bordeaux-Aéronautique. elle est située dans la banlieue bordelaise de Talence. Cette décision d'envoyer Henri Deplante à Bordeaux est très importante. Elle montre que Marcel Bloch a pris conscience de ses défauts : vouloir aller trop vite et sous-estimer les problèmes de la fabrication en série. S'il a réussi à résoudre correctement la fabrication en série des MB 170, par contre il est trop tard pour accélérer la production des MB 150. De violentes polémiques s'engagent avec le ministère de l'Armée de l'Air. Ce comportement est bien caractéristique de Marcel Bloch puis de Marcel Dassault : les prototypes le passionnent, pas la série. (Extrait de la biographie de Claude Carlier, Marcel Dassault : La légende d'un siècle, Éditions Perrin, mai 2002, ) et dissous le .

La société fut créée par l'industriel Marcel Bloch, le pilote André Curvale, l'ingénieur Henri Deplante et le secrétaire général de l'usine de Saint-Cloud de la SAAMB, de à , également trésorier de l'Association des anciens élèves de Sup'Aéro, Claude de CambronneEn 1939, Marcel Bloch, toujours pressé, continue de recruter. Le février, il embauche Claude de Cambronne : « Après Sup'Aéro, je travaillais dans une compagnie d'assurance qui ne couvrait que le risque aviation de tourisme, j'étais directeur des expertises. Marcel Bloch m'a proposé d’entrer dans sa Société en me disant : " Je vous propose une situation chez moi car nous allons avoir la guerre ". J'ai été très étonné. Plus tard j'ai compris que quand il ouvrait la bouche ce n'était que pour dire des choses sensées. Avec lui, je suis passé du niveau de l'élève de Sup'Aéro au plus haut niveau de la profession. (Extrait de la biographie de Claude Carlier, Marcel Dassault : La légende d'un siècle, Éditions Perrin, mai 2002, p.103).

Histoire La Drôle de guerre (1939-1940) Devant l’augmentation de la production d'avions, la SAAMB acquiert, en , à Talence, près de Bordeaux, des bâtiments à usage industriel, à partir d'un atelier mitoyen au château de Brama (devenu le château dit du Prince Noir en référence à Édouard de Woodstock), qu’elle rétrocède à la société Bordeaux-Aéronautique. La France fournit alors l’effort de réarmement le plus importantDans un premier temps, l'usine de Saint-Cloud est affectée à la réalisation d'hélices métalliques du type Chauvière mais, comme le gouvernement souhaite décentraliser l'industrie aéronautique, la SAAMB signe, avec la Caisse de compensation, un contrat prévoyant la construction d'usines à Thiers (Puy-de-Dôme) et à Monnaie (Indre-et-Loire) avec achat de machines-outils. Alors que ces usines n'en sont encore qu'à l'état embryonnaire, la SAAMB, d'une usine en chômage. Cette usine n'ayant pas un emploi immédiat, la SAAMB la rétrocède à la société Bordeaux-Aéronautique, créée en octobre 1939 par Marcel Bloch. Entre-temps, en juillet, le ministère de l'AIr demande d'arrêter les travaux de réalisation de l'usine de Monnaie et d'achever seulement celle de Thiers. (Extrait de la biographie de Claude Carlier, Marcel Dassault : La légende d'un siècle, Éditions Perrin, mai 2002, p.104-105)Le 20 janvier, le ministre de l'Air informe son collègue des Finances qu'il trouve désormais incompatibles les fonctions d'administrateur d'une société exerçant son activité dans la même branche que la société nationale. Le même jour, il avertit Marcel Bloch qu'en raison de son cumul de fonction à la Sncaso et à Bordeaux Aéronautique, fondée le 17 octobre 1939, il est amené à donner des ordres pour que soit exercé le contrôle des prix de revient et des bénéfices de Bordeaux-Aéronautique. Le ministre ordonne également aux sociétés nationales de ne pas passer directement de commandes à Bordeaux-Aéronautique sans que les prix n'aient été discutés et agréés par ses services. Le 20 janvier, le contrôle téléphonique de la Région aérienne intercepte une communication entre Marcel Bloch à Saint-Aignan et le secrétaire technique de la Sncaso, M.Fernand Vinsonneau, à Paris. Elle concerne les essais d'évaluation en cours du Bloch 134. Marcel Bloch parle : "Il est convenu qu'après la base on dira que les bougies sont encrassées et on enlèvera le réchauffage."(Extrait de la biographie de Claude Carlier, Marcel Dassault : La légende d'un siècle, Éditions Perrin, mai 2002, ).

Destinée à la fabrication en série des fuselages avant des avions Bloch MB.175, une activité d’études est mise en place parallèlement pour développer un prototype d’avion de transport bimoteur Bloch MB.1020LE BESTIAIRE EXTRAORDINAIRE DE L'ARMEE FRANÇAISE, Model Archives, pour Air France dont la construction avancée est interrompue à la fin 1940Mérignac, Dassault aviation(Marcel Bloch) encouragea la création d'une société sous-traitante, la fameuse Bordeaux-Aéronautique. Une usine désaffectée fut installée. Bloch y détacha des ingénieurs de Villacoublay, une usine de prototypes qu'il avait reçu l'ordre de décentraliser parce qu'elle était trop exposée ; les autres techniciens et spécialistes, furent envoyés à Bordeaux-Mérignac. On y fabriqua des parties avant de Bloch 175. Quatre-cents femmes y furent embauchées. À l'armistice, après cinq mois de production, on avait construit deux cents fuselages. Quant aux hélices métalliques à pas variable, il rappelle qu'en avril 1940, il en sortait 175 par mois et qu'en l'espace de quinze mois, il avait mis sur pied une des plus puissantes usines d'hélices de France. (Extrait du livre de Pierre Assouline, Monsieur Dassault, Balland, 1983, p.158)G.Poullain raconte en 1972 : "Vous m'aviez dit que vous souhaitiez ne pas vous cantonner dans l'industrie aéronautique militaire. Vous projetiez de voir des avions civils Dassault parcourir les lignes du monde." Marcel Dasault lui répond : Je me rappelle très bien de nos travaux d'Écully qui m'ont permis à une époque difficile, de me maintenir dans l'ambiance aéronautique." Le 3 mai 1986, après la mort de Marcel Dassault, G.Poullain précise "Étant optimiste sur l'issue de la guerre, Monsieur Dassault confia à M. Vinsonneau et Paul Deplante l'étude d'un avion commercial destiné à Air France, le 1020. Je continuai à assurer la liaison entre eux et Monsieur Dassault. La réalisation de la construction fut réalisée aux trois-quarts à Talence. En 1944, M.Curvale en arrêta la fabrication." (Extrait de la biographie de Claude Carlier, Marcel Dassault : La légende d'un siècle, Éditions Perrin, mai 2002, ). Les 8 et , les Bloch MB.200 du III/39 bombardent la flotte britannique au large du Liban, touchent deux navires et deviennent des escadrilles de surveillance et de bombardement de nuitGuerre aérienne - Armée de l'Air de Vichy 1940-1941, histoire. Arrive.

Après la bataille de France, le , la patrouille du lieutenant Zdzisław Henneberg, basée à Châteauroux, et composée de deux MB.152 et un MB.151, et d'un Caudron Simoun, fait escale à Bordeaux et devient la seule unité polonaise à rejoindre le Royaume-Uni.

De à , l'Armée de l'air de Vichy utilise alors les MB.152/155, équipant la totalité des unités de chasse conservées en zone non occupée aux termes des accords franco-allemands et les MB.174/175, car les conventions d’armistice limitèrent à trois groupes stationnés en Afrique du Nord le nombre d’unités de Bloch. Au mois de novembre, l’Armée de l’air de Vichy est dissoute et 173 MB.152/155 sont regroupés à Guyancourt, Orange-Caritat et Châteauroux, où ils servent d’appareils d’entraînement à la chasse, pour la Luftwaffe.

La bataille d'Angleterre (1940-1941) Après l'armistice du 22 juin 1940, le général allemand Ernst Udet, le directeur Cordua de la Generalluftzengmeister saluent, le , la qualité du MB 175. Kurt Tank, concepteur d'avions chez Focke-Wulf en commande deux-centsKlemm, op cit, p 54Pendant ce temps, l'équipe de Marcel Bloch restée à Bordeaux fait la connaissance d'un Allemand au comportement curieux, l'ingénieur Vogel. Tandis que les dirigeants industriels français essaient de camoufler leurs réalisations et de conserver un maximum de personnel. Vogel ne manifeste aucun zèle pour les gêner, il leur fait même des confidences sur les difficultés que rencontre la Luftwaffe face aux anglais pendant la Bataille d'Angleterre. La présence à Bordeaux, en zone occupée, des principaux concepteurs d'avions Bloch devient un risque inutile. En juillet 1940, une partie du bureau d'études emmenée par Henri Deplante rejoint Châteauroux, en zone libre. Il ne comprend pas pourquoi Vogel n'essaye pas de les poursuivre. (Extrait de la biographie de Claude Carlier, Marcel Dassault : La légende d'un siècle, Éditions Perrin, mai 2002, )La Luftwaffe s'est déjà signalée à Bordeaux, lors d'un bombardement dans la nuit du 19 au , faisant 68 morts et 185 blessés. L'aérodrome de Mérignac, construit en 1934, devient une importante base militaire allemande, dès l'été 1940, qui prolonge ses installations jusqu'à Beutre. Durant quatre années, le nom de Mérignac est indissociable de la 40ème escadre de bombardement, qui va regrouper jusqu'à seize escadrilles et aligner 10 000 hommes et 150 avions, dont les quadrimoteurs Focke-Wulf 200 Kondor. Le , un bombardement de la Royal Air Force la détruit partiellement. Par précaution, la Luftwaffe déplace les avions sur Avignon et Mont-de-Marsan. À cette époque, l'aviation du maréchal Goering ne compte plus que 319 appareils disponibles dans toute la France, dont 30 à Mérignac. La 4ème escadre du lieutenant Heyn n'est plus que l'ombre d'elle même. Outre celle de Mérignac, la Luftwaffe aura occupé, en Aquitaine, les bases aéronavales d'Hourtin et de Bicarrosse et pour la chasse ou la reconnaissance celles de Mont-de-Marsan, Cazaux, Biarritz et Corme-Ecluse. Pour contrebalancer, les très importantes pertes, de puissantes formations terrestres de la Luftwaffe sont formées et équipées de nombreuses pièces de DCA. LE 45ème régiment de la Flak, fort de 15 000 hommes, occupe Bordeaux-Mérignac et ses environs jusqu'en août 1944. Cette grande unité comprend huit groupes DCA, un groupe de barrages (ballons) et un groupe de projecteurs. Chaque groupe de DCA aligne 3 à 6 batteries. Dès le 22 juillet 1940, Bordeaux a le triste privilège de loger la première des seize antennes du SD (Service de renseignement d'espionnage et de sécurité proprement SS en France). L'officier SS, Herbert Hagen s'installe discrètement avec huit de ses agents dans la cité girondine. Né en 1913 à Neumunster, Hagen s'inscrit au Parti nazi en 1934. Disciple d'Adolf Eichmann et du docteur Franz Six, il gravit rapidement les échelons du SD pour devenir à 23 ans le bras droit du docteur Helmut Knochen, chef de la Gestapo. (Bordeaux brûle-t-il ?, Dominique Lormier, Les Dossiers d'Aquitaine p.17, 2003). L'Europe sous domination nazie entraine un changement de l'Organisation de la Luftwaffe. La Luftflotte 3 installe, à Bordeaux–Merignac, une partie de la X. Fliegerkorps et de la Zerstörergeschwader 1 qui font partie de la Kampfgeschwader 40 d'Edgar Petersen.