Uña Ramos, né Mariano Uña Ramos le en Argentine, à HumahuacaHumahuaca est une localité située à d’altitude dans la célèbre Quebrada à laquelle elle donne son nom, dans la province de Jujuy, près de la frontière avec la Bolivie. et mort le à Nogent-sur-Marne, est un flûtiste virtuose argentin, facteur de ses propres instruments (principalement la quena et l’antara aussi nommée siku) également compositeur et considéré comme l’un des interprètes sur instruments à vent d’origine autochtone les plus notoires de l’histoire de la musique de l’AltiplanoJournal La Capital du 25/5/2014..

Biographie

Dans des temps très anciens, la famille d’Uña Ramos se consacre au soin de vigognes dans les montagnesAux questions des journalistes, Uña répondait en plaisantant que son nom serait originaire de Mongolie et que sa famille était venue de Sibérie. Cette référence aux origines asiatiques de tous les Amérindiens était une boutade, mais il s’amusait de la voir sérieusement retranscrite dans les journaux.. Son père, Uña Guarache (nom aymará ou quechua), est un maçon qui quitte son pays lors de la guerre dans le Gran Chaco pour se réfugier en Argentine, tout en gardant sa nationalité bolivienne. Sa mère, née à Humahuaca, est issue d’une famille originaire d’Arequipa, au PérouJournal La Nacion du 1/2/2003..

Ayant reçu sa première quena à l’âge de quatre ans, cadeau de son père — qui l’avait lui-même fabriquée —, il se révèle dès lors surdoué pour la musique. Uña Ramos tient par-dessus tout à dire que les origines de sa musique sont dans le folklore et le traditionnel, mais que son but, en composant, est de s’en éloigner pour accéder à une variété plus classique, ne serait-ce qu’en quittant définitivement la gamme pentatonique pour la gamme chromatique, et en s’adaptant aux instruments les plus divers, aussi bien le violon ou le violoncelle que la caisse claire et la guitare à douze cordesCe qu’on lui reproche vertement dans les années 1960 en Argentine, dans des articles de journaux en particulier, alors que, à partir des années 1990, on se met à le féliciter chaudement dans les mêmes journaux pour cette initiative qui a transformé la musique andine..

Uña Ramos offre tout au long de sa carrière d’innombrables concerts sur les cinq continents et sa discographie comprend près d'une vingtaine d'albums et de très nombreuses rééditions et compilations. Rien qu’au Japon, où il est honoré comme un auteur exceptionnel, il vend plus de quinze millions de disques.

Alors qu'il est en pleine activité, offrant des cours magistraux pour les musiciens professionnels à travers l’Europe, où il vit depuis plus de quarante ans, une maladie subite se déclare dont il meurt quelques mois plus tard, le , dans sa quatre-vingt-unième année, à Nogent-sur-Marne..

Ses obsèques sont célébrées le . Le , les cendres du musicien sont rapportées à Humahuaca, puis dispersées au vent dans la montagne « pour trouver [son] écho », selon son désir comme l’a rappelé sa veuve, Elizabeth Rochlin. Pour cet hommage sont venus, de France, son fils Jonathan et, de Buenos Aires, sa fille Beatriz, ainsi que son amie proche Sandra Ceballos, sa sœur Rosa et toute la famille Ramos de HumahuacaJournal El Federal de mars 2015..

Carrière Uña Ramos donne son premier concert à l’âge de sept ans. À onze ans, il commence à enseigner la musique andine au conservatoire de Santiago del Estero, où il reste six années avant de partir pour Buenos Aires, qui devient, plus tard, le tremplin pour rejoindre l'Europe.

Au début des années 1970, il fait une tournée internationale avec Paul Simon (du duo Simon et Garfunkel) et le groupe (devenu ensuite le groupe Urubamba), interprètes du fameux chant El cóndor pasaEl cóndor pasa (If I Could) Paul Simon / Jorge Milchberg - Daniel Alomía Robles., qui est un succès planétaireVoir Uña Ramos (1933-2014), musicien des Andes et du monde par Dominique Thiébaut Lemaire et Maryvonne Lemaire..

Établi à Paris en 1972, il connaît une célébrité mondiale dans les années 1970, 1980 et 1990, en France, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Italie, au Japon… Il reçoit, en France, le grand prix du disque de l’Académie Charles Cros en 1979 pour « de bois » (« Puente de madera »). En 1980, il participe à la « Symphonie celtique » œuvre que présente Alan Stivell au Festival interceltique de Lorient dans laquelle sont associées les cultures andine, berbère, indienne, tibétaine… Uña Ramos se produit aussi dans les pays d'Europe de l’Est.

Ami d’Astor Piazzolla, de Mercedes Sosa et d’Atahualpa Yupanqui, il travaille, à partir de 1981, en collaboration avec le guitariste français Bruno Ulysse Pauvarel.

Plus attaché aux épisodes de sa carrière au Japon qu’aux tournées avec Simon et Garfunkel, il lui importe de se démarquer du folklore, ses œuvres unissant subtilement la musique traditionnelle des Andes et la musique européenne. Il n’hésite pas à faire appel aux instruments classiques comme aux guitares électriques et aux synthétiseurs (voir plus bas la discographie). Uña Ramos enregistre deux albums en public depuis la Philharmonie de Berlin, et utilise les flûtes andines dans toute l’étendue de la gamme chromatique, et non comme des instruments pentatoniques.

Ses derniers récitals ont lieu en Allemagne à la fin de la première décennie des années 2000, principalement à Berlin en .

Instrumentarium

Uña Ramos utilise toutes sortes de flûtes, qu’il confectionne lui-mêmePour les détails techniques de ce paragraphe : Les Instruments de musique dans le monde, tome 2, François-René Tranchefort, Le Seuil, collection Points-Musique, 1980.. Son instrument de prédilection est toutefois la quena (ou kena), une flûte droite à encoche qui se tient verticalement, légèrement à l’oblique, comme on peut le voir sur la photo du cartouche à droite au début de l'article.

Apparentés à la quena, la quenilla (kenilla) est plus petite contrairement au quenacho (kenacho), qui peut mesurer jusqu'à et qui donne un son plus grave.

Tout à fait autre est la famille de l’antara (antara grande ou antara pequeña) aussi nommée sicu (sikuLes sikuris sont des ensembles de joueurs de siku.), puisqu’il s’agit de flûtes de Pan, c'est-à-dire composées de plusieurs tuyaux juxtaposés (de sept à dix-sept, voire trente-trois au Pérou), éventuellement sur plusieurs rangs. Traditionnellement, le flûtiste ne fait pas glisser ses lèvres le long de l'instrument, mais souffle dans chaque tube séparément tout en claquant légèrement la langue ; par cette technique, le jeu acquiert un caractère staccato. Uña Ramos outrepasse ce type de jeu.

La flautilla, qui a trois trous, et le pinquillo (pinkiillo), qui en a six, quant à eux, sont des flûtes à bec, ainsi que la tarka au son grave ou celle plus petite au son plus percutant (aussi appelée ).

L’erkencho (dérivé de l’erke) est encore différent puisque c’est un instrument à anche.

Parmi les instruments que fabrique et utilise Uña Ramos, on peut encore citer le mohoceño, spectaculaire flûte traversière à conduit, au son grave.

Enfin, on ne saurait oublier que, particulièrement apprécié lors de ses spectacles en Extrême-Orient, il arrive à Uña Ramos de jouer aussi sur le traditionnel shakuhachi, instrument japonais d’origine chinoise.

Citations

Photographies

Discographie Albums originaux

DVD

Participations 1974 Album Urubamba, du groupe Urubamba (ex-Los Incas), comportant un morceau intitulé Uña, composé par Jorge MilchbergJorge Milchberg est par ailleurs coauteur de la chanson El cóndor pasa. et Uña Ramos. 1974 Album Paul Simon in Concert: Live Rhymin’, de Paul Simon. 1979 Album Symphonie Celtique : Tír na nÓg, d’Alan Stivell. 1988 Album La pianta del tè, composé en collaboration avec l'Italien Ivano Fossati à Milan. 2003 Album Piano Works, arrangements pour piano d’œuvres d’Uña Ramos par Sebastian Forster. 2005 CD single the Sea Princess techno, reprise techno du titre la Princesa del mar.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Musique argentine Musique bolivienne Musique andine Quena Siku

Liens externes

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