L'élection présidentielle polonaise de 2005 s'est tenue les 9 et . Le candidat conservateur Lech Kaczyński l'emporte au second tour et entre en fonction le .
Modalités du scrutin
Le président de la République de Pologne est élu pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par les citoyens polonais. Il ne dispose pas de pouvoirs étendus, contrairement au président du Conseil des ministres. Le chef de l'État peut néanmoins s'opposer à une loi en imposant son droit de veto législatif qui ne peut être levé par la Chambre basse qu'à la majorité qualifiée des trois cinquièmes.
Les candidats à l'élection présidentielle devaient se faire connaître auprès de la Commission électorale nationale au plus tard le , soit avant le scrutin, en ayant réuni d'électeurs en leur faveur. Représentés par un comité électoral d'au moins , ils avaient ensuite dix jours pour collecter cette fois de soutien, soit jusqu'au .
Contexte
Le , le président social-démocrate sortant, Aleksander Kwaśniewski, était réélu chef de l'État pour un dernier mandat de cinq ans. Alors qu'il est proche du terme de ce mandat, la Constitution polonaise lui défend de briguer, une troisième fois, la présidence de la République.
Les élections législatives anticipées du sont remportées par les principaux partis de la droite conservatrice, crédités de 51,1 % des suffrages, quand le centre gauche au pouvoir depuis 2001, subit une cuisante défaite avec à peine 11 % des voix.
Dans ce contexte, les partis politiques désignent leurs candidats pour l'élection présidentielle. Certains ont déclaré leur candidature de longue date, comme le maire conservateur de Varsovie, Lech Kaczyński ; l'ancienne ministre Henryka Bochniarz ; ou encore le vice-président de la Diète, Donald Tusk. D'autres, initialement candidats, durent renoncer pour des raisons diverses, comme l'ancien président du Conseil social-démocrate, Włodzimierz Cimoszewicz, pourtant soutenu par l'épouse du président sortant Jolanta Kwaśniewska et remplacé par l'ancien président de la Diète, Marek Borowski.
Campagne
Soutenu par le président Kwaśniewski, le président du Conseil social-démocrate Marek Belka et de nombreux cadres politiques, Włodzimierz Cimoszewicz, ancien chef du gouvernement, présente officiellement sa candidature à l'élection présidentielle ; favori des sondages et des enquêtes d'opinions qui lui prêtent jusqu'à 30 % des intentions de vote, il perd cependant ce statut lorsque les deux candidats de droite, Lech Kaczyński et Donald Tusk, évoquent une possible alliance, qui finalement ne se fera pas. Le , un peu plus de deux mois après sa déclaration de candidature, Cimoszewicz se retire et ne donne aucune consigne de vote aux électeurs qui voulaient lui apporter leurs suffrages.
Le populiste Andrzej Lepper, dirigeant du parti Autodéfense, jouit d'une position confortable dans de nombreux sondages qui lui confère le statut d'arbitre de l'élection présidentielle. Garant de valeurs conservatrices, il se dit très ouvert sur des questions sociales et prône des mesures favorables aux classes populaires.
Le retrait de Włodzimierz Cimoszewicz ne profite pas au centre gauche : le candidat de la Social-démocratie de Pologne (SLD), Marek Borowski, n'est crédité que d'un peu plus de 10 % des intentions de vote.
Candidats
Présents au premier tour
Candidat Parti Idéologie 100px|Henryka Bochniarz Henryka Bochniarz Parti démocrate - demokraci.pl (PD) Démocratie Libéralisme Social-libéralisme 100px|Marek Borowski Marek Borowski Social-démocratie de Pologne (SDPL) Social-démocratie Social-libéralisme Progressisme 100px|Leszek Bubel Leszek Bubel Parti national polonais (PPN) Ultranationalisme Antisémitisme Chauvinisme 100px Liwiusz Ilasz Indépendant Populisme Monarchisme Légalisme 100px|Lech Kaczyński Lech Kaczyński Droit et justice (PiS) Conservatisme Démocratie chrétienne Solidarisme 100px|Jarosław Kalinowski Jarosław Kalinowski Parti paysan polonais (PSL) Agrarisme Démocratie chrétienne Centrisme 100px|Janusz Korwin-Mikke Janusz Korwin-Mikke Plate-forme de Janusz Korwin-Mikke (PJKM) Libertarianisme Conservatisme Laissez-faire 100px|Andrzej Lepper Andrzej Lepper Autodéfense de la république de Pologne (SRP) Agrarisme Nationalisme Populisme 100px Jan Pyszko Indépendant National-conservatisme Solidarisme 100px|Adam Słomka Adam Słomka Confédération de la Pologne indépendante (KPN) Anticommunisme Solidarisme 100px|Donald Tusk Donald Tusk Plate-forme civique (PO) Libéral-conservatisme Libéralisme économique Démocratie chrétienne 100px|Stanisław Tymiński Stanisław Tymiński Indépendant Libertin Nationalisme Populisme
Retrait en cours de campagne Włodzimierz Cimoszewicz - post-communiste, ancien président de la Diète, Alliance de la gauche démocratique; le , il quitte la course présidentielle Zbigniew Religa - chirurgien de renom, professeur de cardiologie, sénateur du Parti du centre (le , Zbigniew Religa annonce qu'il soutient Donald Tusk, et quitte l'élection) Daniel Podrzycki - chef de file du mouvement de gauche Parti travailliste polonais il meurt dans un accident de voiture le Maciej Giertych - nationaliste conservateur, Membre du Parlement européen pour la Ligue des familles polonaises ; le , il quitte la course présidentielle.
Résultats +Résultats de l’élection présidentielle polonaise de 2005Candidats PartisPremier tourSecond tourVoix%Voix% Donald Tusk PO36,33 45,96Lech KaczyńskiPiS33,1054,04Andrzej LepperSRP15,11Marek BorowskiSDPL10,33 Jarosław KalinowskiPSL1,80Janusz Korwin-MikkeUPR1,43 Henryka BochniarzPD1,26 Liwiusz IlaszSans0,21Stanisław Tymiński0,16Leszek Bubel0,13Jan Pyszko0,07Adam Słomka0,06Votes valides99,3498,99Votes blancs et nuls0,661,01Total100100Abstention50,2849,02Inscrits / participation49,7250,98
Arrivé en tête du premier tour comme les sondages l'avaient indiqué quelques jours précédemment, le candidat libéral Donald Tusk, avec un peu plus de 36 % des voix, se place en position de favori pour le second tour, devant le maire de Varsovie, Lech Kaczyński, qui, avec 33 % des suffrages, se qualifie pour le second tour.
Mais le résultat important d'Andrzej Lepper, fort de plus de deux millions de voix, peut bouleverser les choses : s'il ne donne pas, le soir du premier tour, de consigne de vote, il accepte, après un accord avec Droit et justice, de soutenir Lech Kaczyński, qui entend gouverner avec Autodéfense, la formation dirigée par Lepper.
Le candidat social-démocrate, Marek Borowski, recueille un résultat décevant : avec un peu plus de 10 % des suffrages, celui-ci, qui convoitait la deuxième place ou, à défaut, celle d'arbitre, c'est-à-dire la troisième, est placé loin derrière le populiste Andrzej Lepper, et finit quatrième de ce premier tour de scrutin ; un revers pour les sociaux-démocrates, qui étaient crédités de près de 30 % intentions de vote lorsque le candidat Cimoszewicz menait campagne.
Les huit autres candidats, qui ne recueillent que de très fables résultats, inférieurs à 2 % du corps électoral, ne sont pas en mesure d'influencer les résultats du deuxième tour.
Avec plus de 54 % des voix, Lech Kaczyński, qui n'était pas en tête du premier tour, est confortablement élu président de la République de Pologne, face au libéral Donald Tusk, largement défait bien que l'ensemble des sondages menés durant l'entre-deux tours le donnait vainqueur. C'est la première fois qu'un conservateur est élu chef de l'État depuis la chute du régime communiste.
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