Une tentative de coup d'État a été perpétrée au Burundi le , dirigée par le général Godefroid Niyombare. Elle s'inscrit dans la continuité des contestations débutées le après l'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, candidature jugée anticonstitutionnelle par une partie de la population. La Constitution burundaise indique en effet que le mandat présidentiel n'est renouvelable qu'une fois. Il s'agit de la cinquième tentative de coup d'État au Burundi depuis 1966.

Déroulement Le général Godefroid Niyombare, ex-chef des renseignements de son pays et populaire après qu'il eut recommandé au président de ne pas se présenter pour un troisième mandat, profite de l'absence de ce dernier, qui se trouvait depuis trois semaines en Tanzanie pour un sommet consacré à la crise que traversait le Burundi, pour déclarer à la radio que le président est déchu de sa fonction ; il invite les forces de l'ordre et la population à bloquer l'aéroport de la capitale et à fermer les frontières. Dès lors, de violents combats éclatent dans la capitale Bujumbura entre loyalistes et putschistes.

Le président rentre dans son pays le vendredi dans la journée, après que les putschistes eurent annoncé l'échec de leur tentative de coup d'État. Le général Cyrille Ndayirukiye et le commissaire de police et porte-parole des putschistes Zénon Ndabaneze sont arrêtés. La même journée, le général Godefroid Niyombare annonce : . Ce dernier se cacherait dans la capitale.

Conséquences Peu après l'annonce de l'échec de la tentative de coup d'État, les manifestations reprennent, toujours pour protester contre la troisième candidature du président, lequel s'exprime le même jour.

Cet événement, consécutif aux protestations commencées trois semaines auparavant, aurait provoqué la fuite d'environ ; se trouveraient en Tanzanie, au Rwanda et dans le Sud-Kivu, en République démocratique du Congo.

Innocent Muhozi, directeur de la radio privée RPA Bob Rugurika, visé par des menaces d'emprisonnement et de mort, . Cette radio, ainsi que Radio-Télé Renaissance, qu'Innocent Muhozi dirige également, et les deux autres principales radios privées Bonesha et Isangarino, qui avaient diffusé les messages des putschistes, sont attaquées par les forces gouvernementales pendant la tentative de coup d'État, parfois à la roquette et mises hors d'état d'émettre.

Répercussions Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine condamne jeudi au Burundi, .

Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, condamne dans la soirée du jeudi et appelle . Dans une déclaration, la présidente du Conseil de sécurité des Nations unies dénonce elle aussi la tentative de coup d'État et appelle au calme ainsi qu'à la tenue , en ajoutant que le Conseil condamne également .

Les jours qui suivent voient une sévère répression de l'opposition de la part du président. Des soldats putschistes sont assassinés, des ministres et militaires limogés et de nombreux membres de l'opposition fuient le pays. Le général Ndayirukiye a été emprisonné et traduit au tribunal avec le visage apparemment tuméfié. Le président a toutefois annoncé que les élections législatives seraient repoussées du au Mélanie Gouby, « Au Burundi, le régime resserre sa poigne », Le Figaro, samedi 23 / dimanche 24 mai 2015..

Notes et références

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