C'est en 1995 que Sébastien Loeb fait ses premiers pas en compétition automobile dans le cadre de l'opération de détection Volant Rallye Jeunes. Il remporte la finale avant d'être déclassé second au profit de Nicolas Bernardi, puis récidive l'année suivante. Remarqué par Dominique Heintz et Rémi Mammosser, il participe à son premier rallye en 1997 au sein de la structure Ambition Sport Auto que les deux hommes créent de toutes pièces pour lancer sa carrière amateur. Au volant d'une Peugeot 106 Rallye homologuée en classe N1 puis N2, il prend part au trophée annuel organisé par le constructeur français et s'impose sur quatre épreuves dans sa catégorie. Ses résultats lui valent d'être élu Espoir Échappement à l'issue de la saison. En 1998, il fait la connaissance de Daniel Elena qui deviendra à compter de cette date le copilote inséparable qui le suivra dans la conquête de ses neuf titres mondiaux. Le duo franco-monégasque évolue alors en groupe A6 dans le cadre du Trophée Citroën Saxo Kit Car et remporte trois des cinq manches auxquelles il participe, dont une première victoire au classement général d'une épreuve lors du rallye du Val d'Agout.

1995 Interpellé par une publicité dans un magazine en 1994, Sébastien Loeb apprend l'existence de l'opération Volant Rallye Jeunes, filière de détection lancée à travers toute la France et organisée conjointement par la FFSA et Peugeot Sport. Adressé prioritairement aux jeunes désargentés et non-licenciés, ce programme national suscite l'intérêt de l'Alsacien, alors âgé de vingt ans et en passe d'entamer un BEP d’électrotechnicien en alternance. Jusqu'alors uniquement familiarisé avec les courses sauvages disputées sur les routes de campagne des environs de son domicile avec ses amis d'enfance, il prend connaissance des modalités d'inscription et de sélection auprès du concessionnaire de la marque au Lion situé à Haguenau et règle les frais de participation d'un montant de cent francs en puisant dans ses deniers personnels. Le premier tour se déroule durant l'automne de la même année, les sélections du secteur nord-est de l'Hexagone auquel Loeb est rattaché étant pour leur part organisées sur l'ancienne base de l'OTAN de Chenevières et rassemblent plus d'un millier de candidats. Au volant d'une Peugeot 106 Kid commune à l'ensemble des concurrents, le jeune Alsacien achève avec succès la première épreuve consistant à slalomer entre des plots sur un parcours chronométré dénué de difficulté majeure. Une centaine de participants se qualifient pour la suite de l’événement, mettant en scène un tracé plus long et plus technique. Loeb s'empêtre avec le levier de vitesses au moment d'aborder un virage au frein à main et abandonne plusieurs secondes. Il échoue à quelques dixièmes du chrono de référence et se retrouve éliminé prématurément de la compétition.

Davantage aguerri après plusieurs mois d'entraînement improvisé au volant de sa propre voiture, il retente sa chance à l'automne 1995, de nouveau sur le tarmac de la base de Chenevières. Il signe le temps de référence lors de chacune des trois épreuves au programme et se classe premier des huit candidats qualifiés pour la grande finale nationale, organisée deux semaines plus tard sur le circuit Paul Ricard. Il effectue le déplacement dans le Var accompagné de son père et de Frédéric Willmann, l'un de ses amis d'enfance participant également à l'événement. Loeb poursuit sa domination exercée lors des phases qualificatives en établissant le meilleur chrono sur l'ensemble des épreuves disputées, à l'issue desquelles les journalistes de la presse spécialisée présents sur place accourent pour lui adresser leurs félicitations et lui poser les premières questions dévolues au lauréat. Les organisateurs tardent cependant à déclarer l'Alsacien vainqueur et ajoutent un dernier test de façon inopinée, consistant à piloter une Peugeot 306 de série aux côtés de Gilles Panizzi qui doit alors juger des capacités de chacun. Le débat au sein du jury s'éternise. Décision est finalement prise d'infliger à Loeb une pénalité au motif que son ordre de passage lui aurait permis de bénéficier d'une meilleure luminosité en fin d'après-midi. Son poursuivant direct Nicolas Bernardi, pilote local bénéficiant de nombreux soutiens au sein des organisateurs, remporte la finale ainsi que la saison en Volant Peugeot 106 Rallye promise au vainqueur : .

1996 Quelques jours après sa mésaventure en finale de l'opération Volant Rallye Jeunes, Sébastien Loeb reçoit un appel de Dominique Heintz, gérant d'un garage automobile basé à Soultz-sous-Forêts, capitaine de l'armée de terre au de transmissions et ancien pilote de rallye amateur ayant participé à quelques éditions du Dakar. Domicilié à Mutzig, il prit connaissance de la déconvenue du jeune Haguenovien dans les colonnes des Dernières Nouvelles d'Alsace et lui propose alors de venir lui rendre visite un dimanche après-midi. Loeb accepte l'invitation et se laisse convaincre de retenter sa chance l'année suivante dans la filière de détection nationale, les deux hommes se promettant de garder le contact. Appelé sous les drapeaux à l'occasion de son vingt-deuxième anniversaire, il intègre en le d'artillerie situé à du pavillon familial en tant que pilote de char AMX-30 et profite huit mois plus tard d'une permission pour participer aux phases qualificatives de Volant Rallye Jeunes à Chenevières. Rôdé à l'exercice qu'il dispute pour la troisième fois, il monopolise le haut de la feuille des temps sur l'ensemble des tests chronométrés et se qualifie pour la grande finale pour la deuxième année consécutive. Cette dernière se déroule sur le circuit du Luc, toujours dans le Var. En tête des concurrents avant d'aborder la dernière manche, courue de nuit, il part en tête-à-queue dans une chicane après avoir coincé son pied sous la pédale d'accélérateur et manque une nouvelle fois l'opportunité d'entamer une carrière de pilote amateur.

1997 Désormais convaincu que la présence du jeune Alsacien en finale de Volant Rallye Jeunes à deux reprises consécutives ne tient pas du hasard mais d'un potentiel inexploité, Dominique Heintz le recontacte pour mettre en place un projet de point d'entrée dans la compétition automobile. Il réactive la structure Ambition Sport Auto initialement créée par ses soins dans les années 1980 pour participer au Dakar et refait appel à son ami Rémi Mammosser, alors directeur régional de Viessmann France, pour prendre en charge les finances de la petite équipe. Cette dernière est complétée par Bertrand Kuntz au poste des relations publiques ainsi que par deux mécaniciens : Armand Hollaender et Marco De Souza, salariés du garage de Heintz. Sébastien Loeb en est la pierre angulaire. Quarante-cinq mille francs sont investis en dans l'achat d'une Peugeot 106 Rallye N1 de d'occasion appartenant à Marlyse Tremblay, ancienne lauréate du Volant Rallye Jeunes.

Rallye du Florival Le , à l'âge de vingt-trois ans et affublé du numéro 98, le jeune Haguenovien prend le départ de son tout premier rallye lors de la treizième édition du Florival, épreuve régionale réputée, disputée sur le Col du Firstplan. La liste d'engagements très fournie regroupe près de quatre-vingt participants, dont dix-huit dans la seule catégorie N1. Dominique Heintz tient le rôle du copilote et lui enseigne durant les semaines précédant le coup d'envoi les rudiments de la discipline en matière de prise de notes et de réglementation. Faute d'avoir pu organiser une séance d'essais préliminaires, les réglages élémentaires de leur Peugeot 106 sont effectués quelques heures avant le début de la compétition sur les routes avoisinantes. Persuadé que le chronomètre ne se déclenchait qu'au moment de franchir la ligne de départ par l'intermédiaire de cellules électroniques, absentes des épreuves régionales, Loeb abandonne plusieurs secondes sur les autres concurrents avant même de s'élancer dans la première spéciale. Il rejoint le point d'arrivée à treize dixièmes du temps de référence de sa catégorie établi par Benoît Meyer sur une Peugeot 205 et pointe à la seconde place. Les quatre secteurs restants se résument à réitérer le même parcours. Il signe le meilleur chrono lors de chacun de ses passages et remporte la victoire dans la classe N1 avec plus de dix secondes d'avance sur son poursuivant direct. Fortement marqué par l'expérience, Heintz déclare à l'un des membres de son équipe : , tandis que la performance de son jeune protégé est reprise dans les colonnes de Rallyes Magazine.

Étape Jour Heure Nom Distance Temps Étape 1 5 avr SS1 3 min 41 s 5 SS2 3 min 38 s 9 SS3 SS4 SS5 3 min 44 s 6 Sources.

Volant Peugeot 106 Rallye Rallye du Vignoble Alsacien Les résultats obtenus au Florival achèvent de convaincre Dominique Heintz du potentiel de son jeune protégé et le confirment dans son intention de disputer avec l'ensemble de l'équipe Ambition Sport Auto le Volant Peugeot 106 Rallye, championnat national servant de rampe de lancement pour les meilleurs débutants. Échaudé par sa courte expérience sur le siège passager de Sébastien Loeb, il débauche un autre copilote pour le remplacer ponctuellement en la personne de Karine Triboulot, amie de Bertrand Kuntz et plusieurs fois navigatrice de pilotes amateurs par le passé. La sixième édition du rallye du Vignoble Alsacien marque l'ouverture de la saison à la fin du mois d'. Loeb y fait la connaissance de Daniel Elena, également inscrit au départ de l'épreuve en tant que copilote d'Hervé Bernard à bord d'une Peugeot 106 Rallye de l'équipe Rallye Jeunes. L'Alsacien s'impose de nouveau dans la catégorie N1 au moment de franchir l'arrivée à Sélestat.

Rallye des Vins-Mâcon Deuxième manche du championnat, le rallye des Vins-Mâcon constitue la première excursion rallystique de Sébastien Loeb en dehors de sa région natale. Ce troisième départ dans la discipline se déroule aux côtés d'un nouveau copilote, Christophe Schneider, ce dernier ayant déjà évolué à ce poste pour Dominique Heintz dans les années 1980. Le nouveau duo demeurera dès lors inchangé pour le restant de l'année 1997 et célèbre sa première collaboration par un nouveau succès en classe N1.

Rallye Charlemagne Loeb signe en sa quatrième victoire dans sa catégorie en autant de compétitions disputées en s'imposant lors du rallye Charlemagne devant Jimmy Mannessier, pilote local réputé parmi les amateurs éclairés. Le jeune Alsacien commence alors à se faire un nom dans le milieu. Sa situation financière demeure néanmoins précaire, l'ensemble des primes de courses récoltées étant automatiquement réinjectées dans les frais de fonctionnement de l'équipe. Faute de pouvoir se payer l'hôtel, il recoure fréquemment aux gîtes collectifs ou à la banquette de sa voiture en guise d'hébergement.

Rallye de Loire-Atlantique Les résultats supérieurs aux attentes de leur jeune protégé poussent Dominique Heintz et Rémi Mammosser à doubler la mise dès l'automne en revendant la Peugeot 106 Rallye utilisée jusqu'alors pour tenter d'acquérir un modèle de homologué pour la classe N2, indispensable pour espérer lutter contre les meilleurs concurrents du Volant Peugeot. Ils parviennent finalement à convaincre un restaurateur de Sélestat passionné de sport automobile de leur louer l'exemplaire en sa possession. Les deux mécaniciens Armand Hollaender et Marco De Souza sont dès lors remplacés par les équipes de PH Sport, préparateur reconnu dans le milieu et dirigé par Bernard Piallat. La nouvelle voiture est inaugurée au rallye de Loire-Atlantique. Après avoir sérieusement endommagé sa Peugeot 205 GTI personnelle lors des reconnaissances, Sébastien Loeb est victime d'un problème d'embrayage durant la course l'empêchant de défendre ses chances pour les places d'honneur. Il franchit la ligne d'arrivée à la sixième place du classement Peugeot.

Critérium des Cévennes