Le de chevau-légers lanciers également appelé plus simplement de chevau-légers (1811-1814) ou de lanciers (1815) est une unité de cavalerie française issue du de dragons.

Création et différentes dénominations

Le décret du crée neuf régiments de chevau-légers. Les six premiers sont formés à partir de six régiments de dragons, les et à partir de deux régiments de lanciers polonais de la Vistule et le à partir d'un régiment de chasseurs à cheval d'origine allemande.

Le de chevau-légers-lanciers est formé à partir du régiment de dragons. Sa composition est fixée à quatre escadrons, avec dépôt à Chartres. Plusieurs instructeurs des lanciers polonais de la Garde impériale sont détachés auprès du régiment pour enseigner le maniement de la lance aux nouvelles recrues.

Sous la Première Restauration, l'unité devient le régiment de lanciers du Roi par ordonnance du . Rétabli en tant que régiment de lanciers en , il est définitivement dissous le suivant après le second retour des Bourbons.

Chefs de corps

Le premier commandant du régiment est Paul Ferdinand Stanislas Dermoncourt (1771-1847), colonel du régiment de dragons depuis 1807. Après avoir servi en Russie et au début de la campagne d'Allemagne, il est promu général de brigade le et est alors remplacé à la tête du lanciers par Jean-Baptiste Nicolas Jacquinot (1768-1845). Ce dernier, frère du général Charles Claude Jacquinot, a effectué une grande partie de sa carrière dans les chasseurs à cheval avant d'être nommé major au régiment de hussards en 1809. Il inaugure ses nouvelles fonctions le et participe avec ses lanciers aux campagnes d'Allemagne et de France de 1813 à 1814. Maintenu à son poste par la Première Restauration, il combat en Belgique durant les Cent-Jours. Il est placé en non-activité après la dissolution de son régiment mais renoue un temps avec le service actif de 1821 à 1834, en tant que lieutenant du roi à Besançon et Thionville..

Historique Il participe à la campagne de Russie de 1812 au sein du corps d'observation de l'Elbe puis du de cavalerie de réserve de la Grande Armée où il est le régiment de cavalerie légère chargé d'éclairer la de cuirassiers du général Saint-Germain.. Son effectif est encore loin d'être au complet car il n'aligne, au , que 223 hommes dont 14 officiers. Quelques jours plus tard, ces cavaliers prennent part à la bataille de Smolensk puis, le , à celle de la Moskova où ils chargent les « flèches » russes sous les ordres du chef d'escadron Dumanoir. Le , le colonel Dermoncourt arrive à Moscou à la tête d'une colonne de renfort.

Reformé à partir de la conscription et des cadres restés au dépôt, il participe ensuite à la campagne de 1813 en Allemagne, au sein du de cavalerie de la Grande Armée, et combat à Dresde, Leipzig et Hanau. Durant la campagne de 1814 en France, il est au de cavalerie où il se distingue lors des batailles de Vauchamps (14 février), de Reims et de Paris.

Lors de la réorganisation des corps de cavalerie le , le de chevau-légers lanciers, renforcé d'éléments du de chevau-légers, garde son numéro mais prend la dénomination de régiment de Lanciers du Roi (n°1). À son retour de l'île d'Elbe, Napoléon, réorganise les différents corps de l'armée. Le décret du rend aux régiments de cavalerie leur numérotation d'avant la Première Restauration. Le régiment reprend donc le nom de de lanciers durant les Cent-Jours et, faisant campagne en Belgique, combat à Waterloo.

À la Seconde Restauration, il est supprimé comme l'ensemble de l'armée napoléonienne par ordonnance du . Le est en fait définitivement licencié le . La majorité des hommes et des chevaux sont incorporés au nouveau régiment de chasseurs à cheval de la Côte-d'Or. Les lanciers ne disparaissent pas complètement de l'armée française puisque la réorganisation de 1815 impose que le dernier escadronLe . de chaque régiment de cavalerie soit armé de lances.

Personnalités

Guillaume Félix Dumanoir (1783-1815)

Fils de Jean Louis Lechanoine Dumanoir de Juaye, mestre de camp de Commissaire-Général de la Cavalerie et futur maréchal de camp, et Pétronille Pavée de Provenchères, Félix naît à Paris le . Émigré avec ses parents, il devient page du duc de Weimar en 1795. Rentré en France en 1802, il entre aux gendarmes d’ordonnance de la Garde impériale en 1806 et en sort lieutenant de dragons. Affecté au puis au , il est détaché en Espagne puis affecté comme capitaine au en 1810. Le régiment devenu de chevau-légers en 1811, il en commande le seul escadron envoyé en Russie et est blessé à la Drissa le avant de s'illustrer à la Moskowa où il a son cheval tué le . Aussitôt nommé chef d’escadron, il sert aux côtés de son colonel qui a rejoint à Moscou avec le gros du régiment et est encore blessé à Winkowo le . Rentré de Russie, il prend part aux campagnes de 1813 et 1814 étant contusionné à Culm et blessé à Leipzig . Il meurt décapité par un boulet à Waterloo le . Il était officier de la Légion d'honneur du .

Étendard Lors de sa création, le conserve l'aigle impériale du de dragons. En 1812, il reçoit un étendard où sont inscrits les noms de batailles suivants : « Ulm, Austerlitz, Iéna, Eylau, Friedland ».

Le , le de lanciers est recréé. 1830 - 1854 Le , le de lancier devient le de lanciers. Un nouveau de lanciers est formé le . . Stationné à Cambrai, il est baptisé lanciers de Nemours. En 1832, le est, durant la campagne des Dix-Jours, à l'armée du Nord et au corps d'observation de la Meuse.

Il reprend son nom de de lanciers après la révolution de 1848.

Second Empire

En 1859, le régiment participe à la campagne d'Italie contre les Autrichiens et notamment à la bataille de Solférino.

A l'issue de cette bataille le 1er régiment est l'objet des éloges du général de Labareyre dans une lettre adressée au colonel de Boulancy..Mon cher colonel,

Le 1er [régiment] de lanciers a eu hier, pendant la bataille de Solférino, l'attitude de vieux soldats qu'on aurait dit éprouvés depuis long-temps.

Il a fait une charge vigoureuse dont l'élan a arrêté les progrès des bataillons ennemis et a ranimé le courage de l'infanterie française qui, reprenant la charge, n'a pas tardé à reprendre à conquérir les fortes positions des Autrichiens en nombre, autour de la ferme de Campano.

Vos lanciers ont été dignes de la France et de l'Empereur, et, je veux qu'ils sachent que je suis heureux et fier d'avoir eu à commander à de pareilles troupes.

Recevez, etc...

Le général de Brigade, Comte de LabareyreIl participe à la guerre franco-prussienne de 1870. Par arrêté ministériel du , il est transformé en 14e régiment de dragons.

Articles connexes de dragons

Bibliographie . . Jean-Baptiste Duvergier : Lois, décrets, ordonnances, règlements, avis du conseil-d'État T19 ; Olivier Lapray "Les chevau-légers français en Russie", revue Traditions n°3, ; François Joseph Michel Noel, LJM Carpentier : Nouveau dictionnaire des origines, inventions et découvertes T4 ; Adrien Pascal : Histoire de l'armée et de tous les régiments T4 ;

Notes et références Les ouvrages cités en bibliographie

Catégorie:Unité de cavalerie française dissoute Catégorie:Grande Armée Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1811 Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1815